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Culturelosphérique

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mercredi, juin 16 2010

Le Mans pride

Ma chère ville du Mans est mondialement célèbre pour ses rillettes sa course automobile. Les 24h, ici, c'est une institution. Il y a les 24h voitures, mais aussi camions, voitures anciennes, motos, vélos, rollers, course à pied, tout ce que tu veux. Mais bien sûr, les 24h du Mans, les véritables, ce sont les 24h automobiles. Initiée au début des années 1920, c'est d'ailleurs, je crois, la plus ancienne compétition automobile encore en activité.

Pour cette occasion, la ville se transforme et se prépare. Des portions de route sont coupée (puisqu'elles font partie du circuit), les riverains ont des pass spéciaux pour rentrer chez eux, le ciel se charge d'une quantité invraisemblable d'avions d'affaire et les routes de voitures de sport et de luxe. En moins de 10 jours, j'ai ainsi vu plusieurs Ferrari, Aston Martin, Bentley, Dodge Viper, Jaguar anciennes, Lotus, Lamborghini... Et je ne compte plus les BMW, Mercedes, Audi et Porsche en coupé, cabriolet ou version ultra sportive. C'est là qu'on remarque aussi à quel point l'Allemagne domine la production de voiture de prestige.

Le mercredi et le jeudi soir furent marqués par le bruit, au loin, des voitures aux essais. De chez moi, (au moins 15km à vol d'oiseau), le bruit du circuit est très audible. Le vendredi soir, quant à lui, est dédié à la parade des pilotes. Pas de gay pride au Mans, donc, mais une foule nombreuse et une organisation milimétrée pour faire défiler dans les rues un cortège de supercar puis une nuée de pilote en combinaison dans des voitures anciennes. Je ne suis pas un grand passionné (mais j'aime bien quand même), et je voulais voir ça (et aussi le live-twitter, même si hormis @critwi76, tout le monde s'en tappe dans mes followers). Suivant les recommandations de mes collègues, je suis arrivé 1h en avance afin de trouver une place au plus proche du cortège. Je n'ai pas été déçu, puisque j'ai pu voir 2 voitures que je voulais voir de mes yeux:

La Buggati Veyron. Un monstre de 1001 chevaux. 16 cylindres, 64 soupapes, 4 turbos, 1001 chevaux, 1000k€ hors taxe. C'est au delà de tout. Il ressort de cet engin un sentiment de puissance compacte. La voiture semble petite, basse, râblée. C'est de la performance brute, presque 2 tonnes qui atteint 100km/h en 2,5 secondes et grimpe à 400km/h en pointe. On sent cependant l'ascendance Audi (Alors que la prestigieuse marque était Française, elle appartient depuis 10 ans à Volkswagen) dans le design rigoureux, précis, homogène mais, il faut le dire pas très original.

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Tout le contraire pour ma chouchoute, l'Alfa Romeo 8C Competitione, présente à la parade en version spider. Ma quale macchina splendida! L'Italie dans sa toute sa splendeur (du nord, donc...). Superbe, avec des courbes comme seuls savent en faire les Italiens, et cette calandre si typiquement Alfa Romeo. Avec 8 cylindres pour 450 chevaux, on est loin de la sur-performance de la Buggati, mais quel charme! Le bruit semble avoir été tout particulièrement travaillé: la voiture avance dans un grondement sourd et grave. J'adore!

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Et enfin, sur un tout autre registre, plusieurs véhicules électriques étaient de la partie, dont le roadster Tesla. Ne nous mentons pas: l'assistance était assez dubitative devant ces engins silencieux. Il faut dire que le petit sifflement électrique est décevant et pauvre en sportivité. Les appareils photos ne crépitaient pas beaucoup, même si un "oooh" de surprise s'est élevé lorsqu'un pilote sans doute lassé de passer pour le faire valoir écolo de la journée, s'est arrété et à démontré l'intéret du moteur électrique en réalisant une accélération impressionnante, tant par sa vigueur que par le silence déconcertant qui y est associée.

Une fois cette parade achevée, celle des pilotes a commencé. Elle fut décevante à mon goût, car il se passait 10 longues minutes entre chaque équipage. Je ne suis pas assez passionné pour attendre ainsi indéfiniment que 3 mecs en combinaison juchés sur un tacot veuillent bien défiler en lançant à l'assistance des goodies débiles. Encore que, dans le feu de l'action...

