Calendrier 2010: le making of
Par Rouge-cerise le jeudi, juillet 1 2010, 00:01 - Egosphérique - Lien permanent
21h… Il est encore trop tôt…
22h… Les appartements sont encore allumés. Je patiente, encore. Les accessoires indispensables sont rassemblés, à coté de la porte.
23h… Le calme est presque complet. Quelques voitures passent encore dans la rue. Je vérifie pour la troisième fois que tout est là : une caisse, les clés, l’appareil photo, une paire de gants… Je me change…
23h20… La résidence est calme. Je prends mes affaires et, en silence, sort de chez moi.
23h25… Le parking souterrain collectif est silencieux. J’enclenche le néon situé en face de ma place. Comme prévu, la place située à coté de mon emplacement est libre. Je bouge ma voiture, gagnant ainsi le champ nécessaire. A l’aide d’une balayette, je nettoie grossièrement le sol souillé de quelques feuilles mortes et petits débris de cartons, vestiges d’un déménagement.
23h30… J’entends, par la porte électrique, coincée en position ouverte depuis 3 jours après une tempête, la conversation de quelques adolescents dans le parc, juste à coté. Je tends l’oreille… Pas d’autres bruits. Je déménage hors du champ de vue quelques cartons abandonnés par le mon voisin de parking. Pour la troisième fois, je réenclenche la minuterie du tube néon.
23h35… La moto est en position. Mon Panasonic GF1 est posé sur une caisse, à une vingtaine de cm du sol. Je fais quelques essais pour régler l’appareil photo. J’opte pour une ouverture à 2,8 et une vitesse de 1/10. Tout est calme. Le réglage du retardateur est assez long. Préliminaires, habillé.
23h40… OK… Tout est calme. Je réenclenche une fois de plus la minuterie. Je tends l’oreille… Go, no go ? Le cœur qui cogne. J’entends de loin les ados. Pas de bruit… Allez. Go. T-shirt, pantacourt, off. Shooting. Premiers essais debout, à coté. Je mets les gants pour la pose. De dos. De profil. Shooting, oreille tendue, allez retour vers l’appareil photo. Le béton est froid, le sable au sol, avec quelques petits cailloux, fait mal. Accroupis en jock-strap derrière l’appareil photo, je fais face à la porte du garage ouverte, et dos au reste du souterrain et à l’accès à l’ascenseur. Je sens le froid du béton. Je tremble un peu, mélange d’excitation et de peur. Déjà une dizaine de photo. Toujours les rires d’ados au loin. Toujours le silence à proximité. Minuterie. De face. Shooting.
23h50… Ok, j’ai déjà de quoi faire… J’écoute. Tout est calme. Stop ou encore ? Le cœur cogne. Allez. De toute manière, ça ne change pas grand-chose, en jockstrap ou sans rien. Je tends l’oreille. Rien à signaler. Jock-strap, off. Le neon s’éteint, je sursaute. Minuterie, retardateur. Shooting. Aller-retour à l’appareil. Shooting. Shooting. Coeur qui bat très vite. C’est énorme. Soudain, un bruit de voiture, dehors. Lumière de phares. Adrénaline. Je saute sur le pantacourt. Et je ne peux pas compter sur le temps d’ouverture de la porte. Peur. Trouver une contenance, vite. Mais le moteur se coupe. OK… Le véhicule a une place à l’extérieur. Les phares s’éteignent. Par le soupirail, je vois le conducteur descendre. Je respire. Je tremble. C’est terrible. Ils sont 3. Je les perds de vue alors qu’ils se dirigent vers la porte du rez-de-chaussée. Bruit d’ascenseur. Ils montent. Le calme revient. Le néon s’éteint, encore, dans un bruit sec de contacteur qui résonne sur les murs bétonnés. Dans la pénombre, j’écoute et sent mon cœur cogner. Pieds nus sur le béton poussiéreux et froid. OK… Stop ou encore ? J’ai une nouvelle idée. Je change l’appareil photo de place. Il est maintenant en plein milieu de la zone de passage, presque face à la porte grande ouverte d’où continuent d’arriver des éclats de rire. Essais. Ouverture 2,8 et vitesse 1/6. Allez. Peur de rien. Pantacourt off. Retardateur. Je monte sur la moto. Shooting. Encore. Nu sur la moto, nu au milieu du souterrain, nu face à cette porte ouverte et cette rampe de parking. Shooting. Encore. Plus droit. Shooting. Mains plus hautes. Shooting. OK… Toujours pas de bruit. Nu au milieu du parking souterrain, presque grisé par un singulier sentiment de liberté et de transgression, je