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Mot-clé - travail

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mardi, décembre 21 2010

Conclure et dire au revoir

Moins on en fait, moins on a envie d'en faire… C'est absolument ça. Dans 1 jour et demi, je quitterai la société dans laquelle j'ai débuté ma vie professionnelle. Quelques jours de plus, entrecoupés par un passage en région Lyonnaise à l'occasion de Noel, et je quitterai la Sarthe. Inutile de dire que mon activité professionnelle va en décroissant. La motivation me quitte et je laisse désormais le collègue qui va assurer l'intérim répondre de plus en plus à mes emails. Parfois, un accès d'enthousiasme me traverse, lorsqu'un problème me semble un peu pointu où touche à certains sujets qui me tenaient à coeur. Alors, je réponds moi même, où suggère la réponse à apporter. Quitter un emploi pour raison personnelle, en partant en bons termes avec collègues et supérieurs, c'est aussi lâcher en chemin des sujets que l'on avait tenté de faire vivre. C'est donc un peu difficile. Même si je ne suis pas mécontent de partir, je regrette un peu que les ressources humaines ne soient pas parvenus à recruter mon successeur. J'aurai aimé pouvoir l'aider à prendre en main les dossiers, et insuffler une dernière fois mon opinion et mes suggestions. Je pense laisser une situation globalement saine, en tout cas, assez bien documentée comparée au désert qui régnait sur ces gammes il y a deux ans, à mon arrivée, mais un passage de relais plus humain m'aurait fait plaisir, un peu comme si je confiais mes bébés à quelqu'un de confiance.

En parlant de confiance, de nombreux vendeurs et collègues, apprenant ma démission, m'ont d'eux mêmes envoyé un petit mot me disant qu'ils me regretteraient, me félicitant pour le travail accompli et la relation de confiance qui s'était construite entre nous, situation qu'ils ne vivent pas avec d'autres chefs de produits. Dans la mesure où, lorsque je suis arrivé, j'ai été lâché en plein vol, sans aucun support d'un bureau d'étude en mauvais termes avec mon prédécesseur et d'un chef pas forcément attentif aux conditions de travail de ses subordonnés, le coté positif de ces messages m'a touché. A fortiori parce j'aime à les croire sincères: après tout, ils n'ont plus rien à attendre de moi en me flattant. Je sais aussi que plusieurs ont écrit à mon chef pour dire que mon départ était regrettable. Mon chef avec qui j'ai passé 2h vendredi afin de conclure ces mois de travail. Un échange d'une grande sincérité, dans les deux sens. Il m'avait demandé de le juger, honnêtement, et de lui dire comment je l'avais perçu, lui, en tant que manager. Je l'ai fait de bonne grâce, en m'attachant à être sincère dans le négatif comme dans le positif. Il a apprécié car lors des départs de cadres précédents, seul le négatif était évoqué. Je pense moi que l'expression des défauts et d'autant plus constructif que les qualités sont également reconnues. De son coté, il m'a longuement questionné sur ma vision de mes gammes, mes préconisations, les sujets qui devraient être prioritaire pour mon successeur. Il m'a dit avoir apprécié mon autonomie, ma lucidité et ma constance, surtout de la part d'un jeune de 26 ans. Inutile de dire que ce sont des mots bien agréables… Je sais que j'aurai pu mieux faire sur plusieurs sujets, mais j'ai le sentiment de partir sans avoir démérité. Et pouvoir dire "au revoir" avec sincérité.

