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Mot-clé - société

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dimanche, novembre 18 2012

Ce jour là

Et pour vous ? Que représente le mariage pour tous ? Comment vivez vous ce débat ? Quel sera son épilogue ? C'est Orpheus qui pose cette question. Voila ma petite réponse

Ce jour viendra. J'en ai l'absolue certitude. Un jour, en france, deux hommes pourront s'allier aussi fortement qu'un homme et une femme, face à la loi, face à la société, indifféremment. Deux femmes, aussi. Allez savoir.

Un jour aussi, un enfant seul, seul dans une chambre impersonnelle d'une DDASS, laissé dans le noir triste et humide d'une soirée d'automne par son éducatrice préférée qui a terminé sa journée de travail, un jour, cet enfant sourira en franchissant le seuil d'un nouveau chez lui, et sera accueilli par deux hommes. Ou deux femmes. Ou un homme et une femme. Allez savoir.

Un jour, un homme pleurera en tenant la main de son compagnon, emporté en quelques semaines par une maladie foudroyante, en quelques heures par un accident de la circulation, ou simplement à 88 ans parce que son temps était venu. La société pourtant ne l'oubliera pas. Son niveau de vie se maintiendra, personne ne lui demandera de quitter un logement dont le bail n'est pas son nom, l'enfant du défunt ne sera pas arraché à son foyer pour rejoindre la chambre impersonnelle d'une DDASS. Parce que la société reconnaitra l'engagement de ces deux hommes. Ou de ces deux femmes. Ou de cette femme et de cet homme. Allez savoir.

Un jour, sur les pages d'un tabloïd, installé chez le coiffeur, dans la salle d'attente du médecin, s'étaleront les photos volées du mariage d'une star de la télé avec un footballeur. Deux hommes. Ou deux femmes. Allez savoir.

Ces jours là approchent. Je ne peux pas croire qu'ils reculent. J'y crois, vraiment. Pour l'instant, on est dans le débat. Dans ce débat, on aurait pu parler de cet enfant, seul à la DDASS, de ces veufs et de ces veuves, de ces couples qui se soutiennent, de ces adolescents qui se sentiraient moins seul s'ils pouvaient se rêver footballeur ou star de la télé sans s'imposer le célibat.

Mais non. Dans ce débat, les caricaturistes ont parlé les premiers, et ont préféré parler d'inceste. De zoophilie. De risque majeur pour la fertilité française. De polygamie. Dieu a été convoqué pour s'exprimer sur le code civil. Dans ce débat, on en a même vu dire que les pédés voulaient forcer les hétéros à adopter leur mode de vie. On sentait bien poindre ici les angoisses d'en dessous de la ceinture, sourdes, honteuses, pudipondes. Et sans rapport avec le sujet : Le maire explique-t-il comment s'y prendre au lit ?

Non. On ne veut forcer personne à adopter notre mode de vie. Au contraire. On veut avoir le leur. Parce qu'on en a marre de dire à nos collègues que ce weekend, on est allé au théâtre seul. Alors qu'on tenait la main de notre compagnon. Parce qu'on en a assez de dire à nos grands pères qu'on n'a pas trop envie de se marier, qu'on est célibataire. Alors qu'on a juste peur de le perdre en lui présentant l'élu de son cœur. Parce qu'on n'en peut plus d'être les seuls à avoir peur du sort que réservera la société à nos enfants, à nos conjoints, si un malheur survenait.

