Présidentielle : second tour (2012)
Par Rouge-cerise le lundi, avril 23 2012, 20:59 - Lien permanent
A quelques jours du second tour, 3 choix restent possibles :
- L’absention : être citoyen, c’est des droits, mais aussi des devoirs. Il faut aller voter. Je voterai.
- Le vote blanc : certes, cela signifie : ni l’un, ni l’autre. Choisir de ne pas choisir, se laisser porter par le courant. Sauf que l’un ou l’autre emmenagera forcément à l’Elysée. Le blanc n’est pas comptabilisé, ça revient à s’abstenir. Même si ça m’ennuyait autant de voter blanc que voter pour l’un ou l’autre, ça ne serait pas mon choix. Parce qu’il y en a toujours un qui est moins pire que l’autre. Toujours. Cette année, comme les précédentes.
- L’un ou l’autre des candidats.
Ce n’est pas pour rien que je reprends mon introduction d’il y a 5 ans. Il y a 5 ans, j’étais tenté par le blanc. Pour les raisons évoquées ci-dessus, j’avais renoncé à cette idée. Cette année, la finale se fait entre le président sortant, Nicolas Sarkozy, et le candidat désigné par des primaires ouvertes à tous organisées par le parti socialiste, François Hollande.
Il y a 5 ans, indécis, j’avais examiné en détail les programmes des candidats.
Cette année, les candidats qualifiés n’ont pas un catalogue de mesures toutes plus belles les unes que les autres. Et parce que cette année, l’un des deux est sortant, et c’est donc sur l’expérience passé que l’on peut juger. Car croire qu’un homme au pouvoir depuis 5 ans peut changer, c’est faire preuve de naiveté. Son action passé est le meilleur indicateur de son programme à venir.
Cette année surtout, le monde et l’europe sont en crise. Victime d’un excès de crédit et d’une mauvaise organisation politique dans le cas de l’Europe. Cette organisation politique aurait d’ailleurs été bien meilleure si le traité constitutionnel de 2005 avait été adopté. Mais passons.
Cette année, je ne veux donc pas me prononcer sur des catalogues de mesures. Car le futur sera rude de toute manière, et plutôt imprévisible. Il faut donc se décider sur la direction générale, et la méthode employée.
Nicolas Sarkozy a fait preuve, en 5 ans, de ses qualités de tacticien et de dirigeant. A chaque crise, il a réagit très vite, avec vigueur, emportant souvent la décision par l’effet de surprise. C’est une qualité en cas de gros temps passager. Cependant, il a fait preuve aussi de son absence de vision stratégique et de long terme. En faisant naitre une Union pour la Méditerranée dirigée par 5 tyrans, tous chassés par leur peuple 4 ans après. L’un même accueilli en grande pompe en 2007 à Paris et bombardé sur son sol en 2011. En plaçant des personnages mineurs à la tête de l’Europe pour garder les coudées franches. Atlantiste au début, en réintégrant l’OTAN, ultra-Européiste ensuite, en ne voyant de salut que dans la copie de l’Allemagne. En bombardant la politique de la BCE avant de la louer. En enchainant les débuts de réformes (assurance maladie, régimes spéciaux de retraite, université, fiscalité avec la TEPA et la suppression de la taxe professionnelle…) sans jamais aller au bout, par peur de l’affrontement avec des syndicats cajolés au nom de l’ouverture avant d’être brocardés aux élections. De la direction générale de son quinquennat, on retiendra qu’il n’y en a pas eu pour la France, mais qu’il y en a eu pour des intérêts particuliers : ceux de ses amis, surtout les plus riches. Des transmissions d’héritages exonérées d’impôts au bouclier fiscal en passant par la tentative de placer son fils diplômé de rien à la tête d’une des plus grandes zones d’activité d’Europe. On retiendra aussi que sa célérité à courir en Russie pour arrêter une guerre en Géorgie (avant de complètement oublier le sujet) était aussi grande que celle pour foncer sur le lieu d’un fait divers et y annoncer de nouvelles mesures répressives, souvent retoquées par le conseil constitutionnel. Absence de pondération, qui s’est ensuite traduite par des mensonges toujours plus gros (le meilleurs étant lorsqu’en pleine campagne, il affirma n’avoir jamais voulu vendre de nucléaire à la Libye, information démentie par les discours disponibles sur le site internet de l’Elysée), et une tentative de mettre au pas les contre-pouvoirs, à