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vendredi, mai 23 2008

Rouge-cerise à moto, 3: je progresse

Oui, oui, au grand malheur des frigides d'engins à moteur et à deux roues, j'ai bien l'intention de vous emmerder en racontant TOUTES mes séances de moto. Et là, je reviens de la séance 3, soit 6 heures d'expérience. Je vous épargnerais mes habituels qualificatifs "extraordinaire", "trop bien", "super génial", "fantastique". C'était les 4 à la fois, et je continue de m'amuser comme un petit fou.

Comme d'ordinaire, j'ai pris une Honda 500 CBF, noire.

Honda_CBF_500.jpg

Nous avons commencés avec la traditionnelle séance sur la route. Au chapitre des bon points, je n'ai eu que deux "Baptiste, clignotant...", alors que l'un de mes camarade en a eu au moins 4 ou 5, le nul. En revanche, j'ai merdé 3 fois discrètement en ratant pitoyablement mes montées de rapport, c'est à dire en passant de la première au point mort alors que je voulais la seconde. Hurlement de moteur à chaque fois (ben oui, car je remet les gaz en embrayant). Un peu déstabilisant en plein rond point, mais j'ai géré. Les deux camarades de devant, du haut de leurs quinzaines d'heures d'expérience, se faisaient (encore) plaisir sur la départementale. Il faisait beau, j'oubliais joyeusement cette connasse de pharyngite qui me ruine depuis 3 jours, j'ai suivi avec enthousiasme. J'y ai appris qu'à 120 à l'heure, on est seul sur la moto, rien qu'avec soi-même, le vent, le guidon à cramponner (la vache, ça tire!), le paysage, la route à scruter, les virages à anticiper et enrouler en penchant un peu, seul à respirer en ne pensant qu'à l'instant et à l'immense sensation liberté. Et aussi qu'une explosion de moustique sur la visière, ça surprend.

Arrivé au plateau, j'ai enchaîné en faisant des 8, pour s'y remettre. J'ai vite expédié l'affaire: assis avec les deux mains, assis avec une seule main, debout avec les deux, debout avec une seule. Etonnamment simple une fois que l'on a compris comment transférer les masses d'un coté à l'autre, d'une roue sur l'autre. Et aussi formidablement épuisant. J'en ai des crampes aux cuisses. JC, mon moniteur, m'a alors montré l'étape suivante: enchaîner des virages serrés, à basse vitesse, en jouant de l'embrayage, de l'accélérateur et du frein arrière, tout en restant toujours en première. L'objectif est de découvrir combien, en sortie de virage, un coup d'accélérateur en embrayant redresse la moto. Ca fonctionne très bien. J'ai calé deux ou trois fois en faisant des test en ligne droite. Mais ensuite, j'ai assez vite compris comment gérer cette affaire. Tant et si bien qu'à la fin, j'y arrivais très bien.

Même que JC, en concluant la séance, a dit: "Bon, Baptiste, c'est bien, hein. Tu progresses bien, plutôt vite même pour quelqu'un qui n'était jamais monté sur une moto avant. La semaine prochaine, tu attaques le parcours lent..."

Ouééééé! En plus, je n'ai toujours pas fait tomber la moto! Je suis fier de moi, mais gare à l'excès d'optimisme...

Oh, et j'avais anticipé le cours, aujourd'hui. Dans la poche du blouson de cuir, j'avais mon appareil photo. Mais, occupé que j'étais à me battre avec l'embrayage, j'ai oublié de demander à quelqu'un de prendre un cliché ou deux. Pour compenser, je me suis débrouillé tout seul, en rentrant...

Rouge_cerise_motard2.JPG

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dimanche, mars 11 2007

carnet de route: 24.02.2007

Marrakech 24.02.2007

Journée tranquille de visite. Rien à signaler. On plane un peu, avec ce retour au bruit et à l’agitation.

Le copilote, qui doit être un peu dingue, s’est levé à 8h pour aller réparer l’échappement et rajouter une sangle neuve à la plaque arrière. (c’est juste que j’aimerai bien que cette voiture rentre tranquillement, avec tout ce qu’on a vécu à son bord, j’y tiens !) Échappement réparé avec de la pâte répare tout, qui sert à remplacer la soudure défaillante. Le silencieux est soutenu par une sangle, et un morceau de fil de fer donné par un autre équipage.

