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Mot-clé - Mlle de Bourge

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samedi, mars 29 2008

Panégyrique de la patate

Orpheus a cru bon de m’inviter à parler des associations de goût intéressantes. Belle manière de m’inviter à dévoiler un triste secret : Je suis un type alimentairement basique, adepte de la plus grande simplicité traditionnelle. Avec moi, oubliez l’exotisme gustatif. Je peine à découvrir les mariages de saveur, suis incapable de reconnaître un fumet quelconque, et apprécie généralement les aliments de manière binaire : c’est bon ou c’est bof. La Cigale est régulièrement dépité lorsqu’il me demande « allez, on se fait plaisir, qu’est ce que tu veux manger de bon ? », ce à quoi je répond « j’sais pas ». Quand à Mlle de Bourge, elle qui s'empiffre de conneries comme par exemple les choux de Bruxelles, le boulgour et les graines de Kinoa, elle a renoncé à m'imposer son régime soit disant raffiné et équilibré, que je juge d'ailleurs plutôt prétentieux, peu nourrissant et adapté à l'élevage de dindes. Ceci explique peut être cela...

Ma pauvreté alimentaire est peut être issue de mes racines paysannes Bourguignonnes, qui m’ont légué un régime alimentaire d’une stabilité à toute épreuve. En gros, depuis tout petit, je me nourris de pâtes, de riz, de viande (rouge de préférence), d’œuf et de laitage. Et surtout, de pomme de terre. Ah, la patate !

La patate de côte d’or, récoltée par le grand père depuis toujours, pilier alimentaire familial remplissant la cave isotherme de mon arrière grand-mère sous la protection de grillage à poules anti-souris. Quand j’étais petit et que nous nous entassions dans la citroën BX grise à destination du fond de France qu’est le département 21, nous embarquions toujours 2 caisses vides en plastique noir pour le ravitaillement en tubercule. La pomme de terre, c’est pour moi la base de la base, et je pourrais en manger tous les jours.

La Cigale en est effaré, et ne comprend pas mon appétence pour ce que le roi soleil avait baptisé le pain des pauvres. Car la pomme de terre n’a pas toujours eu bonne presse. Consommée depuis 5 millénaires en Amérique du Sud, elle n’est rapportée en Europe qu’au 16° siècle. Si les Italiens, Espagnols, Irlandais, Allemand et Anglais la consomment rapidement, ces subversifs de français et leur exception culturelle alimentaire la cantonnent aux auges des cochons. Les esprits facécieux et amateurs de bon mots feront immédiatement constater que si, d'un point de vue alimentaire, Mlle de Bourge est une dinde, je suis moi même un cochon. Evitons s'il vous plaît les conclusions hâtives, salaces et inexactes, revenons à nos tubercules.

Pour l'anecdote, sachez que Monsieur de Parmentier, qui ne s’en laissait pas conter car, non de dieu, il faut goûter avant de jeter, eut une idée brillante : il fit protéger un plein champ de pomme de terre par la garde. Naturellement, ces cons de paysans Français subversifs s’imaginèrent du coup que la patate était un aliment de riche et commencèrent à s’en empiffrer. Et on les comprend ! 250 grammes de ce tubercule bourré d’amidon vous rassasient n’importe lequel de vos amis escogriffe ! Si c’est votre ennemi, qu’à cela ne tienne, la patate est toujours là : une petite dose d’extrait de germe de pomme de terre, naturellement bourré d’un alcaloïde nommé solanine, lui épargnera la mort (possible à haute dose) mais provoquera des hémorragies amusantes aux yeux (par exemple) avec à la clé un look yeux rouges de lapin russe qui a trop fumé. Trop la honte. Victoire de la patate sur l'importun.

Pour les amis, il y a en plus de la vitamine C, des fibres, du magnésium, du fer et plein de minéraux. Le tout dans un machin qui ne ressemble à rien et qui pousse même dans les terres agricoles les plus pitoyables.

