Il y a dans ce film des instants de grande émotion qui m'on fait regretté de n'avoir pas un compagnon à qui prendre la main. Evidement, le coté gay rend l'identification plus facile et donc augmente un peu mon potentiel émotif. Il demeure que le sublime de "a single man", c'est précisément que si le propos est une histoire d'amour gay, rien ne repose sur le fait que ce soit un amour homosexuel. C'est un amour, un point c'est tout, un amour puissant, sincère, grandiose, émouvant. Le compagnon de George Falconer serait une compagne, que le film ne gagnerait ni ne perdrait rien.

J'ai admiré la qualité de la réalisation, avec des plans ultra-parfaits, qui, s'ils amoindrissent un peu l'émotion (le coté trop étudié), renforce le coté artistique, idéaliste des scènes, ce qui finalement n'est pas gênant lorsque le propos tourne autour du sentiment aussi idéaliste que celui de l'amour. Certains plans ne sont d'ailleurs là que pour admirer leur beauté intrinsèque. Et, doublée par une bande originale intéressante, d'une lenteur maitrisée et parfois brisée par des changements de points de vue, ils ne sont pas superflus et participent totalement à la réussite de l'ensemble. C'est beau, tragique, sensuel, émouvant, au point d'avoir parfois l'impression de ne pas être dans une salle du MK2 Odeon mais dans la chambre noire d'un musée et de faire partie d'un publique privilégié assistant à une performance esthétique.

Le jeu réalisé sur la luminosité et la saturation de l'image entre flash-back et temps présent est d'ailleurs intéressant, même si le contraste entre les deux est un poil trop important. Par certain points, j'ai d'ailleurs retrouvé certains aspects des films d’Eastwood que j'aime tant, en tout cas dans le soin apporté à la réalisation. Comme chez Eastwood, j'ai d'ailleurs eu l'impression que l'heure quarante de film n’avait duré que vingt minutes.

Un sacré bon film, que je recommande chaudement.

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