J’utilise le Palm Pré Plus depuis maintenant plusieurs jours, après l’avoir attendu plusieurs mois, tant j’avais été séduit lors de sa présentation en janvier 2009. Depuis, les errements marketings et commerciaux de Palm ont fait s’accumuler les nuages au dessus de Palm, au point que l’on me disait (et que l’on me dit encore) que je suis dingue d’acheter l’appareil d’une marque moribonde. 2 réponses : 1. couplé à un engagement d’un an, je me moque éperdument de la pérennité du fabricant de l’appareil. 2. Palm appartient depuis quelques semaines à HP, qui a annoncé sa volonté d’investir sur WebOS. Qui souhaite parier sur la mort prochaine du premier constructeur informatique mondial ?
Ceci dit, le temps est venu de faire un petit bilan de ce Palm Pré Plus.

Déballage : la boite est simple, assez bien organisée. La batterie est déjà installée dans l’appareil. On retrouve le cordon USB est l’adaptateur secteur / USB, une oreillette main libre, un guide succinct, une housse de qualité moyenne, et les traditionnels papiers de garantie limité. Rien d’extraordinaire.


Je trouve qu’il manque le chargeur sans fil touchstone car je ne pense pas que quelques dizaines d’euros en plus auraient effrayé les consommateurs (d’ailleurs, le coût réel de ce dock est certainement très inférieur). En revanche, ça serait un vrai élément différentiateur par rapport à la concurrence qui ne propose pas cette technologie qui, à l’usage, est vraiment cool.

L’appareil : Les goûts, les couleurs, ça ne se discute pas… Mais l’appareil est beau. Une très belle forme de galet, en rondeur, qui tient très bien en main.


Comparativement, mon ipod touch me fait mal à la main, maintenant ! J’ai été surpris par le poids comparé à la taille. La finition est assez bonne. L’appareil étant de type slider, il y a quelques jeux d’assemblage dans la glissière, mais c’est comparable à mon précédent Nokia E65. Rien à signaler sur la partie arrière, démontable, les ajustements sont de bonne facture.


La partie arrière, compatible Touchstone de série sur le pré (pas sur le pixi), est matte, presque douce, mais pas glissante, ce qui améliore la prise en main.

L’avant est fait d’une seule pièce, brillante. Le slider est très bien fait, et donne un léger angle entre le clavier et l’écran. Concernant le clavier, les touches sont petites mais on les sent assez bien sous les doigts. A l’usage, je fais très, très peu de fautes de frappe et je tape avec les deux pouces. Comparativement à l’ipod touch, la précision du clavier physique est incomparable et je préfère très largement. Tous les autres boutons sont en plastiques, et ils sont bien intégrés. Globalement, c’est satisfaisant.
WebOS : Au premier démarrage, il faut créer son profil Palm et utiliser une adresse Gmail pour la première synchronisation. Cette limitation à Gmail est regrettable et incompréhensible d’un point de vue général, pas gênant pour moi vu que j’utilise Gmail. Le profil Palm sert ensuite de sauvegarde : tous les jours, l’appareil effectue une sauvegarde sur les serveurs Palm (configuration générale, applications comprises). Une fois le profil créé, un petit tutoriel explique et fait essayer les principaux gestes nécessaires à l’usage (retour arrière, ouverture du lanceur d’application, utilisation du multitâche et fermeture des applications). En effet, en dessous de l’écran se trouve une zone tactile. Passer le doigt dessus, vers la gauche, la droite, vers le haut, provoque des actions sur le téléphone. WebOS est multitâche de la manière la plus élégante qui soit : les applications ouvertes sont représentés comme des cartes sur le bureau. On passe de l’une à l’autre très facilement, un peu comme le cover flow des pochettes d’album sur iphone. Pour fermer une application, il suffit de jeter la carte hors de l’écran, vers le haut. Voila pourquoi un petit tutoriel est nécessaire, et il est efficace car bien réalisé. Objectivement, je connaissais déjà tous les gestes. Cependant, je pense vraiment qu’à l’issue du tutoriel, n’importe qui peut utiliser WebOS sans aucun problème. Ensuite… l’appareil est prêt pour l’utilisation !
A l’usage : Au bout de quelques jours, le premier mot qui me vient à l’esprit pour décrire le Palm Pré, c’est « souple ». L’appareil n’est pas bâclé, et le système d’exploitation a un énorme potentiel. Je n’ai pas eu de mauvaises surprises, et tout ce que je voulais faire, j’ai réussi à le faire sans chercher. Le multitâche est une réussite d’ergonomie. Quoi de plus pratique qu’écrire un tweet ou un email, aller vite fait sur le net vérifier une date, un mot, un lieu, et en quelques glissements, revenir finir le message ? Lire un article sur Le Monde, recevoir une notification de SMS, voir immédiatement l’expéditeur, répondre en 2 pichenettes et retourner sur l’article exactement là où on l’a laissé ? L’interface telle qu’elle est pensée est douce et on voit constamment les tâches en cours. Bref, une merveille. A chaque fois que je reprends mon ipod touch, le système d’Apple souffre de la comparaison. C’est bien simple : sur WebOS, j’ai un sentiment de souplesse et d’ouverture. Sur OSX pour Iphone, j’ai un sentiment d’emprisonnement sur cet environnement noir rempli d’icones. Avoir une application pour tout, c’est bien. Mais l’application ne compte pas, c’est l’usage qui est important.


