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vendredi, juin 26 2009

Musique!

Les voyages restent pour moi un moment de plaisir qui n'est pas seulement lié à la destination finale. J'aime l'intervalle situé entre le départ et l'arrivée. Ce temps, qui pourrait être mort, est en fait vivantissime, car je le consacre généralement à la rêverie et à l'observation de mes covoyageurs. En combinant les deux, je me vautre dans des histoires improbables, bâtissant des scénarios glauques, fantasmagoriques ou burlesques, imaginant en sus la description que je pourrais en faire, jaugeant adjectifs et adverbes, frétillant à l'idée de pouvoir utiliser un mot rigolo ou obsolète.

Ce qui explique pourquoi j'aime prendre le train: l'avion est trop rapide et ne relie que deux points entre eux, sans escale riche en rebondissement, la voiture trop individualiste et demande l'attention nécessaire à la conduite. La moto, elle, est un cas à part puisque si l'attention est monopolisée par la conduite, celle ci est plaisante en soit, mais en plus l'interaction avec l'environnement extérieur (le vent, les odeurs, la température...) rend le voyage à moto en une aventure en soit, sans l'aide d'une imagination débordante.

Et puis, il y a le métro. Le métro parisien. Mardi dernier, quand je les ai vu monter, ces deux là, je savais que le moment allait être formidable. Il avait la soixantaine et aurait été fondu dans la masse s'il n'avait pas porté, de la main gauche, un violon et de la droite, l'archet. Il portait un béret gris, plutôt laid, qui ne servait même pas à cacher une calvitie. Un blouson beige, sans forme définie, arrondissait des épaules déjà affaissées tandis qu’un pantalon gris foncé tombait en accordéons sur des chaussures banales. Sans son instrument, il aurait été invisible. Même son visage semblait absent, détaché, ailleurs. Il avait sans doute été beau et l'était encore plutôt. En voyant son violon, j'ai pensé à augmenter un peu le volume du baladeur. Encore un vieux qui allait nous infliger des airs éculés truffés de fausses notes. Je me suis ravisé en voyant la personnalité qui le suivait. Elle, même sans son tambourin à grelots, elle ne serait pas passée inaperçue. C’était la matrone par excellence. Bas de laine noirs, sabots moches, et une blouse de grand-mère. Vous savez, celui que portent toutes les mémés lorsqu'elles font des confitures, cette espèce de tunique sans couleur franche, qui ne ressemble à rien? Elle portait, elle aussi, un espèce de blouson bizarre, trop grand, qui penchait du coté gauche, sans oublier l’indispensable fichu, celui à fleurs délavées, qui aurait pu aussi bien servir de nappe que de rideaux, installé on ne sait comment sur les épaules, noué puis transpercé d’une épingle à nourrice. Malgré son ampleur, il n’épargnait cependant à personne la vision du plateau de fruits de mer constitué en collier qui cliquetait autour de son cou. Si son compère était plutôt fin, elle supportait un certain embonpoint et un début de double menton, lequel était surplombé par des lèvres très fines et pincées, qui cachaient mal des dents irrégulièrement jaunies. Une paire de lunettes parfaitement au diapason complétait le tableau, des lunettes à double foyer, à fine monture dorée et à branches décrivant des arabesques grotesques. Sa démarche lourde faisait greloter le tambourin et s'agiter les quelques cheveux blanc qui lui restait, et dont la position dénotait une tentative désespérée de coiffure structurée. En lui mettant un rouleau à pâtisserie dans les mains à la place du tambourin, elle aurait été Bonemine, la matrone du chef du village Abraracourcix. Ils se positionnèrent au milieu de la rame. Lui semblait las, elle toisait les voyageurs avec un petit sourire narquois.