commencer par les médias. D’abord en nommant les directeurs des chaines radio et télévisées publiques, ensuite en faisant espionner par des procureurs aux ordres les journalistes trop curieux. En fait, il n’avait pas menti : il y a 5 ans, il avait proclamé sa foi dans le volontarisme. Le volontarisme, c’est croire qu’il suffit de dire les choses pour quelles se fassent. C’est un peu comme la méthode Coué. Chacun sait que ça ne fait illusion que peu de temps. La méthode ensuite a consisté à désigner des boucs émissaires. Les Chinois et leur Yuan sous évalué. Les chômeurs qui ne veulent pas travailler. Les Grecs et leurs mensonges (problème annoncé comme réglé tous les 6 mois, finalement toujours pas). Les paradis fiscaux (problème annoncé comme étant réglé par deux fois, finalement toujours pas). Les Anglais et leur économie désindustrialisé (enfin, jusqu’à ce que les statistiques Européennes montrent que la France l’est encore plus). Les roms et leurs camps sauvages. Les banquiers et leurs traders qui spéculent. Les immigrés qui viennent exploiter la protection sociale des Français. Enfin, les sites internet terroristes après l’acte barbare d’un fou de dieu (qui est devenu fou de dieu dans les prisons insalubres de la république, cependant).
5 ans après, on obtient une république à bout de souffle, où jamais la liberté, l’égalité et la fraternité n’ont été aussi conditionnés au privilège de la naissance. Et où jamais la vulgarité des nouveaux riches et des nouveaux puissants n’a été aussi arrogante et sûre de son fait.
De l’autre coté, nous avons François Hollande. Sans expérience autre que celle d’avoir été élu local depuis 30 ans, et maitre du parti socialiste pendant 10 ans, dont les 5 années de gouvernement de gauche plurielle Jospin. Enfin, sa réputation s’est faite sur l’image d’un homme de consensus, sensible aux rapports de force et plus apte à en recoller les morceaux qu’à constituer son propre pré-carré. Il fut en cela assez mauvais lors de ce fameux référendum constitutionnel. L'expérience l'a marqué, dit il. Difficile d’y voir une direction ? Pourtant, l’homme a des convictions. Diplômé en droit et à HEC, puis à l’ENA, maitre de conférence en Economie, sujet dont il sera chargé de mission sous Mitterrand puis en devenant magistrat de la cours des comptes. Il a arraché son ancrage sur une terre d’adoption rurale, la Corrèze de Chirac. Jospiniste dès le début 1990, il a disputé à Aubry l’héritage de Jacques Delors en prenant la présidence du club « Témoin » en 1993, s’inscrivant toujours dans une démarche sociale démocrate et Européenne, et inscrivant le PS dans cette voie à partir de 1997. On retrouve cette influence Keynesienne dans sa volonté (inflexible jusque là) de refuser le dernier traité Européen en l’état, c'est-à-dire sans prendre en compte le besoin de croissance, volonté justifiée par le réaliste : La croissance est la méthode la moins douloureuse socialement pour apurer la dette, là où la seule austérité a fait la preuve de son inefficacité.
Depuis 2011, il a dirigé sa campagne sur une seule priorité : la jeunesse. Et un thème : la justice. Pour le reste, il se présente en réaliste, avec 60 propositions principales qui, toutes, vont dans cette direction, depuis la modulation des tarifs d’eau et d’énergie à la révision du quotient familial, en passant par la réglementation des loyers dans les zones tendues et la séparation des banques de dépôt de d’investissement, ou encore l’extension du crédit impot recherche et l’amorce d’une transition énergétique avec la baisse de la part du nucléaire dans le mix énergétique. Il ne ment pas, en prévenant que les impôts devront augmenter, mais veut le faire avec justice. Enfin, il étend cette exigence de justice aux institutions, en assumant le non cumul des mandats portés par Martine Aubry lors de la rénovation du PS et en garantissant le retour à une nomination des directions de média public par une autorité indépendante. Le fait est que depuis 1 an, il ne dévie pas, et sa campagne est marquée par la cohérence et le sérieux. Lui qui était présenté en homme faible n’a plié sur rien. Son programme est celui qu’il annonçait il y a 1 an. A l’entre deux tour, il précise qu’il ne ferra aucune tractation.
