Rouge-cerise.net

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mardi, janvier 5 2010

D'une décennie à l'autre

Et voila, c'est fait. Nous sommes en 2010. Woow! Quand je vois ce chiffre, je le trouve irréel. Deux milles, et un chiffre en dizaine après. Quand nous sommes arrivés à 2000, l'idée d'atteindre 2010 me semblait pire que de la science fiction: carrément de l'illusion pure et simple. Une époque lointaine ou la vie serait complètement différente. Finalement, cette décennie est passée sans même sans rendre compte. C'en est presque décevant: la science fiction s'avère bien consensuelle.

Comme en 2000, Renault vend des méganes diesels, Ferrero du Nutella, Danone des yaourts et TF1 du temps de cerveau disponible. Les lignes électriques menacent toujours de tomber par terre au premier coup de froid ou de vent et la SNCF a beaucoup progressé en matière de vente de billet, par exemple en vendant des billets pour des trains qui n'existent pas (j'ai testé il y a 7 jours). Internet a beaucoup évolué, mais le fonctionnement des box est toujours aussi incompréhensible que celui des modems 56k. Ca marche, ça marche pas, on tente les même grigris pour rétablir les réseaux wifi que ceux pour parvenir au bout de l'interminable tonalité de connexion RTC. Par exemple, le mien, il marchait mieux si on ne le regardait pas. Si. En la matière, on a même régressé, car les box ne s'expriment pas, alors que le 56k faisait la conversation en tentant de se connecter. Bi-bi-tuu-tulutuduuuuu-grchchchch-tuuuu!. Entre copains, on s'appelle maintenant sur portable Orange, alors qu'en 2000, c'était le fixe France télécom des parents. La problématique s'est décalée, puisque le problème de la facture demeure insoluble. Mais pour se plaindre, on parle désormais à une Indienne incompréhensible de Bangalore au lieu d'une fonctionnaire apathique en boutique.

Musicalement, l'histoire est injuste, puisque Michael Jackson est finalement mort avant Johny Hallyday. Le Belge résidant en Suisse connu seulement en France est passé tout prêt de la sortie, pourtant. Les boys band sont morts et leurs clips ovulatoires à la télé ont été remplacés par les blagues de Valérie Damido. Une constante décennale, cependant: Madonna ne sait toujours pas chanter.

Politiquement, Saddam Hussein est mort mais les employés du world trade center aussi, l'humanité a testé GW Bush pour finalement opter pour BH Obama. Hormis un prix Nobel de la Paix, les deux veulent la guerre contre Al Qaeda et qu'on leur foute la paix à propos de l'environnement. Car, n'en déplaise aux idéalistes, l'humanité n'a toujours strictement rien à foutre de l'écologie. Chirac avait fait sensation avec sa métaphore "la maison brûle, et nous regardons ailleurs". La bonne analogie aurait été "les grenouilles sont dans la casserole, et la température monte doucement". La grenouille riche installera une clim, les autres cuiront. Chacun sa merde. L'Europe a choisi de son coté de passer une fois de plus son tour en dépit du succès inattendu de l'Euro, en optant, en guise de porte drapeau, pour un Belge (décidément, ils sont partout) sans charisme et une Anglaise unilinguiste. La France, de son coté, a choisi de passer d'un vieil éléphant politique qui cache ses petits lorsqu'ils meurent et qui aime les civilisations anciennes à un petit roquet hargneux qui montre ses gosses même quand ils sont cons et qui n'aime que les Rolex neuves. Comme il ne savait pas si bien chanter qu'une cigale, il a épousé une Italienne refaite pour compenser. Il est cependant bien plus actif que l'autre: les petits déficits sont devenus des grands emprunts.

Non, vraiment, cette décennie fut décevante pour le monde.

A titre personnel, pourtant, quel succès que cette décennie! Oui, toute modestie gardée, ces 10 ans auront été bien plus réussi que prévu. J'ai réalisé quelques rêves de gosse, voyagé plus que je ne le pensais, réussi mieux que je ne l'imaginais. Tout n'est pas que gloire et prestige cependant: je lis beaucoup moins Jean Diwo et regarde beaucoup plus Gregory House. Mais en troquant le biactol de Reckitt Benckiser pour le sperme de Cigale (on avait bien dit que ce n'était pas la décennie du bon goût, pas vrai?), je me suis donné le droit de vivre autrement qu'introverti et malheureux. Ma famille l'a accepté et la famille de la Cigale m'a accepté. Je ne pense pas être devenu beaucoup plus intelligent pendant ces dix ans, mais je suis devenu beaucoup plus beau. Il faut croire que j'ai parfaitement suivi le mouvement de mon époque.