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Surtout que, comme le fit remarquer ma voisine de droite: "mais en fait il ne sont pas très beau..." Connaisseur, je lui ai confirmé que je partageais son dépit, même s'il y a eu une ou deux exceptions.

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Il y avait aussi les inévitables pom-pom girls et fanfares. Mes collègues m'ont d'ailleurs beaucoup parlé des pom-pom girls. Sooo predictable...

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Par contre, j'avais aussi un voisin à ma gauche.

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samedi, mars 27 2010

La rafle

Bien sûr, ce film a le mérite d'exister, bien sûr, il faut témoigner, bien sûr, le devoir de mémoire, tout ça, tout ça…

Il demeure que j'ai été déçu, car il y a sur cet évènement une trop grosse couche de cinéma, de plans fait exprès pour attendrir… Tout est trop propre et lisse, dans ce film, au point qu'il ressemble surtout à un film, mais pas à un témoignage de fait historique. Et je ne parle même pas des gros plans tellement attendrissant sur les enfants qui zozottent, ni de la fin-qui-fini-bien digne d'hollywood.

Donc oui, c'est pas mal joué (bravo Mélanie Laurent), pas mal filmé, pas mal reconstitué, pas mal tout, mais non, je ne trouve pas que ça soit convainquant. Donc, déçu, un peu, quand même.

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mercredi, mars 17 2010

A single man

Il y a dans ce film des instants de grande émotion qui m'on fait regretté de n'avoir pas un compagnon à qui prendre la main. Evidement, le coté gay rend l'identification plus facile et donc augmente un peu mon potentiel émotif. Il demeure que le sublime de "a single man", c'est précisément que si le propos est une histoire d'amour gay, rien ne repose sur le fait que ce soit un amour homosexuel. C'est un amour, un point c'est tout, un amour puissant, sincère, grandiose, émouvant. Le compagnon de George Falconer serait une compagne, que le film ne gagnerait ni ne perdrait rien.

J'ai admiré la qualité de la réalisation, avec des plans ultra-parfaits, qui, s'ils amoindrissent un peu l'émotion (le coté trop étudié), renforce le coté artistique, idéaliste des scènes, ce qui finalement n'est pas gênant lorsque le propos tourne autour du sentiment aussi idéaliste que celui de l'amour. Certains plans ne sont d'ailleurs là que pour admirer leur beauté intrinsèque. Et, doublée par une bande originale intéressante, d'une lenteur maitrisée et parfois brisée par des changements de points de vue, ils ne sont pas superflus et participent totalement à la réussite de l'ensemble. C'est beau, tragique, sensuel, émouvant, au point d'avoir parfois l'impression de ne pas être dans une salle du MK2 Odeon mais dans la chambre noire d'un musée et de faire partie d'un publique privilégié assistant à une performance esthétique.

Le jeu réalisé sur la luminosité et la saturation de l'image entre flash-back et temps présent est d'ailleurs intéressant, même si le contraste entre les deux est un poil trop important. Par certain points, j'ai d'ailleurs retrouvé certains aspects des films d’Eastwood que j'aime tant, en tout cas dans le soin apporté à la réalisation. Comme chez Eastwood, j'ai d'ailleurs eu l'impression que l'heure quarante de film n’avait duré que vingt minutes.

Un sacré bon film, que je recommande chaudement.

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dimanche, mars 7 2010

Le mac

Comme j'aime bien José Garcia, je suis allé voir ce film qui doit marquer son retour. Le fait est que sans lui, le film serait assez mauvais. Mais là, ça passe, grâce à la présence Jose Garcia et sa gouaille. Sinon, le scénario n'est pas totalement prévisible, l'ensemble est assez homogène (qualité des effets spéciaux, réalisation, casting). Objectivement, je n'ai pas été écroulé de rire pendant toute la projection, mais je me suis raisonnablement amusé.

Pas le film du siècle, ni même de l'année, mais un moment somme tout agréable, et qui fait passer une soirée tranquillement.