Si le bilan de l’un est un zig-zag permanent, le programme de l’autre est d’une rigueur à la limite de l’ennui. Pour mon pays, je choisi l'ennui de la justice et de l'effort assumé à l'agitation tapageuse et injuste qui détruit l'idée de vivre ensemble.
Commentaires
Bonjour,
une petite remarque sur l'influence keynesienne et "La croissance est la méthode la moins douloureuse socialement pour apurer la dette, là où la seule austérité a fait la preuve de son inefficacité".
L'austérité n'existant que depuis moins d'un an en Europe, je ne vois de quelle preuve tu parles. Sinon tu peux jeter un oeil au programme de redressement des finances du Canada dans les années 90, qui a donné de bons résultats, avec une austérité bien plus forte que ce qui a été appliqué jusque là en Europe.
Tout le monde est pour la croissance. Sans oublier quand même certains apôtres de la décroissance.
Keynes prônait plus particulièrement la relance contra-cyclique. Théorie construite sur l'analyse du traitement de la crise de 1929. Son hypothèse fondamentale étant le fameux multiplicateur keynesien, qui avance (en résumant très rapidement) qu'en injectant 1 euro dans l'économie, on crée en cascades plus d'un euro de croissance du PIB. Ce qui est donc bénéfique à long terme, et permet de mettre en place des politiques centralisées volontaristes.
De nombreux travaux ont bien sur critiqué cette hypothèse fondamentale, qui dépend de facteurs macro-économiques complexes.
Cela fait près de 35 ans que les budgets sont en déficits, et les estimations évaluent que les dettes ont augmenté de 2 euros pour 1 euro de croissance sur cette période.
A ce rythme, il est inefficace d'emprunter encore plus pour régler la crise de la dette. Il faut par conséquent équilibrer le budget.
Il y a la solution d'augmenter les recettes, soit les impôts. Or les prélèvements obligatoires français sont déjà parmi les plus élevés de l'OCDE. Au-delà de 50% à 60% de taux d'imposition direct, il a été montré que cela accélère l'évasion fiscale et démotive la création de richesse, donc la croissance.
L'austérité, l'innovation et la compétitivité sont les seules possibilités réelles de croissance à long terme face aux émergents. Le programme de F. Hollande ne s'intéresse pas aux entrepreneurs, et les 100 jours prévoient essentiellement un grand raout avec les entreprises du CAC40. Bref, des méthodes du siècle dernier, qui elles n'ont pas vraiment montré leur efficacité jusque là.
Rien pour les entrepreneurs ? Vous n'avez pas du lire les 60 propositions... Que faisez vous la banque de l'industrie ? De la priorité au financement des PME par le relèvement du LDD ? La modulation de l'impôt sur les société en fonction des réinvestissements des bénéfices ? La proposition d'une contribution climat - énergie aux frontières de l'europe ?...
Soyons sérieux. Par ailleurs, François Hollande s'est engagé à être sous les 3% de déficit à la date prévue par les engagements européens et à l'équilibre en 2017. Engagements qui ont été jugés raisonnables et correctement chiffrés par plusieurs think tank réputés de droite, tels que l'institut montaigne et l'institut de l'entreprise. On ne peut pas en dire autant du programme du président sortant.
Je suis sérieux.
"la banque de l'industrie" c'est dans le programme de N. Sarkozy
Chez F. Hollande il s'agit de "La Banque publique d'investissement" Il s'agit pour l'essentiel chez les deux candidats de déplacement de fonds existants chez la CDC et Oseo. Dont une partie des fonds sera dédiée à l'économie sociale et solidaire chez F. Hollande, qui est très bien en soi mais ne va pas favoriser l'export et l'industrie. Il est plutôt évoqué du capital développement, rien sur le capital risque.