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lundi, novembre 22 2010

Inter-vies

Alors que je pensais que cette période transitoire, celle du préavis après une démission, ces quelques semaines d'une vie à une autre, allait être une promenade de santé, il s’avère que c’est un véritable chemin de croix. Plus vraiment ici, pas encore là bas. Professionnellement, j’ai envie d’être sérieux et efficace jusqu’au bout. Je tente de préparer ma succession, pour ne pas infliger à celui ou celle qui prendra ma place la même galère que ce que j’ai vécu en arrivant (zero archive, zero documentation), et je tente de baliser les gros sujets afin de lui simplifier la vie : je sais que pour un nouvel arrivant, il n’est pas facile de se forger une opinion en quelques mois, et, un peu par prétention, je me dis qu’il sera bien content de pouvoir se remettre aux instructions conseils de son prédécesseur. Quitte à faire porter le chapeau à mon fantôme si ça foire. Sauf qu’en fait, je suis toujours accaparé par la gestion du quotidien, et le temps que j’aimerai consacrer à des sujets plus sérieux, ceux que j’aurais aimé traiter avant de partir, et bien je le consacre à gérer des urgences. Et quand les urgences sont finies, et bien il s'avère que se motiver pour des sujets dont l'échéance dépasse, et de loin, mon départ, et nécessiteraient de faire bouger des montagnes pour aboutir... Et bien... En fait, je n'ai pas la motivation, finalement!

D’un point de vue personnel, c’est encore pire… Je crois qu’il n’y a rien de plus cruel que de rencontrer quelqu’un, se sentir séduit… et devoir partir par obligation. Je me suis toujours senti capable de vivre une relation à distance. Sauf que débuter une relation à distance, c’est juste ingérable. Mon coté possessif, que je tente de maitriser et de relativiser, s’insurge en permanence. Que fait-il ? Qui voit-il ? Que pense-t-il ? Fonde-t-il des espoirs dans notre rencontre ? Pense t il à moi autant que moi à lui ? Que pensent les autres ? Que savent-ils de nous ? Et je passe bien sûr l’éternelle question : ne suis-je pas en train, une fois de plus, de me monter la tête, d’idéaliser complètement ce garçon comme les quelques liens qui semblent se tisser entre nous ? Si je n’étais pas ici, au Mans, où par la force des choses (et aussi ma propre faute) je ne connais personne, le verrais-je de la même manière ? Est ce que je ne vais pas tout droit vers une désillusion, cette saleté de confrontation à une réalité qui veut toujours amoindrir les merveilles d'un garçon à l'amour trop longtemps rêvé? Et lui, de son coté, ne risque t il pas d'être cruellement déçu, dans 10 jours, 10 mois? Ce que je peux lui apporter d'ici là mérite-t-il la souffrance d'un éventuel échec, plus tard? Tant de questions, pour certaines qui n’ont même pas vocation à avoir de réponses... Mais que je ressasse sans arrêt, d’une manière bien ridicule, j’en conviens moi-même lorsque je me force à prendre un peu de hauteur et regarder ma propre situation avec un peu d’objectivité. Au fond, je sais que je ne dois pas m’inquiéter, qu’avec ou sans prise de tête, le futur se construira. Ou pas, mais dans ce cas, se faire des nœuds au cerveau est encore plus ridicule et vain. D'ici là... Je me contente d'y croire. Parce que j'en ai envie (d'y croire, et de lui).

En attendant, je compte les semaines et les jours avant mon arrivée à Paris.

mardi, octobre 12 2010

Une journée presque comme les autres. Presque.

J'émerge du sommeil. 7h, la radio s'allume. Une journée commence. Une journée comme les autres. Mais une journée plus attendue que les autres.

9h. Je suis en réunion. J'explique à mon chef une de mes affaires et le positionnement que je souhaite mettre en oeuvre. Quelques questions auxquelles j'ai réponse. J'ai la réputation, auprès de mes collègues, de toujours réussir à faire passer les affaires les plus improbables. Je discute un peu avec mes anciens collègues de l'industrie. A-TT, avec qui je n'ai travaillé que 6 mois, mais qui m'a beaucoup appris et reste une sorte de mentor. J'ai la tête ailleurs. J'attends quelque chose. 10h, de retour à mon bureau. Infraction à ma règle personnelle, je consulte ma messagerie personnelle. Rien. J'attaque quelques projets, sans grande motivation. Une pause café. Quelques plaisanteries. Un collègue me trouve préoccupé. "oh, tu sais bien pourquoi, F…"

12h25, messagerie. Rien. Nous allons déjeuner.