Moi, simple homme de 28 ans, anonyme et moyen, je n'en peux plus d'entendre dire qu'on n'a rien contre l'amour que je porte à un autre homme, vraiment rien du tout, "mais" que non, cet amour ne mérite pas d'être traduit en engagement de solidarité devant l'Etat, à la mairie. Parce que quand même. Deux hommes, ensemble ? Où va le monde ? On aurait pu en parler, du monde, pourtant. Plutôt que convoquer dieu pour avoir son avis sur le mariage civil, on aurait pu inviter les Espagnols, qui sont si croyants, ou les Belges, qui parlent même Français, et qui tous marient hommes et femmes indifféremment. On aurait pu parler du mariage si sacré qu'il finit si souvent en divorce. Des quolibets qui s'abattront sur les enfants élevés par un couple homosexuel, comme ils s'abattirent ils y a 40 ans sur les enfants de divorcés et il y a 80 sur les enfants métissés. De la santé mentale d'un adolescent qui doit se construire sans un homme et une femme à qui se comparer, en méprisant par la même occasion les millions d'enfants monoparentaux. On aurait pu examiner les effets du PaCS: On nous promettait la ruine de la société, la perte des valeurs, la polygamie, l'inceste, la pédophilie, la zoophilie. Qu'en est il, 15 ans après ? On aurait pu s'interroger sur tant de choses, faire le bilan de tant d'autres. Face à l'incroyable diversité de la société et l'étonnante plasticité des hommes, on aurait pu faire preuve d'humilité et de retenue. Hélas, on a eu l'humiliation et l'outrance.

Je ne comprends pas pourquoi. N'avons-nous rien appris en 3 siècles ? Après avoir interdit aux nobles d'épouser des gueux, après avoir prohibé aux blancs de marier des noirs, après avoir proscrit aux catholiques l'union avec des protestants, après avoir défendu aux divorcés le remariage, après avoir fait sauter toutes ces barrières sans que le monde ne s'en porte plus mal, n'aurions nous pas pu parler sereinement de la reconnaissance des droits et devoirs auxquels souhaitent se soumettre deux humains informés et lucides ?

J'ai peur de comprendre que derrière les outrances et les caricatures ne se cache cette vieille xénophobie, cette peur de l'altérité qui a tant fait souffrir tant de monde. Cette xénophobie qui pousse à refuser à son prochain un droit alors même que l'octroyer ne coutera ni ne changera rien pour soi même. Cette xénophobie qui pousse les uns à se croire mieux placés pour savoir ce qui est bon pour les autres. Cette xénophobie, si dure, si violente, si injuste à subir. Depuis quelques semaines, je m'en sens la victime, j'en souffre. Je ne souhaite pas aux bourreaux d'en être un jour la cible, tant il est douloureux d'être attaqué pour ce que l'on est et non pour ce que l'on a fait.

Pourtant, je reste optimiste. En janvier, la peur perdra dans l'hémicycle, je ne peux imaginer l'inverse. Ce jour là, en serrant dans mes bras mon compagnon, je repenserai à ce jour où, jeune adolescent, je pensais n'être jamais heureux. Comme tous les xénophobes, je me trompais.

mardi, mai 17 2011

La vie vaut d'être vécue

Je ressens toujours une pointe d’émotion lorsque je lis, vois ou entends un homosexuel raconter sa sortie du placard parce que généralement, il y a toujours une pointe de soulagement dans son récit. Que ça se soit bien ou mal passé auprès de ses parents, de ses amis, de ses collègues, je n’ai jamais été confronté à des regrets de l’avoir fait. Des regrets que les autres n’acceptent pas, de la douleur parfois, oui, mais des regrets d’avoir persisté dans la dissimulation, ça, je n’ai jamais vu.

L’identité sexuelle ne défini pas un individu, pas plus que ses pratiques. C’est une composante, la part la plus visible de l’inconscient, une attirance à laquelle il n’est pas utile de chercher une logique. Plus on l’assume pour soit même, et plus le cacher à ses proches me semble douloureux. L’assumer mène à adopter une vie différente de celle de la norme. A force de s’en éloigner, on ne peut plus mentir seulement sur ses préférences sexuelles : il faut commencer à mentir sur celle de ses amis (« mais ton ami, là, il a une copine ? »), sur ses occupations du weekend, peut être même sur ses engagements (« ah bon, c’était la gay-pride ce weekend ? ») et, pour ceux qui se trouvent dans la stabilité d’un couple, sur son compagnon. On ne cache plus seulement ce que le hasard de la nature nous impose : on commence à renier ses choix, ses actes, la réalité de sa vie. Arrive un moment où, à force de peindre un décor à ses proches, ils ne connaissent plus rien de la réalité. Sont ils encore des proches, lorsqu’on s’ingénie à leurs cacher nos plaisirs, nos instants de bonheurs, nos passions, mais aussi nos doutes, nos échecs, nos peines, parce que partout apparait, en filigrane, un arc en ciel ?

