Rouge-cerise.net

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Mot-clé - études

Fil des billets - Fil des commentaires

dimanche, juin 15 2008

C'est la fête!

Vendredi soir, c'était la fête. Discours, cocktail, champagne et petits plats dans les grands, cravates, chemise repassée, costard et souliers cirés. Il s'agissait d'être beau pour célébrer ce que j'ai fêté il y a un an: la cérémonie de remise des diplôme de mon école. Cette année, la star, c'était la Cigale. C'est lui qui est allé cherché son diplôme sous les applaudissements du public et le regard humide de fierté de sa petite maman. J'étais aussi assez heureux de le voir obtenir son diplôme. Il le mérite, il a travaillé pour l'avoir, et j'étais moi aussi un peu fier d'avoir un chéri d'amour intelligent et diplômé. Bravo mon chéri!

Après la pompe des discours, l'affluence du cocktail, les sourires et gentillesses, le bonheur de revoir certains enseignants que j'aimais beaucoup, il y avait la soirée, préparée par les étudiants diplômés. La salle était grande, prestigieuse (à l'échelle de la ville...), les tables étaient belles. On a passé un bon moment, en famille et amis. Même Mlle de Bourge avait fait le déplacement. J'ai apprécié ce moment et ostensiblement snobé les quelques crétins camarades de ma promotion qui étaient là également.

Il reste cependant un bon souvenir, un peu de fatigue, et tout à faire pour la suite.

jeudi, juin 5 2008

Souvenirs d'IUT

J'étais tout entier absorbé par la réalisation d'une prévision de l'usage des barres à béton sur le marché Russe. Les barres à béton, c'est ce que les chinois omettent d'ajouter, par économie corruption, dans la construction de leurs écoles afin de se débarrasser discrètement de leurs enfants surnuméraires au premier séisme un peu sérieux. Soit dit en passant et pour avoir habité dans ce genre de bâtiment pendant 6 mois, je les soupçonne aussi de faire leur béton déjà mal armé avec un peu plus de sable et un peu moins de ciment dans la recette. Après, il ne faut pas s'attendre à des miracles en terme de résistance.

Bref, là, je vérifiais que les Russes utilisaient pour le béton de leurs écoles des barres d'acier en quantité. J'en ai un beau métier, quand même. Et je ne sais pas pourquoi, en étudiant tout cela, j'ai pensé à lui. Lui, lui, lui... La terreur de l'IUT, le tortionnaire des amplis, le bourreau des travaux dirigés. Il était professeur de dimensionnement des structures. Matière intéressante s'il en est, puisqu'on y construisait mathématiquement des pilonnes avant de leur appliquer des contraintes jusqu'à la rupture, plus ou moins précoce, plus ou moins spectaculaire selon le matériau sélectionné. Le sujet était aussi plaisant que l'enseignant terrifiant. 2 heures avant le cours, on commençait à pâlir d'angoisse. 1 heure avant, nous frémissions. Au moment d'y aller, les convulsions de certains étaient impressionnantes. A l'heure pile, tout le monde était à sa place et attendait l'arrivée du monstre dans un silence étourdissant. On entendait les mouches péter. "Il" arrivait. S'installait au fond de la salle, se dérobant à la vue de tous. Il ne faisait jamais face à la classe. Jamais. Personne n'osait se retourner. Le souffle court, nous attendions. L'angoisse suintait de partout. Soudain, le couperet tombait, rompant l'absolu silence d'une voix rauque.

"Untel, au tableau".

Pauvre gars. Mieux vaux lui que moi, mais pauvre gars quand même. Réprimant ses convulsions, untel se levait et tentait de se raccrocher à ce qu'il pouvait: son papier couvert d'équations, sa calculatrice. Il allait au tableau, et commençait la correction d'un exercice. Terrorisé, il s'embrouillait, lisait mal ses notes qui tremblaient dans sa main comme la feuille d'un arbre un jour de tempête. A chaque hésitation, "il" l'encourageait d'un gros soupir.

"Alooors?".

Nous priions tous pour qu'il parvienne au bout de sa démonstration. Sinon, Untel serait exécuté, et un autre le remplacerait. Moi, peut être.

"Mais monsieur Untel, c'est pourtant simple, c'est quoi la constante de truc-bidule?"."C'est zéro, c'que vous faites là, Untel. Zéro."

Au bord du précipice, Untel continuait à écrire en faisant grincer la craie blanche sur le tableau. Il n'écrit plus, d'ailleurs, il gribouille en alignant tout ce que son cerveau est encore capable de débiter, en une étonnante et créative farandole d'âneries et d'approximations. "Il" se délecte.