13h45, messagerie. Rien. Je bâcle une réponse. Répond sèchement à une autre.

14h30. Envie de téléphoner. Ca ne changera rien, si ce n'est montrer mon impatience. Je renonce.

15h05, une question Blackberry de mon chef tombe. Une question Blackberry, c'est une question genre quizz. Tu ne sais pas pourquoi il te la pose, c'est une question sur un point de détail, comme s'il testait ta connaissance de tes gammes ou de tes marchés. Ca m'agace prodigieusement. J'ai toujours envie de répondre sèchement: "Pourquoi?". Après tout, ma réponse peut être différente, plus ou moins complète, selon la finalité. "N'expliquez pas les raisons pour lesquelles vous prenez une décision: la décision peut être bonne et les raisons mauvaises". J'opte pour le zèle. Je réponds avec précision et concision.

16h15, messagerie. Rien. Rien, rien, rien. Bordel, il avait promis. Je meurs d'envie de téléphoner. Mais pourquoi le faire?

17h00, j'ai bien envie de partir. Rien sur la messagerie. Tant pis, ça ne sera pas pour aujourd'hui?

17h30, messagerie. Rien. La barbe. J'éteins tout et je pars.

18h15, j'ai fait le tour des blogs et de twitter. Ma messagerie est désespérément vide. Ca ne change rien à mon problème, mais j'aurai aimé savoir, ce weekend. Même si je sais déjà l'essentiel.

Et soudain, 18h26, la bille rouge s'allume sur le logo de "mail". Un message. Noté urgent. Une pièce jointe. Quelques lignes.

Cher Monsieur,
Comme convenu avec M. GRH, vous trouverez ci jointe notre proposition de contrat de travail à durée indéterminée au poste d'Ingénieur Chef de Produit. Les exemplaires originaux vous seront expédiés par courrier ce lundi 11 octobre.
Espérant vous accueillir prochainement au sein de notre entreprise,
Cordialement,
CRH

C'était vendredi dernier, 8 octobre, il y a 5 jours. Aujourd'hui, j'ai parlé à mon responsable hiérarchique: Je démissionne.

vendredi, mai 28 2010

L'amirale

L'avantage de l'open-space, c'est que je profite des conversations de mes chers collègues hétérosexuels mariés et pères, les partage et les compare à ma propre vie. Contrepartie logique, j'ai acquis assez rapidement une réputation d'hédoniste cynique légèrement snob et précieux, à cause de mes dénégations les plus fermes sur mon accession potentielle à la parentalité, mes citations de Talleyrand, mes réguliers voyages à Paris ou j'ai souvent fini à Beaubourg ou la Comédie Française, ma méconnaissance complète des promotions de norauto et mes questions bizarres sur la possibilité de bruncher au Mans un dimanche matin. Réputation qui fut confirmée lorsque, dans un instant d'égarement, j'ai raconté être allé à un concert d'orgue à l'abbaye de Solesmes avec Incipio. Ce jour là, je n'avais pas terminé la première phrase de mon récit que je voyais au petit sourire de mon collègue que mon cas venait de s'aggraver.

Ceci dit, j'ai acquis en quelques mois de véritables connaissances en matière de formule 1, d'automobile sportive et familiale et dernièrement, de tondeuse à gazon. Tous ces sujets étant cependant frappés d'un paramètre à gérer comme le lait sur le feu: Madame. Mes collègues masculins ont d'ailleurs trouvé un surnom évocateur: l'Amirale.