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samedi, février 27 2010

Valentine's day

Pour mon grand come-back au cinéma, c’est l’échec qui domine. Valentine’s day est en fait un plan cul : Le casting est intéressant, le scénario s’arrange pour que chacun trouve son compte, il y a quelques instants sympa, mais à la fin, il n’en restera rien. L’idée du film, c’est de raconter des histoires de cœur le jour de la saint Valentin. C’est donc forcément neu-neu à souhait. Sauf qu’en plus, c’est prévisible à mort, assez cliché, et surtout terriblement mollasson. On parle d’amour, normalement, merde, ça devrait être explosif, entrainant. Mais non, c’est juste tout mou, comme un plan cul tellement foireux que tu n’arrive même pas à bander. Il y a bien une tentative de pimenter tout cela en parlant de cravache avec un accent russe, mais bof.

Clairement, ce patchwork mal assemblé d’histoires niaises se repose sur les acteurs et leur éventuel talent. Je me suis même demandé ce que Julia Robert était venue faire là dedans. Par contre, j’ai bien aimé Topher Grace.

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Le final provoque un peu d’émotion, avec, enfin, le petit bisou gay qui provoque une petite clameur dans la salle et même un début d’applaudissement. Ca m’a à peine ému et presque agacé tellement c’était prévisible.

Bref, un film guimauve sans grande valeur.

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mardi, décembre 29 2009

Avatar

Matoo m’a volé mon billet sur ce film. Je n’ai donc plus grand chose à en dire, il suffit d’aller le lire.

J’émet cependant quelques réserves: En résumé : oui, j’ai apprécié ce film, qui est un bon film de science-fiction version blockbuster. Non, il n’est pas à la hauteur du tapage médiatique qu’il a suscité. Précisément parce que, s’il a été conçu pour la 3D, il a aussi été conçu pour être un blockbuster, ce qui signifie que le scénario a été écrit sur un coin de table et en vitesse. Attention, je résume : humains méchants-cupides veulent voler autochtones écolo-gentils. Un homme programmé pour être débile (militaire) et arrivé ici par hasard fait copain-copain avec les autochtones puis carrément amour-amour avec la fille du boss local (so cuuuute !). Changement de camp, bataille finale, les méchants gagnent grâce à leurs gros flingues mais retournement de situation inattendue (enfin, on se demandait juste quand le retournement aurait lieu), duel chef des méchants vs chef des gentils assisté de sa belle car l’amour gagne toujours. Il n’y avait pas de drapeau américain, car il aurait fallu le mettre du coté des méchants, mais c’est tout comme.

J’ai aussi été passablement déçu par le manque dramatique d’imagination pour les créatures autochtones. Les nav’i sont des bipèdes avec deux jambes avec pieds, deux bras avec mains, une tête, deux yeux, un nez, une bouche avec de belles dents alignées, des cheveux, des arcades sourcilières. Ils montent des quasi-chevaux (qui ont 2 pattes en plus et des nasaux sur la poitrine, c’est follement original). Attention, il y a aussi des chiens méchants. Pourtant, il y avait quelques belles idées : une planète vivante (type la théorie Gaia), où tous les êtres peuvent communiquer en se reliant par de sortes de terminaisons nerveuses (contrairement à Matoo, j’ai trouvé les nattes des nav’i intéressantes), des terres qui volent au centre d’un « vortex » qui représenterait le centre de la conscience de la planète (on n’en sait pas plus, quel dépit !!)…

En revanche, j’ai été presque convaincu par la 3D. J’ai ressenti une fatigue visuelle, mais pas aussi violente que lors de précédentes expérimentations (ou alors, c’était à prostériori, j’avais une migraine épouvantable le lendemain). Je reproche juste à la 3D d’être superbe sur le personnage au centre de l’action, mais de gêner la qualité du reste de l’image (Matoo semble avoir ressenti la même chose), à tel point que je le reverrai bien en 2D, pour comparer. Je n’ai donc pas encore d’opinion à propos de la 3D d’avatar : révolution ou début prometteurs ? Ce que je constate cependant, c’est que dans Avatar, les humains ont des grands plateaux d’imagerie 3D, et n’ont pas besoin de lunettes…

mardi, août 25 2009

Mazarin: du ministre au presque-souverain

Contre toute attente, la reine Anne d'Autriche (qui est Espagnole...) a confié la régence au jeune cardinal Mazarini, un Italien, au nez et à la barbe des nobles du royaume, qui se voyaient déjà dépecer le pouvoir fragile d'un Louis XIV encore enfant