"Connaissez pas vot'cours, monsieur Untel. Et posez votre PQ, c'est pas écrit dessus".

Untel tentait désespérément de sauver sa peau, lâchait sa feuille en fixant le tableau, effaçait ses erreurs pour les remplacer par encore pire. C'était foutu pour lui. Nous étions déjà tous en train de compulser discrètement nos notes afin de pouvoir le remplacer.

"Untel, si vous connaissez pas vot'cours, faut pas v'nir."

Le malheureux, prit de panique, tente une sortie et bredouille que si, il sait. Untel est devenu un animal débusqué qui tente de fuir en prenant ses jambes à son cou, à terrain découvert. Le chasseur n'attendait que ça. Il déguste la mise à mort. Ca va saigner.

"Bien sûr que non, Untel. Vous z'etes pas v'nu à mon cours d'amphi, lundi. Pouvez pas l'connaitre, le cours."

Silence. Ce type était capable de savoir qui était absent parmi les 200 étudiants de l'amphi. Impossible de lutter.

"J'veux plus vous voir, Untel."

"Sortez."

dimanche, février 10 2008

Carton et abandon

Nous sommes dans les cartons. Dans 3 semaines, nous serons, La Cigale, moi et Mlle de Bourge, partis de Belfort, chacun vers une nouvelle destination. C'est maintenant que l'on réalise aussi que notre luxe matériel va être une catastrophe à déménager. Canapés, tables, lits, frigo, lave-linge... C'est fou, la quantité de truc que nous avons accumulés. Et on ne compte même pas 4 ans de cours universitaires, de bouquins, de manuels, et autres truc-bidules.

Nous quittons notre colocation, nous quittons aussi le monde universitaire, nous entrons dans notre ultime stage avant le monde du travail. Période exaltante, période stressante. Beaucoup de changements en perspective. La Cigale et moi avons finalement de la chance: pour les 6 prochains mois, nous serons à 120km l'un de l'autre, en Alsace. Si nous ne vivrons plus ensemble, nous nous retrouverons tout de même les weekend. C'est déjà ça. En revanche nous laissons dernière nous plus que des souvenirs et nos études.

Ici, Orpheus annonça:

"à chaque fois que quelqu'un desinstalle photoshop, dieu tue un chat ! :-)"

Sœur Marie-Thérèse des Orchidées, qui est sans doute en contact direct avec les divinités suprêmes, n'avait pas complètement tord.

Et j'ai bien glissé photoshop dans la corbeille. Et j'ai vidé la corbeille.

Notre chat, Vodka, nous quitte. Que les amoureux des bêtes se réjouissent, que les ennemis des chats se lamentent, il n'est pas mort. Il continue de vivre joyeusement en couvrant de poils blanc et long tout ce qu'il approche. Ses poils, justement, qui sont coupables. La Cigale a en effet développé durant ces 4 derniers mois une violente allergie au chat. Il vit désormais sous forte dose de cortisone. Ca n'est pas tenable, évidement. Depuis la sentence annoncée par le médecin, confirmée par le laboratoire d'analyses médicales, nous nous sommes donc mis, la mort dans l'âme, à la recherche active d'une nouvelle famille pour notre petit chat. Il n'est évidement pas question de confier cette petite bête à la SPA, ou à quelqu'un en qui nous n'aurions pas confiance. Vodka n'a jamais fait de connerie, jamais rien abîmé. C'est Tarvalanion et son Bill qui l'avaient trouvé pour nous, et ils avaient eu du flair. C'est un amour de chat.

Ce matin, après plusieurs jours d'angoisse et de recherche, nous avons trouvé le nouveau foyer idéal. Des amis de La Cigale, habitant à coté de ses parents en Normandie. Ainsi, il pourra encore le revoir de temps à autre.

Il n'empêche que c'est un crève-coeur, après 2 ans en compagnie de cette charmante petite bête.

vodka1.jpg

lundi, janvier 28 2008

Questions et débat

Demain, je présente avec Mlle de Bourge mon ultime dossier scolaire. Le dernier, dernier, dernier, avant le diplôme de master et la fin définitive des études. Il s'agit de présenter puis débattre du sujet d'interculturalité que j'ai fait le choix de traiter, et pour lequel j'ai déjà rendu un petit dossier. La problématique est la suivante: La fin de l'URSS a-t-elle réduit les discriminations contre les homosexuels Russes?

Ouais. On va choquer de l'ingénieur, demain. Ils ont déjà été scotché par mon coming-out, voyons ce qu'ils pensent des discriminations. Je n'ai pas hésité à faire dans le sensationnel trash, en incluant la photo de la pendaison des deux jeunes pédés iraniens. J'ai aussi mis plein de bombasses brandissant des rainbows flags, et même un canard en plastique sado-maso à baillon rouge et collier à clou.

