Rouge-cerise.net

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi, août 16 2010

Un voyage, 5 sens, 5 adjectifs

La vue : Bien sûr, il y a eu les magnifiques paysages du Tarn, les piles élancées du viaduc de Millau, les forets des Cévennes, les cols des Pyrénées… C’est beau, mais parce qu’on est jeune, parce qu’on est gay et qu’on ne pense qu’à ça, il y a eu aussi les beaux garçons de Toulouse, que nous vîmes avec un regard concupiscent, et ces incroyables et si nombreux couples de copines Lyonnaises… Ah, comme tout cela est beau ! Et, presque plus que leur plastique, c’est voir ces couples ensemble et heureux qui agite mes neurones et fait rebondir mon petit cœur naïf. Visions estivales de corps puissants presque dénudés et souvent soigneusement entretenus… Plaisir des yeux…

L’ouïe : Evidement, si je parle des pétarades de ma Kawette qui décélère, ou de son hurlement à l’approche de la zone rouge, ou du grondement de la superbe Guzzi Breva au démarrage, je vais passer pour un beauf ?... Tant pis, j’assume être de ceux qui apprécient le ronronnement d’une mécanique… Mais quelque part, ce n’est pas spécifique à ce voyage, n’est ce pas ? Alors, je vais plutôt parler de la musique ecclésiastique diffusée sous les arches de la cathédrale d’Autun, qui fut le passage surprise du road book. Je n’ai constaté que je passais à proximité qu’en lisant des panneaux indicateurs… Je ne pouvais décemment pas aller jeter un œil (et donc, trainer l’oreille) dans l’évêché de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, n’est ce pas ? Si je n’ai pas visité le palais épiscopal, j’ai découvert que résonnaient sous les voutes de la cathédrale des chants liturgiques et, encore humide de l’averse rencontrée, je me suis laissé allé à fermer les yeux, assis sur un banc, et à seulement écouter le mélange de voix graves et de timbres cristallins, et à me laisser porter. Je ne suis pas croyant, mais j’aime me laisser envouter par les résonnances des églises, abbatiales et autres chapelles, resentir le caractère divin des odes sacrées, abandonner mon esprit aux flux et reflux mystique des orgues et harmoniums.



L’odorat : Alors là, aucun doute : pour l’odorat, c’est la sensation du jeudi 5 Aout qui l’emporte. Au départ de Mende, nous sommes partis sur les routes humides des Cévennes, traversant des forêts épaisses et des clairières verdoyantes, chargés d’une odeur de nature mouillée, vous savez, cette odeur moite de chlorophylle fraiche, de terre humide chargée des relents de feuilles déjà presque compostées, la fragrance ronde et molle de la mousse spongieuse, et celle plus musquée et lourde de l’écorce mouillée… Une odeur d’automne à la campagne. Et, en moins d’une demi heure, le passage à l’Ardèche, paysages ocres du sud qui exhalent un fier parfum de soleil estival, d’herbes aromatiques, de fruits tièdes, où explosent les effluves entêtants des conifères rabougris et de la terre sèche et poussiéreuse, les arômes de lavande qui font penser aux armoires à linge des grand-mères.



Le toucher : Ah ! le toucher… J’aurais, par moment, dans ces passages odorants des Cévennes, adoré sentir un corps amoureux sur le siège passager. De la main gauche, je lui aurai doucement caressé la cuisse afin de partager en silence les effluves du monde. Dans les viroles du Tarn, ramassé sur la moto, j’aurai senti sa main se tenir à mon torse et suivre mes mouvements d’accompagnement de l’engin. J’aurai frémi. Hélas, rien de cela : d'un passager, je n’aurai senti que les crispations des jambes d’un Tarvalanion épouvanté, crispations que je prenais naïvement pour la simple application des consignes données (en passager, on se retient autant par les jambes que par les bras). Point de cela… Conditionné par ma réputation acquise lors du voyage à Cabourg avec @rod_cook en passager, et aussi peut être par le caractère plus sec et brutal de mon petit roadster comparé au trail BMW plus onctueux de @nicoco_m, c’était juste une peur viscérale. Injustifiée au demeurant à mon sens, puisque justement, j’avais le sentiment d’y aller tranquillement, bien loin de l’enthousiasme manifesté avec Rod… Nicoco_m confirmera, d’ailleurs, que me suivre était tâche aisée. Et j’ai bien rigolé lorsque, Tarvalanion de retour sur la BMW, ce même Nicoco s’est totalement lâché et a roulé comme un sauvage, comme une vengeance par procuration… ^^