Par ailleurs, le contexte fiscal des PME n'est pas changé, les charges sur les salaires restent extrêmement lourdes, les contrats de travail dangereux juridiquement, et les seuils de complexité administrative toujours aussi mortels.
Pour l'engagement d'être sous les 3% de déficit (ce serait mieux d'être à l'équilibre), c'est très bien. Mais cela impose soit de réduire fortement les dépenses, et donc avoir une politique d'austérité, soit d'augmenter fortement les impôts et les charges. Comme l'augmentation de la TVA semble un tabou du coté PS, il s'agit plutôt de l'IR, avec des taux annoncés motivant la fuite vers nos voisins européens (et ne rapportant pas grand chose à l'échelle du déficit), et d'une augmentation massive de l'IS et des charges patronales et salariales.
Il y a un trou de 90 milliards d'euros à combler par an, et la totalité de l'IR actuel ne représente que 48 milliards d'euros, dont 90% est déjà payé par les 20% de revenus les plus élevés. Le super impôt de 75% ne rapporterait que 250 millions.
On sait d'ores et déjà qu'il y aura encore 1 à 2 points de prélèvements obligatoires en plus sur les sociétés françaises, accroissant encore leur manque de compétitivité (les PME françaises font déjà deux fois moins d'investissement que les PME allemandes).
L'institut Montaigne a reconnu que ses dépenses étaient correctement chiffrées, mais a de gros doutes sur son financement.
Son programme est chiffré sur la base d'une croissance hypothétique de 2,5% d'ici deux ans. C'est cette hypothèse qui ne tient malheureusement pas debout, étant donné que les efforts compétitifs ne sont toujours pas là.
Et encore, je passe sur le contexte socio-démographique difficile de l'Europe tout entière.
Je vous fais le pari que nous ne serons pas à 3% de déficit dans 5 ans sans austérité (les plus anciens se rappelleront le tournant de la rigueur de Mitterand en 1983).
Parti pris ou pure provocation de ma part.... à prendre où à laisser...
Pas énorme, en moyenne que de 200€/an/salarié... mais tjs mieux que rien
Nicolas est le président des riches.... certes...
François Hollande va supprimer la défiscalisation des heures supplémentaires... c'est vrai que les ouvriers et les classes moyennes n'en n'ont pas vraiment besoin... en moyenne il s'agissait qd même d'une redistribution de 500€/an/salarié, par énorme pour certains mais beaucoup pour d'autres
FH va imposer participation et intéressement à différentes charges patronales.... conséquences 20% de participation et intéressement en moins pour les salariés qui pouvaient en bénéficier... et oui il faudrait être naïf de croire que l'entreprise va maintenir un reversement identique si l'on impose des charges patronales, on avait un forfait social de 8% avec NS, là ca passera à 20%
Pour financer le retour à la retraite à 60 ans des salariés qui auraient déjà leurs 162 trimestres FH a également décider d'augmenter les cotisations salariales et patronales de 0,1% par an pendant plus de 10 ans.... il est vrai que les ouvriers et classes moyennes gagnent trop... et que le coût du travail n'est pas suffisamment élevé en France
Cerise sur le gâteau, je supprime la prime sur dividende
A cela on ajoute une pincée d'augmentation de l'impôt sur le revenu, et j'obtiens un cocktail explosif....
Et là toutes ces petites gouttes de prélèvements supplémentaires vont faire des rivières et après FH ose parler de relance de la croissance... on croit réver.... On ne parle jamais de baisse de la dépense public... et pourtant il y a des marges au niveau de la mutualisation des achats, augmentation de la productivité,.... baisse du nombre de voiture de fonctions.....
Hypocrisie et cynisme avec des prévisions de budget surréaliste.... en sachant que l'on a pas eu de telles croissances depuis au moins 30 ans, mais sinon tout va bien....