Et puis franchement qui pourrait résister à un gratin de pomme de terre, à la dauphinoise ou à la savoyarde, préparé savamment avec la variété la plus adéquate ?

La vitelotte, par exemple, outre son nom rigolo, est une variété oubliée mais encore cultivée en Isère et fera d’excellentes purées. L'imprononcable Bintje et sa copine, l'orgeuilleuse Monalisa, se feront à la vapeur avec une noix de beurre ou de cancoillotte. Ou bien frites pour le plaisir des Belges et la rentabilité des fast-food. La Charlotte, qui tient un peu de Mlle de Bourge, est la star des supermarchés depuis 25 ans et se laisse sauter (serait-ce dans les gènes? pouf pouf...) dans un petit peu de beurre et avec quelques épices, ou encore s'utilise pour faire le fameux et excellent aligot Auvergnat. Les amateurs de viande comme moi apprécieront particulièrement la Roseval, variété très douce de Bretagne, délicieuse en accompagnement d’un bon gigot, cuites et gorgées du jus de viande, ou selon la fameuse recette du hachis Parmentier. Au four, vous en ferrez également d’excellentes pommes de terre dauphines ou duchesses, et vous pouvez aussi les farcir ou les accommoder à la boulangère, les faire en papillote dans les braises d’un barbecue. Et puis, que serait une raclette sans pommes de terre ? N’oublions pas non plus que sans patates, la haute Savoie n’aurait pas de tartiflette et ça, rien que le penser, c’est presque criminel. Les véritables gourmets se délecteront des qualités de la belle de Fontenay (à ne pas confondre avec la vieille au galurin, visible une fois par an sur TF1) ou mieux encore, de la Fin de siècle dont la rentabilité calamiteuse lui assure une diffusion confidentielle, presque clandestine, parmi les connaisseurs seulement.

Non, vraiment, la patate, c’est la classe, c’est trop bien et d’ailleurs, l’ONU a fait de 2008 l’année de la pomme de terre. Sachez le et consommez sans modération.

dimanche, février 10 2008

Carton et abandon

Nous sommes dans les cartons. Dans 3 semaines, nous serons, La Cigale, moi et Mlle de Bourge, partis de Belfort, chacun vers une nouvelle destination. C'est maintenant que l'on réalise aussi que notre luxe matériel va être une catastrophe à déménager. Canapés, tables, lits, frigo, lave-linge... C'est fou, la quantité de truc que nous avons accumulés. Et on ne compte même pas 4 ans de cours universitaires, de bouquins, de manuels, et autres truc-bidules.

Nous quittons notre colocation, nous quittons aussi le monde universitaire, nous entrons dans notre ultime stage avant le monde du travail. Période exaltante, période stressante. Beaucoup de changements en perspective. La Cigale et moi avons finalement de la chance: pour les 6 prochains mois, nous serons à 120km l'un de l'autre, en Alsace. Si nous ne vivrons plus ensemble, nous nous retrouverons tout de même les weekend. C'est déjà ça. En revanche nous laissons dernière nous plus que des souvenirs et nos études.

Ici, Orpheus annonça:

"à chaque fois que quelqu'un desinstalle photoshop, dieu tue un chat ! :-)"

Sœur Marie-Thérèse des Orchidées, qui est sans doute en contact direct avec les divinités suprêmes, n'avait pas complètement tord.

Et j'ai bien glissé photoshop dans la corbeille. Et j'ai vidé la corbeille.

