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vendredi, janvier 8 2010

Palm keynote

Il y a un an, je faisais part de mon enthousiasme à propos du Smartphone présenté par Palm lors du Consumer Electronic Show 2009. Même si je n'ai jamais eu de Palm, j'ai une sympathie particulière pour cette marque qui a créé et régné sur le marché du PDA avec le Palm pilot dans les années 90, réussissant là où Apple avait lamentablement échoué avec son Newton. Et puis, déjà à l'époque, je commençais à m'agacer du rouleau compresseur iphone, à qui il manquait pourtant des fonctions évidentes comme le MMS ou le copier-coller et des très pratiques avec le multitâche et les notifications.

Palm, en présentant son Pré sous WebOS, proposait toutes ces fonctions, en plus d'un clavier physique. A mon grand dépit, Palm s'est ensuite enferré dans une relation unique avec l'opérateur américain Sprint puis Téléphonica en Europe et le pré n'est jamais arrivé jusqu'en France. Palm a réussi cependant à livrer 1 million d’appareil, ce qui est loin d’être ridicule pour un nouvel OS, vendu par le 4° et plus petit opérateur américain et sans disposer d’une puissance marketing à la Apple.

Ne pouvant me résoudre à l'iphone, je suis resté sur mon vieux Nokia E65. Depuis, j'ai cependant acquis un ipod touch avec lequel je m'amuse beaucoup. Il m'a cependant confirmé ce que je pensais:

J'ai besoin d'un baladeur ET d'un téléphone / Smartphone. J'utilise le baladeur sur de longs voyages, et sa batterie est morte à l'arrivée. Il est impensable d'arriver à un terminus sans téléphone faute d'autonomie. Tant qu'aucun constructeur n'aura résolu le problème de l'autonomie (au moins 2 jours en lecteur audio / video / téléphone intensive), il me faut 2 appareils séparés. Un appareil unique est valable pour un usage quotidien, c'est à dire pour les personnes utilisant les transports en commun.

OSX sur iphone / ipod touch est un bon système. Mais il n'est pas du tout multitâche, ce qui me fait perdre le fil des tweets en cours de lecture si j'ai besoin de switcher sur safari pour consulter un article et empêche d'interrompre un jeu quelques instants pour aller faire autre chose. Certes, il y a 100000 applications dans le store, mais celui ci est mal foutu et il est impossible de chercher quelque chose efficacement. Finalement, je suis persuadé qu'au moins les 2/3 des logiciels sont parfaitement inutiles ou redondants. Je rigole d'ailleurs en voyant Apple insister sur la quantité, alors qu'elle expliquait il y a 5 ans que seule la qualité compte face à la gigantesque logithèque de Windows.

Enfin, le système de notification d'OSX est dramatique. Intrusif, ne permettant pas de mettre une notification en attente, c'est l'inefficacité personnifiée. Dernier point, il n'y a toujours pas flash sur iphone, et vu les relations Apple / Adobe sur le sujet, ce n'est pas prêt de changer.

Pourtant, un an après, le rouleau compresseur iphone 3GS est passé, et même Lolotte a fait une infidélité à Nokia. Mais comme l'année dernière, Palm a fait sensation au CES 2010, en présentant le Pré Plus et le Pixi Plus.

palm-pre-plus.jpg

Les mêmes, en mieux (plus de mémoire notamment), avec le chargeur sans fil en standard sur le Pré (indispensable sur des gadgets ayant constamment besoin de recharge). Mais Palm a surtout fait un bond de géant sur son webOS: Alors que celui ci dispose déjà d'une ergonomie au moins égale à celle d'Apple, de la meilleure solution multitâche du marché et d'un système de notification parfaitement pensé, les développeurs peuvent désormais coder en C++ en plus des standards web, le Flash arrive, la distribution des logiciels est libérée directement sur internet, les jeux graphiquement aboutis arrivent avec electronic arts... Et surtout, surtout, un accord est conclu avec SFR. L'appareil est prévu pour le second trimestre en France. J'espère seulement qu'il s'agira bien du Pré Plus et que la mesquinerie que Palm a très bien copié sur Apple ne poussera pas le Pré initial en France. Au dernières nouvelles, c'est le cas. C'est sûr, je vais craquer... J'ai bien fait de refuser il y a 2 semaines l'offre ridicule d'Orange qui, pour récompenser 8 ans de fidélité, m'offrait royalement 10 euros de réduction pendant 3 mois en échange d'un réengagement sur 2 ans...

jeudi, septembre 10 2009

keynote stuff

Oui, parce que hier, c'était jour de keynote. Le sérénissime Jobs était de retour sur scène, alors autant dire que ça allait envoyer du bois.