En parlant d’usage, beaucoup de mal a été dit sur l’autonomie du Palm pré. A raison, je pense : ne nous mentons pas, 3G activée, elle est mauvaise. On peut tenir une journée, mais pas plus. Après essai : une journée « calme », débutée à 7h, avec notifications twitter toutes les heures, quelques SMS, quelques emails, environ 20 minutes sur internet, un appel manqué et essai du GPS pendant 15 minutes : à 19h, il ne restait plus que 35% de la batterie. Le lendemain, j’ai reproduit la même journée, sans la 3G : à 19h, il restait 65%. A titre de conseil, je pense qu’il faut régler les emails / twitter pour un relevé 1 fois par heure maximum. La luminosité de l’écran peut être réglée au minimum sans gène (il est vraiment très lumineux d’origine). Et dans l’éventualité où on sait que la journée sera chargée, désactiver la 3G est une bonne idée. D'ailleurs, mon usage étant principalement SMS-email-twitter, la 3G ne m'est que d'une utilité limité... Pour info, j’ai mesuré qu’il faut 24 secondes à l’application « Le Monde » pour se mettre à jour en 2G et moins de 10 secondes pour mettre à jour mon client twitter. Sinon, il existe une batterie vendue par Seido Innocell, de 1350mAh au lieu de 1000 sur l'originale, qui affirme augmenter significativement l'autonomie, pour la modique somme de $44.
Au-delà de ces considérations générales, j’ai été assez agréablement surpris par la fonction Synergie de WebOS, qui consiste à consolider sur le téléphone les carnets d’adresses des différents comptes mails et gtalk (je n’ai pas essayé facebook, vu que je ne l’ai pas). Je craignais une importation sauvage et bordélique : il n’en est rien. De plus, le système permet de corriger les mauvais liens effectués, où en ajouter lorsqu’ils n’ont pas étés détectés.
La boite au lettre unifiée est également assez pratique, d’autant qu’elle n’est pas pour autant totalement verrouillée : soit on regarde la boite unifié, soit on peut regarder les comptes les uns après les autres. Je regrette en revanche l’absence d’agglomération par discussions, comme Gmail, qui est bien pratique. Comparativement, le logiciel de messagerie instantanée regroupe les SMS et Gtalk, et les échanges sont rangés par destinataire (comme sur l’iphone).
Concernant l’usage du clavier, j’ai déjà dit qu’en dépit des touches petites, on les sent bien sous les doigts et que je fais donc peu d’erreur. Le clavier physique azerty permet de tenir l’appareil à deux mains, pouces sur les touches, et de glisser de l’une à l’autre pour saisir, sans empiéter sur l’écran. Ce qui me permet de mieux tenir l’appareil, et d’utiliser les deux mains. Je tape donc bien plus vite que sur l’ipod où je n’arrive pas à utiliser les 2 pouces sans avoir mal aux mains en quelques minutes (et avec l’appareil en position instable, en plus). Néanmoins, ça ne gâcherait rien d’ajouter un correcteur type T9. Je lui délèguerai avec joie le positionnement des accents et on atteindrait l’idéal en termes de saisie.
Quelques mots sur la boutique d’application. Déjà, mes félicitations au marketing d’Apple, qui est parvenu, en 5 ans, à faire dire aux fanboys que le nombre ne compte pas, c’est la qualité qui prime (sur Mac OSX vs Windows), puis que les applications ne comptent pas car l’avenir est aux web-applications (iphone v1 vs windows mobile / symbian), pour finalement ne se comparer aux autres qu’au nombre d’applications disponibles (iphone vs Blackberry / Android / WebOS) en prenant soin de verrouiller l’accès à sa plateforme dans une posture que n’aurait pas renié Microsoft en 1998. (Parenthèse : Il faut dire