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Mot-clé - Belfort

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dimanche, février 10 2008

Carton et abandon

Nous sommes dans les cartons. Dans 3 semaines, nous serons, La Cigale, moi et Mlle de Bourge, partis de Belfort, chacun vers une nouvelle destination. C'est maintenant que l'on réalise aussi que notre luxe matériel va être une catastrophe à déménager. Canapés, tables, lits, frigo, lave-linge... C'est fou, la quantité de truc que nous avons accumulés. Et on ne compte même pas 4 ans de cours universitaires, de bouquins, de manuels, et autres truc-bidules.

Nous quittons notre colocation, nous quittons aussi le monde universitaire, nous entrons dans notre ultime stage avant le monde du travail. Période exaltante, période stressante. Beaucoup de changements en perspective. La Cigale et moi avons finalement de la chance: pour les 6 prochains mois, nous serons à 120km l'un de l'autre, en Alsace. Si nous ne vivrons plus ensemble, nous nous retrouverons tout de même les weekend. C'est déjà ça. En revanche nous laissons dernière nous plus que des souvenirs et nos études.

Ici, Orpheus annonça:

"à chaque fois que quelqu'un desinstalle photoshop, dieu tue un chat ! :-)"

Sœur Marie-Thérèse des Orchidées, qui est sans doute en contact direct avec les divinités suprêmes, n'avait pas complètement tord.

Et j'ai bien glissé photoshop dans la corbeille. Et j'ai vidé la corbeille.

Notre chat, Vodka, nous quitte. Que les amoureux des bêtes se réjouissent, que les ennemis des chats se lamentent, il n'est pas mort. Il continue de vivre joyeusement en couvrant de poils blanc et long tout ce qu'il approche. Ses poils, justement, qui sont coupables. La Cigale a en effet développé durant ces 4 derniers mois une violente allergie au chat. Il vit désormais sous forte dose de cortisone. Ca n'est pas tenable, évidement. Depuis la sentence annoncée par le médecin, confirmée par le laboratoire d'analyses médicales, nous nous sommes donc mis, la mort dans l'âme, à la recherche active d'une nouvelle famille pour notre petit chat. Il n'est évidement pas question de confier cette petite bête à la SPA, ou à quelqu'un en qui nous n'aurions pas confiance. Vodka n'a jamais fait de connerie, jamais rien abîmé. C'est Tarvalanion et son Bill qui l'avaient trouvé pour nous, et ils avaient eu du flair. C'est un amour de chat.

Ce matin, après plusieurs jours d'angoisse et de recherche, nous avons trouvé le nouveau foyer idéal. Des amis de La Cigale, habitant à coté de ses parents en Normandie. Ainsi, il pourra encore le revoir de temps à autre.

Il n'empêche que c'est un crève-coeur, après 2 ans en compagnie de cette charmante petite bête.

vodka1.jpg

mardi, janvier 15 2008

Rodrichou

Rodrichou n'aura été qu'un instant fugace dans cette fin d'année 2007 qui n'aura pas tenu toutes ses promesses. Etoile filante dans mon univers, je n'eu que le temps de faire un voeu avant de le voir repartir vers une nouvelle aventure. Pour autant, je pense qu'il ne restera pas une simple étoile filante. J'ai fais à l'étoile filante le voeu de la voir devenir comète, repassant régulièrement dans mon ciel.

