Rouge-cerise.net

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samedi, août 28 2010

#RomaExpress

Rouge-cerise: "Si je dis "train de nuit, Rome, 5 jours, Septembre", ça provoque quelque chose?"
Vinzniv: je dis "Epouse moi"

9 heures plus tard naissait le #RomaExpress. Nous avons délaissé les épousailles mais avons conservé le voyage de noce. Et comme plus on est de folles, plus on rit, Incipio s'est joint à nous, puis Rod et Cri pour le weekend seulement, tandis que @Jonajour hésite encore. Le départ aura lieu le mardi 31 Aout à 18h52 en gare de Paris Bercy. Je vois déjà la scène. Sur le quai numéro 7, luisante d'huile, une locomotive 241P Moutain à demi enveloppée d'une vapeur imaculée attendra sous l'attention passionnée de son mécanicien qui, une burette à la main, voltige autour d'elle en prodiguant ses soins. Déjà attelés, une quinzaine de voitures Pullman rouges et cramoisies, hautes, auxquelles ont accède par un petit marchepied de fer forgé et aidé par la main puissante d'un homme de circonstance. Autour de tout celà, un incroyable ballet de personnages duquel émergera un couple d'amoureux échangeant un interminable baiser, ignorant sublimement l'agitation ambiante et le regard appuyé d'un homme à l'allure inquiétante, tout de sombre vétu, penché par la fenètre ouverte de la voiture numéro 9

A 18h49, la locomotive émettra un puissant hurlement qui résonnera sous les voutes de la gare et Vinzniv, sortant une tocante de la poche revolver de sa #VesteHorrible, dira: Messieurs, il faut y aller". Escortés par un aéropage de vallets obséquieux portant nos malles, nous gravirons les marches de la voiture numéro 3, découvrant les cabines boisées, aux rideaux de dentelles, de ce légendaire #RomaExpress.

Commencera alors la plus fantastique épopée ferrovière de l'histoire contemporaine. Incipio, sujet au mal du train, restera dans la cabine à déguster du thé au pavot tandis que Vinzniv et moi-même, justiciers, irons traquer les couples illégitimes dans la voiture restaurant. Mais, par un coup du destin et alors que le convoi traversera en serpentant les paysages grandioses de Savoie dans le battement rythmé des 4 cylindres de la 241P nous découvrirons sur la plate-forme de la voiture numéro 7 le corps ensanglanté d'un homme. Cet homme, à postériori reconnu par les gazettes comme étant un puissant industriel helvétique, sera élégament vétu d'un complet de tweed et de souliers impecablement vernis tandis que sa chemise de flannelle blanche sera atrocement souillée par le sang s'écoulant d'une plaie manifestement provoquée par l'action d'un poignard accéré.

Dans un dernier sursaut, s'accrochant au revers de la #VesteHorrible de Vinzniv comme Liliane à son magot, il murmurera: "Le Leopard tacheté..." Et trépassera. En s'ouvrant, son poing gauche révèlera, enroulé dans un mouchoir de soie bleue pâle brodé du chiffre PSL, un petite clée dorée...

mardi, août 24 2010

Une table et des roues

Une visite décidée une petite dizaine de jours avant, et 2 jours de plaisir à recevoir Rod et Cri au Mans. Une certaine pression pour moi, car recevoir cooking-gaga quand on n'est pas très doué en cuisine c'est quand même prendre un risque conséquent. A vrai dire, je comptais un peu sur le siège arrière de la Kawette pour faire oublier les imperfections des assiettes. Astucieusement, j'avais d'ailleurs opté pour des menus participatifs: en allant au marché ensemble, nous allions trouver les vivres du weekend et ensuite, les cuisiner ensemble. Finalement, j'ai d'ailleurs surtout fait l'assistant puisque c'est Rod qui officia au brunch, à la tarte tatin et à la moitié des crèpes aux champignons (allez revient à la maisoonhonhon, j'te f'rai des...), et Cri qui se chargea du poulet dominical.

