Rouge-cerise.net

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mardi, mars 2 2010

Une Allemande et une Japonnaise

Sous le haut patronage de Tarvalanion qui s’était entremis pour nous mettre en contact direct, je recevais le weekend dernier au Mans Nicoco_m, premier représentant de la galaxie des twitteux à débarquer chez moi, et aussi de la galaxie des motards pédés. Autant dire que pour l’occasion, j’avais fait mon célèbre clafouti, et qu’il était au four lorsque mon hôte est arrivé.

Après avoir rangé sa BMW (à chaine) à coté de ma Kawette, nous avons passé la soirée à papoter. Il fut question de moto, de voyage, de twitter, de twitteux et de Tarvalanion.

Je retiendrais que, comme tous mes invités précédents, Nicoco n’a pas pu retenir le traditionnel « ah ouais ! » lorsque j’ai déplié mon canapé magique.

Le lendemain matin, il faisait grand beau à l’ouverture des volets. Je dois dire que je n’en espérait pas tant !

Road book en poche, nous avons enfourché nos montures vers 10h30 en direction de Sillé le Guillaume, ce qui a permis à mon acolyte d’expérimenter les longues routes toutes droites de la Sarthe. Fort heureusement, tout cela s’est arrangé par la suite, la route Sillé le Guillaume - Villaine la Juhel était plus satisfaisante. Ensuite, nous avons roulé un petit peu au pif, l’objectif était de rejoindre Saint Leonard des bois puis Saint Ceneri le Gerei, dans les Alpes Mancelles. Nous n’avons pas exactement emprunté la route prévue, ce qui ne saurait être mis sur le compte de mon road book, aussi détaillé que finement préparé.

roadbook.JPG

Nous avons alors fait la pause au niveau de la chapelle de Saint Ceneri, que j’affectionne tout particulièrement pour son intérieur peint et sa voute en bois.

BMW_Kawette.jpg

J’aime également assez la fresque en sculpture métallique représentant les étapes de la vie du Christ. A l’occasion, il faudra que j’y retourne, car j’ai oublié de faire quelques photos de cette œuvre. Ca m’avait déjà échappé la première fois.

Finalement, nous sommes reparti avec le dessein d’atteindre Alençon pour nous y restaurer. Déception, pour un samedi midi, la ville semblait particulièrement morte. A croire que tous les Alençonnais étaient dans la taverne Alsacienne ou nous avons déjeuné.

Le temps, hélas, se faisait de plus en plus menaçant. Nicoco ayant pris la tête à la sortie d’Alençon et ayant manqué la bifurcation pour aller à Fresnay sur Sarthe puis Ségrie par une petite route viroleuse, nous avons roulé à rythme soutenu par la nationale jusqu’à Beaumont sur Sarthe, ou nous sommes repartis vers l’Est afin de rejoindre l’inévitable départementale 6. Nous y sommes arrivés alors que conformément au timing annoncé par la météo, les premières gouttes commençaient à tomber. J’ai donc renoncé à la seconde partie de cette route (Courcemont - Bonnétable), afin de mettre immédiatement le cap sur le Mans. Il s’agissait aussi d’aller faire du shopping, mon invité ayant absolument besoin de remplacer un pantalon de pluie à l’agonie en prévision du retour à Paris. C’est d’ailleurs sous une petite averse que nous avons traversé Le Mans. Pas de visite, donc : Nicoco est reparti sans avoir eu le temps de voir le vieux Mans. En effet, l’alerte orange pour le vent ayant été déclaré, il a décidé, à raison je pense, d’écourter le séjour et de repartir dès samedi, vers 18h.

En résumé, un weekend sympathique et une belle balade de presque 200km. Il faudra remettre ça !

