Maxime, un collègue
Par Rouge-cerise le vendredi, mars 12 2010, 17:15 - Egosphérique - Lien permanent
Maxime était notre assistant communication. C'est-à-dire que lorsqu’on faisait une présentation, qu’on voulait modifier un catalogue, présenter un document convenablement, on passait par lui et nous arrangeait tout ça en respectant la charte graphique. Il était arrivé il y a quelques mois, en stage. Le moins que l’on puisse dire, c’est que sa vie ne devait pas être facile, car il était assez lourdement handicapé, malformé d’à peu près tous les membres. La marche lui restait assez difficile, malgré un équipement orthopédique assez lourd, et j’admirais son courage lorsque, en arrivant le matin, je le voyais entrer dans la société, venant de la gare située à quelques centaines de mètres.
Je dois dire que lorsqu’il est arrivé, c’était un peu difficile et on était un peu gêné. Non par le handicap, mais par le comportement à adopter vis-à-vis de celui-ci. Au bout de quelques jours, c’était devenu un collègue comme un autre, avec qui on travaillait, avec qui on buvait un café et avec qui on allait déjeuner. Hier à midi, d’ailleurs, il était assez excité car il attendait le résultat de son examen du permis de conduire. Il avait le sentiment que tout s’était bien passé, mais on ne sait jamais. Avec une voiture et la transformation de son stage en un contrat de travail, il allait, à 20 ans, accéder à une nouvelle autonomie, peut être même quitter le foyer de ses parents. Il allait peut être trouver une nouvelle saveur à la vie, qui dans son hasard ne l’avait pas gâté à la naissance. Nous étions tous assez heureux pour lui.
Et puis, ce matin, sa mère a découvert dans la boite aux lettres un papier rose : le permis de conduire provisoire de Maxime. Et dans sa chambre, son cadavre, à coté du lit. Dans la nuit, une crise cardiaque.
Commentaires
émue
(...)
... triste ...
émotion
Au delà de l'émotion, j'ai toujours été surpris de la sur-mortalité chez les personnes handicapées.
Pourquoi les personnes comme ça s'en vont-elles si vite ?! *triste*
Dur. Juste dur.
Mes pensées vont vers toi, et vers ses proches.
On dit qu'elles sont trop pures et justes pour ce monde.
Ce que je sais c'est que votre comportement affectueux à son égard de même que l'entrain procuré par son permis lui ont certainement permis d'être heureux.
Même si c'est triste Il est parti sûrement heureux: un boulot des collègues qui le respectaient.....