Le weekend dernier, c’était les 24h du mans moto. Face aux hordes de motards bruyants, indisciplinés et à la réputation alcoolisée, j’ai préféré fuir. Tandis que des groupes complets convergeaient en pétaradant vers l’agglomération mancelle, Kawette et moi filions plein ouest, vers le bout du monde la Bretagne.

Voyage plaisant, quoique sur des routes trop droites, un climat trop frais et surtout un enthousiasme perclu d’angoisse : il s’agissait tout de même de rencontrer Joss et Chéri, autant dire un monument idéalisé de ma blogosphère accompagné de son bienheureux mais mystérieux copain. Avec, en cadeau bonus, le plus fameux guide touristique Malouin de la région, j’ai nommé 1loup. Autant dire que lorsque je parvins à décrypter « vous êtes arrivé » sur l’écran d’un Tomtom très peu visible au travers du plastique de la sacoche magnétique, l’émotion était à son paroxysme. Lorsque Joss m’apparut, émergeant d’un halo de lumière immaculé où voletaient des anges dansant au son de la chorale d’une centaine d’éphèbes nus, le choc fut terrible. Le blogueur au demi-visage existe vraiment, il est vraiment tel que je l’imaginais et tel que son blog le laisse apparaitre : un mélange charmant de candeur juvénile et de sincérité réfléchie, d’insouciance travaillée et de droiture responsable. Quoi, j’idéalise encore un peu ? ;-)

L’angoisse de la rencontre à peine dissipée, une seconde curiosité était satisfaite : désormais, je sais qui est « Chéri ». La glace de timidité fut rapidement brisée d’un coté comme de l’autre, en partie, il faut l’avouer, grâce au volubile Chéri (par commodité, je vais continuer à l'appeler ainsi, d'une part pour préserver son anonymat et d'autre part, parce que je trouve ça amusant). Nous sommes finalement partis rejoindre 1loup qui s’avéra aussi sympathique camarade que piètre guide touristique (pardon, je suis obligé de le dire). Performance vite contrebalancé par sa proposition d’être l’architecte et le maçon de mon futur thème batims-revival (je dois lui forwarder un CDC, il me fait une propal et je reviens vers lui après...). Il a promis que ça sera exactement comme avec dotclear 1.

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Ensuite, c’est juste l’histoire d’une après midi et d’une soirée entre personnes de bonne compagnie. J’ai fait le touriste qui prend des photos, Chéri le communicant iphonisé, Joss l’hôte attentif où le copain blasé et 1loup le geek. Nous sommes allés au restaurant et avons fini à la terrasse d’un bar situé en face du restaurant de Louis-Adhémar-Timothée le Golif, capitaine de la Flibuste, dit Borgnefesse (on est dans la cité corsaire ou on ne l’est pas). Nous nous sommes racontés nos vies, nos plaisirs, nos angoisses, notre syndrome de l’imposteur et, dans l’obscurité des remparts où le capitaine Surcouf danse la fièvre du samedi soir, les deux tourtereaux s’épanchèrent dans mon oreille curieuse et séduite de l’histoire de leur rencontre qui, si elle n’était pas réelle, pourrait relever de l’œuvre à l’eau de rose d’un écrivain romancier imaginatif.

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Finalement, lorsque je suis reparti dimanche, je savais que je venais de rencontrer des personnes définitivement bien sympathiques et surtout, enfin, la seconde moitié du visage d’un blogueur qui mérite plus que jamais le haut du classement de ma liste des favoris.

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Le retour en Kawette fut réalisé sans encombre majeur : 230 kilomètres, 3h30 de route d’une seule traite, record d’endurance pulvérisé et barre des 39000 kilomètres allègrement franchie pour ma petite moto.

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Aucun sanglier ne se jeta sous mes roues. Un faon s’y essaya, mais surestima si gravement ma vitesse qu’il me manqua de 50 bons mètres et traversa la route sans encombre. A sa suite, un jeune moineau décidé à en finir avec la vie tenta lui aussi sa chance. Lui me manqua également : je ne senti qu’un frôlement au niveau de la botte. Il n’échappa en revanche pas à Kawette. Après examen à l’arrivée et au vu des plumes éparpillées sur le mécanisme de béquille, à demi brulées sur l’échappement et collés à la graisse de la chaine, on s’autorise à penser dans les milieux autorisés que l’animal passa instantanément de vie à trépas. En l’absence de dépouille funèbre, l’enquête fut classée sans suite et je m’endormis sur mes deux oreilles, très satisfait de mon weekend Malouin.