Notre chat, Vodka, nous quitte. Que les amoureux des bêtes se réjouissent, que les ennemis des chats se lamentent, il n'est pas mort. Il continue de vivre joyeusement en couvrant de poils blanc et long tout ce qu'il approche. Ses poils, justement, qui sont coupables. La Cigale a en effet développé durant ces 4 derniers mois une violente allergie au chat. Il vit désormais sous forte dose de cortisone. Ca n'est pas tenable, évidement. Depuis la sentence annoncée par le médecin, confirmée par le laboratoire d'analyses médicales, nous nous sommes donc mis, la mort dans l'âme, à la recherche active d'une nouvelle famille pour notre petit chat. Il n'est évidement pas question de confier cette petite bête à la SPA, ou à quelqu'un en qui nous n'aurions pas confiance. Vodka n'a jamais fait de connerie, jamais rien abîmé. C'est Tarvalanion et son Bill qui l'avaient trouvé pour nous, et ils avaient eu du flair. C'est un amour de chat.

Ce matin, après plusieurs jours d'angoisse et de recherche, nous avons trouvé le nouveau foyer idéal. Des amis de La Cigale, habitant à coté de ses parents en Normandie. Ainsi, il pourra encore le revoir de temps à autre.

Il n'empêche que c'est un crève-coeur, après 2 ans en compagnie de cette charmante petite bête.

vodka1.jpg

lundi, janvier 28 2008

Questions et débat

Demain, je présente avec Mlle de Bourge mon ultime dossier scolaire. Le dernier, dernier, dernier, avant le diplôme de master et la fin définitive des études. Il s'agit de présenter puis débattre du sujet d'interculturalité que j'ai fait le choix de traiter, et pour lequel j'ai déjà rendu un petit dossier. La problématique est la suivante: La fin de l'URSS a-t-elle réduit les discriminations contre les homosexuels Russes?

Ouais. On va choquer de l'ingénieur, demain. Ils ont déjà été scotché par mon coming-out, voyons ce qu'ils pensent des discriminations. Je n'ai pas hésité à faire dans le sensationnel trash, en incluant la photo de la pendaison des deux jeunes pédés iraniens. J'ai aussi mis plein de bombasses brandissant des rainbows flags, et même un canard en plastique sado-maso à baillon rouge et collier à clou.

Ouais. On va choquer de l'ingé, demain.

Et puis, à l'issue de 20 minutes de présentation, round final de 40 minutes de débat. Celui ci sera introduit par la diapo finale, qui restera affichée pendant les 40 minutes.

Gay_Russes.jpg

Ouais, on va choquer de l'ingé, demain. Et la directrice du master, et la directrice des études, qui sont dans le jury.

dimanche, juin 3 2007

Mlle de Bourge

Bon, on prend le train ou on s'encule? Evidement, la première fois, ca surprend. Mais bon, faut pas s'énerver, y'a pas de soucy in the garden, détendez le string, coupez la ficelle. La bonne réponse est de toute façon: "moi, tu sais, les voyages..."

Qui parle ainsi? La même personne qui chante et chorégraphie Alizée en cours d'Anglais. Qui fait le pitre sur un socle de statue? Qui inonde la salle de douche? Qui est une "nasty boy"? Qui a fauché des kinders au boulanger étant petit? Qui écoute de la musique porno? Qui a tenté de me faire bouffer un mélange riz trop cuit courgettes brûlées? Qui fait des doigts d'honneur quand on la prend en photo? Qui s'est pété la gueule plusieurs fois comme une merde dans les escaliers? A qui ai-je prêté ma voiture, puis m'a rendu les clés tout en précisant que la voiture, elle a oubliée où elle est garée? Qui a marché sur le chat puis s'étonne "il ne m'aime pas!!"? La réponse est: la même personne qui n' a pas démoli le tiroir de la cuisine.

Mlle de Bourge.

La même qui descend les escaliers avec son attitude top bourge, sac longchamps-ipod-beret et son inimitable flexibilité du poignet. Tout en souplesse.