C’est ce qui a motivé mon coming out. Cacher sa douleur est un réflexe de pudeur. Cacher son bonheur est une souffrance qui le gâche. Hors j’étais heureux, en couple avec un garçon. Avoir honte de mon bonheur m’étais insupportable. Après m’être enfermé dans la solitude, devais-je, pour avoir osé en sortir, m’enfermer dans le mensonge? C’est ainsi qu’il y a 6 ans, presque jour pour jour, mes parents m’ont expliqué qu’homosexuel ou hétérosexuel, en couple ou célibataire, ils seraient toujours mes parents, fier et sans prétention quant aux choix que je ferai dans la recherche de mon bonheur. Parce que quoi qu’il arrive, la vie vaut d’être vécue.

17 mai 2011, journée internationale contre l'homophobie.

vendredi, janvier 28 2011

Marions-les !

« Franchement, la décision du CC, je m'en moque: Crier actuellement c'est comme la sodomie: infécond. C'est en 2012 que ça se jouera. »

Qu’une majorité de français y soit favorable ne change rien. A fortiori, rappelons que cette majorité s'évanouit lorsque la question de l’adoption est ajoutée à l’équation. Pourtant, quand on dit mariage, l’adoption fait partie du lot. Seulement voila, un sondage reste un sondage. Quand on rentre dans les détails concrets, subitement c’est plus compliqué. Un peu comme l’élection potentielle de DSK à la présidence de la république.

Le mariage et l’adoption est un sujet éminemment politique : c’est un problème de société et, comme toutes les grands changements de principe de l’Etat sur ce genre de sujet, la décision doit être portée par un responsable politique. Comme l’IVG avec Simone Veil, comme l’abrogation de la peine de mort avec Badinter.

Une succession d’actions juridique, à quelque niveau que ce soit, justice, conseil constitutionnel, cour européenne, ne me semble être que du spectacle, une guérilla interminable qui, certes, permet de maintenir la pression médiatique, mais n’aboutira jamais à un changement complet et réel. Tout au plus les tribunaux demanderont au législateur de bien vouloir légiférer, ce qu’il ferra peut être, de mauvaise grâce, et en vidant les textes de leur substance. L’exemple du droit à l’euthanasie est d’ailleurs révélateur. A mon sens, c’est d’ailleurs préférable : lorsqu’on s’insurge des intrusions de l’exécutif dans le judiciaire, on ne peut demander ensuite au judiciaire de se substituer au législatif parce que la loi ne nous convient pas. C’est le principe de la séparation des pouvoirs, et il n’est jamais bon de vouloir l’outrepasser.

Donc, définitivement, je pense que la prochaine échéance pour l’égalité des droits entre couples hétérosexuels et homosexuels, c’est les législatives de 2012. Lesquelles sont largement conditionnées par l’élection présidentielle qui, hélas, les précède. Et comme toutes les présidentielles, elle se jouera dans les tout derniers mois, et même toutes dernières semaines de la campagne. C’est à se moment là qu’il faudra militer, pour faire gagner le candidat opportun.

Parce que les droits, c’est au parlement qu’on les acquiert. Le tribunal, c’est pour les faire valoir.