Je suis heureux de voir que les réactions à ce billet vont majoritairement dans le même sens. Le programme de F.Hollande est complètement démagogique et inapplicable. Comment peut-on encore croire à de telles sottises de la part d'un homme qui n'a jamais pu tenir le PS lorsqu'il en était à sa tête et l'a laissé en vrac. Il y a fort a parier qu'il fera la même chose avec la France. Sarkozy est la seule alternative plausible en ce deuxième tour et lui a prouvé qu'il pouvait gérer des crises, dramatiques au demeurant. Je voterai Sarkozy comme beaucoup d'entre nous même si au bout du compte cela ne fera pas la majorité mais au moins nous aurons la conscience tranquille. Réfléchissez bien avant de mettre un incompétent et un mollasson à la tête de notre beau pays.
Pour être honnête, je n'y connais strictement rien en économie et m’abstiendrai d'essayer de donner un avis d'experte. Je vous livre juste un ressenti de citoyenne lambda.
D'abord, je ne vois pas pourquoi les spécialistes en économie de gauche seraient plus bêtes ou moins lucides que ceux de droite.
J'ai donc la faiblesse de penser qu'ils se dépatouilleront pour ne pas conduire le pays à la catastrophe prédite par l'UMP en cas de victoire de François Hollande.
Ensuite, Nicolas Sarkozy, j'ai vu ce que ça donnait pendant 5 ans. Je n'ai tout simplement pas envie que ça continue.
Le changement, c'est toujours un risque, et je n'aime pas forcément prendre des risques. Mais pour ce changement là, je signe de suite.
Voilà qui contrebalancera un peu les réactions qui "vont majoritairement dans le même sens".
Une chose est certaine : que ça soit l’un ou l’autre, les comptes devront parvenir à l’équilibre. Hollande s’y est engagé, Sarkozy également. Les deux ont un projet utilisant des prévisions de croissance plutôt haute (raison de plus pour ne pas se lancer dans une politique d’austérité violente qui la détruit). Les deux prévoient des hausses d’impôt. Sarkozy répète pourtant qu’il ne les augmentera pas. C’est pourtant dans son projet. Et il a d’ailleurs déjà décidé d’une augmentation de TVA. Il ment, c’est son habitude. Les deux prévoient aussi beaucoup d’économies, mais peinent à dire où ils comptent les faire.
La question est de savoir comment ils comptent s’y prendre. Sarkozy a fait preuve d’une instabilité fiscale remarquable pendant 5 ans, et a été incapable de prendre des décisions stratégiques liées à l’économie et s’y tenir. La rupture promise, elle a fait pshiiiiit… Qui a voulu faire une taxe carbone transformant l’économie Française, comparant, dans un effet d’annonce, cette mesure comme aussi importante pour son quinquennat que l’abolition de la peine de mort ? Sarkozy. Qui a ensuite laissé tomber cette mesure aux oubliettes ? Sarkozy. Qui avait annoncé un contrat de travail unique en 2007 et n’a rien fait ? Sarkozy. Qui a fait une commission Attali de libération de la croissance et n’en a pas tenu compte dès lors que ça risquait de fâcher des corporatismes ? Sarkozy. Qui a déclaré sa flamme à l’industrie qui exporte et baissé la TVA de la corporation des restaurateurs (qui ne risquent pas d’exporter) ? Sarkozy. Qui a annoncé un grand emprunt au plus fort de la crise et dénonce 2 ans après les politiques de dépense ? Sarkozy. Qui a annoncé une grande réforme financière mondiale, mais n’a même pas eu le cran de rentrer aux capitales des banques Françaises et imposer la séparation des banques de dépôt et d’investissement (que même les Américains et Anglais remettent en place) ? Sarkozy. Qui a fait voter un bouclier fiscal puis une baisse de l’ISF, pour que les riches reviennent et qui 4 ans après, annonce que les riches ne reviennent pas et qu’il faut renégocier les conventions fiscales avec la Suisse et la Belgique (au mépris des règles Européennes) ? Sarkozy. Qui a fait voter une défiscalisation des heures supplémentaires, mesure contre productive en période de faible emploi, et que la cours des compte juge couteuse et inefficace 3 ans après ? Sarkozy. Qui ne cesse de parler du travail, mais a favorisé la rente en réduisant à peau de chagrin les impôts sur les successions ? Sarkozy. 5 ans d’agitation. 5 ans ou le soit disant seul capable de faire face a annoncé plusieurs fois que les paradis fiscaux, c’était fini, et tous les 6 mois depuis 3 ans que la crise européenne était achevée, grâce à lui.