Et puis... non.

19h00: Steve remercie le mort qui lui permet de continuer à vivre. Bon, je ne critique pas, je suis de son avis.

19h02: Steve fait tout un speech sur le nombre hallucinant d'iphone vendus. Bon, y'en a plein. ok, c'est un téléphone convenable, ok... N'empêche, je n'en veux pas. Justement parce que tout le monde en a un.

19h03: Steve annonce genius pour les applications. Ouais, bof. D'ailleurs, je rigole doucement: il y a 5 ans, apple expliquait que ce n'est pas le nombre d'applications pour mac dispo qui compte, mais leur qualité. Et je suis bien d'accord. Maintenant qu'il y a des centaines de milliers "d'apps" sur le "store", apple explique que les concurrents sont des gros nuls parce qu'ils n'ont pas beaucoup d'applications.

19h15: Nouveau format pour acheter des albums en ligne: bof. Je ne vois pas du tout l'intérêt. Je préfère un album sec à 10€ qu'avec 3 pdf et 2 clips à 13€. Mais bon.

19h22: Ah, on peut partager ses achats sur Facebook. Comme ça, tout le monde saura que vous venez de dépenser 3 euros dans un logiciels débile. Génial!!

19h28 à 19h35: Les concurrents de l'ipod sont des nazes. On le savait déjà, de toute manière.

19h42: Le ipod touch est meilleur que la PSP ou la Nintendo DS. La preuve: il y a TapTap Revenge. Ouaiiiiiis!

19h52: Apple a découvert le prix magique: $199. (oulala...) Ah, le ipod touch 8Go à $199, puis le 32Go à $299. C'est moi, où il y a un trou énorme dans la gamme?? 8Go, c'est trop peu, 32, c'est trop tout court!

19h58: One more thing... Aaaaah! Heuuu? Gggggg! Un ipod nano avec une caméra, et qui envoie des videos sur youtube en un clic. Google va adorer stocker des millions de Go pour des videos débiles d'adolescents bourrés qui gerbent partout! Bon, les couleurs sont jolies, c'est déjà ça. Par contre, l'ipod touch, lui, est vendu à prix d'or avec plein de mémoire, mais n'a pas la caméra. Etrange.

20h06: Norah Jones conclue. Les fanboys n'auront pas de mactablet à noel. Mais ils auront Taptap revenge, la classe!

N'empêche, dans tout ça, la vraie annonce du mercredi passe inaperçue:

Palm annonce le Pixie!! Il est pas beau? Tout petit, tout fin! Et avec webos, les gestures, la recharge sans fil, et tout, et tout. Seul regret: pas de wifi. sans compter l'obstination de Palm à faire des téléphones à la norme CDMA, norme utilisée uniquement par leur opérateur américain, ce qui réduit immensément leur marché potentiel alors même qu'ils ne peuvent pas se permettre des caprices à la Apple, mais bon...

Donc, je reste sur mon envie de Pré.

Dites, Palm, le pré, vous allez vite l'upgrader un peu (16go de mémoire, je ne demande pas plus) et le mettre sur le marché Français? J'attends!

lundi, juillet 20 2009

40 ans

40 ans, déjà, et pourtant, l'exploit reste inégalé. Il reste, finalement, un rêve, celui de l'homme supérieur à sa condition de terrien, de la technique triomphante. Et des photos, des photos émouvantes, irréelles, qui semblent tirées d'un film de science fiction. A ceci près qu'on dirait que le film est mauvais. Les vaisseaux spatiaux sont trop moches (encore que), les scaphandres trop balourds, le ciel trop noir, le sol trop gris, trop désespérant.