Le goût : Lyon ! Lyon ! Et ce savoureux apéritif composé d’un vin blanc d’alsace et d’un sirop de pêche. Nous en avions pris un chacun avec @nicoco_m, aux Ventres Jaunes, et je m’en félicite. Pérouges ! Pérouges ! Où, avec des @rod_cook et @critwi76 de passage, nous avons dégusté une coupe de Cerdon, ce pétillant de ma région généralement apprécié par les voyageurs de passage. Ah, quelle surprise qu’en matière de goût, je parle ici d’alcools, moi l’ancien ayatola du coca et jus de fruit… J’en parle, en fait, parce que, ayant un sens du gout labile (le lien ne marche pas puisque cette diva de @princesse_b supprime ses tweets au fur et à mesure...), au désespoir d’Incipio, j’associe les saveurs agréables non pas à ce quelles sont mais à des instants. Or, ces deux instants là furent agréables : Avec Nico, la fin d’un voyage qui aura tenu ses promesses et une certaine émotion Lyonnaise. Avec Rod et Cri, le plaisir de l’arrêt improvisé en mes terres d’enfance de deux nouveaux amis, comme la rencontre d’un passé et d’un futur. J’aime.

mardi, juin 22 2010

Le drame, la route, les amis

Le drame

Samedi matin, ouverture des volets... La pluie. Le weekend #PTMC commence mal.

2h après, équipé pour la pluie, je pars. 50km de pluie. Loose. Finalement, le temps se dégage. Le soleil apparait. Je commence à avoir chaud, et décide d'enlever le pantalon de pluie. Je m'engage sur une toute petite route à travers champs, idéale pour une pause. Je m'arrète, tourne le guidon pour faire demi tour, petit coup de gaz... et à ma surprise, kawette qui glisse tout droit en avant, roue avant sur une plaque de boue que je n’avais pas vu (bordure de bas-coté). Comme j’étais positionné pour tourner, je suis déséquilibré, je sens kawette verser à gauche, mais c'est rattrapable, je repose vite le pied gauche pour retenir... Double malchance, la botte est sur des gravillons... Ca glisse de partout, impossible de retenir, kawette est déjà penchée à 45°… Je ne peux plus que la laisser tomber et sauter à coté. Alors que je retrouve mon équilibre, j'entends le fracas de la moto qui s'affale au sol. La haine... Plus de 16 mois sans aucun souci, plusieurs centaines de kilomètres sous la pluie, pour finalement, la faire tomber à l’arrêt, à cause d’une plaque de boue... Le moteur tourne encore, hoquette, j’actionne vite le coupe circuit. Heureusement, c’est léger, une kawette, très facile à relever. Je ferme les yeux en sortant la béquille. Je ne veux pas voir le résultat... J'entrouvre et... Divine surprise: le top block gauche a rempli son office: Aucune rayure, ni sur le réservoir, ni sur l'écope! Seul dégâts : rétro gauche un peu rayé sur la pointe, et la manette d’embrayage tordue (la pointe part vers l’avant, comme un genre de crochet). Un peu bizarre au début, et finalement, je ne m’en rend même plus compte, ce n'est donc pas grand-chose.

kawette_tordue.JPG

Le moteur n'a pas aimé l'accrobatie, et il faudra plusieurs coups de démarreur pour le relancer. Un automobiliste, me voyant penché sur le moteur de mon engin, motard lui même, fait demi tour pour venir voir si j'ai un problème. Solidarité, c'est chouette. Rassuré, vexé et furieux de m'être fait avoir comme un con, je repars, tranquillement. De toute manière, je suis plus qu'à l'heure pour retrouver les Parisiens! (c'est pas difficile)