Une chose est certaine. Les temps à venir seront durs. Pour les traverser, il faut que les citoyens sentent que l’effort est juste. Des deux candidats, celui qui n’oppose pas les catégories entre les autres, celui qui ne stigmatise pas mais annonce clairement que ceux qui peuvent le plus contribueront le plus, c’est François Hollande.
Alors non, Hollande ne sera pas le président de la dépense effrénée. Il faut lire ses propos avant de répéter les déformations de l’UMP. Il n’a jamais parlé d’emprunter pour financer des primes à la cuve et des dépenses courantes. Il demande que l’Europe ne soit pas qu’une vaste zone d’austérité qui mène tout le monde au gouffre (Ah, tiens, les Pays-Bas si vertueux souffrent désormais du ralentissement Italien et Espagnol, lié à une austérité trop brutale…), et ne parle d’emprunts Européens que pour financer des infrastructures utiles, des projets qui permettront la croissance future.
Quant aux taux d’IR annoncés comme motivant la fuite, franchement, soyons sérieux. Plusieurs pays d’Europe ont des taux marginaux supérieurs aux nôtres et s’en sortent. Par ailleurs, 75% de taxe au-delà du million (1 000 000) d’euros de revenu annuel (REVENU !! CHAQUE ANNEE !!), quand des millions des citoyens n’arrivent pas à payer leur facture d’énergie, c’est juste. Et les quelques uns concernés sont soit déjà partis depuis longtemps, soit ont un minimum de décence, sont restés et paieront volontiers. Une question de justice. C’est la valeur clé, en période difficile. La seule qui vaille.
@rouge-cerise et sekhmet: nous sommes donc d'accord sur le fait qu'il faudra bien passer par la rigueur, et qu'il n'y a pas ici à choisir entre austérité et abondance/croissance.
@rouge-cerise: pour les impôts, le but c'est de punir les méchants riches qui gagnent beaucoup d'argent, ou bien de chercher à créer une société libre et fraternelle, la plus efficace et juste pour tous ?
Tu n'as visiblement pas compris que l'annonce du taux à 75% n'était qu'un champ de fumée pour troubler la campagne de N. Sarkozy, ce qui a parfaitement fonctionné.
Je suis troublé que tu abondes si facilement au premier degré à une proposition de spoliation de type collectiviste, qui a très largement démontré son inefficacité économique dans le dernier siècle. C'est par jalousie ou incompréhension ? Tu sembles en plus fier de les faire fuir. Tu préfères donc que l'Etat récupère 0 euros plutôt que seulement 40% d'un million ? Très utile pour la société dans son ensemble en effet...
Surtout que concrètement, les revenus supérieurs à 1M€ ne sont que 3000/4000 en France (ce qui est bien dommage, ils sont bien plus nombreux en Allemagne, en UK, aux USA ou en Asie), et l'impôt à 75% sur cette tranche ne rapporterait que 250M€ au plus, soit 4,17€ par français, formidable ils vont pouvoir se chauffer avec ça.
Pour les taux en Europe, un seul pays a un taux marginal supérieur supérieur à 45%, c'est la Suède. Et encore ils cherchent à le réduire depuis de nombreuses années. En suède, le taux de l'impôt sur les sociétés est de 26,3% contre 33,3% en France. Le taux de l'IS en France est le plus élevé en Europe.
Pour l'impôt sur la fortune, il n'existe nulle part ailleurs en Europe sauf dans quelques cantons suisses (à un taux de 0,45%), quand FH va rétablir un taux punitif de 1,8%.
En fermant les yeux ainsi sur la réalité des chiffres, Mais sinon, la France continue de vouloir augmenter ses impôts directs, aucun problème, fermons les yeux sur la réalité du monde.
Il y a d'autres solutions pour augmenter la richesse du pays et faire en sorte que chacun au minimum mange à sa faim, soit logé et chauffé, ce qui est bien le minimum démocratique j'en conviens.