Rodrichou débuta l'année de master avec moi. Promesse d'un nouvel ami, avec rapidement un doute: serait-ce en plus un ami sensible? Rodrichou est ingénieur, et s'est embarrassé pendant ses années d'études du masque de l'ingénieur hétéro-beauf. Pourtant, malgré ses artifices, il n'a pas fait illusion bien longtemps, pour moi. Découvrir en ma présence un collègue pédé lui a fait une joie folle (sic). J'ai accepté son amitié avec tout autant de bonheur. Et une pointe d'appréhension. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Rodrichou a investi en moi et La Cigale une confiance immense, que je ne suis pas certain de mériter. Je ne donne ma confiance et mes confidences qu'avec parcimonie. Je n'aime pas savoir compter pour quelqu'un. Peur de ne pas être à la hauteur, car je ne suis pas si fort que j'en ai l'air. Mais Rodrichou... Intelligent et amusant, raisonné quand il sied, fou quand il faut, courageux, Rodrichou a beaucoup d'atout pour plaire. A commencer par son piercing à l'arcade, et son accent qu'il tente de masquer. Hélas, son accent est la cause de son départ trop rapide de Belfort. Rodrichou n'a pas ce luxe que ma naissance m'a offert: il n'est pas français, mais Vénézuélien. Il y a pire, me diriez vous. Seulement voila, être pédé a Caracas ne l'intéresse pas tellement. Arrivé en France en 2000 sans parler Français, il est ce que l'on appelle un immigré intégré. Tellement intégré qu'il demandera peut-être un jour la nationalité Française. Si c'est ce qu'il souhaite, elle lui sera accordé, car il l'aura mérité.

Je suis impressionné par le courage de son parcours; je ne pense pas que j'aurai été capable d'en faire autant. Diplômé ingénieur l'été dernier, un permis de séjour arrivant à échéance, le master était une année de répit avant d'être à nouveau sous la menace de l'irrégularité. N'est il d'ailleurs pas stupide pour notre république qu'après avoir investi en quelqu'un au point d'en faire un ingénieur, elle ne lui laisse même pas quelques mois pour trouver un travail à la hauteur de sa qualification? Au point de devoir s'inscrire à nouveau à l'université pour obtenir les papiers synonymes de sursis? Avec ce Master, Rodrichou se donnait 12 mois pour valoriser un diplôme justement acquis. Il lui aura fallu moins que ça pour se faire embaucher en tant qu'ingénieur. Il est parti en novembre. Il est revenu, plusieurs fois. Chaque fois, nous avons passés un excellent weekend. La dernière fois, c'était un peu avant les fêtes. Il venait sur Belfort pour la dernière fois: la préfecture demandait sa présence pour délivrer permis de séjour et de travail. Le voila parti pour quelques années de plus en France. J'en suis fort heureux, d'autant qu'il a eu le bon goût d'aller s'installer dans la ville d'origine de La Cigale. Ainsi, en même temps que beau papa et belle maman, je pourrais aller passer le bonjour à mon Rodrichou préféré. Et qui sait, à son chéri d'amour en même temps... Je sais qu'il prospecte activement...

Merci de ton amitié Rodrichou. Je te souhaite tout le bonheur que tu mérites.

dimanche, janvier 6 2008

700

L'année qui vient de s'achever fut pour Belfort une année de célébration: La ville fêtait ses 700 ans. Pour l’occasion, le fief de Chevènement avait mis les petits plats dans les grands. Et finalement, ces cérémonies auront permis au Che, comme on l’appelle ici, de partir dans l’effervessence de festivités et amusements public, auréolé de ses succès en tant que maire d'une ville qu’il a, semble t il, vraiment tiré du gouffre. On applaudit des deux mains en jettant un regard moqueur au successeur qui devra faire face à la morosité du retour à la réalité et honorer les factures que ces aggapes auront innévitablement abandonnées derrière elles. C’est de bonne guerre.

Les principales festivités eurent lieu durant un weekend de septembre, avec de nombreux spectacles de rue conclus par deux grands concerts en soirée.

Au-delà des innévitables désagréments que représentent pareilles festivités pour les riverains, il faut admettre que ce weekend fut un succès. Eparpillés dans l’ensemble de la ville, de très nombreuses animations sur le thème de moyen âge firent surgir dans la ville feux de camps et chevaliers en armes, le tout étant rythmé par les tirs de canons du haut de la citadelle ou du fond des remparts de la cité fortifiée, et embaumé par le parfum âcre de feux de camps et autres souvenirs d’origine chevaline au beau milieu des voiries. L’ambiance générale de foire moyennageuse était renforcée par la présence massive d’artisans et camelots soigneusements sélectionnés, exposant et vendant des créations parfois très réussies, et surtout toujours adaptés au thème voulue par la ville.