lundi, mai 3 2010

Jeune, con et rebelle

Retour au travail aujourd'hui, après 10 jours inhabituels. J'ai assisté à mon premier mariage. Celui de mon frère en l'occurrence. Etant ce qu'il est, l'organisation était impeccable, ni trop stricte, ni trop désordonnée. C'était, il faut bien le dire, un mariage de bonne qualité. Et même, un beau mariage, le temps ayant été particulièrement généreux. Pour ma part, j'ai joué avec un certain plaisir le rôle qui m'était dévolu: n'étant pas très porté sur le cérémonial, et opportunément célibataire pour mon frère, j'ai été chargé d'une part de l'organisation et de conduire les mariés, de la mairie à l'église, de l'église à la salle des fêtes. J'avoue avoir été un peu choqué par la cérémonie à la mairie, et la lecture des articles relatifs au mariage. Pour la République, le mariage reste le coeur indispensable de la vie familiale et le cadre nécessaire à l'éducation des enfants, avec des époux se devant, comme pour l'église, fidélité et amour éternel. En entendant ça, j'ai eu le sentiment d'une effroyable intrusion de la Loi dans la vie privée et intime des mariés. J'ai donc été terriblement choqué par le caractère terriblement normatif de cette cérémonie. L'église, en revanche, ne m'a pas choquée le moins du monde, pour la simple et bonne raison que je n'ai rien écouté du tout. J'ai en effet annexé l'appareil photo avant même la cérémonie, ce qui était un excellent alibi pour se promener dans l'édifice et s'amuser à mitrailler dans tous les sens, tout le monde. Pendant plus d'une heure de bondieuseries, je ne me suis pas assis un seul instant sur les bancs des fidèles (enfin, fidèles, je rigole doucement...) et n'ai prêté une oreille distraite que pendant la prière universelle (là, j'ai eu du mal à ne pas rigoler fortement...). Si je n'avais été accaparé par les photos, je me serai bien marré aussi pendant l'instant fatidique où, au son de l'orgue, la plus jeune petite fille de l'assistance (5 ans, je crois) apporta sur un cousin blanc brodé les alliances aux mariés, face au curé, entourés de pétales de roses blanches.

La sortie de l'église fut aussi un grand moment d'émotion kitsh, avec les coeurs de papier voletant autour des mariés qui s'embrassaient pour la photo. J'ai mitraillé comme un malade.

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C'était presque mignon, et en vérité, j'étais assez heureux pour mon frère et son épouse, qui rayonnaient de plaisir. Je passe ensuite sur le vin d'honneur, le diner, la fête. Débarrassé des impératifs de l'organisation, je dois dire que j'ai eu quelques moments de grande solitude. J'avais tellement anticipé d'être en couple pour ce mariage, que les inévitables questions du genre "et ton tour, c'est pour quand?" m'ont particulièrement meurtri. J'ai eu un accès de haine féroce en entendant une de mes cousines demander à mes parents "Alors, on se revoit quand pour le mariage de Rouge-Cerise?". Et mes parents, d'esquiver la réponse en regardant ailleurs. Et moi, d'avoir envie de pleurer qu'ils ne puissent assumer l'homosexualité de leur second fils. Je n'en veux à personne pour cela. Tout le monde pense poser une question innocente et plutôt sympathique. J'en veux seulement à la société hétéronormée dont nous faisons partie. Et encore, même pas tant pour les interdictions qui nous frappent que pour le sens commun général qui fait qu'alors que je répétais inlassablement à tout le monde que non, je ne me marierai pas, jamais, personne n'a su imaginer une autre réponse que "tu changeras d'avis en rencontrant une belle jeune fille" en me regardant comme un jeune con qui se la joue rebelle.

Dans ces moments là, je suis content de l'invention du téléphone portable qui permet d'échanger quelques SMS avec un autre garçon sensible.

Oh, d'ailleurs, en parlant de SMS...

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N'est il pas magnifique, mon Palm Pré?

mercredi, février 24 2010

Sanctuarisation, Grenelle, diffamation

Je suis de plus en plus consterné par la vie politique de notre pays. L’indécence et l’irrespect dominent tellement que c’en est effrayant. Les coups de communications se succèdent à un rythme effréné en laminant toute possibilité de traiter de sujet de fond, tout espoir de faire preuve de réelle pédagogie. A ces coups de communication, les représentants politiques se répondent mutuellement par avocats interposés. Tout le monde attaque tout le monde en diffamation, dans la droite ligne d’une époque devenue procédurière et revancharde. Et tandis que les protagonistes débattent dans les tribunaux de l’irrespect de tel ou tel mot lancé à dessein pour faire parler, plus personne parmi nos dirigeants ni nos journalistes ne trouve le temps de demander si l’irrespect, ce n’est pas d’envoyer dans un collège de ZEP des professeurs débutants et contrôler 10 fois par jour l’identité de ses étudiants. Ni personne pour dire que l’indécence, c’est qu’un homme puisse être rémunéré plusieurs centaines de fois plus qu’un autre alors que rien ne peut justifier pareille différence.