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jeudi, février 11 2010

Eh, Eh (Nothing Else I Can Say)

Ce matin là, il tombait une légère bruine sur l'avenue Saint Germain. Il faisait froid, je suis sorti du métro en me cachant sous l'écharpe. Lundi matin, Paris se réveillait et allait travailler. Ipod dans les oreilles, je me suis mis à marcher, un peu au hasard, le sac sur le dos. Le nez en l'air, les mains dans les poches du jean, je marchais, tranquille et détendu, le nez en l'air. Je regardais les immeubles, les gens. Les bâtiments sont beaux, vers Saint Germain, et le bruit de la ville était juste assez étouffé par la bruine et ma musique pour être plaisant. C'était le bruit du mouvement, de la vie, de l'anonymat des Parisiens s'affairant dans leur vie de citadins. Un scooteur qui klaxonne, le vrombissement d'une voiture démarrant après un feu rouge. Je passe devant l’Eglise de Saint Germain. Il y a une sublime moto BMW, à l'ancienne, beige et noire, phare rond. J'arrive devant la Fnac. Elle est fermée pour inventaire. Je choisis donc de poursuivre ma marche sans but défini. J'avance, tout droit, en regardant toujours à droite, à gauche, les magasins qui ouvrent, le papy appuyé sur sa canne qui rentre dans une boulangerie, cette jeune fille qui marche vite. Ce petit crachin continue de tomber doucement. Lady gaga chante dans mes oreilles. Il fait froid, mais je garde un petit sourire au coin des lèvres. Je suis heureux de ce bruissement de la vie. Je ne me sens pas vraiment concerné par ce monde là, je suis en vacances, je ne fais que marcher, sans but. L'agitation m'amuse. Je m'interroge sur les gens que je vois. Quelle est leur vie? Ou vont ils, là, maintenant, tout de suite? Ils ont tous leurs préoccupations, leur urgence du moment. Moi, je n'ai rien du tout, juste du temps à perdre. Ne rien faire en bougeant, c'est jouissif. Au croisement de saint Germain et de saint Michel, j'hésite. Finalement, je vire à gauche. Je continue à marcher en calant mon pas sur le rythme de la musique, Poker face, et je précède une petite famille. Monsieur, plan d'une main, garçon de 8 ans de l'autre, madame, poussant une poussette. Je m'amuse à les suivre. Qui sont ils, que font-ils, un 8 février à Paris? Soudain, l'homme se retourne et m'aborde avec son plan. Il cherche Notre Dame et il est italien. Je lui indique le chemin, et décide de m'y rendre aussi. Ils avancent lentement, je les double. Soudain, à la fin de l'avenue, la cathédrale apparait. Les Italiens me suivent. Je leur indique de la main la cathédrale. Il s'exclame et se baisse pour montrer à son enfant. Son bonheur fait plaisir à voir. Je ne sais pas qui ils sont, mais je suis content pour eux.

Je me sens d'humeur nostalgique, plus que jamais étranger à cette agitation qui m'entoure. Je suis sur le pont d’Arcole. Lady gaga dans les oreilles, mains dans les poches, menton enfoui dans l'écharpe, le sac à dos pesant sur les épaules. Il fait froid, mais je me sens bien, arrêté sur ce pont, face à la cathédrale. La seine coule en dessous. Je tourne sur moi même. Tout est beau. A cet endroit, Paris donne le meilleur de lui même. Même ce temps humide et maussade participe à l'ambiance de l'instant, un peu mystérieux, un peu étouffé, mélancolique. Je respire, très fort. Je suis ému par cet instant, je suis heureux d'être ici, à cet instant précis. Je me sens solitaire, satisfait et calme. Je tourne sur moi même, me cache encore un peu plus dans le col de mon blouson, frissonne un peu. A cet instant, j'aurai voulu avec un compagnon à coté de moi. Nous aurions partagé le moment. En silence, je l'aurai pris dans mes bras, je l'aurai serré très fort. On se serait embrassé, j'aurai senti le gout un peu salé de la bruine matinale sur ses lèvres et la chaleur de son corps au travers des vêtements. Des passants n'auraient rien vu, d'autres auraient été choqués, d'autres gênés, d'autres jaloux, d'autres heureux, peut être. Moi, j'aurai juste été ému, fier d'être ici, d'exister avec un autre, j'aurai juste atteint le niveau maximum du plaisir simple, égoïste mais innocent, et sans un mot, on serait resté ainsi quelques minutes, l'un contre l'autre, à tourner lentement sur ce pont de Paris, inconscients du monde tournant autour de nous, partageant seulement l'instant, le bonheur, la vie. J'ai senti une larme se former au coin de l'œil. Je l'ai écrasé du bout de l'index. Lady Gaga a continué à chanter.