La voiture est prète pour l'ultime épreuve d'endurance: les 2000km de route pour rentrer à Belfort. Et l'équipage, des souvenirs et des émotions plein la tête, est fatigué, mais heureux. Comme dit Orpheus, Yes, we did it!

carnet de route: 23.02.2007

Quelque part dans le désert. 23.02.2007
Km 86349

Départ 6h15, alors que l’aube commence à naitre. Nous attaquons le col de Semkabel. Les 4L sont à la suite les unes des autres. Il y a une zone difficile à passer, avec des ornières monstruseuses. Beaucoup de voitures vont s’y coincer, il faut les éviter en prenant garde aux bas coté, quasi à pic. Nous passons sans soucis, le moteur hurlant, Laurène cramponnant le volant tandis que Baptiste tient le levier de vitesse, pour empècher la première de sauter ! La voiture cogne abominablement et racle le sol ou se cachent de dangeureux rochers tranchants. Le copilote pense à « sa » plaque arrière. Avant de se raviser : de toute façon, cette foutue plaque protège un réservoir qui ne sert plus à rien. Elle peu bien se casser la gueule encore, on l’arracherai définitivement, et basta !

D’ailleurs, le bouchon bricolé est pas mal, les émanations d’essence sont limités.

La piste est assez bonne, un peu caillouteuse, mais on a vu pire. Les voitures roulent bien. La fin est proche.

8h15. PK217 sur le roadbook. Km 86381. Fin de l’étape marathon. Pointage kilométrique. Succès pour nous, nous n’avons que 6 km de trop, sur 217 ! Dernier ravitaillement au camion total. Contrôle de l’état de la voiture. L’échappement a méchamment touché lors du passage de Semkabel, et nous faisons un peu de bruit. Le silencieux est franchement défoncé, et s’est reculé, et tient désormais par le tube, qui est dessoudé, d’ailleurs. Les attaches caoutchouteuse sont cependant en bon état.

Il y a des sourires sur les visages. Il ne reste plus que de la route, c’est facile. La mécanique va pouvoir se détendre, les équipages aussi. D’une certaine manière, cette fin d’étape marathon, c’est un peu la fin du raid. Nous sommes heureux d’être arrivés jusque là. Il ne reste plus qu’à entre prudent sur la route de marrakech et Tanger.

10h. La route, la route, la route.

Km 86665. 16h. Bloqué depuis 15h dans le col de Tichka. Une citerne de gaz est renversé. Nous en profitons pour faire un peu de ménages dans la voiture (tout est relatif…), et retrouvé un stylo perdu sous les sièges depuis Ouarzazate. Un coup d’œil sous la voiture permet de voir que des vis de la plaque avant sont dévissées. Clé de 8 pour resserrer tout ça. La sangle de la plaque arrière est quasi sectionnée. Ca a vraiment cogné, à Semkabel ! On s’ennuie. Laurène s’agite sur le klaxon, ce qui ne sert à rien. Le monde est petit, nous rencontrons des parents d’Estaliens, ils font un trek au Maroc.

16h30 : ca redémarre !

18h : arrivée au final, récupération des entrées pour les hôtels. Nous sommes au Kenzi Farah. Rendez vous avec une amie de Mireille (mère de Baptiste) au palais des congrès, proche de l’hotel.

19h : Circulation monstre et délirante. Les règles de base de la circulation sont ignorées par tous ! Arrivée au palais des congrès. SURPRISE ! Il n’y a pas que l’amie, il y a aussi Mireille ! Hey, ça n’était pas prévu, ça ! En plus, on doit puer atrocement, on ne s’est pas lavé depuis 10 jours !

21h : à l’hotel… Evidement, notre ascenseur est en panne… Douche… quel plaisir. On évacue aussi les fringues militaires pour retourner au civil. Ca fait presque bizarre !

carnet de route: 22.02.2007

Etape marathon Timerzif - Marrakech. 22 et 23.02.2007
Km 86158

Départ vers 9h. Ca roule bien. Les voitures se suivent.

Comme toujours dans des paysages toujours sublimes.

Km 86280. 11h. Nous sommes en panne.

Le tube entre le réservoir et la pompe a essence est bouché. Tentative de débouchage au compresseur, avec des médecins de l’organisation. Ca ne marche pas, c’est complètement bouché. Nous attendons l’assistance méécanique, qui a des compresseurs plus puissant. Au bout de 2h, un 4*4 arrive enfin. Nous tentons d’utiliser son compresseur, mais rien à faire, c’est bouché, définitivement. Nous avons vérifié l’état du tube sur toute la longueur, il est intact. Le problème vient peut être de la crépine. Nous attendons le camion d’assistance avec les mécaniciens. Le temps passe, c’est l’ennui, c’est l’échec. Quelle merde. Notre premier problème grave. Laurène tente de dormir, elle est un peu malade.