L'indescriptible Mlle de Bourge.
Des histoires du genre, j'en ai des kilomètres. Et j’ai des preuves pour presque chacune d’elle… Une bonne partie s'est produite en Chine, ou nous étions en villégiature pendant 6 mois avec des cafards et une punaise. Un sacré challenge où la de Bourge m'a surpris. Je ne pensais pas qu'elle s'adapterait aussi bien au nawak chinois. Il faut dire qu'elle s'entraîne en lisant attentivement Coquecigrue. Et aussi, certain des pédéblogueurs que je lui ai conseillés. Elle adore, évidemment. Mlle de Bourge, c'est une fille a pédé, même si elle ne veut pas l’admettre.
Pourtant, et contrairement à Lolotte, je n'ai pas vraiment de souvenir de notre rencontre, avec Mlle de Bourge. C'est sûrement parce que Mlle de Bourge est quand même plus discrète que Lolotte qui débarque toujours avec ses gros sabots, là ou Mlle de Bourge prendra soin de ses petits escarpin. Ou avec ses bottes de cuir Kozlika-like. Et l'une de ses 30 écharpes. Mlle de Bourge, elle ressemble à la fille de la pub bourgeois. D’ailleurs, elle a fait la séquence « faut qu’j’me fouette » au milieu de ma chambre. On a bien rigolé. Et elle m’a acheté le savon bourgeois aphrodisiaque, car elle me considère comme un obsédé du cul.


N’importe quoi.
Elle, elle se la joue prude et délicate, avec son savon bourgeois « extrait de douceur ».


Ce qu’elle ne dit pas, c’est qu’en l’essayant, elle a trouvé qu’il ressemblait à de la crème pour cul de bébé, et que la consistance ressemblait à de la morve. Elle est délicate et distinguée, Mlle de Bourge.

Mlle de Bourge, c'est tout en finesse qu'elle s'est introduite dans ma vie, c'est sans tambours ni trompettes qu'elle est devenu un sacré morceau de ma vie. Pourtant, c'est la reine de la réplique cinglante qui vous ferme le clapet en regrettant d'être né. Et ca n'est pas sa seule arme de destruction massive, hein: elle m'a fait subir "plus belle la vie" pendant des mois. Et elle me critique car je ne mets pas les étiquettes des draps du bon coté. Car oui, pour le drap du dessous, l’étiquette (qu’on ne voit pas puisqu’elle est sous le matelas) doit aller coté pied. C'est son coté Monica Geller.

Elle me répète que je ne suis qu'un gros connard cynique. Je rétorque qu'elle n'est une sale bigote naïve. Ensuite, je la laisse parler, ca finira bien par lui passer. Avec la de Bourge, on n'arrête pas de se fritter. Il faut dire qu'elle cherche toujours la merde et en plus, elle s'imagine avoir le dernier mot. Maitresse auto-proclammée du bon goût (ok, ok, j'admets qu'elle peut être de bon conseil), elle tente de me transformer en prout à chaussures bateaux et polos. Elle échouera. Mais comme elle préfèrera crever que lâcher le morceau, elle va continuer de me forcer à essayer des horreurs aux galeries Lafayettes quand je veux juste m'acheter un T-shirt de prolo chez Jules.

Mlle de Bourge, elle est capable de passer des heures avec ses amis. Elle en oublie parfois sa vie, et s'épuise à faire plaisir aux autres. Elle aime se sentir entouré d'amis, et met les valeurs de la famille au dessus de tout. Pourtant, je trouve que sa famille ne lui rend pas toujours tous les sacrifices et les effort qu'elle fait pour elle. J'ai d'ailleurs essayé de lui apprendre l'égoïsme. Je n'ai pas tellement réussi. Elle continue à avoir le coeur sur la main. "Et ma main sur ta gueule", dirait elle, car elle n'aime pas qu'on lui dise qu'elle est plus sensible et vulnérable qu'elle ne le montre. Du coup, elle fait la garce et la femme autoritaire, alors qu'en vrai, elle rêve toujours d'un monde de midinette et du prince charmant.

J'espère qu'un jour, elle le trouvera, car quand même, elle le mérite. Et puis, au moins, je pourrais lui acheter des menottes en doudoune rose. :fleur:

mercredi, mai 30 2007

Le test à la con...