Boy we've had a real good time
And I wish you the best
On your way
Eh, Eh
I didn't mean to hurt you
I never thought we'd fall
Out of place
Eh, Eh

J'ai respiré un coup, jeté un dernier coup d'œil autour de moi, et, encore un peu bouleversé par mes propres émotions, je suis reparti avec un discret et énigmatique sourire aux lèvres.

And eh! There's nothing else I can say
Eh, eh, eh, eh
There's nothing else I can say
Eh, eh, eh, eh
I wish he never looked at me that way
Eh eh, eh eh
There's nothing else I can say
Eh, eh, eh, eh
Eh eh, cherry cherry, boom boom
Eh eh, eh eh
Oh, yeah
All I can say is eh eh

mercredi, juillet 29 2009

CCLS

Après un samedi à ne rien faire, j'avais décidé de consacrer mon dimanche au tourisme Sarthois. Après tout, il faut bien que j'essaie de connaitre un peu cette région que j'habite depuis presque un an. L'objectif était d'aller jeter un œil dans les Alpes Mancelles. Située au nord-ouest de la Sarthe, cette zone est censée présenter des reliefs plus marqués que le reste du territoire Sarthois. Ce qui n’est pas difficile.

N'ayant pas touché à kawette depuis 15 jours et le temps étant très favorable, l'occasion était parfaite. Je suis donc parti à la journée. Dans la sacoche magnétique, un pique nique, un bouquin, le ipod, l'appareil photo, et l'itinéraire.

itineraire20090723.jpg

La première partie, du Mans à Fresnay sur Sarthe via Ségrie, était une mise en train, puisque j'ai déjà fait ce parcours plusieurs fois. Il a l'avantage de présenter une route sympathique, un début de relief et quelques virages agréables. L'aventure commençait ensuite. Jusqu'à arriver à Saint Ceneri le Gerei, je dois dire que j'étais dans l'expectative. On était assez loin des paysages paradisiaques promis. Il y avait bien un peu de relief, mais rien d'aussi excitant qu'espéré. Qui plus est, l'arrivée sur Saint Ceneri aurait pu être géniale, via une route qui serpentait pour descendre dans un vallon. Las, la DDE avait généreusement gravillonné... Fort heureusement, le village à l'arrivée mérite le déplacement. J'ai laissé kawette dans un coin pour aller prendre quelques photos.

Saint_ceneri.JPG

Il était environ 12h et je dois dire qu'avec le plein soleil, il commençait à faire bon... A la sortie du village, j'ai remarqué une zone de pique nique parfaite, au bord de l'eau et ombragée. Finalement, j'ai décidé de poursuivre. Pour arriver à Saint Leonard des bois, je suis passé par une mini route. C'était vraiment la Sarthe. Attention pour les citadins sensibles à l'excès de chlorophylle, la photo suivante peu provoquer des crises d'angoisses. C’est Ca La Sarthe (CCLS) :-)

CCLS1.JPG

A l'image de Saint Ceneri, Saint Leonard me semble prometteur pour le tourisme. Mais il y avait beaucoup plus (trop) de monde, la faute à une manifestation ressemblant à une kermesse. Je me suis réfugié dans la Vallée de la misère (!) (CCLS !!) pour le pique nique, à proximité d'un domaine dédié à la randonnée équestre. La zone de pique nique, à flanc de colline, était un pré à demi ombragé, fréquenté par des familles en vacances, un groupe de jeunes ayant visiblement investi chez Heineken et un groupe d'amis, la trentaine, leurs enfants et un très beau berger Allemand bien dressé qui rapportait la ba-balle. Je n’en avais pas vu depuis longtemps, et je l’ai trouvé très beau, ce chien. Bref, la scène classique de bonheur de vacances. J'y ai participé en passant un agréable moment, en lisant Sagan et en écoutant Vanessa Paradis.

J'ai ensuite tourné le dos aux Alpes Mancelles (qui m'ont finalement moyennement convaincus, je m'attendais à plus (trop) grandiose) pour retourner vers Sillé le Guillaume. Pause au bord de la route, pour la photo dont l’assemblage en diaporama… CCLS.