Mais le clou du spectacle résidait surtout dans les deux concerts du samedi soir, là encore bien orchestrés par la mairie. En première partie, l’Opéra Carmina Burana interprété par le chœur du conservatoire de Belfort, en seconde, les Shoepolishers. Deux styles très différents, au même endroit, à 10 minutes d’intervalle. Une belle manière de toucher tous les belfortains, et d’attirer dans les rues une population très hétéroclite qui ne se rencontre généralement pas.

Evidement, nous avons joués les bobos en assistant à l’opéra, avant de déserter puis revenir en cours de route du concert pour djeuns. Mon incurie en matière d’Opéra ne me permet pas de juger de la qualité de la représentation. Je me contente donc de dire que c’était bien, que ca provoque des frissons dans le dos et que j’ai bien aimé. Il en va de même pour la prestation des deux excités en jupette sévissant sous le nom de shoepolishers. Ceci dit, je me suis une fois de plus bien amusé à regarder une foule en délire sauter en rythme et faire bètement tout ce que lui demande en hurlant dans un micro un blondinet surexité. L’instinct grégaire, c’est quand même amusant. Amusant aussi de voir le changement d’attitude entre le trentenaire venu écouter l’opéra avec sa petite fiancé, qui ôte délicatement sa veste Calvin Klein pour la déposer sur les épaules frissonnante de sa frèle demoiselle, et l’adolescent à peine pubère qui affirme sa virilité naissante en éclatant virilement une canette Kronembourg sur le sol, sous le regard admiratif et surmaquillé des Pimkies tenant à la main un portable samsung rose à porte-clé hello kitty. Follement amusant, car follement vivant.

Un bon souvenir, à mettre au crédit d'une ville que je n'ai jamais complètement apprécié, et que je vais bientôt quitter. Sans regrets, sans remords, mais avec le sentiment que j'y aurais tout de même fantastiquement changé. Au revoir 2007 et Belfort, bienvenu 2008 et ses promesses.

dimanche, décembre 16 2007

Rodrichou: tour 07

Dernière visite 07 de Rodrichou a Belfort hier soir. Une excellente soirée, donc, en compagnie de la fine fleur des étudiants du master. Nous voulions rééditer l'immense succès de la soirée gaufre de la semaine dernière, mais La Cigale fut incapable de retrouver la formidable recette. Finalement, nous avons tenté celle ci:

  • 500g de farine
  • 150g de margarine fondue
  • 150g de sucre
  • 6 oeufs
  • 1/2 litre de lait
  • un peu d'extrait de vanille et de bière
  • 1 cube de levure boulangère

C'était bon, mais hélas, pas à la hauteur des précédentes, qui étaient une merveille de croustillant et de légèreté. Il va falloir poursuivre les recherches..

Heureusement, il y avait de quoi compenser...

Pas cher du tout, à Monoprix, mais très buvable pour autant:

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Poliakov, inévitable, meilleure que l'Absolut.

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Eristoff Black, noire et amusante: on a l'impression de boire du pétrole. Pas exceptionnel d'un point de vue goût, mais convenable.

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Apportée par Rodrichou, l'excellente vodka premium, la Russian Standard. Tellement bonne qu'il est criminel de ne pas la boire pure! Merci Rodrichou!

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samedi, novembre 3 2007

Belfort carnet

3 blogueurs dans la même pièce, même s'il s'agit de mon salon, pas de doute, c'est un Belfort carnet. Mercredi soir, donc, Tarvalanion et son Bill sont venus partager une très légère raclette. Ro-ro nous accompagnait, avant son départ précipité pour Dieppe.