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nasa-apollo11-eagle-retour-columbia-2.jpg

nasa-apollo11-aldrin-premier-pas.jpg

Cette photo, notament, me laisse penser qu'un homme ne tiendrait pas 2 semaines sur la lune sans tomber dans la neurasthénie la plus noire.

nasa-apollo11-aldrin-deploiement-equipement.jpg

En tout cas, je me régale des documentaires diffusés dans tous les sens ces temps ci, même je n'y apprend rien car il y a longtemps que j'ai lu en long, en large et en travers les articles relatifs à cette aventure dans toutes les encyclopédies que j'ai pu trouver. J'aime l'histoire, j'aime les défis technologiques, j'aime les grosses machines très puissantes. Et j'aime aussi beaucoup lorsqu'elles se mettent à déconner et qu'il faut faire dans l'originalité pour les réparer. C'est pour ça que j'adore le film Apollo 13, par exemple, ou la séquence de Titanic, entre le moment où l'iceberg apparait et l'instant où l'ingénieur Andrews annonce "Une heure; deux, tout au plus".

Le trio Mercuri-Gemini-Apollo a marqué l'histoire, il est le plus gros défi technique du 20° siècle (j'hésite avec le Manhattan project, pour la bombe atomique) et le lanceur Saturn V demeure le lanceur spatial le plus gros et le plus puissant jamais construit. Quand à Apollo 13, il est le plus gros échec réussi dans la mesure ou la moitié du vaisseau explosa et que l'autre moitié, conçue pour atterrir sur la lune, servit finalement de canot de sauvetage, de remorqueur puis de dépanneuse. Autant dire que je frétille d'excitation à la première évocation de cette aventure.

L'histoire de ce programme spatial est en effet totalement extraordinaire. Lorsque Kennedy décide en 1961 que l'Amérique enverra un homme sur la lune avant 1971, les compétences spatiales américaines sont ridicules et largement surpassées par les soviétiques. Les fusées explosent plus régulièrement qu'elles ne décollent, un seul astronaute américain a approché l'espace et encore, ce fut pendant les 15 minutes d'un vol suborbital qui s'apparentait plus à un missile balistique habité qu'à un lancement spatial. Autant dire que ce n'était pas gagné.

Les américains ont dont appliqué leur méthodologie habituelle dans pareil cas: faire efficace, à fond, sans tenir compte de rien et surtout sans plan B. C'est ainsi que le concepteur de Saturn V et directeur des programmes fini par être un Allemand, Werner Von Braun. L'histoire est aussi cruelle qu'amusante: le succès spatial américain repose largement sur l'expérience des anciennes équipes nazis qui, en construisant les missiles balistiques V2, avaient donné 20 ans d'avance à l'Allemagne de 1944.

Il est d'ailleurs intéressant de faire le parallèle entre l'histoire spatiale Soviétique et celle des USA. En 1945, les USA récupèrent surtout les cerveaux et le top management du programme nazi: ayant le choix, les concepteurs du V2 préfèrent suivre Von Braun qui opta pour la reddition aux américains. L'avancée militaire des Soviétiques leur permit de mettre la main sur les bases d'essais, les prototypes, les techniciens. Par copie, il en tirent un bénéfice rapide et dominent largement pendant les 15 premières années. Mais leur programme lunaire, faute d'une bonne compréhension des enjeux et d'une dispersion des moyens, est un désastre monumental. En fait, trop assis sur les succès des vieilles technologies, ils furent incapables de réaliser le bond technologique du moteur cryotechnique. Or, c'est en maîtrisant cette technique avec le moteur F1 que les américains gagnèrent la Lune.

Il est bien dommage qu'aujourd'hui, il n'y ait plus de grand défi du genre de la course à la Lune. Il y aurait pourtant matière à le faire (l'espace, toujours, le transport, l'énergie, le tout mâtiné d'écologie). Je suis affligé, lorsque je repense aux pinaillages budgétaires qui ont tant retardé le projet ITER. Encore plus lorsque je compare le coût final de ce défi technique (10 milliards) au déficit de la sécurité sociale chaque année bouché par l'emprunt (19 milliards en 2009).

J'aimerai tellement voir vulgarisé, popularisé des belles réalisations d'aujourd'hui (Jules Verne, l'AGV, l'A380...) et expliqués les grands défis de demain (la fusion nucléaire dont tout le monde se fout désormais, le remplaçant de l'A320, les technologies de transport électriques, la fin du pétrole, l'emballement climatique, les matériaux nouveaux...).