Les portes se fermèrent. Le violon vint en appui sur le menton du violoniste. L'archet s'envola, se posa sur les cordes. Je m’attendais au pire et ce n’était pas encore assez. Un couinement abominable s'échappa de l'instrument. J'ai cru qu'une corde avait explosé et décapité un chat. Le tambourin à grelots s'invita à la fête, achevant de rendre le vacarme insupportable et la musique indéfinissable Tandis que le crincrin s'agitait en vomissant des assemblages informes de fausses notes, Bonemine souriait de toutes ses mauvaises dent, adressant un regard ravi mâtiné de sadisme aux voyageurs épouvantés. Certains retenaient leur rire, d'autres prenaient un air de dignité outragée, d'autres encore cachaient mal leur agacement. Soudain, un coup de tambourin plus fort, et le silence. L'archet, encore sur les cordes, attend, inquiet, rendant aux grincements du métro le monopole du fracas.

Bonemine se hausse sur la pointe des pieds.

"C'est un air de Carla Bruni. Et il continuera à jouer tant qu’on n'aura pas récupéré 3 euros dans ce wagon"

Deux coups de tambourin.

"Va y, joue!"

Une meute de chat entière entreprit de constituer une chorale. Une vitre explosa et une jeune fille se mit à saigner du nez. Avec un air amusé, le violoniste se déchaina, martyrisant son instrument avec l'enthousiasme de l'hystérie, tandis que Bonemine et son collier conchyologique sillonnaient le wagon en agitant le tambourin d'une main et un porte monnaie de l'autre.

"Allez, allez! Sinon, je chante!"

Face à cette menace suprême, les portefeuilles des rieurs s’entrouvrent tandis que d’autres visages s’effondrent littéralement. Une vieille dame très digne laissa échapper un gémissement et un nourrisson se mit à vagir. A Los-Angeles, Michael Jackson trépassa avec 2 jours d’avance. L'écran du iphone d'un jeune haut fonctionnaire à l’air concussionnaire se fissura. Une note suraigüe acheva de convaincre un innocent de lâcher la dernière cinquantaine de centimes manquant.

Le métro arrivait gare de l'Est. J’étais à l’heure et je tenais mon amphigouri du weekend.

dimanche, juin 21 2009

130 kilomètres à deux

Voila un moment que je n'avais pas fait de compte rendu de balade. Pourtant, hormis les weekends où je suis avec La Cigale, elle roule toujours, ma moto. J'ai déjà fait dans les 3500km. Ce weekend, la sortie était un peu spéciale, puisqu'il n'y avait pas une, mais deux kawettes. J'ai découvert que mon collègue avait acheté la même, à la couleur près, 3 semaines après moi. D'ailleurs, un autre a fait pareil, mais il ne pouvais pas nous accompagner ce weekend. 2 kawettes, donc, un road book mal préparé parfait pour se perdre. Finalement, on a fait 130 bornes, comme prévu, mais pas par la route prévue.

20090621.jpg

Il faut le dire, on a roulé à un très bon rythme, et on s'est vraiment très bien amusé. Quelques voitures nous ont ennuyé en gâchant par leur lente présence de beaux virages, mais rien de grave: On a doublé très vite.

J'ai découvert des endroits que je ne connaissais pas, et suis repassé par d'autres qui, avec le printemps et la verdure, sont vraiment devenus sympathiques. D'autant que le nord de la Sarthe est un peu plus vallonné que le sud (ce qui n'est pas difficile), ce que j'apprécie beaucoup. Entre Saint Cosme-en-Varais et La Bosse, par exemple, il y a vraiment des superbes endroits. Je le soupçonnais, j'en suis maintenant convaincu. Entre Savigné-l'Evêque et Champagné, également. En plus, mon collègue connaissait bien la route. Donc, il savait quels virages étaient plus importants que les autres, ce qui permettait de rouler à un bon rythme. Ca penchait dans tous les sens, c'était vraiment super! Comme je sais qu'il est plutôt prudent, je suivais avec confiance et entrain, en me disant que si lui passait, je le pouvais aussi sans problème et puis je n'allais pas le laisser s'échapper, ce p'tit con qui s'était permis de dire que ma moto est en bon état pour une vieillotte de plus de 40000km compteur, qu'est ce qu'il se permet avec sa brêle à peine sortie du rodage!. Aurais-je été seul que je n'aurais pas enchaîné aussi rapidement.

J'ai repris la tête pour les 30 derniers kilomètres, pour passer par la route que j'emprunte pour rentrer du boulot. Et enfin, photo souvenir.

kawettes.jpg

Vous avez vu comme la grise et rouge est plus belle que la noir et or? :-D

jeudi, juin 18 2009

Je suis vraiment une star!