Mes deux invités en ont profité pour revoir le monstre qu'ils avaient trouvé et livré à la Cigale en Décembre 2005. Parlé de choses, d'autres, et surtout de blog et de blogueurs, au grand désarrois de Ro-ro qui devait se dire que nous étions un peu dingues, à comparer les mérites des uns et des autres, leurs talents, leurs caractères, le volume de publicité sur le site et leur potentiel à devenir de vrai amis. D'une manière générale, nous sommes d'accord. J'ai avoué à Tarval n'avoir commencé à lire son blog qu'après l'avoir connu en vrai. Il en va ainsi pour plusieurs blogueurs auxquels je tiens beaucoup aujourd'hui. Les amitiés et lectures fondées sur des rencontres réelles sont tellement plus fortes que le simple lien épistolaire. Entre plusieurs remarques et confidences non-bloguables, je leur ai vaguement expliqué ma position un peu dubitative concernant l'évolution de ce que l'on appelait la blogosphère, mais qui ressemble aujourd'hui davantage à une websphère tant les outils à faire du bruit s'agrègent les uns aux autres. Le pire d'entre eux étant Twitter et en cela, nous étions d'accord. Je me suis aussi un peu vanté des quelques lecteurs (parfois devenus blogueurs) dont les e-mails m'ont enchantés lorsqu'ils m'expliquaient que la vision que je leur donnait de l'amour homosexuel au travers de mon blog les avait aidé dans leur processus d'acceptation d'eux même, de leur différence, de ce que cela impliquait et du bonheur auquel ils pouvaient légitimement prétendre, comme n'importe qui sur cette terre. Il n'y a pas à dire, plus que les twitteries nazes ou les textes d'une qualité douteuse que nous publions parfois, le vrai bonheur du blogueur, ce sont les liens, les rencontres, les échanges que les blog engendrent et qui se terminent de temps à autre autour des vestige d'un repas commun, à siroter du champagne dans des verres ikea. Pour cette simple raison, je doute pouvoir m'arrêter définitivement, au moins à moyen terme.

mercredi, octobre 24 2007

Personnel - Aveu - Amis

"Je vous avais donc demandé de vous souvenir d'un cas de communication ou vous étiez mal à l'aise, repris l'enseignant après les salutations d'usage en début de cours."

Tiens, j'avais oublié ce détail. Vite, trouver une idée.

Ce que nous allons faire pour commencer, c'est caractériser cette situation par 3 mots clés, continue le prof.

Fort bien. C'est ainsi que chacun notre tour, nous nous sommes levés pour présenter nos mots clés aux autres. J'ai longuement hésité. Il faut dire que j'ai eu tout le temps pour réfléchir: le hasard m'a fait me lever le dernier. Face à la quinzaine de regard interogatifs, j'ai opté pour la solution une, celle qui la plus juste, puisque m'ayant vraiment posé un problème de communication.

" Mes mots clés sont donc: Personnel, Aveu, Amis".

Sur le tableau blanc, écris en rouge, noir, vert, s'étalaient des morceaux de vie. "stage", "téléphone", "famille", "visa", "hiérarchie", "chanson". Des moments de solitude, d'échecs, d'incompréhensions.

Une fois tout le monde passé, le prof repris la liste, à peu près dans l'ordre, pour demander à chacun d'expliquer la raison de ces mots clés. L'objectif était de partager nos expériences, et en tirer des solutions pour ne plus être confrontés à ces problèmes.

Evidement, est arrivé mon tour.

"Je pense que je pourrais remplacé le mot "amis" par "collègue", "famille", ou par toutes les personnes ici. Une situation ou il m'a été très difficile de communiquer a été le jour ou j'ai voulu dire à mes amis que j'étais homosexuel. Evidement, avec les collègues, le problème est le même. La famille, c'est encore un autre sujet..."

