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Mot-clé - Belfort

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mardi, août 21 2007

Que se passe t il?

Oh, c'est bien simple, et même les lecteurs peu attentifs on bien du le comprendre: L'amour m'a quitté récemment, et à entraîné avec lui l'envie de m'exprimer ici. Il suffit de voir la pauvreté de mes écrits ce dernier mois.

Ma relation passée était très liée à mon blog. Pour tout dire, j'ai commencé à bloguer lorsque s'est présenté dans ma vie mon premier vrai amour. C'était, d'une certaine manière, lié. J'avais 20 ans. J'arrivais à Belfort. Je quittais le foyer parental. Mon coeur s'est ouvert. Ma vie, celle que je refoulais depuis des années, a jailli avec force, ravageant les barrages et les digues qui contenaient une vérité que je craignais. Je dois immensément à l'homme qui m'a ainsi ouvert à la vie. J'ai eu envie, par le blog, de témoigner de mon bonheur. Quand je relis les archives pieusement conservés au creux de mon disque dur depuis 3 ans, je revois tout ce bonheur neuf. Ca me donne un cafard monstrueux. Dieu, que ce fut bien!

Peu à peu, les écrits se sont aseptisés. Logique: les pseudos de mes lecteurs devinrent des personnes en chair et os, certains même, des amis. On ne dit pas aux gens ce que l'on confie à des pseudos. Mois après mois, j'ai beaucoup moins confié mon bonheur et mes joies à ce petit paradis numérique. A me relire, je réalise que j'aurais du coup moins de souvenirs et de fragments d'amour des 2 dernières années, qui furent pourtant une grande aventure. Je ne sais pas si je dois le regretter. C'est ainsi. Le blog, d'exutoire, est devenu un moyen de communication, un lien avec des amis. Mais alors, pourquoi, pourquoi avoir perdu cette envie de partager avec vous, alors même que certains billets sont là, prêts, dans l'attente d'une mise en ligne?

Je ne sais pas. Ou plutôt, si, je sais. J'ai changé, mais pas complètement: Dans la douleur et le doute, je retrouve mes bons vieux réflexes: je coupe les liens, j'oublie les adresses, je tranche les fils téléphoniques, je dynamite les ponts, je pulvérise mon entourage. C'est plus fort que moi: je suis adepte de la terre brûlé, de la table rase, de la rupture, du néant entourant le bunker, où se réfugie ma sensibilité blessée, avec pour seule compagnie ma garde rapprochée d'amis. En attendant des jours meilleurs.

Aujourd'hui, j'ai besoin d'intimité. J'ai besoin de reprendre mon souffle, d'entrouvrir de nouvelles portes où, peut être, m'attendent de nouvelles expériences, et peut être même un nouveau bonheur. Il aura du mal à atteindre le niveau du précédent et à me faire rêver autant. Mais j'appliquerais à moi même les solutions que je suggère abondamment aux autres en pareille situation: Personne n'est mort, par conséquent, tout va bien. Ne nous laissons pas emporter par les émotions mélodramatiques excessives. Tout ce qui est excessif est insignifiant, fit remarquer Talleyrand. Etant un maître en matière de louvoiement et de rebond lorsque la situation se fait difficile, il ne me reste plus qu'à l'imiter. En attendant, je vous salue bien tous, et je vous remercie pour tout.



Rouge-cerise

dimanche, juillet 15 2007

Soupir

D'ordinaire, quand je passe le weekend à Belfort, je reste soit jusqu'au lundi matin, lorsque la Cigale y est, soit jusqu'au début de soirée, vers 19h, quand j'y suis seul.

Ce weekend, Belfort m'a pris la tête. Pourtant, rarement un weekend n'avait été aussi tranquille. J'ai profité du beau temps pour reprendre des habitudes depuis longtemps oubliées et qui, finalement, me manquaient. Prendre un bouquin, aller dans un parc, aller auprès d'un lac, d'un étang, profiter de l'ombre d'un chêne ou d'un marronnier pour sortir un bouquin et le lire tranquillement. Juste enlever de temps à autre une fourmis qui s'incruste entre deux pages. S'arrêter à la fin d'une ligne, respirer, regarder ailleurs, écouter le bruit du monde qui tourne et des enfants qui s'amusent. Un canard se pose sur le lac. Un poisson fait des bulles. Respirer, respirer, profiter de cette tranquillité pour évacuer de l'esprit les doutes, les envies, les angoisses, les questions sans réponses. Oui, c'était vraiment agréable.