Oh, et pour Noel, j'ai eu l'impensable d'il y a 10 ans: un long email, d'un parfait inconnu, me disant juste qu'à la lecture de mon blog, il avait trouvé que j'étais un mec bien. Car oui, en 10 ans, il y a aussi eu les blogs. Pour moi, pour les rencontres qu'elles m'ont donnée, ce fut une révolution. Merci à celles et ceux que j'ai rencontré en vrai comme à celles et à ceux que je ne connais encore qu'épistolairement. C'est vous qui m'avez transformé, pour le meilleur. A vous tous, je vous souhaite non pas une bonne année, mais carrément une décennie aussi réussie que l'a été pour moi celle qui vient de s'achever.

jeudi, juin 7 2007

Le courrier des lecteurs

Là, normalement, je devrais être en train de travailler. Mais bon, hein, vous n'avez jamais procrastiné, vous, à 36 24, 12h de la deadline? Y'a vraiment pas de quoi faire pipi par terre et se rouler trois fois dedans (copyright Mlle de Bourge).

Non, moi, je lis d'abord mes petits blogs favoris que j'aime beaucoup indispensables (plus les fantastiques merveilleux jouissifs et autres sensationnels), et ensuite mon courrier.

Aujourd'hui m'attendait chez google un joli message fort sympatique, un de ceux qui met du baume au coeur et du rose un peu partout. Le courrier des lecteurs.

J'ai cette chance de n'avoir jamais reçu le moindre mail désagréable à cause de mon blog. Peut être suis-je trop lisse et consensuel? Je reçois en revanche de temps en temps un mail d'encouragement, de remerciement ou juste pour dire bonjour. Ce soir, c'était un merci, un merci d'un inconnu qui souhaitait juste me dire que la lecture quotidienne de mon blog l'avait aidé à s'accepter en temps qu'homosexuel. Que la fatuité de mon blog était finalement utile, au moins à lui. Que, en un mot comme en cent, il me souhaitait bon vent pour le blog, la vie et le reste.

Quand j'étais Batims du Batims'blog, j'avais dit à plusieur reprise que si mon blog (ou le recueil des premières fois) pouvais servir à une chose, c'était à ca. Juste à montrer que même pédé, on peut exister, même pédale, on peut être heureux, même tapette, on peut être amoureux. Avant ce lecteur, j'ai moi aussi puisé beaucoup de force dans le blog des fameux pédéblogueurs.

Alors, quand je reçois des mails de ce genre, je me dis que j'ai un peu rendu ce que d'autres m'on donné, et que c'est juste simplement bien.

Cher lecteur anonyme, chers lecteurs en général, moi aussi, je vous souhaite bon vent, et je vous remercie pour ces petits messages.

mardi, mai 15 2007

Les charognards

Il est assez amusant de constater que c'est précisément au moment ou je songe à mettre un terme à mon aventure blogosphérique que le passé refait surface. Un peu comme lorsqu'on change les meubles de place: En remuant le cadre, on découvre sous la poussière les vestiges du passé. Parfois, c'est une pièce de un euro, et on se dit qu'on a de la chance, même si on aurait préféré un ipod nano rouge, comme celui égaré par la Cigale, parfois c'est un bout d'os de poulet arrivé ici par la grâce divine du chat qui fouille et éparpille les poubelles.

Hier, dans ma boite e-mail, ça s'apparentait davantage au prospectus d'une agence de pompe funèbre: quand on lit, ça suite déjà la charogne, quand on descend en profondeurs, ça pue la pourriture. Un charmant type m'expliquait en Anglais qu'il possédait le nom de domaine version ..com de mon précédent blog qui était en .org. Et que moyennant espèce sonnante et trébuchante (ou virement paypal, le commerçant a l'esprit pragmatique), il se faisait un vrai plaisir de me le céder. Fort bien, mais que veut il que j'en fasse? Ceci dit, intrigué par la manoeuvre, je me suis dit "quel crétin serait assez idiot pour acheter le .com d'un nom de domaine .org que je possédais, pour tenter de me le fourguer ensuite?" Mon nom de domaine serait il d'une valeur que je ne soupçonnais pas? Curieux, je descends dans les profondeurs et me connecte à mon blog passé: batims.org. Surprise, l'endroit est habité par un profiteur de base, proposant 3 phrases de contenu et le reste de google ads. N'hésitez pas à aller voir et à ne pas cliquer sur les publicité, c'est amusant. Batims.org était-il vraiment l'archétype du blog gay, au point qu'il soit rentable d'y mettre des publicités même s'il n'y a plus de contenu?