Chris : le but est de créer une société libre et fraternelle, efficace et juste, comme vous le dites si bien. C'est fraternel, efficace et juste, quand des dirigeants déjà très bien rémunérés s'augmentent de 30% tout en préparant des suppressions d'emploi ?
Je ne suis pas idiot et François Hollande a dit lui même que cette tranche d'impôt est surtout symbolique, et que ce n'est pas elle qui va résorber le déficit. En revanche, elle participe à l'idée de la justice, et comme je l'ai dit, en période de crise, c'est majeur. Je suis d'ailleurs bien amusé de voir des mots tels que "spoliations" et "collectiviste" désigner des taux qui étaient en vigueur à l'époque de De Gaulle, Pompidou, Giscard d'Estaing. Des périodes où en effet, la France était sous la coupe des communistes... Et où les inégalités étaient moins forte. Et aussi, où des jeunes comme moi, après plus de 5 ans d'études après bac et quelques années de CDI, pouvaient s'imaginer propriétaire de mieux qu'un studio à Paris, même si papa-maman n'ont pas les moyens de faire un gros chèque.
Je suis encore plus amusé de voir écrit dans un paragraphe que taxer ainsi, c'est prendre le risque d'un immense exode qui priverait dramatiquement le trésor de 40% d'un million. Et dans le paragraphe suivant, que cette tranche est à un niveau si haut qu'elle ne rapporterait que 250M€ à 75%. J'imagine donc ce qu'elle rapporte à 40%... Décidez vous : soit cette tranche est un désastre, soit elle ne représente rien de plus qu'un symbole de justice.
Oh, sinon... Puisqu'il y a d'autres solutions pour augmenter la richesse du pays, nous aurions aimé les entendre de la part de votre candidat. Je me souviens qu'il avait promis qu'il n'y aurait plus de SDF. C'était avant de faire voter la suppression de la taxation des héritages, grande mesure en faveur de la productivité et de la justice sociale s'il en est... C'était avant de faire voter la défiscalisation des heures supplémentaire. Dont l'OCDE a confirmé que c'était une gabegie (http://www.capital.fr/carriere-mana...). Alors, quelles sont elles, ces mesures du candidat ? Fermer les frontières à l'immigration ? Remettre en cause Schengen ? Présumer innocent les policiers qui tirent dans le dos des citoyens ?
Quand on vote pour un président, on vote pour des valeurs. Pendant 5 ans, on a vu les valeurs du président sortant. Et ces 5 derniers jours, on a vu encore mieux les valeurs de chacun des candidats.
Je n'ai jamais défendu un candidat en particulier ici, je réagissais d'abord aux croyances dans les fausses promesses de redressement sans douleur. Et au manque malheureux de pragmatisme économique des français, et de l'Europe du sud en général. Je vous invitais simplement à réfléchir au contexte actuel, et non à réfléchir comme il y a plus de 50 ans (la théorie de Keynes date des années 30). Je parle économie, et pas valeurs.
Oui le taux marginal d'imposition a été au maximum de 80% sous de Gaulle (1967), et de 70% au sortir de la guerre. Quand au même moment il était de 92% au Etats Unis. Il faut compléter le tableau pour comprendre.
1) De Gaulle était sous la pression politique d'un PC beaucoup plus fort qu'aujourd'hui (20 à 25% du corps électoral, soit deux fois plus que le FG aujourd'hui). Les taux étaient déjà élevés du fait de la reconstruction après guerre.
2) Ces taux étaient appliqués dans des économies beaucoup plus fermées qu'aujourd'hui, la monnaie était nationale, les déplacements de capitaux et de personnes beaucoup plus difficiles.
3) Les prélèvements sociaux de l'époque étaient sans commune mesure avec ceux d'aujourd'hui. Le PS a réfléchi un peu en cours de route et proposé de réduire de 13,5% à 8%, ce qui donne un taux combiné direct de 83%, quand le taux maximum européen est de 52%.
