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samedi, janvier 10 2015

Etre Charlie

Je vois, ici et là, des messages, des doutes. Faut il marcher, dimanche, avec des gens que l'on n'aime pas vraiment ? Faut il rejoindre, dimanche, des gens qui n'aimaient pas Charlie Hebdo ? N'est ce pas une grande récupération, finalement, une grande hypocrisie ?

Mercredi, j'étais à République. L'heure était au recueillement. Les seuls mots étaient Charlie, Charb, Cabu...

Jeudi aussi, j'y étais aussi. L'ambiance avait changé. Pas de partis, pas de banderoles, pourtant la récupération avait déjà eu lieu, mais pas par des clans, des organismes : juste par les gens qui ne connaissaient pas Charb et Wolinski mais ont compris, tout seuls, qu'on parlait là de valeurs qui étaient les leurs : la tolérance, la diversité, la liberté.

Dimanche, encore plus que jeudi, ce n'est pas pour le message de ceux de Charlie Hebdo que l'on marchera, ça ne sera pas pour bouffer du curé, chier sur du ministre, enculer du réac, mais pour ce qui leur permettait de le faire, le dire et le publier : la liberté. Alors, qu'importe la présence des uns ou des autres. Il y aura des curés qui seront là, avec les réacs qu'ils enculaient dans la sacristie, lesquels se font désormais sucer par des ministres en campagne électorale. Ils seront là, car la liberté, c'est le plus petit dénominateur commun qui nous rassemble. C'est ce qui permettait à ceux de Charlie Hebdo de rire des prophètes, des dingues, des puissants, c'est ce qui nous permet à chacun de vivre dans notre coin, tranquillement.

Dire "Je suis Charlie", ce n'est pas, ce n'est plus, dire "je suis Charlie Hebdo". La récupération, elle a eu lieu, mais les gens n'ont eu besoin d'aucun parti, d'aucun leader pour la faire. Et finalement, ça, c'est très Charlie-Hebdo.

"N'expliquez jamais les raisons pour lesquelles vous prenez une décision : la décision peut être bonne et les raisons mauvaises." Talleyrand

jeudi, février 13 2014

La maison

Ici, tout est petit. Les chambres sont petites. Le couloir est petit. La cuisine est petite. Le salon est petit. C'est une maison, grande comme un appartement, vieille sans l'être. Une maison neuve des années 50 ou 60, vieille sans le charme qui va avec, sans l'histoire qu'on lui prête. Il y en a pourtant, quand on cherche dans la mémoire de son constructeur, cette mémoire qui se défait mais qui, parfois, ressurgit. Avec elle, les mots reviennent, les intonations s'assurent, la voix se pose, chante, les yeux redeviennent rieurs. L'histoire d'une vie.

Tout est petit, juste à la bonne taille d'une autre époque, d'une autre vie, d'un autre rythme qu'en bon parisien, nous apprécions à sa juste valeur. Ici, la vie semble stable. Pas plus facile, non, mais stable. Illusion de perception, parce que dans la maison rien n'a changé et rien ne changera. Cette table, ce tapis, ce parquet où il était défendu de marcher pieds nus, ces chaises, ce frigo, ces assiettes aux motifs désuets, cette cuisinière dont la marque Arthur Martin s'efface, ces verres de pot de moutarde, les couverts en fer blanc et les couteaux en fer tout court, usés par des décennies d'affutages. Celui-ci, pliant, il est sacré, c'est celui du grand père. Les instructions reçues petit reviennent, je n'ose le toucher. Je crois encore les entendre, avec ce morceau d'accent bourguignon qui ronfle.

En décapant quelques murs, j'avais un peu l'impression de décaper l'histoire, la petite, celle de quand j'étais gamin. Les clafoutis de mamie, dont je n'ai plus guère souvenir. Les cris avec mon frère, dans le bac à sable. Quand je dis sable, c'est un grand mot, c'était presque du gravier et aujourd'hui, il s'est enfoncé dans la terre, comme une prémonition. La peur de la réprimande, après avoir (encore) cassé un carreau en ciment. Le papy, qui faisait les gros yeux, et qui au fond, riait bien de ces bêtises d'enfants. La course, pour savoir qui le premier ouvrirait le portail. La règle, d'aller se laver les mains à la salle d'eau avant le repas. Il n'y qu'ici qu'il y avait encore un pain de savon de Marseille.

