A l'invitation de Bilibull, aka Max, je me suis rendu samedi soir à une soirée... Une soirée, comment dire... indescriptible? Étonnante? Mancelle, ça, c'est sûr...
Je pensais arriver en retard, et finalement j'étais parmi les premiers, ce qui m'a permis de faire rapidement connaissance avec Max et son mari, ainsi que deux autres convives. Notre hôte avait soigneusement dressé la table et officiait en cuisine. Je m'attendais donc à une soirée "un diner presque parfait" et regrettait déjà de n'avoir pas apporté mes fiches de notes. J'ai commencé à me dire qu'il y avait baleine sous grain de sable lorsque les invités déjà présent s'interrogèrent sur le fait que je n'étais pas du tout connu dans le milieu gay Manceau et que c'était incroyable, après plus d'un an dans cette ville. Lorsque j'ai ensuite constaté qu'ils attaquaient le premier apéro à la vodka-redbull, je me suis dis que la baleine était énorme et le grain de sable microscopique, et que ça allait déraper.
Lorsque les autres invités sont arrivés, l'ambiance a encore grimpé et j'avais l'impression d'être dans une représentation théâtrale de la cage aux folles, version hystériques, et n'arrivait déjà plus vraiment à comprendre qui était en couple avec qui, vu que tout le monde se tripotait à moitié. Comme entre temps, j'avais viré ma cuti de jeune homme sage et étais passé à la vodka-orange, j'ai fini par décider que de toute manière, tout le monde avait apparemment sucé tout le monde au moins une fois, et que donc, peu importait. Néanmoins, je ne savais par la même plus vraiment s'il y avait des célibataires dans le tas, et donc s'il était dans mon intérêt d'aller faire les yeux doux à quelqu'un.
En attendant, je rigolais bien, surtout lorsque Deezer a commencé à jouer Dalida, repris en cœur à ma grande consternation par tout le monde (donc, les gays sont vraiment fan...). Je me suis d'ailleurs demandé comment le mec de Max avait pu être hétéro un jour, surtout en le voyant récité en sautant les couplets de Dalida. Par la suite, un des convives s'est mis à nous réciter des sketchs entiers d'Elie Kakou. Parmi la dizaine de personnes, certains commençaient doucement à se dire qu'ils donnaient là un spectacle... heuu... intéressant d'eux même, et commençaient à dire que "le pauvre Baptiste doit vraiment se demander où il est tombé..."
Max semblait tout particulièrement dépassé par la tournure des évènements lorsqu'il annonça qu'il était temps de passer à table. Il m'a donc d'autorité placé à coté de lui, sur la grande table, étant entendu que la petite était celle des connasses. L'ensemble de la conversation tourna évidement autour du cul, dans un concert général pour savoir qui était la plus grosse salope. J'ai cru comprendre qu'un certain R. était en pôle position, tandis qu'un S. tentait désespérément de laver sa réputation vis à vis de moi en m'expliquant que ses amis étaient dans cet état parce qu'ils ne s'étaient pas vu depuis longtemps, que tout ça n'était que du bruit, et que lui était en couple avec l'autre jeune de la table (26 ans) et que donc il ne draguait personne parce que pour l'instant, il était bien avec cette personne et que d'ailleurs, il n'avait pas mis les pieds au Babylone depuis au moins un an, ce qui est une preuve semble-t-il indiscutable de moralité.
Pendant ce temps, Max tentait d'éviter que la voisine n'appelle la police pour tapage nocturne, son propre mec s'égosillant sur "bécassine", de Chantal Goya, tandis que le fameux R. ne touchait plus le sol, tenu par un mec par les épaules et les pieds sur celles d'un autre qui simulait une sodomie. Nous atteignions le sommet du bon goût et de la distinction et l'animation finale allait être lancée par Max.
Il annonça en effet que les cloches étaient passées et qu'il y avait des œufs et des cocottes planquées dans toute la maison, et qu'on pouvait tout fouiller. Déjà passablement énervés, les invités s'égayèrent dans la maison et se mirent à tout retourner, rapportant à chaque voyage un butin sur la table. En moi même, je me suis dit qu'il n'avait peur de rien, à laisser ainsi une dizaine de pédés passablement surexcités mettre leur nez jusqu'au fond du tiroir de la table de chevet...
Mais la soirée avançait et il était déjà presque deux heures. Ayant un invité le lendemain, et ayant laissé mon appartement dans un triste état, j'ai donc choisi de décliner l'invitation au Babylone. Dans un sens, j'en avait déjà assez vu et entendu pour ce soir... Autant garder le plaisir de la découverte pour une autre fois! J'espère juste avoir fait assez bonne impression pour être ré-invité, surtout si c'est pour visiter la backroom du Babylone.

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