Ouais, bon... On ne peux pas complètement dire que c'est complètement faux...

Et vous? (les non blogueurs aussi... La Cigale, Lolotte, Mlle de Bourge...)

lundi, mai 21 2007

La blanche colombe... et le rude mécano

Alors là, ça y est. Je sais ce que vous pensez en lisant ce titre. Vous vous dites, "c'est affreux, c'est monstrueux, il va nous raconter comment la blanche colombe, toute droite sortie de l'oeuf, s'est lamentablement pété la gueule du douillet nid, tombant directement dans les pattes velues et cagneuses d'un mécano qui passait par là, lequel n'hésita pas longtemps et confia le frêle volatile encore poisseux de son angélique naissance à son cabot bâtard qui l'accompagnait. Lequel, voulant jouer, écrasa la bestiole d'un bon coup de canine baveuse. Fin de l’histoire dans le craquement des os de la bestiole.

Et bien non. Ce n'est pas une histoire de basse-cour et vous vous en doutiez, car comme chacun sait, ici, l’immaculée colombe, c'est Mlle de Bourge. En un éclair, vous pensez saisir. La blanche colombe, le rude mécano. Le rude mécano, la blanche colombe. Mlle de Bourge se serait-elle fait trousser comme une jouvencelle en jupe de satin plissée rose à pois jaunes? Et par un mécanicien de General Motors (n'oublions pas l'exil américain de la belle) en bleu de travail 100% coton, poisseux d'huile de vidange? Culbutée comme ça, sur le capot d'une buick décapotable en un tour de main grasse et calleuse, pour ne pas dire d'un coup de rein franc et expéditif?

Mes pauvres amis, que vous avez là l'esprit mal tourné. Je me demande vraiment ou vous allez chercher tout ça. D'autant que Mlle de Bourge, elle ne se laisserait jamais ainsi outrager. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, elle vous aurait remis l'importun à sa place, d'une superbe gueulante doublée d'une bonne baffe et, si elle est en forme et ne craint pas de l’endommager, d'un coup de sac à main Longchamps sur le sommet du crâne. Ensuite, elle se serait redressée avec le super-nanny-style, toisant le risible prétentieux aux yeux écarquillés par la stupéfaction, et aurait achevé la scène sous les hourras par un "malotru" bien envoyé et bien prononcé, so frenchy, tout en remettant dans l’oreille droite l’écouteur du ipod qui se faisait la malle. J'imagine la scène à merveille. J'en ris déjà.

Mais non. En fait, ce post n’avait qu’un seul objectif : expliquer qu’après 6 mois d’un tiroir déglingué reposant sur ses glissière dépourvues de leurs roulements, raclant, coinçant, craquant à chaque fois que l’on souhaite en extirper une pauvre et ridicule fourchette, un rude mécano incarné par moi-même à mis fin la semaine dernière à la longue agonie de l’ensemble, en remplaçant tout simplement les glissières détruites par la vigoureuse Mlle de Bourge. J’avais même des tournevis et même une perceuse pour officier et je ne me suis pas blessé.

Et depuis, le tiroir glisse à merveille, ou plutôt roule excellemment, puisqu’il s’agit de glissières à billes. Un miracle d’ingéniosité fabriqué en Chine, disponible pour la modique somme de 4 euros chez M. Bricolage.

Ah, et par la même occasion, je vous informe que, comme vous pouvez le voir, ce blog n’a pas vocation à fermer. Je modèrerai mon discours dès lors que je parle du réel, c’est tout. Le n’importe quoi restera tel quel, et les paragraphes ci dessus sont une bon exemple.

J’y suis, j’y reste.

La blanche colombe...