Tout est petit, ici, tout est à la taille d'une époque, d'une histoire, d'une vie qui doucement passe le témoin de sa principale ambition : être digne, tout simplement.

lundi, octobre 21 2013

Sesel

Le grondement est sourd, persistant, profond. Accablant, presque. Lointain. On regarde au loin, vers la perpétuité de l'océan, quand le turquoise devient un bleu profond. Entre les deux, un fil blanc, mouvant. Les rouleaux de la barrière de corail.

Un vent constant, tiède, en vient. Il efface les quelques nuages restants. Je reviens vers la proximité. Une plage, blanche, fine, encadrée de rochers, surmonté d'un toit vert qui nous cache de ce méchant soleil. Je lève les yeux. L'arbre est immense. Le feuillage, dense. Un vert profond et mouvant, irrigué de branches puissantes. Je respire intensément. Derrière nous, le tronc, épais, noueux, agrippé au sol sableux. C'est beau. C'est l'idée qu'on se fait du beau. C'est un peu comme un mirage. Est-ce réel ? Anse Royale. Un galion ? Non, les galions sont espagnols. C'est une corvette, alors, un bâtiment de Suffren que je vois là, ancré au centre de ce paradis ? J'imagine l'incongruité de ce bois de chêne Européen, ce mât importé des Pays-Bas, portant dans ses nœuds le froid de ses hivers, les engelures de ses bucherons, la famine de ses charpentiers, ce bois arrivé ici comme par hasard, trainant sa crasse, sa pourriture, ses ambitions, ses voiles tachetées de moisissure, ses cordes humides, son eau rance qui clapote à fond de cale et le scorbut des marins qui la boivent. Quel contraste immense à dû saisir matelots et capitaines lorsque le vent les poussa jusqu'ici. Les iles des vents chauds, les plages aux crabes, les anses au bleu si transparent qu'on voit les bancs de poissons grouiller sur les massifs coralliens, les forêts regorgeant de fruits et de cette noix à la forme suggestive. Un coup de vent, une vague plus grosse vient mourir sur la grève en faisant ruisseler les grains de plage. Le mirage s'évanouit, la corvette, engloutie. Au fond. Même partir par le fond est un émerveillement, ici. Je regarde l'eau turquoise, les masses plus sombres des massifs d'algues, celles, presque noires, des rochers. A coté de moi, le masque et le tuba. J'ai eu peur lors de la première immersion. Je respirais fort, trop fort, je serrai les dents sur le tube, crispé, au bord de la panique. Une inspiration par le nez qui colle un peu plus le masque sur le visage mais n'apporte aucun réconfort aux poumons, une expiration désordonnée, une inspiration au gout un peu salé. Et puis, en fait, c'est facile. En fait, c'est magnifique. Dans la sérénité du monde du silence, ce n'est pas l'eau qui est à couper le souffle. J'ai manqué de crier de joie lorsqu'une raie a fusé à coté de moi, planant sur le fond marin, avec sa longue traine. Je n'ai pu retenir un borborygme lorsque j'ai vu ce groupe de poissons bleus électriques lutter avec moi contre le courant. Dans les anfractuosités, les oursins. Entre deux eaux, des bancs de ces tout petits poissons néons, rouges et bleu irisés, argenté. Oh, et là, celui là, une espèce que je n'avais pas vu encore, jaune, blanc, avec un drôle de petit drapeau bleu blanc rouge à l'attache des nageoires. Je le suis, un peu. Je tourne sur moi-même. Tiens ! Un groupe de ces étranges poissons noirs, possessifs de leur rocher et qui attaquent presque si on les dérange trop. Et là, fantastique ! Est ce un orphie crocodile ou un barracuda ?! Nous le suivons un peu, il ne se laisse pas approcher si facilement. Nous ? Oui, un autre nageur me tient la main, prolongeant jusqu'au fantastique ce ravissement. C'est lui qui a eu l'idée de ces iles, jamais je n'y serai allé de moi-même, je dois l'admettre, persuadé que j'étais que ce n'était pas pour moi, ces plages, ce sable, cette chaleur, ce soleil. Mon mari !