Stupeur et excitation en rentrant du travail... Je lis, via Matoo, une histoire de kiss-in gay. Je me dit quel beau militantisme qu'il y a peut être du beau garçon à mater, je clique. J'atteris sur le yaggeur de la semaine et organisateur de l'évènement, Nevermind. La première ligne m'apprend qu'il s'appelle Félix et est étudiant à Science Po Paris, bref, comme mon ami fef, pédétude en plus, ça commence à m'amuser. Je m'intéresse un peu plus à son histoire, d'autant qu'il est beau, ce qui ne gâche rien!

Et puis, stupeur. Je cite.

tous les jours je peux lire de nouveaux articles provenant de 46 blogs (au dernier décompte). Parmi eux, citons Yagg et GayClic dans la catégorie “gay news”, Coulisses de Bruxelles, Authueil, Journal d’un avocat et Blog d’un économiste du travail dans la catégorie “blogueurs politiques and Co”, Observatoire de l’hétérosexualité, Le genre qui ne se laisse pas faire et Olympe et le plafond de verre dans la catégorie militantisme, et Ben & Karbie, Rouge-cerise, Finis Africae, Absolument Gauthier et Il était une fois l’amour dans la catégorie blogs perso absolument géniaux.

Oualalalala, mais c'est que je suis une référence, une star, un monument! rendez vous compte, je suis dans une liste qui ne comporte même pas Matoochou et Chondrounet, et juste à coté de Pascalchou-africae! Non, mais vous vous rendez compte?? Moi qui convenait encore avec Joss il y a quelque jours que Pascal était l'Himalaya du pédéblog, celui qui nous impressionne toujours après des années de lecture, et je suis cité à ses cotés! Je suis très flatté et ça me fait des frissons dans le dos!

Et en plus, le reste de l'interview est à l'avenant. Ce Nevermind est vraiment quelqu'un de bien!

Et du coup, je me suis inscrit sur Yagg... Ca ressemble à un réseau social, mais ce n'est pas facebook, alors, je peux sans avoir l'air de me renier...

samedi, juin 13 2009

L'inspiration

Elle va, elle vient, elle change, elle évolue. L’inspiration. On ne peut pas dire qu’elle m’ait beaucoup visité ces derniers temps, comme en témoigne le rythme de sénateur que je tiens en matière de nouveaux posts. Pourtant, c’est le printemps, il fait presque beau et toutes les conditions semblent réunies. En premier lieu, je suis serein. Pour moi-même, en tout cas. Je fais partie de cette majorité de Français qui jugent la situation générale très mauvaise, mais la leur plutôt bonne. Je m’inquiète vaguement pour La Cigale, qui arrivera sur le marché du travail en Septembre. Mais vaguement seulement. J’ai confiance en lui et en sa chance. Je pense que son CV est de bonne qualité. Et il a toujours décroché, en fin de compte, ce qu’il espérait. Je ne dis pas que ça sera l’idéal, bien sûr. Je me prépare depuis des mois à ce que nous continuions à être un couple TGV pour encore quelques temps. Ca ne me parait pas insurmontable et j’ai même le sentiment que c’est plus lui qui en souffre que moi. Après des années de vie commune, avec en plus Mlle de Bourges en bonus, la solitude a un parfum de liberté dont je m’accommode fort bien.

Car, même si La Cigale est parvenu à me sociabiliser un peu, je reste, au fond, très jaloux d’une idée de liberté qui prend chez moi la forme d’un besoin d’indépendance. Je n’ai pas besoin de rencontrer beaucoup de monde, d’être entouré, de multiplier les amis. Je ne le cherche d’ailleurs pas vraiment. Chez moi, la lenteur d’une rencontre, le tissage lent d’une amitié est beaucoup plus efficace qu’une trajectoire météoritique où j’oublie mes fondamentaux. C’est ainsi qu’après 10 mois au Mans, je n’ai toujours pas tissé de lien amical réel et ne m’en porte pas mal pour autant. Je me doute bien que cela laisse La Cigale consterné.