Ouais. On va choquer de l'ingé, demain.

Et puis, à l'issue de 20 minutes de présentation, round final de 40 minutes de débat. Celui ci sera introduit par la diapo finale, qui restera affichée pendant les 40 minutes.

Gay_Russes.jpg

Ouais, on va choquer de l'ingé, demain. Et la directrice du master, et la directrice des études, qui sont dans le jury.

mardi, janvier 15 2008

Rodrichou

Rodrichou n'aura été qu'un instant fugace dans cette fin d'année 2007 qui n'aura pas tenu toutes ses promesses. Etoile filante dans mon univers, je n'eu que le temps de faire un voeu avant de le voir repartir vers une nouvelle aventure. Pour autant, je pense qu'il ne restera pas une simple étoile filante. J'ai fais à l'étoile filante le voeu de la voir devenir comète, repassant régulièrement dans mon ciel.

Rodrichou débuta l'année de master avec moi. Promesse d'un nouvel ami, avec rapidement un doute: serait-ce en plus un ami sensible? Rodrichou est ingénieur, et s'est embarrassé pendant ses années d'études du masque de l'ingénieur hétéro-beauf. Pourtant, malgré ses artifices, il n'a pas fait illusion bien longtemps, pour moi. Découvrir en ma présence un collègue pédé lui a fait une joie folle (sic). J'ai accepté son amitié avec tout autant de bonheur. Et une pointe d'appréhension. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Rodrichou a investi en moi et La Cigale une confiance immense, que je ne suis pas certain de mériter. Je ne donne ma confiance et mes confidences qu'avec parcimonie. Je n'aime pas savoir compter pour quelqu'un. Peur de ne pas être à la hauteur, car je ne suis pas si fort que j'en ai l'air. Mais Rodrichou... Intelligent et amusant, raisonné quand il sied, fou quand il faut, courageux, Rodrichou a beaucoup d'atout pour plaire. A commencer par son piercing à l'arcade, et son accent qu'il tente de masquer. Hélas, son accent est la cause de son départ trop rapide de Belfort. Rodrichou n'a pas ce luxe que ma naissance m'a offert: il n'est pas français, mais Vénézuélien. Il y a pire, me diriez vous. Seulement voila, être pédé a Caracas ne l'intéresse pas tellement. Arrivé en France en 2000 sans parler Français, il est ce que l'on appelle un immigré intégré. Tellement intégré qu'il demandera peut-être un jour la nationalité Française. Si c'est ce qu'il souhaite, elle lui sera accordé, car il l'aura mérité.

Je suis impressionné par le courage de son parcours; je ne pense pas que j'aurai été capable d'en faire autant. Diplômé ingénieur l'été dernier, un permis de séjour arrivant à échéance, le master était une année de répit avant d'être à nouveau sous la menace de l'irrégularité. N'est il d'ailleurs pas stupide pour notre république qu'après avoir investi en quelqu'un au point d'en faire un ingénieur, elle ne lui laisse même pas quelques mois pour trouver un travail à la hauteur de sa qualification? Au point de devoir s'inscrire à nouveau à l'université pour obtenir les papiers synonymes de sursis? Avec ce Master, Rodrichou se donnait 12 mois pour valoriser un diplôme justement acquis. Il lui aura fallu moins que ça pour se faire embaucher en tant qu'ingénieur. Il est parti en novembre. Il est revenu, plusieurs fois. Chaque fois, nous avons passés un excellent weekend. La dernière fois, c'était un peu avant les fêtes. Il venait sur Belfort pour la dernière fois: la préfecture demandait sa présence pour délivrer permis de séjour et de travail. Le voila parti pour quelques années de plus en France. J'en suis fort heureux, d'autant qu'il a eu le bon goût d'aller s'installer dans la ville d'origine de La Cigale. Ainsi, en même temps que beau papa et belle maman, je pourrais aller passer le bonjour à mon Rodrichou préféré. Et qui sait, à son chéri d'amour en même temps... Je sais qu'il prospecte activement...

Merci de ton amitié Rodrichou. Je te souhaite tout le bonheur que tu mérites.

mercredi, octobre 24 2007

Personnel - Aveu - Amis

"Je vous avais donc demandé de vous souvenir d'un cas de communication ou vous étiez mal à l'aise, repris l'enseignant après les salutations d'usage en début de cours."

Tiens, j'avais oublié ce détail. Vite, trouver une idée.