CCLS.jpg (clic pour zoomer)

Comment voulez vous que l'Alsace ne me manque pas? A Colmar, les montagnes étaient si proches...

Sillé le Guillaume fut finalement ma bonne surprise. L'ancien château, à demi en ruines et l'église qui le jouxte sont assez beau.

chateau_sille.JPG

L'église, notamment, reprend cette architecture à plafond en bois que j'ai déjà vu plusieurs fois en Sarthe. Etant un piètre photographe muni d'un appareil compact vieillissant, la photo est mauvaise...

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J'ai achevé ma longue balade par des routes que je connais déjà plus ou moins, et qui sont toujours d'un grand plaisir. Mention spéciale pour la D5 entre Sillé et Beaumont sur Sarthe, toute en courbes. Puis, évidement, pour la D6 entre Courcemont et Saint Mars sous Ballon, qui reste mon aire de jeu favorite.

dimanche, juin 21 2009

130 kilomètres à deux

Voila un moment que je n'avais pas fait de compte rendu de balade. Pourtant, hormis les weekends où je suis avec La Cigale, elle roule toujours, ma moto. J'ai déjà fait dans les 3500km. Ce weekend, la sortie était un peu spéciale, puisqu'il n'y avait pas une, mais deux kawettes. J'ai découvert que mon collègue avait acheté la même, à la couleur près, 3 semaines après moi. D'ailleurs, un autre a fait pareil, mais il ne pouvais pas nous accompagner ce weekend. 2 kawettes, donc, un road book mal préparé parfait pour se perdre. Finalement, on a fait 130 bornes, comme prévu, mais pas par la route prévue.

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Il faut le dire, on a roulé à un très bon rythme, et on s'est vraiment très bien amusé. Quelques voitures nous ont ennuyé en gâchant par leur lente présence de beaux virages, mais rien de grave: On a doublé très vite.

J'ai découvert des endroits que je ne connaissais pas, et suis repassé par d'autres qui, avec le printemps et la verdure, sont vraiment devenus sympathiques. D'autant que le nord de la Sarthe est un peu plus vallonné que le sud (ce qui n'est pas difficile), ce que j'apprécie beaucoup. Entre Saint Cosme-en-Varais et La Bosse, par exemple, il y a vraiment des superbes endroits. Je le soupçonnais, j'en suis maintenant convaincu. Entre Savigné-l'Evêque et Champagné, également. En plus, mon collègue connaissait bien la route. Donc, il savait quels virages étaient plus importants que les autres, ce qui permettait de rouler à un bon rythme. Ca penchait dans tous les sens, c'était vraiment super! Comme je sais qu'il est plutôt prudent, je suivais avec confiance et entrain, en me disant que si lui passait, je le pouvais aussi sans problème et puis je n'allais pas le laisser s'échapper, ce p'tit con qui s'était permis de dire que ma moto est en bon état pour une vieillotte de plus de 40000km compteur, qu'est ce qu'il se permet avec sa brêle à peine sortie du rodage!. Aurais-je été seul que je n'aurais pas enchaîné aussi rapidement.

J'ai repris la tête pour les 30 derniers kilomètres, pour passer par la route que j'emprunte pour rentrer du boulot. Et enfin, photo souvenir.

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Vous avez vu comme la grise et rouge est plus belle que la noir et or? :-D

dimanche, avril 26 2009

Wouhooouu!

Dimanche, soleil, ciel bleu, quelques nuages... Kawette!

105km, dont 70 au moins de gros, gros, gros plaisir.

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Entre La Croix des Cinq Charmes et Nogent le Bernard, c'était pas prévu car je m'étais perdu, mais c'était super chouette! Virages sur virages, petites côtes, petits ponts pour passer sur des gros ruisseaux serpentants parmi les bosquets, à travers champs sur une route en plus excellente (beau tapis, pas de gravillons)... J'avoue, j'avoue, le compte tours était toujours au dessus de 4500 tours (gros record pour monsieur-sous-régime), j'alternais accélérateur et frein moteur...