La route

Nous sommes donc 5 motos, à l'Aigle. 2 BMW, 2 ER6N et le XJ6-poussin-aux-anabolisants de @Critwi76. Nous avons deux bébé-motards avec nous: Critwi et son poussin, et Mat et son ER6 vert. Critwi faisant le choix de préter son @rod_cook à quelqu'un d'autre afin d'être plus à l'aise, j'embarque donc un passager au départ de l'Aigle. Et comprend très vite pourquoi les 2 BMistes se lamentaient de la lenteur des deux bébés... Donc, en fait, quand ils disaient ne pas dépasser 80km/h, ca voulait vraiment dire 80km/h... Mais ils ont raison, il ne faut pas se forcer à aller plus vite qu'on ne le souhaite, surtout au début (donc moi, tout porte à croire qu'il ne faut pas que je reste à l'arret où que je roule trop lentement vu ma performance du matin...). Mais je vois de jolis virages s'enchainer à un train de sénateur... Je piaffe... N'y tenant plus, je dépasse les nouveaux-nés et vais pousser un peu Ydikoi... @Nicoco_m en fait de même... Le rythme s'accélère, et je m'habitue bien à la présence de mon sac de sable passager, qui est assez amusant car il anticipe les virages. Lesquels s'enchainent, je m'amuse beaucoup à basculer Kawette d'un sens, de l'autre, et à pousser un peu le régime. Le malheureux Rod peine à rester en selle... Enfin, malheureux... Il n'a pas l'air de se plaindre non plus, et finit par se tenir directement à moi, formule bien plus efficace pour résister aux freinages et accélérations. A chaque changement de direction, nous attendions bien sûr nos deux pitits amis débutants, bien sûr. Finalement, @nicoco_m me dépasse, et le jeu continue sur les petites routes. L'experimenté Ydikoi ouvre la route, nous nous accrochons pour suivre. Le surcrois de poid à l'arrière me donne le sentiment de mieux accrocher la route et j'engage la kawette à des angles presque inédits. Dans un petit virage particulièrement serré, je sens même d'un coup ma botte frotter le sol!

Après quelques facéties liées au GPS un peu débile d'Ydikoi (comme par exemple, une cession 4x4, particulièrement difficile avec des véhicules à deux roues), nous sommes arrivés à Cabourg, dans la chouette résidence trouvée par Crit. Certains ont repris les motos pour aller picoler en ville, d'autres ont opté pour un peu de natation et de marche à pied...

Cabourg.JPG

plage_PTMC.jpg

PTMC_moto.JPG

Le retour, le lendemain, s'est fait sans évènement notable. Nous avons encore assez bien roulé, pour le plaisir de tous, je pense. En ce qui me concerne, j'ai continué avec l'ami Rod derrière moi, ce qui me laisse croire qu'il avait apprécié la route de la veille. J'admire d'ailleurs son tweet de résumé, au propos hautement politique: "Pour le look je vote Poussin, pour le confort BMW, pour le plaisir Kawette", et la réponse quelques heures après du volailler (c'est ainsi qu'on appelle les éleveurs de poussins, non?): "Bon, j'ai pas fini d'entendre du @_rougecerise_ il penche sa moto, @_rougecerise_ il accélère, @_rougecerise_ blablabla... #defi"

Quoi qu'il en soit, merci à tous pour ces kilomètres de plaisir et bravo, aussi, à @critwi76 et Mat pour leur courage. Même si on les a bien charrié, nos bébé-motards, ils furent courageux de se lancer dans cette longue sortie et ont très dignement roulé.