S'ils demeurent persuadés qu'un jour, je me marierai et ferai des petits, ils m'encouragent absolument à profiter de la vie tant que je n'ai pas d'Amirale sur le dos (ce qui ne correspond pas vraiment à aller dans une abbaye écouter de l'orgue d'après eux, mais passons, ils ne veulent pas voir que préfère un matelot à une Amirale). De fait, le marketeux-hétéro-père de province, s'il se lâche au boulot, renonce définitivement à toute forme de leadership dès qu'il a franchi le portail de l'amirauté sa maison. D'ailleurs, l'Amirale fait remarquer aimablement qu'il faudrait le repeindre, le portail. Il n'est pas contre, d'ailleurs, puisque ça lui permettrait d'avoir la paix pendant une demi journée, mais c'est sans compter sur le fait que l'Amirale n'a pas vu sa soeur (qui a accouché il y a 4 mois) depuis 3 semaines, et qu'il faut donc absolument s'entasser dans le scénic pour aller la voir pendant un weekend. Un scénic, bien sûr, parce que l'Amirale a décidé un jour que le coupé BMW c'était bien joli, mais pas pratique. La mort dans l'âme, le mâle a alors mis la série 3 à 6 cylindres en ligne essence sur leboncoin.fr et opté pour la bétaillère familiale diesel. Depuis, les enfants ont maculé le plafond en faisant exploser un pom'pote à l'intérieur et un stock de beaux cailloux trouvés chez la belle soeur se promène dans le coffre, mais il n'ose pas les virer de peur de provoquer une houleuse réunion de l'état major à propos du droit des enfants à construire leurs passions. Déjà que le problème de la tondeuse n'est pas encore soldé...

Car oui, l'Amirale a un droit de regard sur tout et rien ne saurait se faire son approbation, y compris l'achat d'une tondeuse à gazon, et ça ne rigole pas: Sans doute aussi compétente en mécanique qu'en couture, elle exige l'achat d'un modèle thermique, tracté, sur roulements et surtout avec un carter en aluminium sinon ça rouille. Le collègue, qui sait bien que la mécanique de l'engin vendu par castorama rendra l'âme bien avant que la rouille n'attaque sérieusement le carrossage, tente vainement de se débattre (et sauver quelques euros), provoquant d'intenses débats dans l'open-space qui aboutissent tous à la conclusion unanime que le carter en alu, c'est de la frime et que l'Amirale, elle craint. Cultivant à plaisir ma réputation de provocateur anti paix des ménages, j'ai pour ma part perfidement milité pour un modèle électrique. Si, du bout des lèvres, ils admettent que pour 500m² de terrain plat, la question peut se poser, ils reviennent vite à la position du thermique tracté. Déjà, parce que l'électricité c'est un truc de pédé (et non de gonzesse, puisque l'Amirauté veut du thermique), et ensuite, justement, parce que l'Amirauté a statué et que contester, c'est faire sédition et ça... Brrr, surtout pas. Mais par contre, confirmé dans ses convictions par ses collègues, il va se battre jusqu'à la mort pour éliminer cette couteuse exigence de l'aluminium. Enfin, jusqu'à la mort, façon de parler, bien sûr. D'ailleurs, on pourrait plutôt en parler, justement, négocier, plutôt que se battre. Ou au moins, essayer de négocier? Si la situation s'y prête... Bon, c'est vraiment beaucoup plus cher, le carter alu? Parce que c'est vrai, quoi, pourquoi risquer la guerre civile pour quelques euros, après tout?

jeudi, mars 4 2010

Des copeaux et des Dells

Le plan à 3 ans. Plus que ça, même : Le Plan à Trois Ans. Le Plan, c’est le grand moment de l’année. Celui dont, lorsqu’il approche, on dit qu’il va être atroce et dont on regarde le résultat avec consternation lorsqu’il est passé.

