Pas question de partir avant d’avoir bouclé moi même ce projet, avais je dis à mon chef.

En plus, c’est l’occasion d’aller en Angleterre, moi qui suit parvenu à obtenir un diplôme de commerce international sans jamais mettre les pieds dans un pays anglo-saxon.

Le chef avait dit oui.

Mercredi dernier, donc, j’embarquais pour la Grande Bretagne.

L’Angleterre, donc. Queen homeland.

Et ben…

Professionnellement, tous c’est passé comme prévu. Mais ce voyage, mon dernier comme chef de produit (adjoint) indus’… Un fiasco. Je me suis retrouvé au volant d’une opel Vauxhall à rouler du mauvais coté, avec le levier de vitesse à gauche, dans des ronds points incompréhensibles. Arrivé à l’hôtel, je ne savais plus si j’étais droitier ou gaucher.

Le diner fut sinistre et, ne nous mentons pas, très mauvais.

Le lendemain matin, la voiture de location avait été cabossée à l’arrière. Fort heureusement, le dossier notait déjà « éraflures sur le pare choc arrière ». Avec mon collègue, on a frotté pour enlever les traces noires. Rayure pour rayure, on a réussi à faire croire qu’elles étaient déjà la… De toute manière, on n’avait plus le temps, il fallut courir pour choper l’avion. Entre l’enregistrement et l’embarquement, on a mangé vite fait un hamburger. La viande était du bœuf reconstitué bouilli, je pense. Et les frites, mal cuites, sans sel. Infâme. Le vol fut bien remuant, et on a rebondit trois fois à l’atterrissage sur Roissy Charles de Gaulle. J’étais explosé et avec mon collègues, nous ne rêvions que d’un truc : atteindre l’hôtel, à Versailles. Il était 21h. A 21h15, la mention « livraison terminée » clignotait sur l’écran il fallait se rendre à l’évidence : ma valise avait du tomber dans la manche. Réclamation. Dossier. On vous le livre où ? C’était jeudi soir dernier, je n’ai toujours pas de nouvelles… Sur le coup, je me suis félicité d’avoir, pour la première fois, mis les clés de la voiture et de l’appartement dans la sacoche de l’ordinateur. D’ordinaire, je laisse tout dans la valise.

Vendredi matin, TGV. Avec mon costard de la veille, je devais sentir le bouquetin. A l’arrivée au Mans, je n’avais qu’une envie : récupérer la voiture et aller me changer. Avant de retourner au taf, finir ce que j’avais promis.

Jolie-307-verte ne fut pas de cet avis. Après quelques hoquets, des mouvements d’essuie-glace frénétiques et des aiguilles de cadran erratiques, il fallut, une fois de plus, se rendre à l’évidence : c’était la panne. Je me souviens assez bien, seul dans le parking froid et désert, avoir gueulé « putain de sa race de merde » en cherchant ma carte Peugeot assistance. Peugeot assistance qui me promit un mécano dans la demi-heure. Une demi-heure, c’est long, seul dans une voiture glaciale quand vous n’avez qu’une chemise et une veste de costard (ben oui, mon manteau était dans la valise et la valise, quelque part…).

Lequel mécano redémarra le machin sans problème, avec une batterie neuve. Et non, je n’avais pas laissé les phares allumé.

Il prétendit quand même me faire payer ladite batterie. Un coup de téléphone au garage plus tard, il avait sa confirmation que mon contrat de maintenance m’épargnait cette étape fâcheuse. 15 minutes après, je découvris dans la boite aux lettres que la compagnie des eaux ne m’avait pas oublié…

Alors, à propos de mon premier voyage en Angleterre… One comment: god fucks the queen!

Et oui, mon dernier déplacement de chef de produit adjoint industriel, je m’en souviendrais. Dernier, car lundi prochain, je déménage. De 50 mètres. 50 mètres qui enlèvent le suffixe « junior » à mon statut, étendent ma zone de France et Espagne au monde entier, changent ma gamme dédiée à l’industrie vers une autre dédié à l’aéronautique et m’en laissent seul responsable. :-)