Stupeur de l'assemblés. Le prof écarquille les yeux. Celle là, on n'avait jamais du la lui faire! En un instant, il se reprend.

"Effectivement, c'est une situation difficile. Visiblement, ça va mieux, puisque tu oses nous le dire aujourd'hui."

J'ai rapidement repris la parole pour lever la gène générale. Ceux qui savaient ne s'attendaient pas à cette sortie. Ceux qui ne savaient pas étaient sur le cul. Moi, j'avais le coeur qui battait à fond la caisse, même si j'ai de moins en moins peur de dire que je suis pédé. Une chose de faite. Au moins, cette fois, je suis certain que tout le monde à bien compris. On a un peu parlé, mais rapidement, le prof a demandé au suivant de prendre la parole pour raconter sa vie. Il voulait sans doute ne pas me mettre mal à l'aise.

A la pause, certains sont venus me féliciter de mon courage. Il en faut une sacré dose, en effet. Seul les pédés savent à quel point s'assumer est une chose difficile. Il est également tellement rassurant de voir qu'aujourd'hui, ma génération (et ma catégorie sociale, ne nous mentons pas...) n'a aucun problème avec l'homosexualité.

Vive la vie, l'amour et l'indifférence, et bon courage à ceux qui n'ont pas encore fait le chemin que j'ai parcouru ces 3 dernières années.

mardi, octobre 23 2007

Le froid et la nuit

La rue est déserte. Belfort, 23h. Je sors d'une réunion de travail ou j'ai joué au professeur, expliquant les mystères du marketing à des malheureux ingénieurs outrés par l'aspect parfois bien peu cartésien de cette activité.

Il est 23h, donc, et Belfort est vide. Comme nue. Je suis seul dans cette avenue piétonne. Mes pas résonnent entre les vitrines éclairées des commerces. Est ce vraiment utile de garder tous ces halogènes sous tension, à 23h? "Les jours de l'homme: -40%". "Les 3 jours: jusqu'à -50%". Personne n'est là pour vendre, encore moins pour acheter.

Je continue de faire résonner ma présence un peu irréelle dans les recoins sombres des porches. Le vent glacial agite quelques papiers gras. Je rentre encore un peu la tête dans l'écharpe. Ces moments de solitudes sont paradoxalement de grands plaisirs pour moi. J'aime baguenauder ainsi dans les villes, lorsque elles s'abandonnent à la langueur des nuits de grand froid. Les rues, cruement éclairées par les lumières froides des vitrines et les halos jaunatres des lampadaires, révèlent à la fois leur beauté et leur laideur. Les perspectives, vidées du brouhaha et de l'agitation diurne, se révèlent. Les facades, que l'on ignore superbement sous la pleine lumière du soleil, font ressortirs leurs reliefs sous l'éclairage faiblard et rasant que la vie nocturne leur procurent. La ville change de couleur, change d'âme. D'un coup, elle devient belle.

Je m'arrète un instant au centre de la place principale. Je jette un regard circulaire. C'est beau, une ville la nuit, dans le froid poignant des rafales de vent. Ce froid pique les joues et il me semble que mes oreilles se craquelent, mais je l'aime. Le froid est vivifiant. Il force au mouvement et éclaircit l'esprit. Recroquevillées au fond des poches, mes mains se repaissent de la faible chaleur radiée par le corps au travers du tissus trop mince de ma veste.

Devant moi apparait notre immeuble. Mes yeux courrent sur les corniches, atteignent le quatrième étage. Notre appartement. La chaleur qui y règne parrait être la plus merveilleuse des promesses.

Les 3 volets de droite ne sont pas fermés. Privilège du locataire, je sais que le reflet des vitres cachent une chambre, un salon ou dort une chatte sous le canapé blanc, une autre chambre avec un mur rouge. Le volet de gauche est fermé. Privilège de l'amoureux, je sais qu'il protège le sommeil d'une Cigale qui a renoncé à m'attendre.

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