Ce matin, alors que je roulais tranquillement sur la route du travail, j'ai pensé à notre appartement Belfortain. J'ai repensé à ce fameux samedi, il y a maintenant 2 ans, lorsque nous l'avons trouvés. Nous étions tous les trois, la Cigale, Mlle de Bourge et moi, à avoir rendez vous à l'agence immobilière qui devait nous emmener le visiter. On est immédiatement tombé amoureux de cet appartement, avec sa localisation absolument idéale, sa porte en chêne et son très beau miroir dans l'entrée. Depuis, il s'en est passé, des aventures, là dedans. Comme par exemple, ce jour faste ou Mlle de Bourge explosa le tiroir à couverts. Quand j'y pense, j'en souris encore. J'étais tranquillement en train de converser sur skype avec un ami, Mlle de Bourge était dans la cuisine. Sans doute préparait elle des pâtes, menu aussi courrant chez nous qu'économique à la caisse du supermarché Auchan du coin. L'eau bouillonnais sans doute déjà et Vodka (le chat) était en train de poursuivre son travail de sape de notre tapis conforama en s'y roulant avec entrain, dégageant les volutes de poils qui iraient bientôt s'agglomérer partout ou il est difficile de les enlever. Bref, la vie quotidienne. Quotidienne jusqu'au moment ou j'entendis en provenance de la cuisine un grand "boum", suivi du son métallique des fourchettes qui dégringolent. Pour parfaire la musicalité, Mlle de Bourge se mis à hurler comme une truie qu'on égorge à la lime à ongle. Parmi les hurlements, mon nom, évidement, puisque étant le seul dans la baraque, j'étais volontaire pour porter secours. Le chat, lui, décida prudemment de demander l'asile politique aux torchons et pleds cachés sous le canapé, ce qu’ils ne purent refuser puisque c'est lui même qui les y avait emmené discrètement, subtilisant ainsi peu à peu notre réserve de torchons pour se bâtir un nid douillet.




Mlle de Bourge continuait à hurler, ce qui prouvait déjà qu'elle n’était pas morte. Je pris donc tout mon temps pour clore la conversation. Les appels se faisant pressant, je fini par la rejoindre dans la cuisine, découvrant l'étendu du désastre et les pâtes désormais trop cuites. Le tiroir, sans fond, à la main, Mlle de Bourge régnait en maître au milieu d'un étang de couteaux, fourchettes, petites et grosses cuillères, fouets, bougies d'anniversaire et moult autres trucs plus ou moins utiles, et dont la présence dans cet ex-tiroir n'était pas forcément très pertinente.




- C'est d'la merde, ce tiroir, j'ai juste tiré, y'a tout qu'y s'est écroulé partout, c'est quoi s'bordel?

- Oui, enfin, tu as du tirer un peu violement, quand même, hein, il s'est pas effondré tout seul, le truc...

- J'ai rien faiheuuu, c'est ce truc, ca pue, c'est de la camelote, je n'y ai même pas touché!

- Ceci dit, tu l'as quand même à la main, c'est donc que tu l'as touché, hein...

- Fait pas chié, j'ai rien fait, et aide moi plutôt à ramasser toutes ces merdes...

Notez qu'en moins de 2 répliques et contre toute évidence, Mlle de Bourge était passé du rôle de celle qui a ouvert un tiroir en l'arrachant de ses glissières avant d'en éparpiller le contenu au milieu de la cuisine à celui, plus confortable, ce l'innocente victime de la crasse fourberie de ce même tiroir, qui s'est écroulé sur elle alors qu'elle ne le touchait même pas. Et si elle l’avait dans les mains quand je suis arrivé, c'est juste qu'elle tentait de le retenir. Ou plutôt, non, c'était une illusion d'optique, voila.

Grave erreur, j'ai relevé le petit problème de crédibilité de l'histoire, et pas plus tard que le lendemain, Lolotte était informée que le tiroir, c'est moi qui l'avait déglingué parce que tout le monde sait que je suis une brute épaisse, et que Mlle de Bourge, elle n'y était pour rien. Car Mlle de Bourge, comme chacun sait, est comme la colombe qui vient de naître: innocente et immaculée.

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