Vers la fin des DRM
Par RCerise le lundi, avril 2 2007, 15:36 - Intellectosphérique - Lien permanent
Le début de la fin des DRM, en tout cas pour la vente en ligne de musique.
Dans cette affaire, le plus incroyable réside dans l'incroyable exploit des grandes maisons musicales: parvenir à imposer et maintenir pendant plus de 5 ans un mécanisme technique gènant pour les acheteurs, rebutant pour les clients potentiels et totalement inefficace pour endiguer le piratage, voila qui est tout de même une performance remarquable, qui plus est dans un environnement technologique où tenir 6 mois est déjà un exploit.
Revenons aux début: effrayés par le piratage via les réseaux d'échange P2P, les majors acceptent de proposer leurs catalogues à la vente en ligne à l'unique condition que les morceaux ainsi payés soient illisibles impossible à dupliquer. Rien que le cahier des charges est déjà foireux: il s'agit donc de vendre le même produit que celui disponnible à la Fnac sur CD, mais sans pochette, sans livret de parole, avec une qualité moindre liée à l'encodage, et impossible à dupliquer, alors même que le même CD peut être copié à l'envie et sans le moindre effort. Croire donc une seconde que pareille méthode allait empécher le piratage relève de la naiveté la plus ahurissante. Ou alors, il aurait fallu arrèter la vente sur CD.
Rien qu'avec pareil cahier des charges, il est déjà étonnant que la marché de la vente en ligne ait décollé, mais cela, on peut l'attribuer sans trop d'effort à la naiveté des consommateurs: comme on (moi le premier) ne lit jamais les contrats de licence avant de cliquer sur OK, une bonne partie des clients doivent ignorer lors de leur premier achat le bridage du bien acquis. Ensuite, ils ont des enfants ou un voisin qui vient leur montrer comment faire sauter la protection: il suffit de graver puis réimporter les titres acquis. Ce qui au passage, rend l'efficacité du dispositif encore plus douteux.
Si les petits label ont depuis longtemps accepté de vendre en ligne sans DRM, la stratégie du maitre du marché, Apple et de son couple Itune+Ipod a toujours été la simplicité: pas question donc de mélanger les titres DRM et non DRM, a fortiori si les 4 majors controlant 80% des titres exigent du DRM. L'idée d'Apple a sans doute toujours été: tout ou rien, pour que les choses soient bien claires pour les clients.
5 ans après la mise en place des DRM, 5 ans d'insultes contre les vilains pirates du net qui ne veulent pas acheter des titres bridés, après avoir mis en prison des instituteurs ou des grands mères téléchargeant Claude François ou Tino Rossi, la grosse maison EMI prend enfin acte de l'échec absolu des DRM et autorise Apple et ses concurents à commercialiser la musique de ses artistes sans protection et avec une meilleure qualité, rendant aux téléchargeurs légaux ce dont il auraient toujours du bénéficier: un avantage (la rapidité, la sécurité, la qualité d'encodage, la garantie d'un produit sans défaut ni limitation) face à ceux qui téléchargent gratuitement sur les réseaux d'échange.
Ca n'est pas trop tôt: je vais enfin commencer à acheter ma musique en ligne, maintenant qu'il deviendra facile de tout sauvegarder sur disque dur externe, facile d'écouter sa musique sur le lecteur de son choix, bref, facile de profiter du titre téléchargé aussi facilement que de celui rippé depuis un CD.
Certe, le titre DRM est vendu $0.99 contre $1.29 pour celui avec DRM. Mais le "sans DRM" est en AAC 256 contre 128 pour le DRM, et le prix de l'album reste, avec ou sans DRM, à $9.9. Et comme le prix du titre est remboursé si on achète ensuite l'album entier et que moi, je n'achète que des albums entiers (j'ai horreur des singles), je suis satisfait!
Commentaires
Haaaaaaaaaaa ? Je vais peut être me mettre à l'achat en ligne alors.