Ce qu’il faut bien savoir, c’est qu’il n’y a pas que les banquiers et les agences d’audit qui ont le monopole de la lecture de boule de cristal. L’industriel, lorsqu’il émerge de son tas de copeaux de titane et de ses bacs de traitement galvanoplastique qui fument et font des bulles, passe par cette étape qui donne mal à la tête tellement elle abuse de substance illicites est hautement intellectuelle. Mais elle est importante. Parce qu’elle permet de faire des graphiques de croissance assez laids, lesquels servent ensuite à enfumer l’actionnaire pour lui expliquer que non, on ne lui donnera pas un dividende mirifique, parce qu’en bon industriel on pense à long terme, nous, et qui dit long terme dit forcément une nouvelle machine hors de prix à acheter absolument-tout-de-suite-indispensable. Ce que l’actionnaire peine parfois à assimiler, lui, pitoyable petit financier qui ne comprend rien à rien, a provoqué la crise avec ses conneries et nous emmerde avec ses ratios presque autant que le comité hygiène et sécurité avec son principe de précaution.

Tout ça pour dire que, une fois l’an, l’industriel oublie, l’espace de quelques jours voire semaines pour les plus malchanceux, ses chers trucs qui bougent en consommant de l’huile minérale pour se plonger dans les merveilleuses arcanes de microsoft excel. Et à la fin, tout le monde se rassemble dans le bureau du boss. Il y a un portable Dell au mètre carré, presque autant de blackberry, la collection automne hiver est dans les tons gris et bleu foncé, comme l’année passée, comme l’année prochaine. Le club testostérone n’ose jamais vraiment : ça hésite entre costard avec col roulé noir pour le plus décontracté et le complet gris foncé à rayures et cravate bleue pour le consensuel. D’ailleurs, au club testostérone, celui qui ose ne le fait pas volontairement : c’est juste que personne ne lui a dit qu’on ne met plus de pantalon en velours marron coupe 1958 avec une chemise bleue et une cravate à pois mauves. Toujours sous représenté, le club œstrogène est aussi celui des extrêmes : c’est soit l’executive woman, tailleur impeccable, silhouette altière, raccord maquillage nickel, coupe de cheveux savamment organisée, gloss discret, bijoux assortis à un accessoire apportant la touche de couleur qui tue, mains irréprochablement manucurées agitant le blackberry qui clignote… Ou alors, c’est la contrepartie du pantalon en velours marron : la robe bizarrement coupée dans un tissu à fleurs uniquement à la mode chez les teenagers japonaises, gros collier de pacotille qui fait du bruit, chaussures kickers informes, stylo bic crystal bleu et cahier Clairefontaine.

Dans cette réunion, le retardataire n’est pas encore arrivé que les hostilités débutent. Le premier round consiste à annexer les prises électriques disponibles. Tout le monde se lamente sur sa batterie foutue qui ne tient que 15 minutes. Une fois les fils électriques bien emmêlés, on passe au second round : l’accès au réseau. Chacun dégaine son câble ethernet, et c’est la ruée sur l’unique switch Cisco, sachant que les perdants devront se contenter du wifi ‘’qui merde tout le temps’’. C’est normalement l’instant défouloir sur le service informatique, ce qui est d’autant plus facile que personne ne comprend vraiment ce qu’il fait.

Ensuite, on s’installe et on se regarde dans le blanc des yeux. C’est le début de ce que l’on appelle la réunion de conciliation. Il va falloir y mettre du sien, car ce qui se joue en arrière plan, c’est la guerre entre les branleurs du marketing, les beaux parleurs des ventes et les inconscients du bureau d’étude.

dimanche, décembre 13 2009

Tweeting

Finalement, le vol à 6 :20AM, c’est facile quand le décalage horaire joue encore.
4 :10AM, Dec 1st 09 from Montreal, CA.

Cravate, pas cravate ?
4 :40AM, Dec 1st 09 from Montreal, CA.

Arrivée à l’aéroport. $24,2. Vol Continental CO2671K.
5 :00AM, Dec 1st 09 from Montreal, CA.

Empreinte de toutes les mains, photo. Rigolent pas les douaniers US.
5 :30AM, Dec 1st 09 from Montreal, CA.

Gate C84, Seat 5A. C’est un Bombardier CRJ. Huuu, pourvu qu’il vole…
6 :10AM, Dec 1st 09 from Montreal, CA.