Vivement que l'on y retourne… Il nous faut visiter Pralin, et La Digue. Et la vallée de Mai. Et apprendre à utiliser les palmes, pour aller plus loin. Et aller ainsi vraiment sur les récifs coralliens, et continuer, surtout, entre sable et surface à se tenir la main et faire scintiller au soleil des Seychelles nos belles alliances déjà plus complètement neuves !

(Oh, et Suffren n'est jamais passé par les Seychelles. Sachez le.)

mercredi, septembre 11 2013

Quelques mots

J'ai commencé à écrire quelques mots, quelques lignes. J'avais oublié à quel point il n'est pas si facile de parler de soi. Nous sommes à quelques jours, presque des heures, et je sens autour de moi une petite effervescence. Le cercle des amis, de la famille, qui frémit. Pour moi. A cause de moi. Pour nous. Ce n'est pas facile de parler de soi, mais c'est agréable de sentir cette effervescence, un peu comme une flatterie, douce et un peu amère, comme lorsqu'on n'est pas certain de l'avoir mérité. J'ai comme le sentiment d'un enfant qui a dérobé une confiserie, et la savoure caché à l'ombre d'une haie par une matinée de printemps. L'air est doux et sent un petit peu le thuya. Des souvenirs se mélangent, des étés chez mes grands parents, des soirées entre amis. Je revois des ruisseaux dans lesquels on patauge, des coques de noix au fil de l'eau, des vélos à qui on prête un bruit de moto, des mensonges idiots. Petit, ado. Les visages changent, les angoissent aussi, mais toujours, des confiseries. Ma chance m'a rarement lâchée. Souvent, elle donne un petit parfum de culpabilité aux succès. Jeune adulte, adulte. Je repense à tout ce qui m'a mené là, dans cet appartement de la petite couronne parisienne, fiancé, bientôt marié, avec même un crédit immobilier. Ce n'était pas gagné, il n'y a pas toujours eu profusion de confiseries, même interdites, mais au fond, elles n'ont jamais manqué. Je mesure ma chance. Syndrome de l'imposteur : je ne suis pas certain d'avoir tout mérité, je ne suis pas certain d'avoir toujours été digne de ce qui m'était donné. Aujourd'hui, comme avant. Pourtant, égoïstement, je savoure cette émotion un petit peu absurde, sans doute si commune, et je me complais à croire, l'espace d'un instant, oh, pas longtemps, juste un instant, que c'est extraordinaire, que personne n'a jamais vécu pareille satisfaction, que lui et moi c'est différent, qu'ils ne peuvent pas comprendre, les autres, ceux qui seront là, ils ne le peuvent pas.

Dans quelques jours, j'aurai peut être une fois de plus le sentiment de piquer dans la bonbonnière, et ça, non, ça ne se fait pas, mais qu'importe ! L'air sera comme il sera, les thuyas peuvent bien crever, les coques de noix se faire paquebots, les vélos devenir motos, il n'y aura qu'un mot, pas idiot, pas faux. "Oui".

samedi, juin 22 2013

Oui

A la mairie de Courbevoie, j’ai été (presque) déçu, il n’y avait pas 150 journalistes pour nous accueillir, ni de banderole de la ManifPourTous. On est allé à l’accueil, on a demandé le service de l’Etat Civil, on a eu un ticket numéroté et on a attendu, très peu, en feuilletant quelques prospectus des activités culturelles de la commune.

On connaissait déjà, peu où prou, les dates possibles : rien avant septembre pour un samedi. Je pensais que ça serait plus. Notre numéro s’affiche. On y va. Je ne suis pas vraiment sur mes gardes, je suis persuadé qu’il n’y aura pas de problèmes même si j’y ai pensé, nous arrivons devant notre guichet, instant de flottement devant la secrétaire, c’est lui qui prend la parole.