Mais de temps en temps, pour faire croire qu’un changement va se produire, un Grenelle est annoncé. De l’environnement, de l’emploi, des jeunes, de la banlieue, des retraites et même de l’île-de-France. On use jusqu’à la corde un mot qui fut synonyme de bouleversement, de consensus, et qui ne promet plus aujourd’hui que paroles et désillusions. Des paroles qui, parfois, se transforment en déclaration de sanctuarisation des établissements scolaires, annonce faite avec un air grave et un ton martial. Je ne sais pas ce que signifie sanctuarisation pour vous, mais pour moi, ça sent la mort, la pierre poussiéreuse, l’immobilité, l’encens, l’obscurantisme et le mur d’enceinte. Le contraire de ce que devrait être l’école publique, lieu de jeunesse, d’activité, d’élévation intellectuelle, d’échange. Sanctuariser, c’est isoler, jeter un voile pudique sur les problèmes, les renvoyer hors du mur d’enceinte et se mentir en croyant qu’ils n’existent plus.

Ce n’est pas de sanctuaire dont l’école, et la société dans son ensemble, a besoin. C’est d’espoir, de décence, de sérénité. A l’évidence, ce ne sont pas des choses que l’on peut obtenir en travaillant plus pour gagner plus.

jeudi, février 18 2010

Citoyen!

J’ai reçu début janvier une lettre de la mairie de ma ville mon village m'informant que j'avais été choisi aléatoirement pour participer au recensement. Et que donc, j'allais recevoir la visite d'un agent du recensement, qu'il aurait une carte officielle, et que je devais être aimable avec lui. Evidement, j'étais totalement disposé à être sympathique, surtout s'il était jeune et beau, et participer ainsi au comptage du nombre d'habitants Français.

Puis, plus rien. J'avais d'ailleurs parfaitement oublié cette lettre. Jusqu'au début de la semaine, soit le 15 février.

J'ai cette fois reçu une lettre fort désagréable, toujours de la mairie de ma ville mon village. La missive m'indiquait qu'un agent du recensement s'était présenté chez moi, que je n'étais pas là, que c'était inadmissible, que le recensement était obligatoire et que les bon citoyens devaient s'y soumettre et que si je refusais de m'y plier, j'étais passible d'une amende pénale (rien que ça!), et que donc, je devais me rendre à la mairie pour récupérer les papiers. Et que l'ultimatum expirait le 17. Soit, deux jours après.

Franchement, je crois bien que je n'ai jamais été aussi énervé tout seul au milieu de mon salon.

Pour n'avoir pas été présent à mon domicile un jour qui ne m'avait pas été communiqué, je recevais une lettre encore plus menaçante que celle reçue d'une société de recouvrement pour un minuscule arriéré de paiement GDF de seulement 8 petits mois, doublé d'un ultimatum ridiculement court, m'invitant à me déplacer dans une mairie ouverte de 9h à 12h et de 13h à 17h. Est il passé seulement à l'esprit du fonctionnaire ayant fait expédier ces lettres qu'il arrive que des gens travaillent de 8h à 18h, à 20km de leur lieu d'habitation, où ils habitent seul? Et que pour ce cas de figure, la société avait inventé un outil formidable, appelé "la poste"? Que je sache, l'Etat n'a jamais eu le moindre problème pour m'adresser par simple courrier mes avis de paiement pour l'impôt et les relevés de la sécurité sociale! Alors pourquoi, pour le recensement, faut-il absolument qu'un type se déplace pour donner en main propre un document à remplir? Il y a là un grand mystère qui m'échappe.