Les amis

Le plaisir est meilleur encore lorsqu'il est partagé. Ce weekend, j'étais en bonne compagnie. En dépit des ambitions de Rod, ça n'a pas été le festival des papilles gustatives, mais on s'est bien amusé. En tout cas, moi, j'ai passé de bon moments, dans la piscine avec Crit et Rod, puis en terrasse avec en plus Ydikoi, Nico et Mat, et enfin au resto.

apero.JPG

De cette rencontre et du temps passé ensemble, certaines constantes vont bientôt finir en proverbes, comme par exemple "PTMC au restaurant, voisin bruyants", "Rouge-cerise sort sa Kawette, sort ton K-way" ou encore "PTMC à moto, beaufs à gogo" (précisons que pour cette maxime célèbre, les beaufs ne sont bien sûr pas les membres du PTMC mais bien les habitants des contrées traversées), sans oublier le très célèbre "GPS de Béhème, GPS à problèmes". Entre amis, donc, je me suis baigné, ai marché sur la plage, diné, brunché en front de mer. Le tout, avec beaucoup de bonne humeur, et juste ce qu'il faut de langue-de-putage. Sans oublié, le twitting de folie pour faire baver certains.

twitteurs.jpg

Donc en fait, c'était vraiment un super weekend, mais trop court, vraiment trop court.

Je dois le dire, le retour à la réalité du lundi est rude.

lundi, mai 10 2010

Une toute petite pluie

Baptême du feu pour Kawette auprès des Parisiens #PTMCtistes samedi dernier : sortie prévue presque de longue date, nous nous sommes tous retrouvés au pied de la cathédrale de Chartres à midi. Cette fois ci, hélas, la météo n’était pas totalement clémente. En revanche, incroyable, mais j’avais préparé une carte de mon itinéraire et pas un road-book tout pourri. Wooohoooo !

Je suis parti vers 9h30 de chez moi, avec assez d’avance pour faire une pause ravitaillement et contrôle de la pression des pneumatiques. A 10h, j’étais sur la route. A 10h05, je me félicitais d’avoir multiplié les couches de vêtements. A 10h10, je me disais qu’en fin de compte, j’aurai presque pu ajouter un T-shirt à manche longue supplémentaire. A 10h15, je pensais qu’en fin de compte, j’aurai eu un copain en passager, il m’aurait tenu chaud. Parce que franchement, ça caillait et savoir qu’en me dirigeant vers l’Est, j’allais à la rencontre du soleil (enfin, je fuyais la pluie serait plus exact) ne me consolait qu’à moitié. J’ai cependant bien roulé et suis arrivé en bordure de Chartres vers 11h30. Quelques minutes après, je voyais les flèches de la cathédrale et décidais de faire une pause, à la faveur d’un rayon de soleil.

Après avoir un peu tourné en rond dans des petites rues pleines de sens interdits, j’ai finalement abordé le fronton du célèbre édifice religieux alors que les cloches sonnaient précisément midi, pile à l’heure, et absolument certain que les Parisiens, après s’être empiffrés de croissants et de crêpes chez @rod_cook et @critwi76, allaient arriver sous peu. Illusion…

@_rougecerise_: Je suis au pied de la cathedrale de chartres http://bit.ly/bOH2kN
3:14 AM May 8th via Twee

@_rougecerise_: @Rod_cook J'aimerai déjà bien trouver les mecs du #PTMC, on avait dit 12h... Rigueur germanique mon cul... #BMWFail
3:19 AM May 8th via Twee en réponse à Rod_cook

@_rougecerise_: Pour bouffer des croisssants, y'a du monde. Pour être à l'heure y'a plus personne! #PTMC cc @rod_cook
3:29 AM May 8th via Twee

Enfin, avec 30 minutes de retard, les 4 motos sont enfin arrivées. Une quinzaine de minutes furent nécessaires pour garer les engins et critiquer la moto des autres ou, encore plus mesquin, la manière de positionner l’antivol. Finalement, le consensus s’est arrêté à l’encontre de celui qui était en position la plus minoritaire (oui, parce qu’en plus d’être de mauvaise foi, on s’attaque toujours au plus faible, logique, en bon pédés, on sait comment s’y prendre pour discriminer efficacement): Donc, les monocylindres, ça craint. Désolé pour @nicoco_m. Mais on t’aime bien quand même. ;-)

Cette étape indispensable dans la sociologie motarde accomplie, nous sommes tous allés à confesse dans la cathédrale. Ce fut plus long pour certains que pour d’autres. Pingui a sorti son gros appareil photo, avec un objectif impressionnant, lequel fut comparé (très finement) à une verge à gros gland circoncis.