que le fanboy de 2005 n’est plus celui de 2010, et je suis enchanté d’avoir autre chose que l’ultra commun iphone. Fin de la parenthèse). Corolaire de ce gros succès de communication : certains services qui pourraient très bien être totalement indépendants d’une plateforme (exemple, dernièrement, l’application vélib pour connaitre le nombre de vélos dispo à la station la plus proche) se retrouvent limités à un seul appareil (et encore, il ne faut pas qu’il soit un iphone v1, je suppose…) Bref. En ce qui me concerne, je suis resté un fanboy version 2005 : rien à foutre de la quantité. Le fait est qu’il y a quelques milliers d’application sur le catalogue WebOS, incluant plusieurs clients twitter, facebook, foursquare, Le Monde, les pages jaunes et l’inévitable sabre laser… Elles sont bien foutues, je n’ai pas besoin de plus. En revanche, je trouve l’application google maps un peu light.
Dernière petite élégance de WebOS, enfin, les notifications : un véritable bonheur. A chaque nouveau SMS, mail, tweet ou alerte quelconque d’une application, un petit bandeau apparait en bas de l’écran avec l’intitulé du message et l’expéditeur (ou application concernée). Si on ne regarde pas, le bandeau disparait et ne subsiste qu’une icône en bas à droite. Au fur et à mesure des notifications, les icones s’empilent. Un clic dessus, et tous les bandeaux réapparaissent. On peut alors soit cliquer dessus pour ouvrir l’application concernée, soit les faire disparaitre en glissant de gauche à droite. C’est non intrusif, efficace et élégant. De tous les smartphones que j’ai pu approcher, c’est la meilleure solution de notification.
Et puis, il y a l'option must-have, c'est le dock touchstone, de recharge sans fil. Une merveille! C'est un petit objet cylindrique, tronqué, qui reçoit le téléphone et le maintient magnétiquement, en lui donnant une inclinaison d'une trentaine de degrés. Les aimants positionnent l'appareil, qui se met alors en charge. C'est magique-magique, j'adore, le soir, rentrer et poser le Palm pré dessus, et le voir passer en charge. Je peux le reprendre sans devoir manipuler le moindre câble, c'est un vrai bonheur. Par ailleurs, lorsque je suis en conversation, si je pose le Pré sur le touchstone, il passe instantanément en mode main libre. Si je l'enlève, il repasse en mode normal. Je n'arrête pas de m'amuser avec, et je trouve vraiment que c'est une killer-feature, l'accessoire fun que personne d'autre n'a, qui rend l'ensemble encore plus élégant.


Pour le reste, rien à signaler. En conclusion, j’ai envie de dire que WebOS et le Palm Pré sont des produits qui ont été pensés et conçu soigneusement, avec une véritable philosophie d’utilisation, sans tenter de copier ou de reproduire les concepts d’autres appareils. L’efficacité d’usage et le soin apportée à la finition du système d’exploitation est remarquable. A l’usage, le mot le plus adapté à l’usage est doux. « smooth », dans la langue de Sunnyvale
Si des lecteurs ont des questions, je me ferrais un plaisir d’y répondre.
PS: Je n'ai même pas parlé du navigateur web, pour une raison simple: il n'y a rien à en dire. Le rendu est identique à celui sur l'iphone, en vitesse comme en qualité. Il y a des onglets sous forme de miniature des sites web, très pratique. Le zoom se fait comme sur l'iphone, par multitouch ou double-tap sur la zone à zoomer.
PS2: je n'ai pas osé le titre "le bonheur est dans le pré". Mais je me suis retenu. Je suis vraiment convaincu par ce smartphone que je ne regrette pas d'avoir attendu!
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