Mais peu importe ! C’est le printemps, presque l’été, bientôt les vacances. Je ne m’envolerai pas vers une destination exotique ou des palaces luxueux, mais il ferra beau dans ma tête, et c’est finalement ça le plus important. En attendant, je suis, ce weekend encore, à Limoges!

vendredi, juin 5 2009

A vous de choisir...

Avez vous regardé la télévision jeudi soir? C'était émission de débat européen. Et c'était pitoyable. Et il faut hélas convenir que, niveau comportement, le plus contenu a été le révolutionnaire Besancenot. Talonné par Bertrand, puis Aubry, puis Bayrou.

Bayrou, dont je me demande de plus en plus si sa stratégie sera payante. Bayrou, qui doit quand même être sacrément résistant pour encaisser le mépris qu’il récolte à longueur de journée. Bayrou, qui aurait du conserver sa hauteur vis-à-vis des provocations de Cohn-Bendit, même s'il est vrai que celui ci a fait des attaques personnelles pendant sa campagne, attaquant Bayrou l'homme et non le politique et, plus grave, sa foi catholique, ce qui est inadmissible dans le cadre d'une élection en pays laïc. Je n’aime pas Cohn-Bendit, je n’aime pas son coté donneur de leçons, faussement humble et modeste, amis de tous dans la jovialité, drapé dans son Européanisme. Il peut critiquer Bayrou et son ambition, servir du « tu » à tous le monde, jouer à l’ami qui vous veut du bien… Il n’est pas moins imbu de sa personne que ceux qu’il attaque. Durant toute l’émission, d’ailleurs, il a été l’un des plus remuants, mettant toujours de l’huile sur le feu tout en attisant les braises, s'esclaffant, riant des dissensions, amusé par le pugilat. Sans savoir se tenir, tutoyant tout le monde et surtout ceux qui le vouvoyaient, sans avoir ce minimum de retenue que se doit d’avoir un candidat à une élection. On ne peut pas crier sur la perte des repères, sur l’abaissement général, en se comportant ainsi face aux Français. Ce n’est pas un jeu, la politique, ce n'est pas une soirée entre potes ou l'on peut s'amuser à refaire le monde en faisant exprès d'animer le débat.

Je ne l’aime pas et même si je doute de la stratégie et du programme de Bayrou, je ne serais pas de ceux qui lui apporteront mon suffrage, même si le programme d’Europe ecologie est loin d’être mauvais.

Je ne porterai pas non plus mon suffrage, évidement, ni à Mélenchon le noniste, ni à Besancenot le révolutionnaire suranné, ni à De Villier le nationaliste, ni à Le Pen l’agitatrice.

Reste, comme d’habitude, Bertrand le Sarkoziste, Aubry la chef du parti chaotique et Bayrou qui joue au populiste.

Prenons Bertrand le Sarkoziste. Lui, c’est non. Je ne peux pas. Même sans regarder son programme, je bloque. Ca m’ennuie de le dire, mais c’est viscéral. Ce type sent la fourberie à plein nez. Son petit sourire méprisant, son calme voulant montrer une infinie patience… Je ne peux pas. Il suinte la méthode Sarkoziste à plein nez, cette méthode qui a toujours contre-exemple à tout, mélange de fausse compassion et de vrai mépris. Il exsude la suffisance. Dès qu’il parle, je sens le mensonge et l’absence absolue de sincérité. Même si le programme de son camp était bon, rien qu'à cause de lui, je ne voterai jamais UMP. Et de toute manière, son programme est mauvais. La présidence (réussie) Sarkozy de l’Union ne doit pas faire oublier qu’il nous aurait entrainé en Irak, nous a fait réintégrer le commandement de l’Otan (ce qui nous prive de plusieurs centaines de nos meilleurs officiers), et n’a cessé de promouvoir l’ultra libéralisme. C’est quand même lui qui disait que les français devaient s’endetter plus pour consommer plus ! C’est son parti qui a poussé les lois inapplicables à propos d’internet, heureusement retoquées par le parlement européen grâce à des socialistes ! C’est lui, qui crachait sur la BCE dont le comportement a pourtant été irréprochable. C’est eux qui nous ressortent le chiffon rouge des 35h, alors que les 35h dans le privé sont un vrai succès qui a apporté de la flexibilité, et que la moyenne Européenne est en dessous de 35h ! Si les français bossent moins, c’est parce que les jeunes ne trouvent pas de travail et qu’à 60 ans, tout le monde est à la retraite, contrairement à tous les autres pays. Mais de cela, pas un mot. Donc non. L’UMP de Bertrand, c’est impossible.