Mais, après ce délicieux samedi, dimanche ma énervé. Du coup, j'ai expédié le repassage, expédié le ménage, expédié le repas sur le pouce, prit mes affaires, mes clés, et hop, direction Colmar. Il était à peine une heure. La route m'a réconforté. J'avais préparé une playlist automatique dans le ipod. Les morceaux bien notés, mais pas écoutés depuis 50 jours au moins.
En une heure de jolie-307-verte, j'ai fait un bon dans le passé. La route calme, les montagnes sur la gauche, le ciel turquoise, lumineux. J'avais le sentiment qu'enfin, l'été était là. Eté égal vacances. J'ai eu le sentiment pendant un instant, d'être sur la route des vacances, de pouvoir continuer ainsi sans s'arrêter, rouler, rouler, le souvenir d'être en route pour les gorges du Verdon, où j'ai passé mes premières vacances sans les parents. C'était avec mon frère, et des amis. Camping, balade. Un bon souvenir de paix et de sérénité. Le ipod a décidé soudainement de changer d'époque. Il a joué Malone, de Renaud, album rouge-sang. Une musique que j'adore. Pendant 3 semaine, je l'ai écouté sur le chemin de l'école, c'était en septembre, octobre 2006. J'ai cru ressentir à nouveau le crachin froid de Belfort. Son goût humide, un peu salé, l'odeur de la route mouillée, un peu âcre. Tellement adapté à ce morceau de musique. Souvenirs. La nostalgie me gagnait peu à peu. Le ipod a du le sentir, il a décider de me faire craquer.

Descanso Dominical. Mecano. Une femme avec une femme.

Deux femmes qui se tiennent la main.
Ca n'a rien qui peut gêner la morale.
Là où le doute s'installe,
C'est que ce geste se fasse sous la table.
Quand elles sont seules, comme elles n'ont rien à perdre,
après les main, la peau de tout le reste. Un amour qui est secret...

Cette musique, j'en avais déjà parlé, sur mon blog précédent. Elle me bouleverse. Elle me pénètre, me fait exploser le coeur et chavirer l'esprit. Est-ce la sonorité, l'histoire, le piano derrière? Je ne sais pas. Déjà, lorsque je l'ai découvert, ce titre m'a profondément ému. Aujourd'hui, plus encore. Dès les premières mesures se sont imprimés au fond de mes yeux la chine, ma chine, celle d'il y a déjà plus d'un an, celle des soirées après les cours, le froid, le bruit du radiateur. Mon bureau jaune en bordel. La chaise pourrie. Les rideaux bleu pâle de pauvre tissus. Le bol de fer blanc contenant les vestiges du repas de pâtes en compagnie des baguettes jetables. Le mur mal blanchi qui s'effritait. Le bruit de la rue, mal filtré par les fenêtres branlantes. Ce grondement perpétuel de la chine, son odeur charbonneuse et un peu piquante, sa lumière indécise, les cris des étudiants rentrants des études du soir. Des moments parfois difficiles. Un putain de souvenir qui me hante régulièrement. Le temps de l'insouciance, du voyage, de la découverte.

L'une des deux dit que c'est mal agir,
et l'autre dit, qu'il vaut mieux laisser dire,
ce qu'ils en pensent et disent ne pourraient rien y faire,
qui arrête, les colombes, en plein vol,
à deux au raz du sol.
Une femme avec une femme.


Qui arrête les colombes, en plein vol?
A deux au raz du sol.
Une femme, avec une femme.

La musique s'est tue. J'ai écrasé une larme. Je crois que je n'ai jamais été aussi heureux que lorsque j'avais 21 ans. J'aurais voulu ne jamais avoir plus de 22.

