Kozlika a survécu à un vol en avion. La belle affaire. S’il n’y avait qu’à des avions que l’on peut survivre !
Moi, j’ai commencé à survivre aux 747 et 777 d’air china. Je n’ai pas beaucoup de mérite, car tout le monde hurle de terreur lorsqu’on cite air china, sans savoir que cette compagnie existe depuis plusieurs décennies et n’a subi qu’un seul accident.
Depuis, j’ai survécu au trafic automobile chinois (100000 mors par ans), ce qui est déjà plus spectaculaire si l’on considère que l’on peut rouler à contresens sur l’autoroute, que les délimitations de voies sont tracées au sol mais pas dans la tête des gens, et que tout ce qui roule peu aller sur la route. Tout. Tout-tout. Vous ne pouvez même pas imaginer. Par exemple, un tricycle pétaradant surchargé et non éclairé est autorisé sur l’autoroute pendant la nuit.
J’ai survécu au froid. 16 degrés dans les chambres à midi, c’est peu. Très peu.
J’ai survécu aux punaises. J’ai vaincu, d’ailleurs, et je vous recommande l’insecticide RAID. La dernière fois que j’ai ouvert la fenêtre, il y a avait 4 cadavres sur le rebord. Elles ont échoué à l’entrée. Bien fait.
J’ai survécu aux coupures de courrant pendant plusieurs heures. Plus d’Internet, plus de lumière, chandelles pour tout le monde.
J’ai survécu aux coupures de chauffage.
J’ai survécu aux piments dans la nourriture. On ne m’y prendra plus, et si j’ai goûté, pour faire bonne mesure, les piments et les œufs pourris, je ne le ferai plus.
J’ai survécu à l’eau non-potable.
Hier, j’ai survécu à beaucoup mieux. L’incendie.
Si.
Le vrai. L’incendie électrique. Avec des flammes, pupuce qui hurle, et tout.
Explication. Vous n’avez jamais vu une installation électrique chinoise. Jamais. C’est à pleurer pour celui qui connaît un peu, mourir pour l’ignorant, faire un ulcère pour l’électricien occidental. En gros, vous avez un fil qui rentre dans la maison, et ensuite, vous dérivez comme bon vous semble pour aller partout. Sans tenir compte d’une quelconque notion de sécurité, encore moins de la taille des fils (plus on tire de courrant, plus il faut un fil de section importante : une lampe de chevet n’est pas une plaque chauffante). Pour faire une dérivation ? Pas de problème. Un électricien de chez nous qui se respecte mettrait un jeu de domino enfermés dans un boîtier. En chine, vous entaillez le câble, enroulez vos deux conducteurs ensembles, et recouvrez le tout de chatterton. Hier, ce qui devait arriver arriva. Le vieux scotch pourri ne recouvrait plus grand chose. Les deux conducteurs ne se touchaient plus bien. Et lorsqu’on branche un truc qui consomme, la section conductrice entre les deux conducteurs devient insuffisante, un arc électrique se produit, enflamme les plastiques isolants et le scotch, ça fume noir, les câbles malmenés passent au rouge en grésillant. Pupuce hurle et appelle Batims.
Le temps que j’arrive, les filles auront eu l’excellente idée de tout débrancher, arrêtant de fait le sinistre. Heureusement qu’on étaient là. Plus jamais, plus jamais laisser des trucs fonctionner lorsqu’on part. Jamais. Le réparateur est passé ce soir. Il avait tout son matériel. Une pince et du scotch.
On me reprochera ensuite de ne pas être intervenu plus vite. D’habitude, je rétorque, oh, ca va, y’a pas le feu… mais bon, là…
Faut dire aussi que j’allais me coucher, j’étais à poil, et elles n’hurlaient pas assez fort pour que je me précipite au secours la bite à l’air…
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