Bayrou, j’ai l’habitude de voter pour son projet. Jusqu’à récemment, il me semblait le plus digne des fonctions de représentation. Mais cette campagne européenne est un fiasco. Le MoDem, qui avait la plus grande légitimité pour parler projet européen, ne l’a pas fait. Il y a eu quelques éclats de Jean François Kahn, que je n’aime pas beaucoup plus que Cohn Bendit. Il y a eu la proposition de remplacer Barrosso, mais c’est une proposition solitaire, plus symbolique qu’autre chose vu l’isolement du MoDem à Strasbourg, lâché par son seul allié valable, La Marguerite Italienne. Il y a ses candidats, trop peu mis en valeurs alors que contrairement au PS et à l’UMP, ce sont de vrais Européens, pas des récompenses tactiques. Une campagne ratée, par la faute de Bayrou, il faut bien le dire. Trop axé sur le débat français, et un programme finalement assez terne et qui reste dans les grandes intentions nobles... Et un isolement Européen grandissant, pas si grave dans la mesure ou les députés européens ne sont pas vraiment disciplinés vis-à-vis de leurs groupes, mais tout de même… Mais est-ce suffisant pour détourner mon vote ?

Et puis, il y a Martine Aubry. Martine, je l’aime bien. Quand elle s’est déclarée dans la course au PS, j’ai su que Delanoë échouerait. Martine, elle a la carrure, elle a le statut, elle a le bagage culturel, elle a la retenue qui sied à un grand leader. Elle me fait penser à Mme Merkel. Je n’aime pas toutes ses idées, mais elle les assume avec constance. Même si le parti socialiste est dans un sale état, je suis convaincu que si les médias cessaient de répéter qu’il est à l’agonie, les egos internes s’assoupliraient et on verrait que des idées, il y en a. Martine, j’ai envie d’y croire, parce que j’ai comme une nostalgie de l’époque Jospin. Tout ne fut pas parfait, mais avec le recul, on est forcé de constater que de 97 à 2002, le chômage baissait (et ce n’était pas encore lié à la démographie), la croissance était meilleure que nos voisins, il y a eu le pacs, la couverture maladie universelle et les comptes de la sécu à l’équilibre, les 35h (belle avancée malgré l’échec pour certains secteurs), même la dette semblait sous contrôle, comme les banlieues avec la police de proximité. Alors, j’ai envie d’y croire et j’ai envie de soutenir Martine. Parce qu’elle incarne une certaine idée de la politique, et peut nous débarrasser de Ségolène Royale dont la stratégie basée sur la compassion, l’évènementiel et le poids du fait divers n’est pas du tout à la hauteur des fonctions auxquelles elle prétend. Et aussi parce que Jeudi soir sur France 2, elle était parmi les plus dignes.

Du coup, je ne sais pas pour qui voter dimanche.

mercredi, juin 3 2009

Ascenseur, clafoutis et chaise longue (et la formule de politesse qui va bien)

En dépit des soucis que me cause mon pommier, je mentirai en disant que j'ai passé un mauvais weekend. C'est la seconde fois que je rencontrais Joss en vrai. Cette fois ci, c'était au Mans, chez moi. 4 ans et demi de vie conjuguale avec La Cigale ont laissé leur trace. Ce weekend, je recevais, il fallait faire les choses bien, car mal recevoir, ça ne se fait pas du-tout-du-tout. Je m'étais approvisionné en biscuits apéritifs, en rillettes (Sarthe powered), en boissons diverses et variées et avait même poussé mes capacités d'hôte à l'extrème en achetant du Martini, puisque j'avais noté que Joss aimait ça et qu'il faut veiller au bien être des invités. Je me suis même lancé dans la réalisation d'un clafoutis aux pommes, qui m'occasionna une frayeur en montant largement au dessus de son contenant, mais qui fut très bon.

