D'ordinaire, le jargon professionnel me fait mourir de rire. Parce que c'est un jargon souvent inutile et qui n'est utilisé que pour se rendre important. Par exemple, "tu fais une propal et je transmet au client". Propal pour proposition commerciale. Quand on me le dit ça, j'ai envie de rire tant ce néologisme est inutile. Généralement, je réponds "ok, je prépare une offre". Il y a encore plus drôle: lorsqu'on mixe de l'anglais et du français. "Il faudrait revoir le wording de la propal avant de la forwarder". Gnéé? Ah, tu veux qu'on reformule l'offre avant de transmettre?!

Après, on peut encore aller encore plus loin en ajoutant des acronymes. Par exemple, cette semaine, on a vu sur les charts que le backlog YTD mars est en désaccord avec le PIC de septembre et que les NBO implantés diminuaient. En simplifié, ça veut juste dire que le carnet de commande n'est pas au niveau prévu car nos prospects ne montent plus en cadence. On peut encore simplifier un peu et dire: "c'est la crise", mais ça fait vraiment moins intelligent.

Parfois, on sombre même carrément dans le pathétique. Comme ce chef qui, un jour, nous présente quelques idées jetés sur un powerpoint une présentation. Tout en langage codé abrégé et en anglais. Par exemple: inc ctlg diff FY09 4 btr brd recog. Et de nous dire le plus simplement du monde "c’est vite fait et je vous le fais en anglais car je préfère, les mots sont plus précis en anglais". Mais bien sur mon lapin. C'est juste qu'un concept creux en français donne l'impression d'être super puissant en anglais. Et que comme on a un niveau juste convenable en anglais, on ne perçoit aucune des nuances des mots du wording. D'ailleurs, si tes grandes idées étaient traduites en français, tu réaliserais qu'une bonne moitié est au mieux d'une affligeante banalité, au pire hors sujet. D’ailleurs, son « inc ctlg diff FY09 4 bter brd recog» qui signifiait qu’en augmentant les quantités de catalogues diffusés sur 2009, on améliorerait notre notoriété, c’était vraiment révolutionnaire, comme idée. Chapeau l’artiste.

Et puis, il y a cette phrase. "Nous revenons vers vous". Je ne supporte pas. C'est comme: "cette opération fait sens". Ca ne veut rien dire et ça suinte tellement l'anglo-saxon vite traduit que je ne supporte pas. Mais je l'entends à longueur de journée. Et à chaque fois qu'on me dit "je reviens vers toi pour...", j'ai envie de répondre "ben nan, casse-toi..."