Mais les médias ne s'intéressent plus depuis longtemps aux challenges à moyens terme où l'intelligence prime sur l'émotion, préférant sans doute les frasques de célébrités douteuses.

jeudi, mai 15 2008

Chinoiseries

2008, pour la Chine et les Chinois, c'était l'année des jeux. L'année où le monde entier tournerait son regard vers l'empire du milieu et ses 1.5 milliards d'habitants. L'année où tout devait être parfait. Un immense moment de fierté collective. Ca tombe bien, la culture chinoise a une affection pour les manifestations collective proportionnelle à la notre pour les jouissances individuelles.

Donc, pour que tout soit parfait, ils n'ont pas chomé. Evidement, ils ne s'y sont pas pris comme nous l'aurions fait. Evidement, on ne les comprends pas toujours. Naturellement, leur régime politique ne nous plait pas. Mais n'oublions pas que l'universalité de nos valeurs s'arrête à nos frontières, et qu'au delà des déclarations diplomatiques de principe, les exigences deviennent des ingérences que nous n'accepterions pas si nous en étions les destinataires et non les expéditeurs.

Alors aujourd'hui, je suis sincèrement peiné par le désastre qui frappe la Chine. J'ai bien peur que pour la Chine, 2008 ne soit pas l'année de fête qui était attendue, espérée, préparée. Et je regrette un peu de ne pas voir fleurir sur les blogs et newsgroup des bannières "solidarité Sichuan" avec autant d'enthousiasme que les "free Burma" ou "libérez le Tibet". Peut est parce qu'il s'agit d'une catastrophe naturelle?

Quoi qu'il en soit, quand j'ai lu cette dépèche signalant un séisme puissant dans le Sichuan, à l'épicentre si proche de Chengdu, j'ai immédiatement compris que les 2000 victimes initialements annoncées seraient multipliés par 10 ou 20, au moins. La qualité des constructions Chinoise, je l'ai expérimentée. Inutile de dire qu'elles ne sont pas antisysmique. Ils ont déjà de la chance que des barrages n'aient pas cédé (question de temps?).

J'ai immédiatement pensé à ces gens, que nous avions rencontré en Chine. Les étudiantes, la petite madame, nos professeurs. Etaient ils là bas? Ont ils de la famille dans le Sichuan? J'ai pensé à cette ville de Chengdu, ou je suis allé, ou j'ai dormi. J'ai ressenti une immense solidarité pour ce peuple qui ne méritait pas ce désastre. En même temps, quel peuple mériterait un cataclysme?

jeudi, mars 13 2008

Confesse

Pardonnez moi mon père parce que j’ai péché.
Je vous écoute mon fils, encore cette sordide histoire d’homosexualité ?
Non mon père. Je suis allé à Cora.
Sainte marie mère de dieu. Parlez mon fils. Libérez vous du poids de vos erreurs.
Et bien voila. Je voulais juste aller chercher ma veste chez le teinturier, mais Cora est juste à coté, et je suis entré.
Chez le teinturier, vous avez dit, mon fils ?
Oui, mais rassurez vous, c’est un teinturier bien de chez nous, et son matériel est Allemand. Machines de protestant, peut être, mais ca reste dans la famille, quand même.
Oui, oui. Continuez.
Et bien, voila, je suis entré dans Cora. Ils avaient une promotion spéciale sur les aspirateurs. 25 euros l’engin, mon père, tout en polyvinyl chloride rouge non recyclable. je l'ai lu sur la notice, ensuite.
Rouge, mon fil ?
Oui. Je sais, la couleur aurait du m’alerter. Mais rien à faire, mon père. J’ai craqué. Mon père, j’ai acheté l’aspirateur.
Hélas, mon fils. La raison des hommes est faible. Confiez vous à Dieu. Il était importé de Chine, n’est ce pas ?
Oui, mon père. Au vu de la petitesse des pièces, seuls des enfants ont pu l’assembler.
Est-ce tout, mon fils ?
Hélas, non. Je me suis souvenu que je n’avais plus rien à manger pour le matin, alors je suis allé au rayon des céréales de petit déjeuner.
Mon fils, vous m’inquiétez. Parlez, je vous en conjure !
Et bien, il y avait le rayon bio, mon père, mais comprenez moi, c’était effroyablement cher !
L’avarice est un dangereux péché, mon fils.
Pardonnez moi, mon père. Mais ça n’est pas tout. J’ai acheté un produit kellogg’s. Ca n’est qu’en rentrant chez moi que j’ai découvert la triste vérité, mon père.
Oui ?
Les céréales contiennent du mais génétiquement modifié. Mon père, pardonnez moi. Il y a des gènes d’asticots Gabonais dans mes Korn flakes américains, et j’en ai mangé. Et je n’ai même pas fait l’aumône à l’hôtesse de caisse, bien que je cotise au régime social des cadres et qu’elle, elle n’a même pas de quoi payer une mutuelle pour soigner ses enfants.
Mon fils, je ne vous cache pas que tout cela est très grave.
Que puis-je faire, mon père ? Dois-je réciter 10 ave maria à genou sur les marches de l’autel ?
Vous n’y pensez pas, mon enfant. Cela suffit pour vos petites coucheries avec ce… comment dites vous déjà ? ah, oui, ce Lasigal, mais pour le péché d’exploitation de l’homme par l’homme, le péché de pollution, pour votre participation à l’industrie diabolique de manipulation génétique… non, mon fils, vous devez réparrer vos errements autrement...
Mais comment, mon père ?
Brûlez tout cela, mon enfant. Même les céréales.
Mais, pourquoi ne pas plutôt les offrir aux resto du cœur, mon père ? Les pauvres...
Impie que vous êtes ! Vous voulez donc les envoyer directement cramer en enfer ? Mieux vaux pour eux crever de faim maintenant que vivre par l’œuvre du diable ! Non, mon fils, brûlez tout. Puis achetez uniquement des céréales bios issues du commerce équitable.
Mais mon père, c’est très cher, je ne pourrais plus...
Je sais mon fils. Mais vous comprendrez la détresse sociale de l’hôtesse de caisse. Et pour votre ménage, vous achèterez un balai, tout simplement. Un bon vieux balai naturel, avec un bon gros manche en chêne inusable.
Un manche en... Je... mon père... gros comment, le manche ?
Mais... Je ne sais pas... Peu importe, prennez aussi gros qu’il vous plaira !