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Nous avons donc sorti les motos samedi et Cooking-gaga s'est installé derrière moi, comme une évidence, sous l'oeil consterné d'un Cri au poussin délaissé. Et nous voila partis pour 160 km de plaisir. L'allure fut parfois soutenue afin de profiter au mieux des quelques petits virages Sarthois. J'ai constaté que mes 2650km du #MotoTour2010, et surtout les virages du Tarn, avaient créé leur petit effet: je me suis engagé dans des virages un peu serrés avec une tranquilité et une facilité que je ne me connaissais pas. Cooking-gaga, après un briefing à l'entrée de la D6 pour lui rappeler que normalement, la moto n'est pas censée tourner toute seule à cause des mouvements du passager, était devenu très sage. Serré contre moi, je ne sentais plus son poid. Peut être un effet de l'apesanteur? En tout cas, que Cri se rassure, il ne m'a pas tripoté, moi...

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vendredi, août 20 2010

Aubépine

Brule brume vapeur de ton corps
va dans l'ombre danse dans le noir tu as tort
virevolte oui j'aime ça j'adore
dans cette chaleur d'un beau soir d'automne
sinueux cherche à s'évader
on croirait à la félicitée
attraction de ton moi sur mon corps
mais tu ne sais pas que tu danses avec la mort

Ah, terrible chanson. J'associe à certaines musiques des moments de ma vie. Celle ci, c'est sur le chemin de la gare de Beaune, lorsque je repartais de chez mon Ex, le lundi, alors qu'il était déjà parti au travail. L'air froid et piquant de la campagne bourguignonne…

Aube, épine, quand je danse avec ton corps qui se dessine
Aube, épine, fichu espoir qui se résigne

déportée de ton corps tu frissones ricoches dans les ombres que tu me donnes
gesticule et montre du doigt
mais je suis là et tu n'auras pas froid
vivre une vie pour être vieilli
à 20 ans être seul dans son lit
voir ses courbes se rider faiblir mais toi tu es là tu refuses de vieillir

Le petit pont, pour passer sous les voies. Le carrefour bordélique. Prendre la rue en sens unique sur la droite. Trainer cette valise qui roule si mal. Penser à ce weekend déjà achevé, en faire le petit bilan, réfléchir un peu, penser au suivant, regarder ce petit vieux, là, et ces trottoirs couleur ocre, penser à mon grand père et à cette bourgogne que je n'imaginais pas retrouver ainsi un jour… Chantonner, heureux, amoureux aussi, se trémousser légèrement, mais discrètement, penser, jeter un oeil au ciel, inquiet un peu, aussi, du futur.


Aube, épine, quand je danse avec ton corps qui se dessine

Aube, épine, fichu espoir qui se résigne

quand tu te levais le matin c'était moi

quand tu te couchais le soir c'était encore moi

tu ne te débarrasseras pas de moi comme ça

tu m'as dans la peau et même au-delà

puisqu'on ne peut pas vivre l'un sans l'autre chacun

puisque j'ai décidé d'un avenir commun tu resteras soudée à ma vanité

tu restes avec moi et pour l'éternité



Aube, épine, quand je danse avec ton corps qui se dessine

Aube, épine, fichu espoir qui se résigne

Parfois, j'y repense, en l'écoutant. Mais je crois que désormais, je suis résigné. Quoi que je dise, ce n'étais pas si évident.

mercredi, août 18 2010

Le couverture de mon nouveau roman

Via Matoo

Huhuhu! J'adore!!

couverture.jpeg

Et vous? Essayez ici!

lundi, août 16 2010

Un voyage, 5 sens, 5 adjectifs

La vue : Bien sûr, il y a eu les magnifiques paysages du Tarn, les piles élancées du viaduc de Millau, les forets des Cévennes, les cols des Pyrénées… C’est beau, mais parce qu’on est jeune, parce qu’on est gay et qu’on ne pense qu’à ça, il y a eu aussi les beaux garçons de Toulouse, que nous vîmes avec un regard concupiscent, et ces incroyables et si nombreux couples de copines Lyonnaises… Ah, comme tout cela est beau ! Et, presque plus que leur plastique, c’est voir ces couples ensemble et heureux qui agite mes neurones et fait rebondir mon petit cœur naïf. Visions estivales de corps puissants presque dénudés et souvent soigneusement entretenus… Plaisir des yeux…