- Bonjour, nous venons déposer un dossier de mariage.
- Oui bien sûr, c’est pour vous ?
- Oui, oui… répondons nous en chœur. Je sens une toute petite pointe de crainte dans ma voix. Ou bien, comme une forme de défi.
- Très bien ! Répond-elle avec un sourire. Alors, on va voir les documents ensemble, vous avez bien tout ?
- Oui, voila, alors… répond #Chéri en ouvrant le dossier rouge. Donc, les copies de nos papiers d’identités, elles sont là, non, ça c’est les témoins, alors voyons, ça, ce n’est pas ça, voila… alors…
- Oh, donnez-moi le tout, de toute manière je dois tout vérifier, reprend la secrétaire.

Finalement, pas de défi, pas de crainte, pas de rien du tout. Je laisse la dame se débattre avec nos papiers. J’en profite pour jeter un œil à la salle. C’est plus ou moins organisé, le mobilier est un peu défraichi, des étiquettes sur les armoires annoncent les livrets de famille à coté des services funéraires. C’est charmant, mais pas autant que la secrétaire qui se met à dire :

- Oh, mais vous avez mis beaucoup trop de certificats de domicile ! Tenez, je vous rends tout ça !
- Ah oui ? Ce n’était pas très-très clair sur le papier, alors dans le doute, on a tout pris…
- Oui, en fait, il n’en faut que deux, voila, je prends les avis d’imposition et cette facture, ça fera l’affaire. Alors, pour la date, vous avez déjà une idée… ?

On explique qu’on sait déjà qu’avant septembre, ce n’est pas possible, et que nos infos datent en plus d’il y a 3 semaines. La dame file chercher l’agenda.

- Oui alors en effet, le 14 c’est possible, 16h, le créneau est libre…
- Plus tard, ce n’est pas possible ? Le dernier de 17h…

C’est compliqué, nous dit elle, il y a une réservation mais à confirmer, il faut voir, il faudrait rappeler un peu plus tard, nous explique t elle.

- Ecoutez, en attendant, on va prendre le 16h, c’est très bien.
- Très bien alors, je vous note, dit-elle de nouveau avec un sourire. Voila… D’ici là, essayez de nous rappeler prochainement, si c’est libéré, on vous changera !

Elle est vraiment sympathique. Sur le gros agenda bardé de post’it, elle écrit nos deux noms. Nous la remercions, on passe aux détails du moment, au dernier formulaire.

- Alors, ça sera un mariage civil uniquement, n’est ce pas, pas de religieux ensuite ?

Un ange passe… Il a une tête de pape François et nous fait un doigt d’honneur.

- Heu, non, là, on ne pense pas… disons nous avec une belle unanimité.
- Je demande, hein, on ne se sait jamais…

En moi-même, je me demande s’il existe une seule religion qui marie les personnes de même sexe. Sans doute, en fait, et il y a même des curés humanistes, donc sa question n’est pas si idiote, en tout cas elle fait preuve d’une parfaite égalité de traitement. Nous parlons brièvement de la musique. Leur standard, c’est les 4 saisons ou la marche nuptiale, et ça semble affliger la secrétaire qui précise que parfois, les gens apportent des choses qui bougent plus... Un ange passe de nouveau, mais sur mix de Madonna.

- Y’aura-t-il échange d’alliances ?

Instant de flottement. On n’en a pas reparlé. Je sais que #Chéri est attaché à ce symbole. Même si je ne l’admets que du bout des lèvres, c’est le seul élément traditionnel du mariage que je trouve acceptable, beau, même, allez ! Je ne sais plus qui de lui ou de moi a pris l’initiative de répondre.

- Oui.