Ensuite, la D6 entre Bonnétable et Saint Mars sous Ballon... J'en ai déjà parlé, et ça reste ma plus belle route!

lundi, mars 16 2009

La campagne Sarthoise

Ce weekend, comme tous les weekends, je suis sorti en moto. Ce weekend, pas comme tous les weekends, je me suis aventuré loin, dépassant chaque jours la barre des 120 kilomètres parcourus. Ce weekend, comme presque tous les weekends, je me suis perdu en faisant du tourisme.

J’ai découvert plein d’endroits qu’il faudra visiter lorsque, mai passé, les monuments s’ouvriront aux visiteurs. Le parc du château du grand Lucé, le château de style renaissance de Lude.

Au hasard des minuscules routes communales très généreusement gravillonnées par nos amis de la DDE pour piéger les motards, j’ai découvert l’étonnante profusion en abbayes et autres prieurés de la Sarthe. Je suis passé par certains hameaux parfaitement hors du temps. 5 ou 6 fermettes, groupées autour d’un prieuré à demi fortifié. Avec les enclos en pierres empilés et les jardins où, d’ici quelques semaines, pousseront carottes, pommes de terres, haricots et tomates, et aussi quelques radis, là bas, derrières les patates. Et à coté du lilas en fleur, quelques plants de fraises, par gourmandise. Croyez le ou non, je suis même tombé, à l’entrée d’un minuscule hameau entre Le Lude et la forêt domaniale de Bercé, sur la chèvre de monsieur Seguin, attachée à un piquet en bordure d’un pré. Quel dépit de n’avoir pas eu l’appareil photo !

Au-delà de ces panoramas typiques et amusants, je me suis largement amusé. Si certaines voies sont des calamités, bourrées de nids de poules et de gravillons, d’autres sont de véritables bonheurs, serpentant au travers des champs et des lieux dits, donnant à chaque virage l’occasion de jouer à faire une belle trajectoire en penchant la moto. Par exemple, si se rendre au Grand Lucé est une horreur (une interminable ligne droite qui fait les pneus carré au milieu de rien), la forêt de Bercé recèle quelques succession de virages très sympathiques, et mêmes les lignes droites inspirent l’imagination, par l’odeur du bois bourgeonnant et de la résine des pins fraichement élagués. Seul sur la moto, je me suis enivré de ces parfums de printemps et de liberté, laissant mon imagination vagabonder, les soucis s'évaporer, l'ataraxie s'insinuer. J'ai vraiment passé un bon moment.

Au chapitre des progrès, j’ai d’ailleurs compris pourquoi le moniteur me harcelait pour que je me décrispe au niveau des avants bras. La confiance et l’habitude venant, je me sens plus à l’aise sur la moto et je cesse d’être totalement tendu. Et, en effet, c’est nettement plus confortable et beaucoup plus efficace pour engager les virages.

Un sacré bon weekend. Vive le printemps ! Même si, avec le printemps, reviennent aussi les moucherons qui s'explosent bêtement sur le casque et le blouson…

dimanche, février 15 2009

Donjon et loft

Dimanche, j’ai explosé mon record kilométrique en frôlant les 100km. Pourtant, ça avait mal commencé : à peine démarrée, kawette s’est mise à faire clignoter un stupide message sur le tableau de bord : « fuel ». M’enfin ! On avait pourtant passé un accord, elle et moi : Je ne tourne pas trop fort la poignée de droite et en échange elle ne consomme pas. Elle n’a pas respecté son engagement. En sortant de la station essence, j’ai donc décidé que j’étais libéré du mien. ☺

La première étape du jour fut donc la station essence du Leclerc (woohoo, trop fun !).

La première vraie étape du jour fut Bonnétable. Son accès est assez ennuyeux, avec une route certes de bonne qualité, mais aussi toute droite. Quand à la ville, elle est également assez quelconque, hormis un plan de voirie totalement délirant. J’ai rarement vu des rues aussi bizarres et des carrefours aussi incompréhensibles. En plus, ils mettent du gravillon partout ! Sans trop m’attarder, je me suis engagé sur la D6 en direction de Ballon. La carte était prometteuse, et cette route est effectivement un grand bonheur : plein de virages traversant plein de lieux-dits. Après avoir croisé un motard en grosse BMW (salut de la main gauche pour la puriste), j’ai vraiment apprécié. Kawette commençait à être chaude et j’en ai profité pour redécouvrir à fond ce qui m’amuse définitivement le plus à moto : le contre braquage. J’adore cette méthode de virage, pas du tout intuitive, qui consiste à utiliser l’effet gyroscopique de la roue avant pour faire pencher la moto et engager le virage. D’un coté, de l’autre… Woohoo, c’était chouette !