L’ouïe : Evidement, si je parle des pétarades de ma Kawette qui décélère, ou de son hurlement à l’approche de la zone rouge, ou du grondement de la superbe Guzzi Breva au démarrage, je vais passer pour un beauf ?... Tant pis, j’assume être de ceux qui apprécient le ronronnement d’une mécanique… Mais quelque part, ce n’est pas spécifique à ce voyage, n’est ce pas ? Alors, je vais plutôt parler de la musique ecclésiastique diffusée sous les arches de la cathédrale d’Autun, qui fut le passage surprise du road book. Je n’ai constaté que je passais à proximité qu’en lisant des panneaux indicateurs… Je ne pouvais décemment pas aller jeter un œil (et donc, trainer l’oreille) dans l’évêché de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, n’est ce pas ? Si je n’ai pas visité le palais épiscopal, j’ai découvert que résonnaient sous les voutes de la cathédrale des chants liturgiques et, encore humide de l’averse rencontrée, je me suis laissé allé à fermer les yeux, assis sur un banc, et à seulement écouter le mélange de voix graves et de timbres cristallins, et à me laisser porter. Je ne suis pas croyant, mais j’aime me laisser envouter par les résonnances des églises, abbatiales et autres chapelles, resentir le caractère divin des odes sacrées, abandonner mon esprit aux flux et reflux mystique des orgues et harmoniums.



L’odorat : Alors là, aucun doute : pour l’odorat, c’est la sensation du jeudi 5 Aout qui l’emporte. Au départ de Mende, nous sommes partis sur les routes humides des Cévennes, traversant des forêts épaisses et des clairières verdoyantes, chargés d’une odeur de nature mouillée, vous savez, cette odeur moite de chlorophylle fraiche, de terre humide chargée des relents de feuilles déjà presque compostées, la fragrance ronde et molle de la mousse spongieuse, et celle plus musquée et lourde de l’écorce mouillée… Une odeur d’automne à la campagne. Et, en moins d’une demi heure, le passage à l’Ardèche, paysages ocres du sud qui exhalent un fier parfum de soleil estival, d’herbes aromatiques, de fruits tièdes, où explosent les effluves entêtants des conifères rabougris et de la terre sèche et poussiéreuse, les arômes de lavande qui font penser aux armoires à linge des grand-mères.



Le toucher : Ah ! le toucher… J’aurais, par moment, dans ces passages odorants des Cévennes, adoré sentir un corps amoureux sur le siège passager. De la main gauche, je lui aurai doucement caressé la cuisse afin de partager en silence les effluves du monde. Dans les viroles du Tarn, ramassé sur la moto, j’aurai senti sa main se tenir à mon torse et suivre mes mouvements d’accompagnement de l’engin. J’aurai frémi. Hélas, rien de cela : d'un passager, je n’aurai senti que les crispations des jambes d’un Tarvalanion épouvanté, crispations que je prenais naïvement pour la simple application des consignes données (en passager, on se retient autant par les jambes que par les bras). Point de cela… Conditionné par ma réputation acquise lors du voyage à Cabourg avec @rod_cook en passager, et aussi peut être par le caractère plus sec et brutal de mon petit roadster comparé au trail BMW plus onctueux de @nicoco_m, c’était juste une peur viscérale. Injustifiée au demeurant à mon sens, puisque justement, j’avais le sentiment d’y aller tranquillement, bien loin de l’enthousiasme manifesté avec Rod… Nicoco_m confirmera, d’ailleurs, que me suivre était tâche aisée. Et j’ai bien rigolé lorsque, Tarvalanion de retour sur la BMW, ce même Nicoco s’est totalement lâché et a roulé comme un sauvage, comme une vengeance par procuration… ^^

Le goût : Lyon ! Lyon ! Et ce savoureux apéritif composé d’un vin blanc d’alsace et d’un sirop de pêche. Nous en avions pris un chacun avec @nicoco_m, aux Ventres Jaunes, et je m’en félicite. Pérouges ! Pérouges ! Où, avec des @rod_cook et @critwi76 de passage, nous avons dégusté une coupe de Cerdon, ce pétillant de ma région généralement apprécié par les voyageurs de passage. Ah, quelle surprise qu’en matière de goût, je parle ici d’alcools, moi l’ancien ayatola du coca et jus de fruit… J’en parle, en fait, parce que, ayant un sens du gout labile (le lien ne marche pas puisque cette diva de @princesse_b supprime ses tweets au fur et à mesure...), au désespoir d’Incipio, j’associe les saveurs agréables non pas à ce quelles sont mais à des instants. Or, ces deux instants là furent agréables : Avec Nico, la fin d’un voyage qui aura tenu ses promesses et une certaine émotion Lyonnaise. Avec Rod et Cri, le plaisir de l’arrêt improvisé en mes terres d’enfance de deux nouveaux amis, comme la rencontre d’un passé et d’un futur. J’aime.