Ce qui m'agace également au plus au point, c'est le ton comminatoire de ce courrier m'assimilant à un médiocre citoyen et assorti d'une menace totalement disproportionnée. Je ne peux pas accepter d'être ainsi désigné. Je ne prétends pas être exemplaire, mais j'ai toujours payé avec ponctualité mes impôts et les quelques contraventions que j'ai eu à subir, j'ai participé à tous les scrutins depuis ma majorité, n'ai jamais rien demandé indûment ni même tenté de profiter des failles du système sur quelque sujet que ce soit. Je crois même me souvenir qu’une fois, j’ai même aidé une vieille dame à traverser la route, c’est dire !

Par fierté, j'ai donc quitté mon travail 2h plus tôt que d'habitude pour me soumettre au recensement, en bon citoyen. Mais je n'ai pas hésité à user de ma liberté d'expression pour dire à l'innocente secrétaire de mairie tout le mal que je pensais de ce lamentable courrier.

Et ensuite, je suis allé établir ma procuration pour le scrutin régional. En bon citoyen. Et j'ai échoué, car maintenant, il faut la carte d'identité de celui a qui on donne procuration pour établir le document. Va savoir pourquoi...

dimanche, octobre 18 2009

Le fiston

Ma participation à un google bombing qui se justifie. En plus, il parait que c'est proposé par un roux. Rien que par solidarité, je suis forcé de participer!

Jean Sarkozy? Un fils à papa, c'est sûr! Et les amis politiques de Jean Sarkozy, qui soutiennent que sa probable arrivée à la tête de l'EPAD n'est que le fruit de son talent? Pas des fils à papa, mais de sacrés menteurs.

Comment peuvent ils dire ça avec autant d'aplomb? Se rendent ils compte qu'il décrédibilisent autant leur mouvement politique que la politique en général? N'ont ils donc pas, eux, un fils, une fille, un neveu ou un cousin du même âge qui galère rien que pour obtenir un entretien pour un stage? Des jeunes de 23 ans, il y en a plein qui ne trouvent pas de travail, et qui sont diplômés d'un master en économie, en langue, en gestion, qui sont ingénieurs, physiciens, chimistes. La légitimité de leur diplôme, pourtant vanté par le président Sarkozy il n'y a pas une semaine, ne semble pas ouvrir les même portes que la légitimité d'être élu conseiller municipal UMP d'une ville politiquement à droite depuis la libération. D'ailleurs, rien que cette légitimité est risible. Un type de cet âge avec ce CV, s'il s'était nommé Mathieu Dupont, n'aurait jamais été conseiller municipal de Neuilly-sur-Seine. Facteur, peut être. Et encore, même pas: le facteur de Neuilly, sa licence, il l'a obtenue.

Alors, ces responsables politiques amis de Jean Sarkozy, objectivement, sincèrement, peuvent ils jurer, la main sur le coeur, qu'un jeune homme de 23 ans et 2 mois, sans diplôme, sans aucune expérience professionnelle, en serait là où il en est s'il ne s'était pas appelé Jean Sarkozy? N'ont ils donc aucune fierté pour se mentir à eux-même de la sorte? Pensent ils sincèrement qu'il est l'homme qu'il faut pour ce poste? Sont ils certains que le fils à papa de Neuilly, sur le terne éclat d'une légitimité contestable et sans rapport avec la gestion d'une zone économique, est l'homme dont a besoin le plus gros quartier d'affaire d'Europe continentale?

Ils arguent de son talent. Mais lequel? On peut avoir du talent en droit, en langue, en gestion humaine, en cuisine, en mathématiques, en course à pied. Que l'on nous dise donc quel est le talent si époustouflant qu'il justifie que l'on retienne la candidature de Jean Sarkozy au poste de président de l'EPAD!

La mauvaise foi, lorsqu'elle atteint un tel niveau, n'est plus seulement énervante. Elle est scandaleuse. Elle est méprisable. Elle est pitoyable. Je n'avais pas aimé le mot de Kohn Bendit lors des élections européennes, mais là, il se justifie: Jean Sarkozy à la tête de l'EPAD, c'est minable.

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