Aujourd'hui, tout est plus simple et compliqué à la fois. Aujourd'hui, j'ai peur de l'avenir.

samedi, juin 9 2007

La fin d'une époque

Hier, j'ai passé avec succès l'ultime soutenance de stage de mon école. Succès puisque la note sanctionnant la présentation est bonne, bien que je sois profondément déçu par ma prestation. Dès la première diapo, un coup de stress s'est abattu sur moi et m'a littéralement fait perdre tout mes moyens. Je me suis réfugié dans la simple lecture terne et inintéressante de mes slides, sans jamais réussir à en sortir. Comme le précise l'appréciation, le contenu était bon, le plan était bon, l'ensemble était agréable quoique un peu austère (je suis le roi des présentations austères) en revanche, M. RCerise que vous est il arrivé? On a l'habitude de vous voir plus à l'aise... En sortant de la salle pour laisser délibéré, j'étais totalement dépité. Moi qui n'ait jamais eu peur de présenter aux profs, aux chefs et à n'importe qui mes résultats, j'espère que ca ne se reproduira pas. A l'avenir, j'essaierai surtout de ne pas produire des slides dans la plus pure tradition de ma société, c'est à dire avec tout le contenu écrit dessus. Mieux vaut laisser plus de part à l'improvisation et au naturel. D'ailleurs, je pense que je ne suis jamais meilleur que dans l'improvisation ou les situations d'urgence. Je préfère gérer les urgences, agir et trancher vite, que mener des projets à long terme.

Mais, c'est ainsi, c'est passé, et j'obtiens un très honorable 15/20. Largement assez pour être diplomé vendredi prochain. Car oui, dans moins de 7 jours, j'obtiendrai officiellement mon second diplôme post bac, sanctionnant mon (dur?) labeur de ces 3 dernières années. Evidement, je suis satisfait d'être arrivé là et d'obtenir ce diplôme, mais ça ne me rend pas particulièrement fier. J'ai d'ailleurs conseillé à mon frère de ne pas venir pour garder ses jours de congés. Il était assez surpris, car lorsqu'il a été diplômé ingénieur, la présence de toute la famille lui était très importante. Sans doute que pour lui, c'était plus important car c'était son seul et unique titre depuis le bac. Moi, j'ai déjà eu mon DUT. Et puis surtout, cette fois encore, ce diplôme ne sera pas la conclusion de mes études, puisque j'embraye sur une année de plus.

D'ailleurs, j'ai l'impression que cette cérémonie de remise du titre est plus importante pour mes parents que pour moi. Je leur ai fait comprendre qu'ils n'étaient pas forcés de faire la route, mais visiblement, ils veulent absolument monter à Belfort pour me féliciter. A moins que ça ne soit ma mère qui veuille montrer à Mlle de Bourge sa voiture de pouffiasse... Mais c'est une autre histoire...

Ceci dit, je mesure ma chance, et je remercie du fond du coeur mes parents pour les sacrifices qu'ils ont consentis afin de donner à leurs fils la chance inestimable d'étudier. Je crois d'ailleurs qu'ils peuvent être fiers de leurs résultats en tant que parents, et je sais que nous sommes la fierté de nos grand pères, heureux de voir que pour nous, l'ascenseur social porté par l'instruction a été un succès, transformant la lignée de paysans et d'ouvriers non qualifiés en ingénieurs et en cadre commerciaux. Je suis toujours un peu ému et gêné lorsqu'ils me présentent ainsi à leurs voisins, leurs amis, fiers d'avoir un petit fils "qui fait des études brillantes qui est même allé en Chine". Je n'ai pas toujours le sentiment de mériter ces honneurs et qualificatifs. Alors, même si cette symbolique cérémonie m'importe peu, je m'arrangerai pour faire bonne figure et je respecterai le dress-code: vendredi, je mettrai mon costume tout neuf noir, la chemise rouge offerte par la Cigale qui m'accompagnera ainsi doublement durant cette soirée, mes nouvelles chaussures noires, et la cravate qui reste à trouver. Je serai beau comme un camion, on ferra des photos et je les enverrai à mes deux grand pères. Et ils seront fiers et heureux d'aller les montrer à leurs amis. Ainsi, ca sera bien, car d'une certaine manière, mon succès académique leur doit beaucoup.

samedi, mai 26 2007

Lolotte

Lolotte, elle a été mon tout premier contact avec Belfort. Donc, forcément, la première chose que j'ai pensé fut "c'est quoi cet accent tout pourri?" Aujourd'hui, peut être que je m'y suis habitué, ou peut être qu'elle a appris le Français, mais son accent semble moins prononcé.

Pourtant, au-delà de ce premier contact qui fut très formel (je faisais partie d'un groupe de 15 ou 20 postulants, je ne sais même pas si elle s'en souvient), on ne peut pas dire que nous ayons été amis dès le début. Dans les premières semaines mois à Belfort, j'ai traîné avec d'autres, que j'ai largement largués depuis. Ils m'avaient raconté des horreurs sur Lolotte, des horreurs affreuses que la décence m'empêche de révéler ici. Pourtant, le jour ou nous avons fait connaissance, elle m'a paru sympathique, avec son accent ridicule, sa grande gueule et son rire contagieux.