(En écho de "C'est bien", Le Roncier...)

mercredi, mai 8 2013

L'inconnue du Birobidjan

Je n'avais jamais entendu parler de cette partie de l'histoire du peuple juif. Pour tout dire, j'ai même pensé au début du livre que son existence était même une partie de la fiction. De fait, je peine à définir dans l'ouvrage ce qui relève de la fiction et de la réalité historique. Quelques pages en annexe donnent heureusement quelques informations sur les personnages réels figurant dans le livre. Pour le reste, le vortex wikipedia n'est pas forcément un vortex tant les pages sont succinctes. Birobidjan, donc, est une enclave juive créée par Staline pour donner un pays aux juifs du monde, bien avant la seconde guerre mondiale et la shoah. Pas la meilleure part du monde cependant : Birobidjan est un morceau de terre au fond de la Sibérie, écrasé par la chaleur en été, glacée par le froid en hiver. Pourtant, quelques dizaines de milliers de juifs y émigrèrent durant l'entre deux guerre, optant pour la Sibérie alors que le sionisme débutait déjà doucement en Palestine.

Parmi eux, une femme, Marina Gousseiev, non juive, mais fuyant la vengeance de Staline. Une histoire d'amour lui fait lier son destin à celui d'un espion américain. Et permet au lecteur de découvrir aussi une partie du Mac-Carthysme, cet épisode de paranoia américaine qui marqua le début de la guerre froide. On y touche d'ailleurs un petit peu l'histoire de la bombe atomique soviétique, premier grand épisode de l'espionnage technique soviétique contre les USA. Là, l'occasion de sombrer dans le vortex de wikipedia est bien plus réel…

L'inconnue du Birobidjan, chez Robert-Lafont

vendredi, avril 26 2013

Cierge et bougie

Le mail avait bien débuté. Une invitation, une première bougie à souffler, la présence des grands parents, des oncles et des tantes. Et puis la chute : « ce jour là sera aussi son baptême ».

Un an. Son baptême.

Ma première pensée fut « comment peuvent-ils oser ? ». Lui faire ça. Nous faire ça. Je me suis senti triste pour ma nièce, triste qu’elle soit ainsi désignée comme une fidèle de l’église catholique hors de son libre arbitre à venir. Je l’ai sentie privée de sa liberté. Je ne comprends pas qu’ils puissent décider ainsi pour elle, lui dont les parents se sont refusés à faire ce choix, mais l’ont laissé librement faire son chemin et décider de son baptême à l’adolescence. Et même, j’ai eu le sentiment qu’en faisant entrer sa fille dans l’église, il me repoussait. J’ai réalisé qu’il y a quelques années, j’avais accepté d’entrer dans l’église pour son mariage tout en m’arrangeant pour être photographe et donc ne pas participer à la cérémonie. Il se souvient que j’ai refusé de lire un texte.

Plusieurs années après, et surtout quelques mois de lutte acharnée de l’église contre mon mariage civil, des millions d’euros dépensés contre mon union à la mairie, des mois de silence total pour condamner les dérives verbales et les violences physiques, des mois de prise de parole de prêtres, d’évêques, de cardinaux pour assimiler ma sexualité à de la zoophilie, de la pédophilie et j’en passe, des mois à hurler que mon couple est inapte à éduquer un enfant, plusieurs années après donc, je sais que non, je ne pourrais pas rentrer dans cette église. C’est au-delà de ma simple volonté, au-delà de ma simple opinion : c’est au-delà de mes forces. Au plus profond de moi, je ne pourrai pas écouter un prêtre parler de l’accueil d’un enfant dans la maison de dieu, dans la maison de la tolérance, de l’amour de son prochain, du pardon, du respect, de la paix. Hypocrisie ! Duplicité ! Mensonge !

Jamais je ne rentrerai dans une église pour voir ça, jamais. Hors de question de participer, de cautionner par ma présence ce que je ressens comme un diktat contre à ma nièce. Hors de question surtout de pardonner, pas maintenant, ni même dans quelques mois. Plus tard, peut être. Mais là, non. Définitivement, non.

Je viendrai, oui, avec Chéri. Pour la petite, pour la famille, nous viendrons souffler la bougie, mais certainement pas allumer un cierge.

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