Sur ces paroles empreintes de bon goût, Ydikoi nous a emmenés dans un restaurant où nous avons assez bien déjeuné. Ce n’est qu’à la fin que @critwi76 et moi-même avons réalisé que nous étions tombés dans un traquenard, le patron du restaurant étant un BMiste. Les amateurs d’automobiles à deux roues ont eu alors tout le loisir de se plaindre des remous désagréables engendrés dans certaines conditions par la bulle à réglage électrique de leurs machines. Les pauvres…

Finalement, nous avons quitté Chartres pour prendre la direction de Brou vers 15h, non sans avoir réveillé les saints endormis de la cathédrale grâce à la musique de Fab. Nous y sommes arrivés assez rapidement, par une route finalement moins nulle que ce que nous craignions. Avant de nous séparer, nous avons encore profité d’une de la terrasse d’un du cafetier de la ville. Le temps commençait à se faire menaçant. Après la photo souvenir, les tenues de pluie sont sorties des top-cases. Optimiste invétéré, je me suis abstenu en me disant que non, ça ne serait que quelques gouttes.

Erreur fatale. 10 minutes après avoir repris la route du Mans, je dus m’arrêter pour enfiler le pantalon étanche. Puis, pendant une bonne trentaine de minutes, je me suis pris la pire averse de ma vie. D’énormes gouttes résonnaient sur le casque et me faisaient presque mal aux mains. Au début c’était marrant, je me sentais un peu comme un mec qui a peur de rien et qui roule même sous une pluie battante (ouaaa, le héros…). Et puis, quand la pluie a traversé le blouson et que j’ai déclenché l’ABS arrière à un cédez-le-passage, j’ai trouvé que bon, c’était drôle mais que les meilleures blagues sont les plus courtes. Pas de bol, la pluie a redoublé de violence. Un instant, j’ai cru que c’était de la grêle. J’ai encore réduit l’allure, ce qui était bien dommage car la route était assez plaisante. En passant à proximité de Montmirail, j’ai pensé au film « les visiteurs », vous savez, la scène dans la voiture, où le temps dégénère et où la bague de Godefroy flamboie et que Béa s’exclame : « c’est incrooooyâble, il pleut comme une vââche qui piiiisse ». Et bien, c’était pareil, sauf que j’étais en moto. Lorsque je suis arrivé au Mans, il ne pleuvait presque plus. J’ai rangé kawette, mis un temps fou à enlever tout l’équipement détrempé avant de me réconforter sous une douche brûlante.

N’empêche, une sacrée bonne journée.

20100507.jpg

dimanche, décembre 13 2009

Tweeting

Finalement, le vol à 6 :20AM, c’est facile quand le décalage horaire joue encore.
4 :10AM, Dec 1st 09 from Montreal, CA.

Cravate, pas cravate ?
4 :40AM, Dec 1st 09 from Montreal, CA.

Arrivée à l’aéroport. $24,2. Vol Continental CO2671K.
5 :00AM, Dec 1st 09 from Montreal, CA.

Empreinte de toutes les mains, photo. Rigolent pas les douaniers US.
5 :30AM, Dec 1st 09 from Montreal, CA.

Gate C84, Seat 5A. C’est un Bombardier CRJ. Huuu, pourvu qu’il vole…
6 :10AM, Dec 1st 09 from Montreal, CA.

Ca a l’air vachement grand, Newark. Y’a plein d’immeubles.
8 :03AM, Dec 1st 09 from over Newark, CA.

C’est vraiment très, très grand. Et les buildings sont vraiment… Tiens, on dirait le… Humm… Attend voir…
8 :04AM, Dec 1st 09 from over Newark, USA.

Mais attend, cet immeuble super grand, là bas et cette ile, avec des bateaux autours… On dirait vraiment que… C’est pas possible…
8 :05AM, Dec 1st 09 from over !!!!!, USA.

