Bobby
Par RCerise le samedi, janvier 27 2007, 20:03 - Egosphérique - Lien permanent
J'ai beaucoup de difficulté à faire la fiche de ce film. Ca fait d'ailleurs 3 fois que je recommence.
Synopsis: Le 5 juin 1968, à minuit, le sénateur démocrate Robert F. Kennedy, ancien Ministre de la Justice, candidat démocrate à la Maison Blanche et probable successeur de son frère JFK, était assassiné dans les couloirs de l'Hôtel Ambassador de Los Angeles.
Bobby fait un retour rapide sur cette tragédie, ses circonstances et ses protagonistes avec, en arrière-plan, les problèmes sociaux et politiques de l'Amérique de la fin des sixties : racisme, sexisme, inégalités...
Le problème, c'est que je me suis ennuyé royalement pendant les 30 premières minutes. Mais alors, monstrueusement. Je n'arrivais pas en fait à comprendre la direction que cherchait à prendre le réalisateur. Ensuite, il m'a semblé voir un objectif. La scène se montait. Et soudain, à 20 minutes de la fin, tout se débloque et prend sa place. Comme par magie. Le patchwork des vies qui s'entrecroisent, quelques heures avant l'assassinat de Bobby Kennedy, prend soudain son envol. De plus en plus fébrilement, les pièces s'assemblent en une trame sociale, préparant l'explosion finale. Ce film semble être un discours politique soigneusement dosé, laissant monter la pression doucement, puis de plus en vite, jusqu'à un paroxysme d'une incroyable intensité.
Car, oui, c'est un film politique. Très politique, même. Bobby Kennedy était en fait le frère de JFK. En 1968, 5 ans après l'assassinat de son frère, et alors qu'il est sur le point de remporter les primaires du parti démocrate pour la course à la présidence des USA, il est à son tour abatu.
Ce film retrace les dernières heures avant l'assassinat, sur les lieux du crime. On y rencontre en fait l'Amérique dans son intégralité, tout âges confondus, toute classes sociales mélangées. En clair, l'Amérique que se proposait de ressouder le candidat Bobby Kennedy, l'Amérique en souffrance, désemparée par les difficultés intérieures et l'enlisement de la guerre du Vietnam. En cela, ce film est superbe, car il parvient à nous plonger dans le décors exhaustif de l'époque.
Ce film est politique car il ne cherche pas à montrer, raconter, expliquer un assassinat. Il y a d'ailleurs un mélange intéressant d'image d'archive, et à aucun moment on ne "voit" Bobby Kennedy réellement. Il est suggéré, plus que montré. Ce qui compte, c'est son message, un message emprunt d'énormément d'idéalisme, de justice, d'égalité, de tolérance, alors même que Martin Luther King venait d'être assassiné.
Un film politique, au sens noble du terme: Une politique de l'idéal, celle de celui qui croit en ses opinions et les porte à bout de bras, la politique du leader qui veut changer le monde et offrir plus de justice à ses citoyens.
Un film qui mérite réflexion.

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