14h30 : l’équipage numéro 1043 (voiture orange avec radiateur à l’arrière) nous fournissent une longue durit. Avec elle, nous relions d’un bout l’entrée de la pompe à essence, puis faisons sortir la durit du capot, courir le long de la portière passager, rentrer par la fenètre et plonger dans un jerrican ouvert, au pied du copilote ! C’est artisanal, ca pue l’essence dans la voiture… mais ca marche ! le moteur tourne à nouveau joyeusement ! Nous repartons en riant de cette délirante situation. Il y a une semaine, j’aurai (Baptiste) fait une syncope à l’idée de rouler avec un coktail molotov de 20 litre contre mes jambes…

Km 86314. Navigation à la boussole. Comme le dit le roadbook, c'est l'enfer des cailloux...

Nous sommes un peu en solitaire, à la boussole, avec juste une ou deux voitures. Le cap est pourtant bon.

On est vraiment au milieu de nulle part. Heureusement, la piste est assez stable, et le jerrican, bouché avec une serviette de toilette, ne bouge pas. Seuls ou presque au milieu du désert, avec une 4L rose bricolée et qui pue l’essence… Ce que nous faisons est assez incroyable. Quelle expérience extraordinaire !

Nous plantons la tente vers 18h, au pied du col de Semkabel. Baptiste bricole un bouchon plus performant pour le jerrican et sa durit, à base d’un morceau de bouteille en plastique, de chewing gum, de scotch et de morceau de torchon.

La nuit tombe. Au milieu du désert, la nuit est magnifique et le calme absolu. La voute céleste révèle la voie lactée comme je ne l'avais jamais vue. Sensationnel!

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carnet de route: 21.02.2007

Merzouga - Timerzif, 21.02.2007
Km 85995

Départ de Merzouga avec les pneus regonflés à 2 bars partout. Le filtre à air a aussi été nettoyé. Le temps est à l’amélioration, avec un vent moyen, un ciel nuageux avec de belles trouées de ciel bleu. Laurène sort aussi les vêtements militaires…

Km 86066 : plaque arrière de protection à nouveau perdue. La ficelle est coupé, sans doute par des arrêtes tranchantes des cailloux. Nous la refixons selon la même méthode, mais avec trois ficelles, à 3 points de fixation différents sur le châssis. Nous croisons des dromadaires, au milieux d’arbres solitaires.

Km 86075. Voitures de l’organisation et 4L en ruine. Un trou passé trop rapidement : la voiture a plongé dans la petite crevasse, n’a pas pu remonter et s’est fracassé.

Km 86088. Arrivée au bac à sable prévu sur le roadbook. Il y a encore quelques cailloux. Navigation à la boussole. Le copilote prend le cap, et nous dégonflons les pneus à 1.4 partout.

Km 86119. Le temps est désormais beau, et nous venons de passer le bac à sable avec brio : pas le moindre ensablement, alors que de nombreuses voitures ont du sortir les plaques de désensablement. Le spectacle était magnifique, avec des dizaines de 4L sur un front de plusieurs kilomètres. Les cailloux reviennent, donc, nous nous arrêtons pour remettre de la pression dans les pneus, qui passent à 2.1 bar partout. Nous contrôlons également la réparation de la plaque de protection arrière. L’une des ficelles est sectionnée. En fait, c’est sans doute les arrêtes de la plaque, parfois assez tranchantes, qui liment les ficelles. Nous poursuivons. Le copilote commence à bien connaître le dessous de la 4L… Les paysages sont splendides, et mis en valeur par un temps enfin beau. Plateaux désertiques et arbres solitaires.

Piste, cailloux.
Piste, cailloux.
Piste, cailloux.

Yeah ! km 86142, retour sur la route ! La fin de la spéciale est proche, il est 14h10, nous avons vraiment bien roulé. Pas d’erreur d’orientation, et pas d’erreur de pilotage, et une voiture qui tourne bien. C’est une journée faste et très plaisante, surtout la partie bac à sable, en navigation hors piste à la boussole. Superbe expérience.

Arrivée au bivouac vers 15h. Le temps est magnifique, le site également.