Haaaaan, L’empire state building !!! Haaaaan, la statue de la liberté !!!! Haaaaaan, je survole et vais faire escale à New York !!!! Newark=nom d’un aéroport de New York !
8 :06AM, Dec 1st 09 from New-York, USA.

C’est croooo booooo ! Manhattan !!
8 :07AM, Dec 1st 09 from New-York, USA.

Continental a changé l’avion à la dernière minute. Tous les passagers pour West Palm Beach doivent se réenregistrer.
8 :50AM, Dec 1st 09 from New-York, USA.

Gate C128 : Mais y’a que du vieux dans ce zinc ! Une armée d’assistantes avec fauteuils roulants aident des Parkinsonniens à embarquer. Je papote avec une presque pas trop vieille. Mon french accent is sooo cute.
8 :55AM, Dec 1st 09 from New-York, USA.

« Le Mans, in France. Oh, I’m sure it’s really beautifull ». Ouais, t’emballe pas, mémé. Bon, en embarque, là ?
9 :10AM, Dec 1st 09 from New-York, USA.

Boeing 767. Chouette, il a l’air assez neuf, et il y a l’IFE ! Allez, les vieux, on se dépêche. Moyenne d’âge estimée à 70 ans. 100% des vieilles ont des coutures derrière les oreilles.
9 :24AM, Dec 1st 09 from B767, New-York, USA.

Welcome in Florida. Toujours dans l’avion, dont le débarquement a commencé depuis 20 minutes. Putain de vieux. Alleeeez, on s’agite, un peu !
1 :15PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

Ouuuf, fait super chaud !! J’ai bien fait de ne pas mettre la cravate. De toute manière, les américains sont relax.
1 :30PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

Mon collègue arrive. Switch to corporate mode…
1 :48PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

Excellente après midi de travail. Je crois avoir fait bonne impression. On va passer la soirée avec le client pour faire su « social ».
6 :58PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

What do you want to drink, Baptiste ? Hey, you told me you like cocktail. Like Vodka ? Let’s go for 2 cosmopolitans !
7 :32PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

Oulaa, le cosmo est en verre d’un demi litre ! C’est que j’ai rien dans l’estomac et que mon horloge interne indique 1h du mat, hein ! Yeaah, Jim, cheers !!
7 :32PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

Ah, voilà le client ! to drink ? Heuu, s’t’a dire que j’ai déjà mon cosmo, là… Quoi ? Tékila ? I must to be polite ? uh ? Yeaaah, Jim, go for it !! (cul sec)
7 :54PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

Blablabla, your soon, your wife, your pet… No, first time in USA. Uh ? To celebrate ? (vodka, cul sec)
8 :22PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

Hey, Baptiste, John want to have a drink with you. Yeah, he’s very happy to meet you. -Yeah, me too-. It’s just one Tekila. (cul sec) (ça commence à tanger, là…)
8 :39PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

On se dirige vers le resto. On est déjà tous un peu imbibés. Rester digne, rester digne. Marcher droit. Putain, je suis claqué ET bourré. Gaaaaâaâ…
9 :13PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

« hey, Baptiste, how do you say « fuck » in french ? ». heuu, « enculé ? ». « Encoulè . Yeaaa, look on my blackberry I sent to Dominique « Encule ». I dislike this man ». Heyy Jim, no, you suck, he’s the boss of my boss ! « Sent ! ». Merde, Jim est bourré.
9 :22PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

« American cheeseburger and french fries and another cosmo. You too, Baptiste ? » De toute manière, au point où on en est. Rester digne. Continuer à papoter, l’air de rien. Faire bonne impression. So John, did you visit Europe ?
9 :29PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

Je picore mon sandwich. De toute manière, c’est trop tard pour manger, le mal est fait. Je me concentre à fond pour me contrôler. Les 3 autres sont bien entamés. Celui qui conduit doit se marrer.
10:02PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

