Je n’aime l’incertitude que lorsqu’elle est choisie. Donc en gros, je déteste les programmes tout fait pour mes vacances et mes loisirs. J’aime prévoir les grandes lignes (je vais là bas, je fais tel truc), mais surtout pas les points de détail (à telle heure, telle activité, on utilisera telle ou telle chose, etc…). Rien ne m’exaspère davantage qu’un programme millimétré ou un circuit touristique ou l’on peut tout faire à condition de suivre le parapluie du guide. Pour autant, j’aime beaucoup mon petit confort et si j’aime partir à l’aventure, c’est parce que je sais que j’ai au retour mon petit chez moi confortable qui m’attend, et pendant j’ai de quoi me sortir d’une éventuelle galère assez facilement. A propos de voyage, mon adage serait le suivant : un passeport (à fortiori Européen Français, c’est mieux que Burkinabé), une carte de crédit et le monde est à moi !
En revanche, l’incertitude quand au devenir de mon petit confort a le don de me stresser au plus haut point. Je déteste ne pas connaitre mon point de chute, ma base arrière, dans les 6 mois à venir. A l’heure actuelle, c’est précisément le cas : mon programme ne va pas au-delà du 15 Aout 2008. A cette date, ma convention de stage arrivera à son terme. J’aurais 18 mois d’expérience au sein d’une même société. Je ne sais pas si j’y resterai. Surtout, je ne sais pas si je souhaite y rester. Il y a 14 mois, j’ai été embauché par un chef avec le plan suivant : 1 premier stage de 6 mois qui, s’il se passait bien, m’ouvrait les portes d’un CDD à temps partiel de 6 mois puis d’un nouveau stage de 6 mois à temps plein, le tout avec des projets me permettant de valider les études universitaires menées en parallèle. Par la même occasion, j’intégrais le savoir faire d’un collègue souhaitant changer de poste. Au terme des stages et CDD, je le remplaçais. Un vrai projet confortable.
En Novembre dernier, la société s’est réorganisée et j’ai changé de chef. L’ambiance s’en est trouvée profondément modifiée. L’ancien chef a intrigué pour m’assurer mon stage actuel. Le nouveau chef n’a pas fait de difficulté, mais ne voulait plus tellement laisser partir mon collègue vers un autre poste. Devant le blocage, ne souhaitant plus faire de marketing, celui-ci a finalement démissionné le mois dernier. Il quittera la société en Juin. Si son poste est maintenu, ce qui n’est pas sûr puisque la tendance est désormais à la compression budgétaire, j’ai naturellement ma carte à jouer. Sauf que je ne sais pas. Si l’ancien chef était sur-dynamique, méprisait les lenteurs administratives et n’hésitait pas à bousculer au besoin les procédures, insufflant à son équipe un goût de PME au sein d’une multinationale, le nouveau est justement procédurier, tatillon et flegmatique. Je ne suis pas certain de vouloir travailler pour lui. Ou du moins, si je le fais, ca ne sera pas avec l’enthousiasme du premier. Mais après, ne serait-ce pas stupide de négliger une occasion si facile et si valorisante pour la suite ? La première embauche est la plus difficile parait-il. C’est encore plus vrai dans le domaine du marketing industriel. En restant là ou je suis encore au moins un ou deux ans, je prends 3 ans d’expérience dans une société reconnue, à un poste qui me plait, avec un salaire convenable semble-t-il, à un lieu géographique pratique du point de vue de mon couple et qu’en plus j’apprécie assez. Un bon début de carrière, donc. Mais je ne sais pas. Soudainement, la peur de l’engagement, de la prise de responsabilité, le doute quand au choix à effectuer. J’hésite à avancer mes pions. Si je ne le fais pas, on ne m’attendra pas, évidement. Mais j’hésite…



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