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Je suis aussi allé pour la première fois au marché pour acheter du vrai pain (pour les rillettes!) et quelques vraies pommes, car mon panier à fruits était vide (à cause du clafouti) et que ça faisait moche. Je les ai prises rouges, pour assortir au tableau au dessus de la table et au chemin de table. (qui a dit "pédé!"?). Vraiment, Samedi à 11h30, j'étais assez fier de moi et je suis sûr que La Cigale l'aurait été aussi. L'arrivée de Joss fut parfaitement originale. Il trouva seul ma rue, mon immeuble, mon appartement. Première surprise qui n'est que peu de chose lorsque, stupéfait, je le vis débouler des escaliers. En bon pédé qui prend soin de ses muscles fessiers, il avait snobé l'ascensceur. C'est particulièrement remarquable pour moi qui n'ait visité cette cage d'escalier qu'une fois, en descente. Le ton était donné. Après avoir dégusté ce fameux clafouti (je rabache, avec ma patisserie), nous nous sommes baladés dans le Mans. La visite fut culturelle.

Le_Mans.jpg

Sachez ainsi que la rue des sonnettes se nomme ainsi en raison des sonnettes qui équipaient 3 maisons au moyen âge. Tout porte donc à croire que la rue des bouchers accueillait les activités d'équarissage. Reste à savoir si la crypte de Notre Dame de la Couture servait de planque à une trentaine de chinois sans papiers exploités par des moines friants de pourpoints bien ajustés. En tout cas, Joss semblait apprécier. Vers 17h, lassés des ruelles pavées, nous sommes allés échanger des confidences dans les bois de l'Arche de la Nature. Nous partageons beaucoup de choses mais je ne dirais pas tout, car comme Martine et Ségolène, nous avons droit à un peu d'intimité, mais oui. Que La Cigale se rassure même s'il ne s'inquiète pas, nous fûmes très sages, bien sûr. La soirée s'acheva sur le balcon en dégustant des crudités (et des rillettes) (et un peu de claf...ok, ok, j'arrête...:-D ).

Du dimanche, je crois que nous nous souviendrons des craquottes du petit déjeuner. Craquottes au beurre et à la confidure de myrtilles sauvages pour moi, 4 fruits pour lui, c'était exquis. Les saveurs sont surtout, parfois, liées à des émotions ou des souvenirs. Chez moi, la tartine beurre-confiture de myrtilles un matin de beau temps est associée aux vacances chez mon grand père bourguignon. Avec cette confiture remontent des souvenirs au moins aussi délicieux que la tartine. Après une dernière balade sur les bords de Sarthe, Joss a repris la route. Inutile de préciser la destination: sa voiture se charge de renseigner qui le souhaite en arborant un mouchetage qu'un hétéro féru de carroserie n'aurait pas toléré. Connasses (de mouettes)!!

dimanche, mai 31 2009

Mon pommier handicapé

Dire que je n’ai pas la main verte relève de l’évidence. J’ai fait crever toutes les plantes qui sont passées entre mes mains.