Nous sommes au centre d’une plaine désertique, avec des collines de cailloux noirs à proximité. Après avoir monté la tente, nous vidons la voiture pour atteindre la cantine de pièce de rechange. Le copilote souhaite récupérer le cric hydraulique, et une scie à métaux: nous avons du temps devant nous, et Baptiste veut faire quelque chose de plus solide pour la plaque de protection arrière. Laurène va au ravitaillement en carburant, puis part faire un peu de tourisme, pendant que Baptiste attaque la plaque à la scie à métaux. Ce n’est pas évident… En fait, nous voulons créer 2 crochets en repliant des morceaux de la plaque sur le côté droit, là ou la fixation est perdue. Ces deux crochets sont enrubannées avec de chatterton, pour masquer les arrêtes tranchantes (nous n’avons pas de lime). Puis opération ficelles, lesquelles sont renforcées par du scotch.

Pour le coté gauche, les ficelles sont maintenues, et doublées par un morceau de sangle. Dommage que nous n’ayons pas de fil de fer. La plaque est désormais tenue des deux cotés, par un total de 5 ficelles et 1 sangle.

La nuit tombe. Nous assistons au briefing avant d’aller dormir. Demain, c’est le départ de l’ultime étape : le marathon, sur 2 jours, avec nuit n’importe ou dans le désert…

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carnet de route: 20.02.2007

Errachidia - Merzouga, 20.02.2007
Km 85876

Légère pluie durant la nuit, cependant, la tente est sèche, ou presque, au matin. Un peu partout autour du camp, c’est le folklore des « toilettes ». Comme il n’y en a pas pas, chacun fait un peu ou il peut… c’est assez crade, il est préférable de n’être pas trop pudique…

Départ à 7h30, sous une légère pluie. Il fait toujours aussi froid. Le ciel est bouché. La voiture a bien démarré, mais a du mal à tenir le ralenti. La faute au schnorkel, désormais utilisé : l’air aspiré par le moteur est très froid, puisque non préchauffé par l’échappement. Du coup, le moteur met du temps à chauffer. Nous traversons des villages. Tout va bien à bord.

8h40, km 85948. AAAARRRRGGGG !!!! On vient de se faire emboutir le pare choc arrière par une autre 4L !! Les voitures ont freinné assez brutalement devant nous, on a entendu des roues se bloquer derrière nous, glisser sur la route mouillée… et BLAM ! L’horreur et la colère ! Faut tenir ses distances, merde ! Le pare choc est enfoncé jusqu’à la carrosserie, mais rien de grave au delà. Seul le support de pare choc est tordu, les longerons ne semblent pas déformés, le coffre n’est pas bloqué. Nous avons surtout eu peur à cause du crochet arrière, directement soudé au chassis : le choc aurait pu endommager notre chassis, et ca, c’aurait été grave. Le mal est superficiel, mais ça fait chier quand même !

km 85971. Dunes en vue, et sable mélangé de petites pierres sous les roues. Nous abaissons la pression des pneus à 1.7 à l’arrière et 1.5 à l’avant. Le roadbook est formel : cap à suivre : 160° à la boussole. Les responsabilités du copilote augmentent… Yeah !

km 85990 Pierres et sables. Les 4L sont éparpillées partout, nous suivons le cap préconisé par le copilote lorsqu’une bosse plus violente que les autres secoue la voiture, immédiatement suivit d’un raclement continu à l’arrière. Bigre. La plaque de protection arrière traine par terre, celle avant a perdu quelques vis dans l’affaire… La plaque arrière protège le réservoir et est fixée par une ligné de vis auto-foreuses dans le chassi sur l’avant, et par deux pattes métaliques visée aux longerons à l’arrière. De ces deux pattes, l’une a été arrachée et est perdue (à droite), l’autre est gravement tordu et la vis a disparu (à gauche). Imaginer que la fixation manquante est partie par l’arrachement d’une bande de tole de près de 5mm sur près de 10cm laisse imaginer la violence des impacts qu’encaisse notre pauvre 4L.

Baptiste, en tant que copilote-mécano, soulève la voiture avec le cric, se glisse en dessous pour faire des réparations de fortune. Rien à faire pour le coté droit, pas de point d’accroche. Sur le coté gauche, la vis est remplacée par de la ficelle. C’est artisanal, et le copilote doute que cela ne tienne bien longtemps, mais nous n’avons pas le temps pour faire mieux actuellement.