Ce que nous allons faire pour commencer, c'est caractériser cette situation par 3 mots clés, continue le prof.

Fort bien. C'est ainsi que chacun notre tour, nous nous sommes levés pour présenter nos mots clés aux autres. J'ai longuement hésité. Il faut dire que j'ai eu tout le temps pour réfléchir: le hasard m'a fait me lever le dernier. Face à la quinzaine de regard interogatifs, j'ai opté pour la solution une, celle qui la plus juste, puisque m'ayant vraiment posé un problème de communication.

" Mes mots clés sont donc: Personnel, Aveu, Amis".

Sur le tableau blanc, écris en rouge, noir, vert, s'étalaient des morceaux de vie. "stage", "téléphone", "famille", "visa", "hiérarchie", "chanson". Des moments de solitude, d'échecs, d'incompréhensions.

Une fois tout le monde passé, le prof repris la liste, à peu près dans l'ordre, pour demander à chacun d'expliquer la raison de ces mots clés. L'objectif était de partager nos expériences, et en tirer des solutions pour ne plus être confrontés à ces problèmes.

Evidement, est arrivé mon tour.

"Je pense que je pourrais remplacé le mot "amis" par "collègue", "famille", ou par toutes les personnes ici. Une situation ou il m'a été très difficile de communiquer a été le jour ou j'ai voulu dire à mes amis que j'étais homosexuel. Evidement, avec les collègues, le problème est le même. La famille, c'est encore un autre sujet..."

Stupeur de l'assemblés. Le prof écarquille les yeux. Celle là, on n'avait jamais du la lui faire! En un instant, il se reprend.

"Effectivement, c'est une situation difficile. Visiblement, ça va mieux, puisque tu oses nous le dire aujourd'hui."

J'ai rapidement repris la parole pour lever la gène générale. Ceux qui savaient ne s'attendaient pas à cette sortie. Ceux qui ne savaient pas étaient sur le cul. Moi, j'avais le coeur qui battait à fond la caisse, même si j'ai de moins en moins peur de dire que je suis pédé. Une chose de faite. Au moins, cette fois, je suis certain que tout le monde à bien compris. On a un peu parlé, mais rapidement, le prof a demandé au suivant de prendre la parole pour raconter sa vie. Il voulait sans doute ne pas me mettre mal à l'aise.

A la pause, certains sont venus me féliciter de mon courage. Il en faut une sacré dose, en effet. Seul les pédés savent à quel point s'assumer est une chose difficile. Il est également tellement rassurant de voir qu'aujourd'hui, ma génération (et ma catégorie sociale, ne nous mentons pas...) n'a aucun problème avec l'homosexualité.

Vive la vie, l'amour et l'indifférence, et bon courage à ceux qui n'ont pas encore fait le chemin que j'ai parcouru ces 3 dernières années.

mercredi, octobre 17 2007

De la condition de stagiaire

Stagiaires : le gouvernement propose 380 euros de rémunération au 4e moispar LExpansion.com

Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a présenté mercredi un projet de décret qui fixerait la gratification des stages étudiants en entreprise à 380 euros mensuels à partir du quatrième mois, ce qui représente 29,6% du Smic. L'entreprise ne payerait pas de cotisations sociales sur cette gratification.
source.

Scandaleux, et ne tenant aucun compte des spécificités des stages. Les réduire à leur simple durée... Ridicule... Xavier Bertrand trouve t il normal qu'un étudiant de niveau ingénieur, accomplissant un travail d'ingénieur sur un projet de fin d'étude de 6 mois, soit payé trois fois rien au regard du poste qu'il occupe? Les sociétés crééent des adresses mail pro pour leurs stagiaires, voir même des cartes de visite, les envoient en clientèle, ce qui montre tout de même le niveau de compétence qu'elles mettent à leur crédit. En revanche, nombreuses sont celles qui ne mettent même pas 1/3 du smic à la rétribution de ce même crédit.

Souvent, quand on part en stage, il faut se loger... 380 euros, ca paye à peine un logement décent, même dans les grandes villes de province. A Colmar, ville immense s'il en est, un F1 meublé coute 350 euros. Et pas dans la ville même, ce qui veut dire qu'un véhicule devient vite indispensable, pour aller travailler...

1/3 du smic exonéré de toutes charges devrait être le minimum, dès le premier mois de stage lorsqu'il est de niveau supérieur (c'est à dire dès qu'il y a productivité du stagiaire, soit bac pro). Et il me semble que payer un ingénieur, même junior, 380 euros pendant 6 mois (c'est généralement la durée des stages de fin d'études, juste avant le diplôme), c'est de l'exploitation. Rien d'autre.

- page 1 de 5