Oh, c'est bien simple, et même les lecteurs peu attentifs on bien du le comprendre: L'amour m'a quitté récemment, et à entraîné avec lui l'envie de m'exprimer ici. Il suffit de voir la pauvreté de mes écrits ce dernier mois.

Ma relation passée était très liée à mon blog. Pour tout dire, j'ai commencé à bloguer lorsque s'est présenté dans ma vie mon premier vrai amour. C'était, d'une certaine manière, lié. J'avais 20 ans. J'arrivais à Belfort. Je quittais le foyer parental. Mon coeur s'est ouvert. Ma vie, celle que je refoulais depuis des années, a jailli avec force, ravageant les barrages et les digues qui contenaient une vérité que je craignais. Je dois immensément à l'homme qui m'a ainsi ouvert à la vie. J'ai eu envie, par le blog, de témoigner de mon bonheur. Quand je relis les archives pieusement conservés au creux de mon disque dur depuis 3 ans, je revois tout ce bonheur neuf. Ca me donne un cafard monstrueux. Dieu, que ce fut bien!

Peu à peu, les écrits se sont aseptisés. Logique: les pseudos de mes lecteurs devinrent des personnes en chair et os, certains même, des amis. On ne dit pas aux gens ce que l'on confie à des pseudos. Mois après mois, j'ai beaucoup moins confié mon bonheur et mes joies à ce petit paradis numérique. A me relire, je réalise que j'aurais du coup moins de souvenirs et de fragments d'amour des 2 dernières années, qui furent pourtant une grande aventure. Je ne sais pas si je dois le regretter. C'est ainsi. Le blog, d'exutoire, est devenu un moyen de communication, un lien avec des amis. Mais alors, pourquoi, pourquoi avoir perdu cette envie de partager avec vous, alors même que certains billets sont là, prêts, dans l'attente d'une mise en ligne?

Je ne sais pas. Ou plutôt, si, je sais. J'ai changé, mais pas complètement: Dans la douleur et le doute, je retrouve mes bons vieux réflexes: je coupe les liens, j'oublie les adresses, je tranche les fils téléphoniques, je dynamite les ponts, je pulvérise mon entourage. C'est plus fort que moi: je suis adepte de la terre brûlé, de la table rase, de la rupture, du néant entourant le bunker, où se réfugie ma sensibilité blessée, avec pour seule compagnie ma garde rapprochée d'amis. En attendant des jours meilleurs.

Aujourd'hui, j'ai besoin d'intimité. J'ai besoin de reprendre mon souffle, d'entrouvrir de nouvelles portes où, peut être, m'attendent de nouvelles expériences, et peut être même un nouveau bonheur. Il aura du mal à atteindre le niveau du précédent et à me faire rêver autant. Mais j'appliquerais à moi même les solutions que je suggère abondamment aux autres en pareille situation: Personne n'est mort, par conséquent, tout va bien. Ne nous laissons pas emporter par les émotions mélodramatiques excessives. Tout ce qui est excessif est insignifiant, fit remarquer Talleyrand. Etant un maître en matière de louvoiement et de rebond lorsque la situation se fait difficile, il ne me reste plus qu'à l'imiter. En attendant, je vous salue bien tous, et je vous remercie pour tout.



Rouge-cerise