Ah, Jim veut parler. « So guys, it was my pleasure to introduce Baptiste to you. We made good job and I’m sure we will pursue. Tanks Baptiste for coming in USA, your presentation was very impressive, tanks so much. » Yes, thanks to all of you. « The last one. Vodka for every-body. What ? Yes we do, Baptiste, my friend, you’re cool we gona to make good job together »
10:18PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

Complètement bourré. Gros effort pour rester digne. Je sens que ma démarche n’est pas très assurée. Jim se sens pas très bien, du coup, il annule la sortie en bar prévue pour la fin. « I’m sorry Baptiste. And girls are sooo cool in this bar but I’m so tired. I think you are too. And you have the jet lag. » Ben y’a pas que le jet lag, là tout de suite… y’a aussi les 3 cosmos, les 2 Tékila, le cocktail bizarre au citron et les 3 vodka.
10:29PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

Hôtel, West Palm Beach. Je n’ai pas été dans cet état depuis 2 ans. Et pour le boulot, en plus.
10:47PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

ZZzzzzz…. ZZZzzzzz…. ZZZzzzzzz…
10:56PM, Dec 1st 09 from West Palm Beach, USA.

Ah, et pour ceux qui ne savent pas encore, la suite, c’est là. Oui, je me suis mis à Twitter. Comme quoi, tout arrive et c’est pas pire que se prendre une cuite en voyage professionnel.

samedi, décembre 5 2009

Montréal

Texte écrit dimanche dernier, sur le vif.

La première photo touristique aura été prise au travers de la baie vitrée de l’hotel. Du haut du 25° étage, j’assiste au levé du soleil, pile à la frontière entre les hautes buildings et la ville « terrestre ». C’est assez beau et en tout cas, c’est l’image de l’amérique. Même si ce n’est « que » le Canada.

Montreal1.jpg (Si quelqu'un connait un logiciel gratuit et efficace pour fusionner des photos sur mac... J'ai perdu mon photostich et je ne trouve rien d'aussi satisfaisant)

Après cette vision que j’attendais depuis déjà 3 bonnes heures, je quitte l’hôtel en direction de la vieille ville, selon l’itinéraire recommandé par le serveur du petit déjeuner. En plus des visites à effectuer, nous avions parlé de la France, de la grippe H1N1, du Mans et de Fontainebleau. Les canadiens sont accueillants, surtout lorsqu’ils sont francophones et vis à vis d'un Français de France. Quoi qu’il en soit, dès 9h, je suis face à la basilique Notre Dame de Montréal, en pleine vieille ville. Il fait froid, mais c’est supportable. Plus en tout cas que ce vieille ville qui, à cette heure ci, semble surtout lugubre avec ses façades souffrant visiblement du climat. Le hasard presque contrôlé de mes pas me conduit vers le quartier Bonsecours qui, à cette heure matinale, est surtout peuplé de malheureux. Je suis surpris. Ils sont nombreux, trop nombreux pour le froid glacial du vent. L’un deux, me voyant lire ma carte, engage la conversation. Il a des gelures à l’oreille gauche, un bouc très mal taillé, des yeux d’un bleu transparent et des vêtements que j’espère plus chauds qu’ils ne sont beaux. « Tu devrais aller vers la place Jacque Cartier, il y a plus d’amusement même si avec l’hiver beaucoup de choses ont fermé », me dit il. Nous conversons un peu. Au moment de l’abandonner là, je suis un peu gêné : tout juste arrivé, je n’ai même pas de quoi lui donner de quoi s’acheter une boisons chaude. Je suis ses conseils et repart vers le sud-ouest.

Montreal2.JPG

Deux heures plus tard, j’ai déjà traversé le quartier chinois, étonnamment petit mais dense, dont les odeurs et les échoppes m’ont transportés 4 ans en arrière. Arrivée devant l’UQAM (Université du Québec à Montréal), je m’engage dans le Village, sur la rue Sainte Catherine. Les drapeaux arc-en-ciel foisonnent : la réputation d’ouverture de cette ville n’est pas usurpée. En plein sur une rue principale, il y a des sex-shops, des saunas aux devantures osées, des boutiques de mode, pas mal de bars. Une place dédiée aux victimes du Sida.

