Hier, j'ai passé avec succès l'ultime soutenance de stage de mon école. Succès puisque la note sanctionnant la présentation est bonne, bien que je sois profondément déçu par ma prestation. Dès la première diapo, un coup de stress s'est abattu sur moi et m'a littéralement fait perdre tout mes moyens. Je me suis réfugié dans la simple lecture terne et inintéressante de mes slides, sans jamais réussir à en sortir. Comme le précise l'appréciation, le contenu était bon, le plan était bon, l'ensemble était agréable quoique un peu austère (je suis le roi des présentations austères) en revanche, M. RCerise que vous est il arrivé? On a l'habitude de vous voir plus à l'aise... En sortant de la salle pour laisser délibéré, j'étais totalement dépité. Moi qui n'ait jamais eu peur de présenter aux profs, aux chefs et à n'importe qui mes résultats, j'espère que ca ne se reproduira pas. A l'avenir, j'essaierai surtout de ne pas produire des slides dans la plus pure tradition de ma société, c'est à dire avec tout le contenu écrit dessus. Mieux vaut laisser plus de part à l'improvisation et au naturel. D'ailleurs, je pense que je ne suis jamais meilleur que dans l'improvisation ou les situations d'urgence. Je préfère gérer les urgences, agir et trancher vite, que mener des projets à long terme.

Mais, c'est ainsi, c'est passé, et j'obtiens un très honorable 15/20. Largement assez pour être diplomé vendredi prochain. Car oui, dans moins de 7 jours, j'obtiendrai officiellement mon second diplôme post bac, sanctionnant mon (dur?) labeur de ces 3 dernières années. Evidement, je suis satisfait d'être arrivé là et d'obtenir ce diplôme, mais ça ne me rend pas particulièrement fier. J'ai d'ailleurs conseillé à mon frère de ne pas venir pour garder ses jours de congés. Il était assez surpris, car lorsqu'il a été diplômé ingénieur, la présence de toute la famille lui était très importante. Sans doute que pour lui, c'était plus important car c'était son seul et unique titre depuis le bac. Moi, j'ai déjà eu mon DUT. Et puis surtout, cette fois encore, ce diplôme ne sera pas la conclusion de mes études, puisque j'embraye sur une année de plus.

D'ailleurs, j'ai l'impression que cette cérémonie de remise du titre est plus importante pour mes parents que pour moi. Je leur ai fait comprendre qu'ils n'étaient pas forcés de faire la route, mais visiblement, ils veulent absolument monter à Belfort pour me féliciter. A moins que ça ne soit ma mère qui veuille montrer à Mlle de Bourge sa voiture de pouffiasse... Mais c'est une autre histoire...

Ceci dit, je mesure ma chance, et je remercie du fond du coeur mes parents pour les sacrifices qu'ils ont consentis afin de donner à leurs fils la chance inestimable d'étudier. Je crois d'ailleurs qu'ils peuvent être fiers de leurs résultats en tant que parents, et je sais que nous sommes la fierté de nos grand pères, heureux de voir que pour nous, l'ascenseur social porté par l'instruction a été un succès, transformant la lignée de paysans et d'ouvriers non qualifiés en ingénieurs et en cadre commerciaux. Je suis toujours un peu ému et gêné lorsqu'ils me présentent ainsi à leurs voisins, leurs amis, fiers d'avoir un petit fils "qui fait des études brillantes qui est même allé en Chine". Je n'ai pas toujours le sentiment de mériter ces honneurs et qualificatifs. Alors, même si cette symbolique cérémonie m'importe peu, je m'arrangerai pour faire bonne figure et je respecterai le dress-code: vendredi, je mettrai mon costume tout neuf noir, la chemise rouge offerte par la Cigale qui m'accompagnera ainsi doublement durant cette soirée, mes nouvelles chaussures noires, et la cravate qui reste à trouver. Je serai beau comme un camion, on ferra des photos et je les enverrai à mes deux grand pères. Et ils seront fiers et heureux d'aller les montrer à leurs amis. Ainsi, ca sera bien, car d'une certaine manière, mon succès académique leur doit beaucoup.