dimanche, août 8 2010

Une averse au milieu de l'été

Il y a eu la gare de la Part Dieu, ou je passais matins et soirs. Il y a eu le métro, orange, automatique. Il y avait les peintures de la cathédrale Saint Jean. Il y avait les petites rues de ce même quartier Saint Jean. Le crayon. Il y avait le chemin de montée vers la basilique de Fourvière. La vue, depuis le parvis. Au loin, presque visible, mon ancien lycée. Il y a eu les quais du Rhone, réhabilités, superbes, il y a eu les Terreaux, la Rue de la République, Bellecourt, la rue Victor Hugo, Perrache...

Lyon.

Une ville que je ne connais finalement pas si bien, mais pas si mal non plus, ville que je cite comme lieu d’origine même si ce n’est pas tellement exact. Lyon, Lyon, Lyon.

Lyon qui fut le théatre d’un certain échec à m’émanciper, mais aussi lieu de mes premières émotions, lieu des amis du Lycée puis du DUT à Villeurbanne. Ville que je pris un certain plaisir à faire visiter à mes amis Belfortain, Lolotte la première, et surtout, La Cigale mon Ex. Oui, j’étais fier de cette ville, grande, vallonnée, avec sa confluence, son opéra, sa fête des lumières, toutes cette vie qui m’attirait par sa similarité à celle de Paris, le rêve d’adolescent interdit par une concession de couple. Lyon, Villeurbanne. La ville, la grande, celle des canuts, de la soie, ville de gauche, des frères Lumières, de la cité internationale, des velovs, du tram.

Je ne me suis jamais projeté au Mans, mais discrètement, je me projetais à Lyon, surtout après que le hasard eut installé mon Ex assez peu loin, même si revenir à proximité de ma famille me décevait, un peu, par une sorte de fierté de la différenciation un peu incompréhensible.

Alors, oui, revoir cette ville, cette ville que je continue d’aimer, dans laquelle je pourrais si facilement m’imaginer vivre, aimer, bouger, chanter, rêver, danser, partager, nouer, créer, essayer, oui, revoir cette ville de Lyon, par une journée si agréable, alors que tant a changé, ça m’a remué, beaucoup plus que je ne l’avais pensé. J’ai eu le coeur brusquement serré, recroquevillé, flétri, j'ai eu envie de pleurer, j’ai eu envie de trouver une épaule sur laquelle me reposer, une main à tenir, j’ai eu peur, vraiment peur, pour la première fois depuis quelques mois. Une averse au milieu de l’été.

samedi, juillet 24 2010

Petits Alexandrins en pays Angevin

Un weekend provincial, une visite s'organise
Parmi les bons auspices, le soleil généreux
Sublime cette ville où l'on flâne heureux
Assisté d'un ami amateur de cerises.

A petites enjambées, mon hôte déambule
De la place Saint Eloi à la rue du musée
Passage au bord de Loire, traversée pont de Cé,
Pour enfin retrouver la chapelle des Ursules.

Un bistrotier charmant propose ses services,
Un martini pour l'un et pour l'autre un porto
On échange des mots, Baratin de Saint Laud
Avec sincérité, mais exempts de tout vice

L'un s'amuse gaiement, en ces terres connues
Où pourtant le passé ne fut pas toujours rose,
Et qu'il aura du fuir pour qu'enfin le coeur ose,
Sans aucun préjugés, ses amours mettre à nu.

L'autre ne cache pas sa joie de partager ici
Le désir renaissant et l'ambition fluette
Que l'angoisse de manquer, fait demeurer secrète
Sauf auprès de celui qui demeure un ami.

Mais hélas peu à peu, le soleil décline
Signifiant à l'un d'eux qu'il est désormais temps
De se dire aurevoir et rouler vers le Mans
Achevant en douceur, cette journée Angevine.

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