(Inspiré de...)

mardi, février 12 2008

Votez Panaf' !

La ville de Paris s'imagine depuis quelques années qu'elle est un sanctuaire imprenable, protégée par je ne sais quel mythe. Affabulation ouvrant la voie à une reconquête des esprits qui semblait pourtant impensable au pays du Cartésianisme. Face à l'ignorance, aux mythes, aux conclusions hâtives, il faut plus que jamais remettre la vérité à sa juste place et s'attacher, dans les mois et années à venir, à soutenir massivement et sans faiblesse De Panafieu, dans sa démarche courageuse et didactique pour la vérité. Les affirmations à l'emporte pièce, les faux espoirs créés pour rassurer des hommes peureux préférant les mensonges faciles aux vérités complexes, toutes ces inepties peuvent et doivent être combatues, en s'appuyant sur la qualité d'argumentaires tels que ceux proposés par De Panafieu.

Le bouquin qu'il présente est en effet un modèle du genre, illustrant la théorie de l'évolution par des photographies d'une qualité rare, rendant aux vestiges des millénaires passés l'illusion de la vie.

Et quand je dis millénaires, il faut en fait comprendre beaucoup plus: La Théorie Darwinienne de l'évolution est difficile à comprendre car elle étale notre naissance sur les millions d'années d'un processus hasardeux ayant aboutis à nous: les hommes, les mésanges, les phacochères, les chihuahuas, les taupes, les orchidées et les gastéropodes, plus quelques autres moins importants. Pour en arriver là, des millions de variantes sont apparues et mortes car non viables. Difficile à appréhender, pas forcément très flatteuse -on aimerait bien être mieux que le produit du hasard et d'une montagne de cadavres-, la théorie de l'Evolution est du coup dans la tourmente, attaqué par les dévots apôtre du créationnisme, genèse biblique et autre "inteligent design".

Très épargné ces dernières années, la France découvre pourtant le phénomène par l'arrivée ces mois derniers de l'atlas de la Création, bouquin de merde offert par on ne sait qui aux écoles Françaises et Belges. Des centaines d'exemplaires ont été expédiés depuis la Turquie. Encyclopédie finement reliée, à l'aspect flatteur, énonçant sous couvert de science des inepties noyées dans une réelle compétence en communication. La thèse défendue est un créationnisme basé sur le Coran, mettant l'homme en haut d'une pyramide des espèces vivantes. Théorie flateuse, présentation qui l'est aussi, ce bouquin peut faire des ravages dans les esprits. Science et Vie s'en alarme dans son numéro 1083 de décembre dernier.