Inutile de dire que Mazarini n’était pas le bienvenu. Dès son arrivé, il est confronté à une véritable cabale, qui abouti à une tentative d’assassinat. Puis, le parlement, normalement chargé des affaires judiciaires seulement, s’impose de plus en plus dans la vie politique du pays et grignote l’autorité royale à la fureur de plus en plus incontrôlable d'Anne d'Autriche. Alors que la situation interieure devient ingérable, Mazarin parvient quand même à maintenir la pression sur l’Espagne, grâce au génie militaire de grands capitaines tels que Turenne et Condé. Dès cette époque, il constate cependant que la puissance militaire royale est en fait assurée par des armées privées, entretenus par les grands princes, lesquels peuvent ensuite dicter leurs conditions au souverain. Une fois le calme rétabli, il en tire leçon en créant une véritable armée du roi. Dans cet épisode guerrier, Mazarin imprime sa marque en imposant à Turenne de la retenue après ses victoires militaires. En ménageant l’ennemi, il cherche à tuer la volonté de revanche et favoriser la paix en appliquant sa théorie de l’équilibre des forces. Stratégie gagnante puisqu’elle permet de conclure la guerre de 30 ans par le traité de Westphalie en 1648.

Hélas pour Mazarin, qui a négligé d’entretenir sa popularité en finançant des artistes, écrivains et journalistes comme le faisait Richelieu, ce succès extérieur est complètement masqué par la première fronde de 1648, causée par l’agitation et la virulence d’un parlement de plus en plus incontrôlable et aiguillonné par les dévots hostiles à la reine et à son ministre, lesquels maitrisent de plus très bien leur communication via les fameuses Mazarinades.

Mazarin conserve néanmoins un certain contrôle, puisque c’est lui qui préconise et organise la fuite du roi vers Saint Germain et qui défini ensuite les objectifs des armées de Condé contre les frondeurs. Pourtant, le parlement maté par les nobles fidèles au roi porte déjà le germe de la seconde fronde, en 1650, celle de ces mêmes nobles, et en premier lieu Condé qui s’estime mal récompensé. En tant que premier prince du sang, mégalomaniaque, il se considère carrément l’égal du roi. Inutile de dire que cette éventualité n’est pas du goût de Mazarin, et encore moins de la régente. Pour la régente, l’autorité de son fils est non négociable. Quant à Mazarin, l’ascension de Condé signifierait son affaiblissement. Hors, il n’a plus de point de chute. Son ralliement à la France l’a rendu impopulaire hors du pays, et il n’est pas non plus en odeur de sainteté à Rome : bien que nommé Cardinal, il a toujours négligé de prendre la tonsure et devenir un homme d’Eglise comme devrait l’y obliger les quelques abbayes dont il reçoit la recette, et il n’est même pas allé chercher auprès du Pape les marques de son Cardinalat. Un Cardinal étant révocable, perdre le soutien de la reine et sa puissance en France serait désastreux. Cette seconde fronde m’a également bien intéressé. Pour le Cardinal, c’est un désastre personnel. Ses biens sont saisis, dispersés, bradés, à commencé par sa bibliothèque qui était l’une des plus fournie d’Europe. Il ne la reconstituera jamais complètement. Surtout, il est contraint de partir en exil à deux reprises. Même si, en accord avec la reine, il s’agit surtout de retraits tactiques dans l’attente de la majorité du roi et de son rappel, il en est très meurtri. D’ailleurs, n’en pouvant plus d’être en retrait et de voir la reine prendre de plus en plus d’autonomie, il finit carrément par investir tout ce qui lui reste dans une petite armée, pour aller au secours du roi et justifier ainsi son retour.

L’agitation nobiliaire matée à son tour, Condé en exil, le roi devenu majeur à 13 ans, Mazarin conserve tout son crédit et surtout, a accompli sa mission : atteindre la majorité du roi en ayant raffermi l’autorité du monarque. Il poursuit alors l’éducation du jeune Louis, en méprisant les traditions : toujours en avance sur son temps, il décide d’en faire une tête bien faite plutôt que bien pleine. Il associe le roi aux décisions, les lui explique, le fait voyager pour lui faire découvrir son peuple, l’imprégner de son métier et de ses responsabilités de monarque.

