Je commence à croire que nous sommes face à une affaire de hautre trahison. Le rendez vous avec le faux Leopard Tacheté s'est avéré un traquenard monté par... Vinzniv. Oui, Vinzniv. Je peine à y croire. L'agent de toutes les grandes affaires, du barrage dynamité par mégarde, de l'avion détourné chez les Inuits par méprise, des élections aléatoire de Tanzanie, du scandale du réseau 3G en amazonie, et du faussaire philatéliste belge, un traitre? Pourtant, tout l'accable. Nous étions à la terrase d'un café, en attente de l'arrivée des hommes de la banque Vénitienne. Soudain, j'ai ressenti une sorte de chaleur monter en moi alors que ma vision se brouillait. N'étant sujet à aucune allergie, j'ai évidement pensé à un poison. Je me suis rué vers les toilettes du bar. Si un cuisinier est l'atout des diplomates, il est aussi celui des espions. Mon fidèle Rod n'a pas son pareil pour les antidotes et je ne me sépare jamais de quelques goutes de son multivitaminé-anti-tout. Evidement, je ne révèlerai pas ici ma cache mais croyez moi, c'est astucieux. Le temps de l'absorber, et j'ai senti les choses revenir à la normale. Que faire dès lors? J'ai opté pour jouer la simulation. Revenant en terrasse en prennant l'air d'un agonisant, j'ai découvert le comptable debout sur la table en train de chanter La Traviata. Vinzniv l'observait avec effarement, en alternance avec une fiole cachée au creux de sa main. La traitrise était manifeste. J'ai donc décidé de jouer le jeu d'Incipio. Ne connaissant pas La Traviata, j'ai entamé Nini peau de chien. Si la qualité de ce titre n'est pas contestable, la déclamer au coeur du Vatican est maladroit, à fortiori dans un bar à demi peuplé de nones. Evidement, un certain remou se produisait dans la salle. Soudain, je vis Vinzniv jeter un oeil paniqué vers le coin de la rue: Les jésuites venaient d'y apparaitre... Renversant sa chaise, il me pointa du doigt et hurla: "il est franc-maçon et a éteint tous les cierges de la basilique avec un extincteur géant!" Puis, pointant le comptable: "Et lui, pareil!". La première chose que j'ai pensée, c'est que sur ce coup là, son imagination me décevait. La seconde et dernière chose, c'est qu'on ne devrait pas laisser les nones utiliser des bombes lacrimogènes, même maquillées en crucifix.
Quand je me suis reveillé, j'étais dans une geole. Finalement, j'avais eu raison d'alerter mon cuisinier. J'espère juste qu'il était sur le chemin de Rome (normalement oui, vu que toutes les routes y mènent) et qu'il avait emporté son rouleau à patisserie...


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