Il est urgent de revoir la manière dont est présentée la théorie de Darwin. Il est urgent de l'enseigner, car de sa bonne compréhension découle une certaine humilité vis à vis du vivant, et peut être une meilleure compréhension des équilibles naturels de notre planète: Même si c'est dur à accepter, l'homme n'est qu'une variante de la vie. Et le dessin bien connu du singe qui se relève est un peu trop simpliste: le singe ne s'est pas relevé pour devenir un homme, idéal à atteindre, objectif final de sa destinée. Et ca ne s’est pas fait en trois coups de cuillère à pot. Quelques singes associaux ont eu l'idée de se relever voila des millions d'années, bravant les conseils des anciens affirmant qu’à 4 pattes, c’est mieux (mais la jeunesse est ainsi, tout fout le camp, c’est bien connu). En se levant, ils gagnèrent un avantage sur leurs congénères (ces vieux cons !) qui favorisa leur reproduction et leur dissémination. Parmi eux, les plus intelligents utilisèrent des outils, ce qui s'avéra être un nouvel avantage dans la transmission de leurs gènes (en effet, taper sur la tête du concurrent à grand coup de gourdin favorise la transmission des gènes, car ça impressionne les femmes et limite le nombre de concurrents). De génération en génération, de siècles en siècles, les plus avantagés se reproduisirent davantage (d'ou l'importance de coincer un caillou pointu au bout du gourdin). Et ce n'est pas leur victoire ni la défaite des autres (du moins à l'échelle des millénaires car au niveau des individus, celui qui a un caillou planté dans le cervelet a évidement perdu). C'est juste le hasard chaotique de la vie. Dans quelques milliers ou millions d'années, la branche humaine se sera transformée, ou aura disparu, si notre environnement fait de nous des "désavantagés". Suprême avantagé, l’homme moderne pourrait aussi accélérer l'histoire et faire de l'environnement un enfer pour lui-même, mais c'est une autre histoire.

Remplaçons donc cet atlas minable par le livre "Evolution", de Jean-Baptiste de Panafieu, dans nos écoles. Plutôt que l'ignorance et les croyances, on favorisera ainsi l'humilité et l'intelligence.

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mercredi, janvier 30 2008

Connerie Royale

(décidément, l'économie et la finance m'inspirent, actuellement)

J'ai toujours trouvé que Ségolène Royal était au mieux incompétente, au pire conne, surtout pour les questions économiques. Elle doit en plus avoir de bien piètres conseillers financiers. Extraits de son site désirdavenir.

Quand les Français ont un compte bancaire excédentaire en début de mois et le terminent à découvert, les pénalités tombent. Les banques s'enrichissent sur le dos des plus modestes. Je demande à ce que les 7 milliards d'euros soient remboursées aux familles qui sont plongées dans l'endettement.

1. Les pénalités sont normales, elles correspondent au loyer du capital. Qui dit emprunt dit intéret. Si le taux des agios est discutable, leur principe ne l'est pas.

2. Les banques d'affaires telles que la Société Générale ne s'enrichissent pas sur le dos des ménages qui finissent les mois dans le rouge. Elles s'enrichissent sur les opérations professionnelles (conseil, fusion, acquisitions de sociétés) ou boursières. La Société Générale est d'ailleurs la banque l'une des plus performante du monde pour les produits dérivés tels que ceux que gérait Jérome Kerviel.

3. Les 7 milliards ne sont pas remboursables. Ils ont été perdus sur des placements malheureux, soldés par la Société Générale en urgence face aux risques énormes qu'ils présentaient. Kerviel n'a d'ailleurs pas fait perdre un centime à sa banque, il a juste engagé celle ci pour des montants tellement faramineux qu'ils auraient précipités la banque dans la faillite en cas d'échec. Face à ce risque, la banque a soldé ces engagement dans un contexte défavorable, entraînant les 5 milliards de perte. Imaginons que la banque ait attendu dans l'espoir de revendre ces engagement avec bénéfice (ce qu'escomptait Kerviel), mais que le marché ait été encore plus défavorable qu'il y a quelques jours: la Société Générale aurait pu perdre 10, 15, 20 milliards. Ne pouvant couvrir pareil perte, elle aurait été contraint de se déclarer en faillite, ruinant actionnaires et clients.