Il s’ancre également de plus en plus en France, faisant venir sa famille et ses nièces et les mariant à la noblesse de France.

Surtout, il rencontre et embauche deux talents : Fouquet et Colbert. Dès le début, Mazarin, très désorganisé, confondait largement sa caisse et celle de l’état. Le trésor étant constamment à sec, cela lui permettait surtout de disposer de liquidités au besoin. Meurtris par la fronde ou il a bien vu sa vulnérabilité, il s’engage encore plus en avant dans le mécanisme et se met à collectionner charges, possessions et revenus : Colbert est chargé de veiller aux rentrées, Fouquet aux sorties. Se déchargeant complètement de la gestion de ses biens, il perd le contrôle des mécanismes de prévarication qu’il a initié tandis que le rigoureux et économe Colbert fait merveille, au point de faire passer le cardinal pour un radin. En moins de 10 ans, Mazarin amasse sans même s’en rendre compte une fortune considérable, qui restera inégalée pendant tout l’ancien régime et dépassait même largement l’encaisse de la plus grosse banque de l’époque ! Il ne réalise d’ailleurs l’énormité de la chose que peu de temps avant sa mort et cherche dès lors à se couvrir en léguant tout au roi. Celui-ci refuse, mais fait encore plus gros : sans même demander d’inventaire, il déclare que tous les biens de Mazarin ne sont que juste rétribution pour les services rendus. Il s’agit sans doute du plus gros et plus parfait blanchiment d’argent de l’histoire.

Entre temps, et au prix d’un accord contre nature avec le royaume uni de Cromwell, il finit par prendre le dessus sur l’Espagne. Mais là encore, il choisit d’utiliser l’avantage pour ouvrir des négociations qui aboutissent au traité des Pyrénées et au mariage du roi avec l’infante d’Espagne. L’épisode fut d’ailleurs de haute volée, le roi s’étant entiché d’une nièce de Mazarin et menaçant de tout faire annuler. Le Cardinal devra menacer en retour le roi de son retrait et le bousculer au nom de son devoir de monarque pour faire aboutir l’union. La guerre de 30 ans soldée, la paix avec l’Espagne solidement conclue, Mazarin avait acquis en Europe une renommée immense au point que l'on parlait de lui pour le prochain pontificat. Mais il était aussi complètement épuisé et malade. Sa relation de confiance avec Louis XIV, majeur depuis longtemps, lui permet néanmoins de rester en responsabilité jusqu’à sa mort. Par admiration pour son ministre qu’il considère comme un père, le jeune roi résistera aux pressions de ses jeunes et fougueux amis qui le pressent de prendre le contrôle du pays à la place d'un Italien toujours perçu comme un usurpateur. La mort de Mazarin est d’ailleurs emblématique. Alors que Louis-Philippe s’était déplacé pour faire ses adieux à Talleyrand, ce qui était complètement contraire à l’étiquette, Louis XIV ordonne, le 5 mars 1661, que des prières publiques de 40 heures soient dites pour le Cardinal, hommage normalement réservé aux rois. L’anecdote révèle qu’aux yeux du roi lui-même, Mazarin à sa mort était monarque de France.

Le jugeant irremplaçable et comptant davantage sur l’éducation reçue du cardinal que sur n’importe qui d’autre, Louis XIV ne le remplace pas et prend ses fonctions. Il hérite d’un pays pacifié, agrandi mais aux frontières stables, doté d’un début d’organisation administratif qui ne demande qu’à s’étendre et d’une armée désormais contrôlée directement par le roi.

L’Italien roturier avait mis un terme à l’agitation nobiliaire et ouvert les portes de l’absolutisme. Son succès était total et bien plus éclatant que celui de Richelieu. Pourtant, l’histoire française, peut être légèrement xénophobe, n’a jamais reconnu que ses défauts et faiblesses alors que le roi soleil, qui n’est que son bilan personnifié, demeure une fierté de l’imaginaire collectif.

Puisque j'aime bien avoir une biographie sur la table de chevet, même lue en parallèle à d'autres bouquins, je me demande cependant qui sera ma prochaine cible. Je penche pour le XIX° siècle, que je connais trop mal. Napoleon III, qui me semble lui aussi injustement mal aimé par l'histoire? Ou partir à l'étranger et étudier Bismark qui me semble être un monument de la culture Allemande?

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