Sanctuarisation, Grenelle, diffamation
Par Rouge-cerise le mercredi, février 24 2010, 21:37 - Intellectosphérique - Lien permanent
Je suis de plus en plus consterné par la vie politique de notre pays. L’indécence et l’irrespect dominent tellement que c’en est effrayant. Les coups de communications se succèdent à un rythme effréné en laminant toute possibilité de traiter de sujet de fond, tout espoir de faire preuve de réelle pédagogie. A ces coups de communication, les représentants politiques se répondent mutuellement par avocats interposés. Tout le monde attaque tout le monde en diffamation, dans la droite ligne d’une époque devenue procédurière et revancharde. Et tandis que les protagonistes débattent dans les tribunaux de l’irrespect de tel ou tel mot lancé à dessein pour faire parler, plus personne parmi nos dirigeants ni nos journalistes ne trouve le temps de demander si l’irrespect, ce n’est pas d’envoyer dans un collège de ZEP des professeurs débutants et contrôler 10 fois par jour l’identité de ses étudiants. Ni personne pour dire que l’indécence, c’est qu’un homme puisse être rémunéré plusieurs centaines de fois plus qu’un autre alors que rien ne peut justifier pareille différence.
Mais de temps en temps, pour faire croire qu’un changement va se produire, un Grenelle est annoncé. De l’environnement, de l’emploi, des jeunes, de la banlieue, des retraites et même de l’île-de-France. On use jusqu’à la corde un mot qui fut synonyme de bouleversement, de consensus, et qui ne promet plus aujourd’hui que paroles et désillusions. Des paroles qui, parfois, se transforment en déclaration de sanctuarisation des établissements scolaires, annonce faite avec un air grave et un ton martial. Je ne sais pas ce que signifie sanctuarisation pour vous, mais pour moi, ça sent la mort, la pierre poussiéreuse, l’immobilité, l’encens, l’obscurantisme et le mur d’enceinte. Le contraire de ce que devrait être l’école publique, lieu de jeunesse, d’activité, d’élévation intellectuelle, d’échange. Sanctuariser, c’est isoler, jeter un voile pudique sur les problèmes, les renvoyer hors du mur d’enceinte et se mentir en croyant qu’ils n’existent plus.
Ce n’est pas de sanctuaire dont l’école, et la société dans son ensemble, a besoin. C’est d’espoir, de décence, de sérénité. A l’évidence, ce ne sont pas des choses que l’on peut obtenir en travaillant plus pour gagner plus.
Commentaires
Magnifique analyse du vide abyssal dans lequel est plongée aujourd'hui la politique...
Et quant à l'école, le jour où les mandataires publics comprendront qu'elle est un lieu d'éducation parmi d'autres lieux que fréquentent les jeunes, ils oseront, peut-être, envisager les problèmes dans leur ensemble.
Oui, parfois on a l'impression de vivre dans une société de vide et de superficialité.
Quel politicien a aujourd'hui un véritable projet de société? A part lâcher des jurons à l'encontre de ses adversaires et se targuer d'un bilan qui n'est fait que d'annonce de mesures qui n'ont jamais vu le jour ou dont les résultats sont construits à partire de chiffres manipulés, je ne vois pas bien... Très bonne analyse en effet.
" pour dire que l’indécence, c’est qu’un homme puisse être rémunéré plusieurs centaines de fois plus qu’un autre alors que rien ne peut justifier pareille différence." Franchement , ça s'est beaucoup trop vite dit ... c'est une phrase creuse , un marronnier, et tu le sais bien !
J'adhère quasiment à tout le reste , mais ça , pardon , mais je trouve cette sentence stupide . ( Pardon encore )
Humainement parlant , un homme vaut un homme , mais entre Einstein et Dupont , il peut y avoir une différence .
Amicalement
TAdF.
Thieffaine>> Faut pas s'excuser! Et Einstein et Dupont sont différents, mais ça ne justifie pas qu'Einstein gagne en 1 mois de quoi entretenir sa famille pendant 10 ans, alors que Dupont a de quoi tenir pendant 10 jours.
Je ne rentrerai pas dans le débat.
Je ne peux que constater que depuis quelques années, la politique est de moins en moins intéressante et que nous n'avons personne en france qui aient assez de couilles pour faire bouger les choses.
Je voterai le 14 mars prochain, mais l'envie m'en manque...