Ca a l’air vachement grand, Newark. Y’a plein d’immeubles.
8 :03AM, Dec 1st 09 from over Newark, CA.

C’est vraiment très, très grand. Et les buildings sont vraiment… Tiens, on dirait le… Humm… Attend voir…
8 :04AM, Dec 1st 09 from over Newark, USA.

Mais attend, cet immeuble super grand, là bas et cette ile, avec des bateaux autours… On dirait vraiment que… C’est pas possible…
8 :05AM, Dec 1st 09 from over !!!!!, USA.

Haaaaan, L’empire state building !!! Haaaaan, la statue de la liberté !!!! Haaaaaan, je survole et vais faire escale à New York !!!! Newark=nom d’un aéroport de New York !
8 :06AM, Dec 1st 09 from New-York, USA.

C’est croooo booooo ! Manhattan !!
8 :07AM, Dec 1st 09 from New-York, USA.

Continental a changé l’avion à la dernière minute. Tous les passagers pour West Palm Beach doivent se réenregistrer.
8 :50AM, Dec 1st 09 from New-York, USA.

Gate C128 : Mais y’a que du vieux dans ce zinc ! Une armée d’assistantes avec fauteuils roulants aident des Parkinsonniens à embarquer. Je papote avec une presque pas trop vieille. Mon french accent is sooo cute.
8 :55AM, Dec 1st 09 from New-York, USA.

« Le Mans, in France. Oh, I’m sure it’s really beautifull ». Ouais, t’emballe pas, mémé. Bon, en embarque, là ?
9 :10AM, Dec 1st 09 from New-York, USA.

Boeing 767. Chouette, il a l’air assez neuf, et il y a l’IFE ! Allez, les vieux, on se dépêche. Moyenne d’âge estimée à 70 ans. 100% des vieilles ont des coutures derrière les oreilles.
9 :24AM, Dec 1st 09 from B767, New-York, USA.

Welcome in Florida. Toujours dans l’avion, dont le débarquement a commencé depuis 20 minutes. Putain de vieux. Alleeeez, on s’agite, un peu !
1 :15PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

Ouuuf, fait super chaud !! J’ai bien fait de ne pas mettre la cravate. De toute manière, les américains sont relax.
1 :30PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

Mon collègue arrive. Switch to corporate mode…
1 :48PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

Excellente après midi de travail. Je crois avoir fait bonne impression. On va passer la soirée avec le client pour faire su « social ».
6 :58PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

What do you want to drink, Baptiste ? Hey, you told me you like cocktail. Like Vodka ? Let’s go for 2 cosmopolitans !
7 :32PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

Oulaa, le cosmo est en verre d’un demi litre ! C’est que j’ai rien dans l’estomac et que mon horloge interne indique 1h du mat, hein ! Yeaah, Jim, cheers !!
7 :32PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

Ah, voilà le client ! to drink ? Heuu, s’t’a dire que j’ai déjà mon cosmo, là… Quoi ? Tékila ? I must to be polite ? uh ? Yeaaah, Jim, go for it !! (cul sec)
7 :54PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

Blablabla, your soon, your wife, your pet… No, first time in USA. Uh ? To celebrate ? (vodka, cul sec)
8 :22PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

Hey, Baptiste, John want to have a drink with you. Yeah, he’s very happy to meet you. -Yeah, me too-. It’s just one Tekila. (cul sec) (ça commence à tanger, là…)
8 :39PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

On se dirige vers le resto. On est déjà tous un peu imbibés. Rester digne, rester digne. Marcher droit. Putain, je suis claqué ET bourré. Gaaaaâaâ…
9 :13PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

« hey, Baptiste, how do you say « fuck » in french ? ». heuu, « enculé ? ». « Encoulè . Yeaaa, look on my blackberry I sent to Dominique « Encule ». I dislike this man ». Heyy Jim, no, you suck, he’s the boss of my boss ! « Sent ! ». Merde, Jim est bourré.
9 :22PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