Lolotte, c'est la fille qui a soupiré "encore 2 de perdu", lorsqu'elle a su pour la Cigale et moi. Mais Lolotte, c'est aussi la fille qui n'a honte de rien, et qui assume tout. Et comme elle savait désormais mon appartement libre, elle n'a pas hésité à m'en demander les clés pour... Enfin, pour en avoir l'usage, elle qui vit chez ses parents. D’autant qu’à l’époque, elle n’avait pas encore sa Clio, elle n’avait qu’une Punto.



C'est aussi grâce à Lolotte que j'ai cru agoniser de surprise en Chine, lorsque j'ai reçu un mail de ma Lolotte, qui, sans se démonter, me demandait quelques conseils sur l'art de la pipe, car "on" lui aurait dit que je n'étais pas mauvais. Imaginez ma stupeur, un matin chinois par 15 degrés dans ma chambre, vêtu de mes longs sous vêtements en polaire beige so sexy, 15 minutes avant un cours de chinois, en train de lire ça sur mon écran. So incredible, so Lolotte! Après, on a échangé nos astuces, je pense qu'elle est un bon coup, je n'avais pas grand chose a lui suggérer...



Ceci dit, cet épisode l'a sans doute convaincu d'une certaine compétence de ma part en la matière, puisqu'un jour, alors que nous étions tout deux dans feu-ma-306, j'en suis arrivé à lui expliquer ce qu'étais un cockring, l'effet que ce gadget pouvais avoir et les avantages de ceux qui s'ouvrent sur les simples anneaux. Après, en toute simplicité, on a parlé godes et plug. Lolotte, c'est l'art des conversations improbables sur l'A36...



Lolotte, c'est la fille de l'inattendu, celle qui ne désarme pas même dans la pire situation épouvantable, qui n'a peur de personne mais tremble devant une pauvre mouche, fuit face à un chat a peine plus gros qu'une noix de coco, pour finalement aller chez le seul coiffeur dont le doberman gambade dans le salon. Seulement voila, c'est son coiffeur pédé, et pour rien au monde elle n'en changerait. Les autres ne sont rien que des incompétents. Évidemment, avec un caractère pareil, Lolotte n'est pas forcément facile à vivre, puisqu'elle n'écoute rien ni personne, comme par exemple lorsqu'elle a décidé de décrocher le permis moto. Elle qui n'est pas capable de soulever un vélo, elle a dompté les gros cubes en quelques semaines, et autant d'hématomes. J'ai hâte de la voir enfourcher son engin, toute de cuir vêtue et les yeux rieurs planqués derrière la visière du casque.



Lolotte, c'est la fille fière de l'être et fière d'être tout court, et qui n'a pas besoin d’avoir 30 féministes enragées derrière elle pour faire sa place au milieu des machos: elle débarque avec son sourire, ses convictions et... ses convictions, oui. Car Lolotte, elle est bornée. Pas tétue, non, bornée. Pratique, d'ailleurs, lorsqu'il faut un volontaire à envoyer au casse-pipe pour négocier un aménagement d'emploi du temps auprès des enseignants. Lolotte, elle est volontaire. Elle assomme les autres volontaires s'il le faut (puisqu’ils sont soit cons, soit incompétents), puis y va, développe l'affaire dans son sourire et son accent et obtient tout ce qu'elle veut.



Elle préfèrera d'ailleurs aller au suicide sans lâcher le morceau que d'admettre que l'autre a raison. Une vraie teigne. Même qu'elle devient toute rouge quand elle s'échauffe, et alors là, méfiance, les soupapes ne permettent pas forcément d'évacuer la pression assez vite pour éviter l'explosion.



Ceci dit, moi, je m'entend bien, avec Lolotte. Il est vrai que je me suis toujours mieux entendu avec les filles qu'avec les mecs (surtout ceux de mon age), mais en plus, Lolotte a un caractère fort que j'apprécie au plus haut point. Son coté garçon manqué. Ce n'est pas pour rien que je l'ais suivie dans cette extraordinaire et difficile aventure du 4L trophy: nous sommes très complémentaires, elle et moi, et en général, tout ce qu'elle n'aime pas faire, je suis d'accord pour le prendre en charge. Et vice versa. Je crois qu'on ne s'est jamais pris la tête, Lolotte et moi. D’ailleurs, un jour, on aura des enfants ensemble. Et on fera des jumeaux : un pour elle, un pour moi.