D'ailleurs, près de 18 mois après la cloture, qu'en reste-t-il dans google? De plus en plus intrigué, je tape Batims dans google. Passons sur la musique metal difusée par wat, ceux qui me connaissent savent déjà que ca ne risque pas d'être moi qui diffuse pareille horreur auditive. Sinon, le résultat est sans appel: ça sent le stupre gay a plein nez. Le coup du paréo Têtu n'est toujours pas oublié. Notez aussi la bonne performance de la diatribe d'Urobore que j'ai rencontré entre temps, et qui par ailleurs est charmant.

Ceci dit, je sais maintenant que si je ferme rouge-cerise, il faudra d'abord que je montre quelque chose qui fasse le tour des blogs, et par corollaire augmente ma popularité et mon positionnement marketing sur un thème bien précis, de préférence rentable par la suite.

Sur Internet, le business rentable numéro un, c'est toujours le cul? 0:)

dimanche, novembre 26 2006

Anniversaire

Bientôt un an que j'ai fait naître rouge-cerise. Je le sais, je m'en suis souvenu car mon hébergeur m'a envoyé une petite lettre m'encourageant à lui renouveler ma confiance, et les subsides qui vont avec. Triste matérialité des choses, dont je pourrais m'exonérer facilement en recourant à une plate forme grand public et gratuite. Mais non, j'aime me sentir chez moi, sur mon petit espace à moi, mon petit égocentrisme virtuel, privé et public.

Mine de rien, ces un an sont aussi les 2 ans de blogging. Avant rouge-cerise, il y a eu Batims. Lequel fut fermé sur un coup de tête, abatu en plein ciel d'idéalisme par la censure des neutres bien-pensants et un paternalisme malsain que je n'ai jamais digéré, que j'ai tu et auquel j'ai répliqué (un peu bêtement) par la fermeture. Rouge Cerise est né un peu après, car j'étais bien incapable de me la fermer et j'étais convaincu d'avoir des choses à dire... L'idée de se croire plus intéressant que le voisin...

Je crois cependant que je n'ai jamais réussi à retrouver ici ce que j'ai pu faire derrière le masque de Batims. Beaucoup moins de spontanéité, de liberté, d'enthousiasme, aussi. On ne construit jamais rien de faramineux par dessus d'autres choses. Seule la feuille blanche est synonyme de franchise et de justesse.

Aujourd'hui, je ne sais pas trop quoi faire de ce blog. Il y a longtemps que je perdu l'illusion d'être plus intéressant que d'autres. Je n'ai rien de sensationnel à raconter, pas de talent d'écriture particulier, je n'ai pas l'imagination -ou le courage- pour faire naître et mourir des histoires, je n'ai que ma petite vie somme toute bien banale. Je n'arrive même plus vraiment à livrer mes états d'ames, car je sais qui me lit, et il y a des cicatrices que je préfère taire. Je me sens parfois usé.

J'ai perdu aussi sans doute cet aspect touchant du type de 20 ans qui débarque dans sa propre vie de pédé en décidant qu'il a aussi le droit d'être heureux. Perdu les illusions du mec qui a quitté le nid familial et découvert la liberté. Perdu les yeux émerveillés de celui qui découvre d'un coup des gens semblables, différents, humains, une vie possible, qui se rend compte qu'il peut exister, faire des rencontres interessantes, créer des affinités.

Pas mal de pertes, pour combien de gains? Je me rend compte aussi de la lâcheté, de l'hypocrisie, des mesquineries. La blogosphère n'est pas cet éden idéal d'un monde ou tout le monde s'accepte. Peut être l'a t il été. Je ne sais pas. J'ai le sentiment qu'il se meurt, qu'il est remplacé par un erzats du monde réel, avec ses vanités, ses ragots, ses publicités de partout, ses peoples, ses faux débats et promesses qui n'impliquent rien.

Et moi, là, quelque part dans ce maelström, je n'arrive plus vraiment à situer ce que je veux faire ou montrer, un peu comme si j'étais arrivé à une limite ou une fin que je n'arriverai pas à franchir. Peut être que c'est ca, sortir de l'adolescence, entrer dans le monde adulte. J'achève de réaliser que le monde imprimé sur mon écran existe, et ce monde me fait peur.

Du coup, j'écoute Guillaume Aldebert réver de la norme et de la marge (ouais, je fais de la pub pour Aldebert sur Itune store, je suis un blogueur, je suis influent, ca ne me rapporte pas un sous et je le revendique, et je vous emmerde).

J'écoute, en me demandant s'il est vraiment pertinent de continuer à insuffler un peu de vie sur ce lieu qui ne m'enchante plus guère.

mercredi, juin 7 2006

La fin d'une époque

Et n'en déplaise à certains, le nom "batims" n'existe donc plus... Du moins, plus pour moi! Les volontaires à la reprise, il parait qu'il y a toujours un potentiel en accolant "paréo" à "batims", au niveau de la notoriété...

Reste à savoir si Tetu me donnera la chance d'accoler un mot à RCerise...