Arrivée à Merzouga à 10h30. C’est un bordel et un embouteillage monstre pour le pointage et déchargement des fournitures scolaires. L’organisation semble manifestement dépassée par le nombre de voitures. D’après Jean-Jacques, la pluie (légère et intermitente) gênerait le passage de l’épreuve des dunes. Pour nous, il semble plutôt que c’est le pointage et le déchargement qui sont sous-dimensionnés… Après le fiasco lié au col de belkassem, la grogne commence à monter parmi les équipages : nous n’avons pas payé 3000 euros de frais d’inscription pour passer des heures dans les bouchons !

A 15h, nous avons enfin déchargé le matériel scolaire. Nous décidons de tenter l’épreuve des dunes. Il n’y a plus de cailloux, aussi nous abaissons la pression des pneus à 1.2 partout. La 4L est plus légère, le coffre semble vide, sans le matériel scolaire. La réparation de la plaque n’a pas bougé pour l’instant.

Km 85993. Parcours des dunes effectué de main de maître par la pilote ! pas d’ensablement ! La clé, c’est de toujours maintenir le mouvement : les roues avant doivent garder du couple quitte à patiner, et il faut éviter de tomber dans les ornières creusés par les voitures précédentes. Enfin, il faut secouer vigoureusement le volant, pour forcer les roues motrices à toujours mordre et le sable, et ne pas s’enliser.

L’aventure des dunes est tellement prenante -la voiture saute et tangue de partout- que Baptiste en oublie de prendre des photos ou de filmer !

Plantage de la tente ensuite, sous une légère pluie. Qui a dit qu’il allait faire chaud, hein ? Entre le sable et l’humidité, on ne peux pas dire que tout soit pour le mieux… Du coup, nous oublions l’idée d’aller voir sous la voiture. Il n’y a qu’à dire que ca tiendra…

21h : nous avons livré le matériel scolaire. Plein d’enfants, des dessins, un discours très émouvant lu par un petit marocain. Le moral remonte en flèche. Nous sommes heureux, et un peu fier d’être ici. J’ai enregistré l’ensemble en vidéo, et depuis, l’appareil photo ne fonctionne plus… Au s’cour ! Je repasse sur l’ultime carte de 512 me restant. Grrr, pourvu que celle de 1Go (à peine utilisée, en plus) n’ai pas foutu en l’air les quelques photos, et surtout, le discours du petit !

Quoi qu’il en soit, les enfants semblaient enchantés, et nous aussi. Que de sourires, de merci, de chaque cotés… Les épreuves et les efforts consentis sont largement récompensés par les rires de ces gamins. L’émotion était intense, ce moment était magique. Dommage que la pluie ne gène ces festivités. Nous avons rencontré quelques équipages sympathiques, « nos » piments, par exemple. Si seulement la pluie, les parkas et les écharpes pouvaient disparaître, cette soirée serait parfaite. Le soleil, même trop chaud, aurait été plus sympatique, et aurait magnifier le cadre mis en place. Nous sommes pourtant surpris par certains équipages, totalement décalés. Certaines élégantes trouvent et prennent encore le temps de se maquiller et entretenir coiffure sophistiquée ! Incroyable ! D’autres ressemblent, au sortir de leur voiture, à des parisiens arpentant les rues branchées ! En ce qui nous concerne, c’est très clair : fonctionnel et solide ! Le style, tant pis !

Bénies soient d’ailleurs les pompes et les fringues des militaires, impeccables de confort et de tenue dans le sable ou la caillasse ! Le style est détonnant, mais quelle importance, ca fait aussi partie de l’aventure !

Cependant, Laurène fait remarquer que je peux bien critiquer, moi qui sort mon rasoir électrique… Oui, bon… Le style « n’importe quoi » à ses limites ! Nomého !

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carnet de route: 19.02.2007

Enjil - Errachidia 19.02.2007
Km 85596

Réveil 5h. A 5h30, nous commençons à ranger la tente. Il fait un froid glacial, il y a du givre sur les voitures. Baptiste sort les vêtements du 35° régiment, et les chaussures, bien plus pratiques pour marcher sur la caillasse qui nous environne. Il nous faut environ 1h30 pour tout ranger et prendre le petit déjeuné. La voiture démarre au quart de tour, alors que l’on entends certains démarreurs tourner désespérément… À 7h, nous prenons la piste, et testons pour la première fois le petit transformateur, permettant de charger nos appareils 220V sur la prise allume cigare.