Lolotte, c'est sans doute une de mes meilleures amies.

lundi, mai 21 2007

La blanche colombe...

Ce matin, alors que je roulais tranquillement sur la route du travail, j'ai pensé à notre appartement Belfortain. J'ai repensé à ce fameux samedi, il y a maintenant 2 ans, lorsque nous l'avons trouvés. Nous étions tous les trois, la Cigale, Mlle de Bourge et moi, à avoir rendez vous à l'agence immobilière qui devait nous emmener le visiter. On est immédiatement tombé amoureux de cet appartement, avec sa localisation absolument idéale, sa porte en chêne et son très beau miroir dans l'entrée. Depuis, il s'en est passé, des aventures, là dedans. Comme par exemple, ce jour faste ou Mlle de Bourge explosa le tiroir à couverts. Quand j'y pense, j'en souris encore. J'étais tranquillement en train de converser sur skype avec un ami, Mlle de Bourge était dans la cuisine. Sans doute préparait elle des pâtes, menu aussi courrant chez nous qu'économique à la caisse du supermarché Auchan du coin. L'eau bouillonnais sans doute déjà et Vodka (le chat) était en train de poursuivre son travail de sape de notre tapis conforama en s'y roulant avec entrain, dégageant les volutes de poils qui iraient bientôt s'agglomérer partout ou il est difficile de les enlever. Bref, la vie quotidienne. Quotidienne jusqu'au moment ou j'entendis en provenance de la cuisine un grand "boum", suivi du son métallique des fourchettes qui dégringolent. Pour parfaire la musicalité, Mlle de Bourge se mis à hurler comme une truie qu'on égorge à la lime à ongle. Parmi les hurlements, mon nom, évidement, puisque étant le seul dans la baraque, j'étais volontaire pour porter secours. Le chat, lui, décida prudemment de demander l'asile politique aux torchons et pleds cachés sous le canapé, ce qu’ils ne purent refuser puisque c'est lui même qui les y avait emmené discrètement, subtilisant ainsi peu à peu notre réserve de torchons pour se bâtir un nid douillet.




Mlle de Bourge continuait à hurler, ce qui prouvait déjà qu'elle n’était pas morte. Je pris donc tout mon temps pour clore la conversation. Les appels se faisant pressant, je fini par la rejoindre dans la cuisine, découvrant l'étendu du désastre et les pâtes désormais trop cuites. Le tiroir, sans fond, à la main, Mlle de Bourge régnait en maître au milieu d'un étang de couteaux, fourchettes, petites et grosses cuillères, fouets, bougies d'anniversaire et moult autres trucs plus ou moins utiles, et dont la présence dans cet ex-tiroir n'était pas forcément très pertinente.




- C'est d'la merde, ce tiroir, j'ai juste tiré, y'a tout qu'y s'est écroulé partout, c'est quoi s'bordel?

- Oui, enfin, tu as du tirer un peu violement, quand même, hein, il s'est pas effondré tout seul, le truc...

- J'ai rien faiheuuu, c'est ce truc, ca pue, c'est de la camelote, je n'y ai même pas touché!

- Ceci dit, tu l'as quand même à la main, c'est donc que tu l'as touché, hein...

- Fait pas chié, j'ai rien fait, et aide moi plutôt à ramasser toutes ces merdes...

Notez qu'en moins de 2 répliques et contre toute évidence, Mlle de Bourge était passé du rôle de celle qui a ouvert un tiroir en l'arrachant de ses glissières avant d'en éparpiller le contenu au milieu de la cuisine à celui, plus confortable, ce l'innocente victime de la crasse fourberie de ce même tiroir, qui s'est écroulé sur elle alors qu'elle ne le touchait même pas. Et si elle l’avait dans les mains quand je suis arrivé, c'est juste qu'elle tentait de le retenir. Ou plutôt, non, c'était une illusion d'optique, voila.

