Moins on en fait, moins on a envie d'en faire… C'est absolument ça. Dans 1 jour et demi, je quitterai la société dans laquelle j'ai débuté ma vie professionnelle. Quelques jours de plus, entrecoupés par un passage en région Lyonnaise à l'occasion de Noel, et je quitterai la Sarthe. Inutile de dire que mon activité professionnelle va en décroissant. La motivation me quitte et je laisse désormais le collègue qui va assurer l'intérim répondre de plus en plus à mes emails. Parfois, un accès d'enthousiasme me traverse, lorsqu'un problème me semble un peu pointu où touche à certains sujets qui me tenaient à coeur. Alors, je réponds moi même, où suggère la réponse à apporter. Quitter un emploi pour raison personnelle, en partant en bons termes avec collègues et supérieurs, c'est aussi lâcher en chemin des sujets que l'on avait tenté de faire vivre. C'est donc un peu difficile. Même si je ne suis pas mécontent de partir, je regrette un peu que les ressources humaines ne soient pas parvenus à recruter mon successeur. J'aurai aimé pouvoir l'aider à prendre en main les dossiers, et insuffler une dernière fois mon opinion et mes suggestions. Je pense laisser une situation globalement saine, en tout cas, assez bien documentée comparée au désert qui régnait sur ces gammes il y a deux ans, à mon arrivée, mais un passage de relais plus humain m'aurait fait plaisir, un peu comme si je confiais mes bébés à quelqu'un de confiance.
En parlant de confiance, de nombreux vendeurs et collègues, apprenant ma démission, m'ont d'eux mêmes envoyé un petit mot me disant qu'ils me regretteraient, me félicitant pour le travail accompli et la relation de confiance qui s'était construite entre nous, situation qu'ils ne vivent pas avec d'autres chefs de produits. Dans la mesure où, lorsque je suis arrivé, j'ai été lâché en plein vol, sans aucun support d'un bureau d'étude en mauvais termes avec mon prédécesseur et d'un chef pas forcément attentif aux conditions de travail de ses subordonnés, le coté positif de ces messages m'a touché. A fortiori parce j'aime à les croire sincères: après tout, ils n'ont plus rien à attendre de moi en me flattant. Je sais aussi que plusieurs ont écrit à mon chef pour dire que mon départ était regrettable. Mon chef avec qui j'ai passé 2h vendredi afin de conclure ces mois de travail. Un échange d'une grande sincérité, dans les deux sens. Il m'avait demandé de le juger, honnêtement, et de lui dire comment je l'avais perçu, lui, en tant que manager. Je l'ai fait de bonne grâce, en m'attachant à être sincère dans le négatif comme dans le positif. Il a apprécié car lors des départs de cadres précédents, seul le négatif était évoqué. Je pense moi que l'expression des défauts et d'autant plus constructif que les qualités sont également reconnues. De son coté, il m'a longuement questionné sur ma vision de mes gammes, mes préconisations, les sujets qui devraient être prioritaire pour mon successeur. Il m'a dit avoir apprécié mon autonomie, ma lucidité et ma constance, surtout de la part d'un jeune de 26 ans. Inutile de dire que ce sont des mots bien agréables… Je sais que j'aurai pu mieux faire sur plusieurs sujets, mais j'ai le sentiment de partir sans avoir démérité. Et pouvoir dire "au revoir" avec sincérité.


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