Km 85531 : Virage serré à droite, en pente. Bruit assez désagréable de frottement sur le train avant droit. Nous doutons qu’une plaque où le pare choc touche la route, qui est bonne. Est-ce les pneus neige contre la carrosserie ? C’est en tout cas ce que pense Baptiste, qui soupçonne les ailes d’êtres trop étroites pour les pneus que nous avons installés, et qui sont un peu plus larges que les précédents. La route est sinueuse, et nous entendons les mêmes bruits de frottement lors des virages un peu serrés, accentués lorsque la voiture penche de l’avant, lors de freinage ou de pentes. Nous sommes confortés dans l’idée que les pneus sont responsables.

Km 85568. Une 4L est accidenté sur le bord de la route. L’avant est défoncée, des marques importantes sont visibles sur les flancs et l’arrière. Retournement, tonneaux ? Des 4*4 de l’organisation sont sur les lieux, nous continuons donc sans nous arrêter, en redoublant de vigilance.

Km 85568 : Arrêt pour retirer de l’argent à un distributeur. Baptiste en profite pour vérifier le dessous de caisse et les pneus. Ceux ci ont des marques, pour l’instant superficielles, sur les bordures extérieures. Ce qui confirme la thèse des ailes trop étroites.

L’appareil photo numérique est complètement chargé : 1h30 suffit donc pour le recharger entièrement, comme sur le secteur ! Parfait, ce transformateur !

Nous poursuivons dans les oueds cruels. Malheureusement, l’organisation ne semble pas avoir pensé au goulet d’étranglement que constituent ces oueds, et d’immenses bouchons se forment. La patience devient le maître mot. Baptiste s’inquiète pour le timming : il faut être au début de piste pour Belkassem avant 14h !

Les premiers passages d’Oued sont impressionnants. Avec notre voiture surchargée, le fond de caisse racle abominablement. La voiture bondit, le moteur hurle (nous sommes contraints de rester en première pour garder le couple), les suspensions sont constamment en butée, ça cogne dur ! Pourtant, le copilote descend pour alléger. On souffre pour notre voiture, et l’on bénit les mécaniciens qui nous ont installé les plaques de protection.

Video ici

Km 85604 La voiture toussote et perd de la puissance. Et calle. C’est la panne. Nous démontons le filtre à air pour accéder au carburateur. Celui-ci semble plein d’essence. Pourquoi, mystère… Nous redémarrons sans le filtre et avec le starter, et faisons tourner le moteur assez rapidement. Le ralenti se stabilise et tient bien, ça semble fonctionner. Nous remettons en place le filtre en branchant l’admission d’air sur le schnorkel. La voiture a retrouvé toute sa pèche. Ouf ! En revanche, les pneus continuent de souffrir sur les ailes. Nous décidons de nous arrêter à nouveau pour faire quelque chose : à la pince, nous tordons les ailes pour tenter de les élargir. C’est moche, mais les pneus ne frottent plus. Il fallait faire quelque chose, car les pauvres pneus n’auraient sans doute pas tenu tout le raid à ce traitement.

Nous poursuivons en bouffant une quantité incroyable de poussière, qui s’incruste partout. Le soleil commence à chauffer.

De retour sur le route, nous voyons bien que la voiture a morflé. De la poussière partout, et même le bouton de réglage du chauffage, quasi par terre : à force de vibration, la vis s’est complètement dévissée !

15h Les gamins on des gènes chinois et tentent d’arrêter les voitures pour mendier des stylos, des bonbons, en se jetant quasiment sous nos roues ! Nous craignons d’en renverser un.

15h50, km 85694 : arrivée sur Beni Tajjite. La voiture juste devant nous se prend un pavé dans le pare brise, jeté par un gamin furieux de ne pas recevoir de stylos. Le pare brise est explosé, heureusement qu’ils avaient du verre feuilleté. Nous sommes écoeurés. Pourquoi pareil acte ?

16h. La piste pour le col est fermée (logique). Seules 200 voitures environs sont passées. Les oueds étaient trop engorgés, ce n’est pas une surprise. Nous changeons d’itinéraire pour passer par Bouanane, rejoindre Boudnib puis le bivouac. Il faut environ 2h30 de route. Nous sommes dans la première moitié arrivée à Beni Tajjite. Ce qui signifie que certains sont encore dans les oueds à 16h. Nous leur souhaitons bon courage, car ils vont avoir de la route et de la piste de nuit…

A l’arrivée, catastrophe : Lors du ravitaillement en essence avec les jerricans, Baptiste à oublié de remettre en place le bouchon de réservoir, qui est perdu… Fort heureusement, nous nous procurons un nouveau bouchon lors de la bourse aux pièces. L’incident est clos.

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