4. Les familles sur-endettés n'ont strictement rien à voir dans cette affaire. Pure récupération politique de la part de Ségolène, qui joue comme toujours sur la corde "je protège les pauvres malheureux contre les riches voleurs".

Ces 5 milliards d'euros, plus les 2 millions perdus dans les subprimes représentent un tiers du déficit de la sécurité sociale", a-t-elle aussi déclaré.

5. Et? Bonne comparaison, mais les impôts versés au titre de ses bénéfices par cette même Société Générale durant les 6 dernière années représentent également environ 5 milliards. Si on additionne les impots sur les bénéfices des banques Françaises, on doit aussi tombé sur environ 4 ou 5 milliards l'année passée. Ségolène Royal ne remercie pas les traders pour ces contributions passées?

Rappelant qu'elle avait proposé durant la campagne présidentielle une réforme du système bancaire, Ségolène Royal s'est dite choquée que la démission du PDG de la société générale n'ait pas été acceptée par le conseil d'administration réuni en urgence.
"Est-ce parce que Daniel Bouton est l'ancien directeur de cabinet d'Alain Juppé?", s'est-elle interrogée.

6. La Société Générale est une banque privatisée en 1987 (sous Mitterrand - Chirac), son conseil d'administration fait ce qu'il veut. Il me semble d'ailleurs censé d'éviter d'ajouter à la crise financière subie par cette banque une crise de management. La Société Générale n'a pas de dauphin a mettre en avant, mais à bien besoin d'un capitaine. De plus, je trouve justement que Bouton a été extrèmement compétent dans la gestion de la crise. Il a évité la faillite de justesse, agit avec une rare transparence en informant la Banque de France et l'Autorité des Marché Financier de ses difficultés et des manoeuvres engagées pour sortir la banque du bourbier, et ré-agit efficacement en assurant une recapitalisation garantie par deux banques américaines, évitant le risque d'un rachat immédiat. Virez Bouton, et la banque sera victime d'un raid encore plus rapidement ou facilement.

7. Ridicule insinuation de complot politique. Franchement, que Bouton ait été directeur de cabinet de Juppé... Sarko voudrait que Bouton dégage (Sarko surfe lui aussi sur le populisme, il n'est pas meilleur ou plus compétent à ce sujet que Royal), le pouvoir UMP en place déteste la chiraquie dont Juppé fut l'enfant chéri. Alors, franchement, les insinuations politiques pour surfer sur l'éternelle théorie du complot, moi je dis stop.

Ca paraît invraisemblable. Voilà des patrons qui sont grassement payés pour contrôler où va l'argent des petits épargnants. Et ils découvrent que l'on peut détourner cinq milliards. C'est dire leur désinvolture à l'égard des autres

8. Il n'y a jamais eu de détournement de 5 Milliards. Il y a eu fraude des procédures internes d'une banque, aboutissant à des prises de positions sur le marché boursier sans couverture à hauteur de 50 milliards. En découvrant ces positions, les dirigeant de la banque ont suivi les règles habituelles: une position non couverte est très dangereuse, et doit donc être soldée au plus vite. Ce qui a été fait, entraînant 5 milliards de perte.

9. Leur désinvolture? Le PDG n'est absolument pas désinvolte. Il a été victime d'une malversation. Aussi longtemps que l'homme sera humain, certains hommes chercherons à contourner les règles. Le système de contrôle de la Société Générale a failli, certes. Devant cet échec, le PDG a sauvé sa banque d'un risque majeur de faillite, informé les autorités compétentes en suivant scrupuleusement ses devoirs (la Banque de France et l'AMF) et assuré une couverture des pertes par une recapitalisation garantie par deux autres banques. Une fois le danger immédiat passé, il a présenté sa démission et symboliquement renoncé à son salaire. Objectivement, je crois que personne n'aurait pu faire mieux. Il est responsable, il a pris ses responsabilités. Quand au montant de son salaire, je ne le connais pas. Si la rémunération des dirigeants est effectivement parfois outrageusement élevé, il ne faut cependant pas tout mélanger.

20 lignes, 9 conneries, dont certaines sont de véritables inepties. Sarkozy est un président pitoyable, qui nous ridiculise comme Bush a massacré l'image des USA à l'étranger, mais Royal n'aurait pas été meilleure.

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