L’idée m’était alors venu que si je ne parvenais pas à faire vivre, ou seulement survivre, les plantes achetés déjà belles, peut être fallait il les habituer depuis le début à l’environnement défavorable qu’est ma présence. En partant d’une graine, le malheureux végétal s’acclimaterait à d’insoutenables conditions dès son plus jeune âge. C’est ainsi que, dans un immense moment d’optimisme et d’enthousiasme, j’ai décidé de faire pousser un pommier. Tout simplement parce que j’avais une pomme sous la main et qu’elle contenait forcément des pépins. Pour maximiser les chances, j’ai implanté pas moins d’une dizaine de graines provenant de 2 pommes différentes. N’ayant ni terre ni pot, j’ai utilisé un verre et emprunté une bonne poignée du terreau de 8 ans d’âge dans le pot d’un cactus (quasi défunt à l’époque, les racines d’un coté, le reste de l’autre). Pendant un mois, il ne se passa rien. J’eu l’idée de mettre le truc au soleil. Il ne se passa rien, hormis l’apparition de mousse verdâtre. Alors que je m’apprêtais à renoncer, le miracle fut. 3 jeunes pousses apparurent. Formidable succès, je venais de faire germer 3 graines (sur 10…). C’était la fête à la maison et j’hésitais à abandonner le marketing industriel pour l’horticulture. Entre temps, le cactus était passé à la poubelle et le bonzaï acheté pour remplacer feu le citrus calamondin offert par la Cigale s’était débarrassé des trois quarts de ses feuilles. Mais, en ce milieu de mois d’Aout, j’avais 3 pommiers en devenir à soigner. Fin Août, l’un d’eux s’avéra dépressif et suicidaire. Il devint rachitique et commença à pourrir sur pied. A l’arrivée au Mans en septembre, il n’en restait que deux. Milieu octobre, un seul. Il luttait pour la vie avec l’obstination du ténia et se penchait de plus en plus en direction de la fenêtre et de sa lumière. Pour dire vrai, il rampait plus qu’il ne poussait. Emu par tant de vivacité, je lui offris un vrai pot et de la vrai terre. Sa croissance devint exponentielle, mais il conserve de ses premières semaines de combat un tronc particulièrement déformé. C’est mon pommier handicapé, et je l’aime beaucoup.

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Mais il faut croire que je suis maudit. Après l’avoir installé à l’extérieur pour lui faire profiter du soleil (et me débarrasser du fardeau de tourner le pot tous les jours pour prévenir sa courbure vers la fenêtre) la peste et le choléra se sont abattus sur mon infortuné végétal. Une sorte de mousse blanchâtre s’attaqua aux feuilles, en commençant par les plus jeunes, lesquelles se sont recroquevillées. Drame. Désespoir. Mon incompétence flagrante me poussa à croire qu’il avait trop chaud. Je l’ai rapatrié à l’intérieur. Après un examen, l’idée s’insinua qu’il était malade et que cette poudre blanchâtre n’était pas la bienvenue. Le pommier est passé à la douche et j’envisageais sérieusement de le laver au savon de Marseille, ou , à défaut, au petit marseillais lait d’amande douce. Mais Joss allait bientôt arriver et avant de laver le pommier, il fallait laver l’appartement pour ne pas apparaître comme un vieux crasseux.

Ce que j’ai fait, en plus d’un clafouti, aux pommes, justement, exquis.

La présence de Joss fut finalement décisive : après avoir jeté un œil averti sur la plante, il décréta « ah, oui, il est malade ». Comment ne pas le croire, alors qu’il est issu d’une interminable lignée d’horticulteurs ? Preuve était faite ! Après quelques recherches, je décidais que mon arbre était frappé par l’oïdium. Ce pernicieux petit champignon au nom amusant frappe en effet particulièrement les pommiers, en Mai, sur les jeunes pousses, et ressemble à une poudre blanche.

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D’après wikipédia, il est possible de traiter au bicarbonnate de soude (j’en ai pas), au permanganate de potassium (j’en ai pas), au souffre (j’en ai pas). Je commençais à désespérer, surtout en voyant la mention « l'efficacité baisse très fortement au-delà de 10 à 15 % de surface atteinte ». J’envisageais sérieusement de faire dire une messe, lorsque j’aperçu un ingrédient dont je dispose : le lait. Efficace en vaporisation. Ca ressemble à du charlatanisme, mais j’étais prêt à me raccrocher à n’importe quoi. S’il fallait pulvériser un remède de lait écrémé béni à minuit un soir de pleine lune en récitant des psaumes, à cloche pied et nu, je le ferrai. J’ai alors découvert que l’eau de javel est également redoutable d’efficacité ! Voilà qui me semble encore plus radical que le lait ! J’ai sauté sur mon bidon de Lacroix Javel plus eucalyptus. J’ai vidé un pulvérisateur de produit anticalcaire et ait fait le dosage adéquat. Puis j’ai pulvérisé partout avec une haine qui ferrait passer les hordes d’Attila pour des bisounours. Et je compte renouveler l’opération aussi souvent que nécessaire jusqu’à la victoire totale. Je ne laisserai pas mon pommier handicapé trépasser sans combattre, nanmèho !

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