Grave erreur, j'ai relevé le petit problème de crédibilité de l'histoire, et pas plus tard que le lendemain, Lolotte était informée que le tiroir, c'est moi qui l'avait déglingué parce que tout le monde sait que je suis une brute épaisse, et que Mlle de Bourge, elle n'y était pour rien. Car Mlle de Bourge, comme chacun sait, est comme la colombe qui vient de naître: innocente et immaculée.

vendredi, mai 11 2007

blogging out

Mon école est toute petite, et donc, comme dans toutes les petites structures, tout fini par se savoir. Un peu comme ces petits villages du fond de terroir français, ou les veaux sont plus nombreux que les propriétaires fonciers. Dans ces cas là, il y a toujours une micro société qui se met en place, ou tout le monde se transmet les secrets des autres sous le manteau, par curiosité et aussi pour faire un peu d'animation. Car il faut bien le dire, un pauvre bled de 70 habitants, ça n'est pas le forum des halles un samedi après midi, lorsque les poufettes prépubères sont de sortie et cancanent sur les mecs -tous des cons, tous des pervers- alors que secrètement, toutes rèvent d'en dégoter un pour pouvoir l'exiber et prouver à leurs copines que malgré son acné et son appareil dentaire, elle est aimée. Et emmerder sa mère, aussi. Mais non, dans le bled, rien, vu que de toute manière, il n'y a pas de centre commerciaux et donc, pas de poufettes. Tout au plus un bureau de poste ouvert le jeudi matin de 9h30 à 11h, et encore, "ils" parlent de le fermer. Au bled, généralement, il ne s'y passe rien. Du coup, si par un incroyable hasard il venait à se produire quelque chose, il ne se passe pas 5 jours sans que tout le monde soit informé, même si tous sont convaincus être les seuls dans le secret.

Et bien, mon école, c'est la même chose. Il y a des ragots absolument fabuleux qui s'y répandent à une vitesse incroyable. Il n'y a jamais de sources, personne n'est au courrant, mais tout le monde "sait" que machine a couché avec truc et que même, "on" aurait vu bidule dire à machin que...

Alors, évidemment, même si je n'ai jamais cité le moindre nom, ni le sigle de l'école, raconter ici mes auto-potins, sur la grande place publique de l'internet, je savais pertinemment qu'il y avait un risque que ce blog sorte un jour de l'ombre. Ca aura mis plus de temps que je ne pensais, ceci dit. Mais j'ai fait une erreur dans ma discrétion: j'ai cité le nom de la ville. Et si on accole dans google le nom de la ville et celui de l'école, j'apparais à la 23ème page. Jusque là, je n'avais jamais vérifié au delà de 10 pages. Qui a assez de temps à perdre pour tester des mots clés et aller voir jusqu'à la page 23? Ca, évidement, je ne le sais pas, c'est secret, personne ne sait, personne. Mais bon, j'ai quand même reçu hier un texto désespéré de la Cigale, me demandant de censurer certains posts avec la célérité la plus extrême, car "ils" savent. Et il tient à sa réputation, la Cigale. Hors, nos activités que je sous entends parfois ici, c'est mal et vulgaire. J'ai obtempéré.

Aujourd"hui, la mort dans l'âme, je me demande un peu quelle direction donner à ce blog. Je blogue depuis décembre 2004, même si mon premier blog n'est plus en ligne. Avec l'expérience du blog, j'ai rapidement compris que je ne pouvais pas tout dire, surtout depuis que je connais personnellement une bonne partie de mes lecteurs. Je m'interdis de parler de mes collègues, de mon entreprise, de mon école, de ma famille. Je fais attention à ce que je peux dire de mes amis. J'essaie de ne citer personne qui ne soit au courrant de ce blog, afin qu'il puisse demander de rectifier. J'ai appris a m'auto-modérer, même si je pense n'avoir de toute façon jamais diffamé qui que ce soit. Egratigné ou caricaturé quelques égos, peut être, et encore. Et avec des pseudo, jamais de vrai nom, évidemment.

Mais si, pour préserver la vie privée de tous et toutes, je m'interdis désormais de parler de la Cigale, de la De Bourge, de Lolotte, de mes sentiments et de mes bonheurs impactant la vie des autres, que restera-t-il à ce blog? Où plutôt, que m'apportera-t-il lui même?

Je pourrais continuer en aseptisant encore un peu plus prose et propos. Ca risque de rapidement m'ennuyer. Ca risque de rapidement devenir très chiant.

dimanche, mars 25 2007

Compte à rebours

Dans maintenant moins d'un mois, la Cigale sera de retour...

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