J’ai cependant toujours un peu de mal à gérer l’accélération pendant le virage. Déjà, pour éviter les à-coups, il faut être très stable au niveau de la poignée des gaz, car le petit bicylindre réagit très vite, aussi bien sur frein moteur qu’en accélération. Beaucoup plus que le bicylindre de 500 cm 3 ou le 4 cylindres 600cm3 des honda de l’école.

D’autre part, parce que j’hésite trop à rétrograder avant, ce qui me fait sortir du virage largement en sous régime (ma spécialité). Ou alors, j’ai carrément envie d’accélérer pendant le virage, comme en voiture. Ce qui n’est pas du tout une bonne idée en moto. Il faudra y faire attention… En revanche, j’ai très bien compris l’avantage de ne pas tenir mon engagement anti-conso-anti-tournage de poignée de droite… Oulalala, passé 7000 tr/minutes, ça continue d’accélérer, ce petit moteur ! Doubler est un jeu d’enfant et accélérer est un jeu tout court ! En plus, ça fait roopopopopooo !

Arrivé à Ballon, je ne savais plus trop que faire. Soit je partais en direction de Beaumont sur Sarthe, auquel cas j’allais retomber sur la route du prieuré de Vivoin, soit j’y allais un peu au pif. En voyant un panneau « Montbizot », j’ai décidé de le suivre, vu que j’avais abandonné cette étape lors d’une sortie précédente. J’en ai profité pour découvrir le donjon de Ballon qui, d’une colline, domine toute la plaine. Je ne sais pas si c’est habité, mais la vue est absolument imprenable. A l’occasion, il faudra que je m’y arrête. Le donjon semble régner sur les vestiges des remparts. J’imagine très bien une rénovation de cette tour, avec le perçage de grandes baies vitrées donnant sur la plaine. Un mélange de modernisme sur des bases ancestrales. Le genre de truc que j’adore et qui, hélas, est bien souvent impossible à cause des protections des monuments historiques et autres classements au patrimoine. C’est dommage, car je trouve que l’on s’interdit d’utiliser le passé pour construire du présent, comme si on cherchait à cloisonner les époques. Autant, pour un monument en parfait état et à très grande valeur historique, je le comprends (et encore, j’adore la pyramide du Louvre), mais pour le donjon de Ballon en Sarthe… Bref… revenons à nos moutons deux roues ! Je suis donc parti en direction de Montbizot.

Ensuite, je me suis perdu (comme d’hab’ !) sur des routes droites et tristes.

Je suis bien passé par Montbizot, qui n’a rien de fabuleux, mais sans trop savoir ni par où j’arrivais, ni encore vers où je me dirigeais. Je suis passé par une sorte de friche industrielle avec quelques bâtiments qui ferraient des lofts admirables (c’était décidément la balade à thème « projets architecturaux »), s’ils n’étaient pas dans un lieu aussi triste (pas de relief, loin de tout). Finalement, j’ai rejoint la Dxxx à proximité de Bazogue. Arrivé là, soit je retournais vers le Sud et Le Mans, soit je montais encore plus au nord, vers Beaumont sur Sarthe. J’y étais déjà passé et avait été très déçu, ne trouvant pas ce que le guide décrivait. J’ai donc choisi de lui laisser une seconde chance et d’y retourner. Grand bien m’en a pris. Beaumont recèle en effet une vieille ville très sympathique, avec un château (plus ou moins en ruine) perché sur une colline et donnant sur la Sarthe. Les ruelles pentues et pavées ne sont pas idéales en moto, mais le lieu semble vraiment chouette, et je pense que j’y emmènerais la Cigale lorsqu’il viendra. J’en ai aussi profité pour m’arrêter à un panneau touristique. Apparemment, encore plus au nord de Beaumont sur Sarthe, il y a un village fortifié. Voila une excellente opportunité de future balade !

Après cette découverte, j’ai décidé qu’il était l’heure de rentrer…

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