regarde rapidement les photos. L’idée était bonne. Meilleure que la première série. Je sens que je peux faire un bon demi-mois du calendrier. Quelques idées délicieusement scabreuses me traversent l’esprit. Scénario de porno gay. Huum, un photographe, plutôt qu’un retardateur… Je délire… Le reste du parking est silencieux, froid, de cette froideur austère du béton brut mal éclairé par la lumière crue des tubes lumineux. Les voitures vides projettent des ombres inquiétantes. Je suis seul. Plus loin, un néon clignote irrégulièrement. Je regarde les photos. Allez, il ne faut pas avoir de regret. J’y suis, profitons en. Mieux vaut avoir le plus de matière première. Je remets le jock-strap. C’est confortable, Aussiebum… Je repositionne. Minuterie, retardateur. Même ouverture, même vitesse. Pas un bruit. Shooting. Shooting, Shooting. J’ai froid, j’ai mal aux pieds à force de glisser sur cette dalle dure parsemée de petits cailloux et de grains de sable. La peur du début s’estompe. J’agis machinalement, sans même plus penser à l’improbable situation. La lumière s’éteint, encore. Minuterie. Shooting. Une dernière. Ok, ça suffira. Je soupire. Se rhabiller. C’est terminé. Je retire l’appareil photo. Rangement. Tout s’est bien passé. Content de l’avoir fait. C’était excitant, j’ai encore le cœur qui cogne et la respiration courte, alors que je remets jock-strap, pantacourt et t-shirt. Je rentre. J’espère que parmi la cinquantaine de photo, il y en aura une assez convenable pour faire une bonne première quinzaine de juillet.
Grace à l’aide précieuse de mon complice de post-prod, @critwi76, je crois que oui.
Commentaires
Je ne laisse quasiment jamais de commentaires sur les blogs que je parcours plus ou moins régulièrement, mais je transgresse pour une fois ce dogme perso simplement pour dire que ce texte (et quelques autres antérieurs) est remarquablement bien écrit ; la langue française a trouvé en vous un serviteur dévoué.
Haletant, parfaitement écrit, avec la petite pointe d'excitation qui procède de la transgression, bravo ! Les flashs n'ont attiré personne, sacrée chance, non ?
Magnifique billet qui tient en haleine au vu de la situation mais également du modèle
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Personnellement faire ce genre de photos m'a déjà traversé l'esprit mais quand on ne se trouve pas photogénique, on retarde la prise de clichés jusqu'à l'abandonner.
En tout cas, très belle photo d'un homo enfourchant sa belle moto... euh non... kawette
le récit est à la hauteur du résultat !
Oooh Orphéus !!! Coucouuuuu !
(Oui t'es beau mon fils sur ta moto !!!)
magnifique : la photo, le texte, le bonhomme, bon j'aimerais bien voir quelques autres photos,si je comprends bien tu en as pris nu non?
Je trouve la mécanique très jolie.
et je ne suis pas fan de moto du tout.
Quel supsens et très belle photo. Et quel bel engin entre les jambes. lol.
Alors moi c'est le genre de truc que si je le fais, même à 2h du matin en semaine un soir de blizzard au milieu d'un champs dans le Cantal, ben tu peux être sûr qu'une fois que j'ai les fesses à l'air, un car de touriste débarque avec femmes, chiens et enfants !
Que veux-tu, j'ai pas de bol...
Non mais tu te rends compte que mon pacemaker vient de s'emballer comme un malade!!!
VIVE LE TEASER (mais maintenant il faut attendre 15 jours... Pfffffff!)
Bon effaçons mon commentaire précédent. Je suis une dinde, et, comme toute dinde qui se respecte, je n'avais pas cliqué...
Très belle photo. J'aime beaucoup miss Bardot
Ca va être pour Mister Août, la "barre" est haute. En tout cas cela m'a donné envi de faire une photo pour ce calendrier. Il faut minimiser mon boulot les 80% de la réussite revienne à la prise de vue (modèle compris).
Alors là comme d'habitude un excellent recit !!! et quelle idee surprenant, j imagine la scen
audacieux et tout ...
tout tes poils sont aussi descendu sur tes jambes (hummm un point commun
récit très bien mené, et photo trèèès sexy!
on aimerait bien voir les autres!
L'effort en valait la chandelle (sans mauvais jeu de mot, quoique
)
Magnifique photo. Très réussie. Et très très belle cuisse. Du beau poil exposé. J'adore !