« American cheeseburger and french fries and another cosmo. You too, Baptiste ? » De toute manière, au point où on en est. Rester digne. Continuer à papoter, l’air de rien. Faire bonne impression. So John, did you visit Europe ?
9 :29PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

Je picore mon sandwich. De toute manière, c’est trop tard pour manger, le mal est fait. Je me concentre à fond pour me contrôler. Les 3 autres sont bien entamés. Celui qui conduit doit se marrer.
10:02PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

Ah, Jim veut parler. « So guys, it was my pleasure to introduce Baptiste to you. We made good job and I’m sure we will pursue. Tanks Baptiste for coming in USA, your presentation was very impressive, tanks so much. » Yes, thanks to all of you. « The last one. Vodka for every-body. What ? Yes we do, Baptiste, my friend, you’re cool we gona to make good job together »
10:18PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

Complètement bourré. Gros effort pour rester digne. Je sens que ma démarche n’est pas très assurée. Jim se sens pas très bien, du coup, il annule la sortie en bar prévue pour la fin. « I’m sorry Baptiste. And girls are sooo cool in this bar but I’m so tired. I think you are too. And you have the jet lag. » Ben y’a pas que le jet lag, là tout de suite… y’a aussi les 3 cosmos, les 2 Tékila, le cocktail bizarre au citron et les 3 vodka.
10:29PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

Hôtel, West Palm Beach. Je n’ai pas été dans cet état depuis 2 ans. Et pour le boulot, en plus.
10:47PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

ZZzzzzz…. ZZZzzzzz…. ZZZzzzzzz…
10:56PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

Ah, et pour ceux qui ne savent pas encore, la suite, c’est là. Oui, je me suis mis à Twitter. Comme quoi, tout arrive et c’est pas pire que se prendre une cuite en voyage professionnel.

samedi, octobre 3 2009

Chacun sa life

Au travail, je suis au téléphone...

- Quoi, on est trop cher? Comment c'est possible?
(...) (vous n'entendez pas la réponse, je suis pas sur haut parleur...)
- Mais mon pauvre Sebastien, si on était compétitif, ça se saurait et on n'aurait plus besoin de tes talents pour réussir à vendre!
(...)
- Non, mais je comprends très bien que le client, il n'aime pas payer plus pour avoir pareil, mais...
(...)
- Alors, s'il te dit que c'est moins cher aux USA, dit lui d'acheter aux USA, voila tout!
(...)
- Ah oui, aux USA, c'est itar, donc le client ça l'emmerde... C'est balot...
(...)
- Donc, voila, en fait, c'est ça la différence: nous on est plus cher, mais on ne pose pas de question. Après, c'est eux qui voient...
(...)
- Oui, mais c'est pas mon problème... Chacun sa life! Ouais, allez, tchao!

Mon voisin fait des gros yeux et commence à pouffer de rire en prennant un air outré alors que je raccroche.

- Ben quoi?
- Nan mais "chacun sa life", c'est pas possible dans ta bouche, t'as regardé secret story hier ou quoi?
- Nan je regarde pas cette bouse y'avait les mercredi de l'histoire sur Arte, et puis c'est quoi le problème?
- Ah mais y'en a pas, mais tu baisses, là, moi qui te voyais comme le type au dessus de tout ça, jamais un mot de travers, bien sous tous rapports, toussa, toussa...

- Pfff... j'dis c'que veux! j'ai droit d'être con, parfois, quand même, nomeho!
- (de plus en plus hilare) Ah mais oui, mais là, sortir un truc de d'jeuns qui kiffent grave! Chacun sa life... franchement...
- Mais dit carrément que je suis un vieux con, sale trentenaire de merde!
- Muhahahahahaaa!
- rigole, rigole, va! Prochain coup de fil de travers, tiens, je lui nique sa race au client relou!

N'empèche, c'est affligeant, cette image que les gens ont de moi et dont je ne peux vraiment pas me débarrasser!

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