Mon attaque n'est pas morale mais technique. Augmenter tout seul en Europe les taux à ce niveau aujourd'hui, c'est tout simplement contre-productif pour le pays. La mobilité des personnes et des capitaux en Europe est extrêmement facile. Il faut impérativement tenir compte de l'environnement européen.
Puisque vous n'êtes pas idiot (je n'en ai jamais douté), vous savez donc calculer un impôt par tranche, et vous savez que la taux supérieur actuel de 41% s'applique à tous les revenus supérieurs à 70831€. Un revenu de 1M€ rapporte ainsi environ 505K€ d'impôt direct avec les prélèvements sociaux (avec une hypothèse de taux de 45% à partir de 150K€). Les estimations de 4000 personnes concernées donnent donc un vivier de 2 milliards d'euros d'impôt en jeu sur la base des tranches actuelles. Le taux de 75% s'appliquant seulement sur la tranche supérieure à 1M€ rapporte environ 250M€ (chiffrage non contesté par les experts PS), on voit bien le ratio risque/revenu. Si tout revenu au dessus de 1M€ est préempté à 83%, cela conduit soit à ne pas être motivé à développer de nouveaux revenus, soit à partir. Dans les deux cas, perte pour la France. Pour la réalité des transfuges, les chiffres indiquent que pour 5000 impositions au forfait en Suisse, il y a 2000 français, c'est énorme. C'est autant d'impôt perdu pour la France, de façon réelle. Il faudrait tout de même se poser des questions, les français ne sont pas par nature plus infidèles que les autres. Par contre ils sont déjà plus taxés que leurs voisins européens, c'est un fait.
Pour les dirigeants très bien rémunérés, je vous invite à réfléchir aux effets de la mondialisation. En 25 ans, les entreprises du CAC40 se sont très fortement internationalisées, réalisant maintenant en moyenne 75% de leur CA hors France. Les CA ont très fortement augmenté, et le salaire des cadres dirigeants dépend de leur périmètre global d'entreprise. Celui-ci a été bien plus rapide que l'augmentation du revenu en France, en effet. Le marché des cadres dirigeants commence à s'internationaliser, et les français sont de plus en plus en concurrence avec des européens, des américains ou des asiatiques au plus haut niveau. Je ne parle même pas des hauts revenus qui proviennent de ceux qui ont créé leur propre entreprise et qui ont toujours été directement soumis à la concurrence internationale ouverte. Je suis logiquement totalement opposé aux nominations politiques aux postes de direction exécutive des grands groupes français. Elles devraient faire l'objet d'appels d'offre internationaux et de mise en compétition des talents. Dans le même temps, le travail d'un ouvrier chinois se rapproche de plus en plus de celui d'un ouvrier français, justifiant de moins en moins une différence de salaire énorme.
J'imagine là aussi que cette vision ne va pas vous faire plaisir, mais c'est pourtant une réalité économique. Je vous invite à regarder les évolutions des coefficients de Gini qui évaluent les différentiels salariaux par pays. Ceux-ci montrent que la France est déjà le pays où les différentiels ont le moins augmenté dans le cadre de la mondialisation.
L'Allemagne, qui est actuellement la locomotive économique européenne, a depuis 10 ans stabilisé le cout du travail, augmenté la TVA, augmenté les marges de ses entreprises, ce qui lui a permis d'investir en R&D et maintenir ses positions sur le haut de gamme dans l'industrie. Il y a deux fois plus de "riches" en comparaison de la France, dont de nombreux créateurs de PME. Le pays a également 10 points de moins de prélèvements obligatoires. C'est accepté socialement. Ceux que je connais et qui y vivent ne trouvent pas que le pays aille plus mal que la France.
La France elle a augmenté dans le même temps ses coûts de 15%, stabilisé ses prélèvements, les marges sont deux fois moins importantes qu'en Allemagne, la R&D est limitée, et l'offre française reste sur du milieu de gamme, qui ne justifie plus son prix. Ne pas s'étonner des fermetures de site à répétition.
Pour finir sur les valeurs qui vous intéressent légitimement, ne vous leurrez pas sur l'essentiel. L'histoire a toujours montré que c'est la puissance économique qui permet le rayonnement d'une nation. Je m'inquiète pour la France.