Montreal_Parc_espoir.JPG

Montreal_village.JPG

Et deux vieux qui se baladent en se tenant la main. Comme chaque fois que je vois deux hommes se tenir ainsi, je suis ému et souris naisement. Il n’y a pas foule en ce dimanche matin, et pourtant, 30 petites mètres plus loin, ce sont cette fois deux jeunes hommes que je croise. La vingtaines, ils sont beaux dans le manteaux d’hiver à capuche qui se relient par la manche droite pour l’un, gauche pour l’autre. Une bourrasque fait claquer les drapeaux arc en ciel, SM et bears d’un bar et soulève la capuche du blondinet à barbe de 2 jours. Le brun la lui réajuste avec tendresse, tandis qu’une furieuse envie de trouver le bureau de l’immigration le plus proche me saisi.

Encore deux heures après, je suis au centre Eaton de Montréal, un de ces centres commerciaux géant que je n’aime pas beaucoup. Ici, ils sont en plus reliés les uns aux autre par un réseau piéton souterrain de presque 30 kilomètres. Nous sommes dimanche, vers 13h, et il n’est plus question de tendresse homosexuelle, juste de commerce. A la table d’un Burger King ou j’achève, en écrivant ces lignes, un assez mauvais menu, j’observe le manège des enfants gourmands au « Sugar Heaven » et des coquettes chez « La senza ». En face, un beau brun, chemise noire ceintrée, tente de vendre un abonnement Videotron aux chalands, tandis qu’une vendeuse installe un panneau « rabais » sur la devanture d’une bijouterie.

Il est presque 14 heures, je vais quitter ce temps de la consommation pour aller jeter un œil à celui du Christ, à deux rues de là. Cette église à justement pour particularité de reposer désormais sur des piliers en bétons. Ceux du centre commercial souterrain.

Ensuite, je pense que je rentrerai à l’hôtel. Demain, le voyage redeviendra à but professionnel. Et la prochaine étape sera West Palm Beach, Floride.

mardi, octobre 13 2009

L'horoscope Têtu du père Bernard

Avant de rentrer dans le récit circonstancié de mon weekend à Beaune chez les gens du pays La Cigale, il est important de préciser le contexte du voyage. Je suis parti vendredi matin, par le train. Une petite pause préalable dans la librairie de la gare Relay m'avait permis d'avoir Têtu à lire.

J'ai donc commencé ma lecture tranquillement, fidèlement à mes habitudes, c'est à dire sans me soucier le moins du monde du public m'environnant. Je tournais tranquillement les pages couvertes de mâles imberbes à poil (ah, drôle!) ventant et vendant un service de baise garantie pour l'un, un gel rénovateur de peau pour l'autre et une agence immobilière spécialisée pour les pédés pour le dernier. Au bout d'une bonne demi-heure, je me décide à relever un peu la tête et à revenir dans le vrai monde: celui d'une rame TGV seconde classe plutôt pleine. Mon magasine était alors ouvert en grand sur ma tablette. Page de gauche en très gros, "Sea, surf and gays", page de droite et en couleur, le dos d’un surfeur tatoué que l’on devine superbe.

Je m'aperçois que mon voisin bouquine. Je suis incapable de me retenir et mes yeux glissent sur les lignes de son ouvrage. Page de gauche, noir, petits caractères, le lévitique selon saint Luc. Page de droite, même typo, la prière du soir. Gloups. Discrètement, je regarde mieux. Mais oui: mon voisin est curé, en soutane noire et ceinture de corde. Je ne me démonte pas et, laissant négligemment têtu largement ouvert, m'empare de mon téléphone pour raconter l'aventure à Joss et Lolotte. Entretemps, j'ai appris que mon voisin était le père Bernard, qu'il se rendait chez frère Benoit dont il avait le numéro sur un petit morceau de papier cartonné où était aussi inscrit le numéro d'une mystérieuse Véronique, et qu'il était né en Aout 1943. Information capitale s'il en est, puisqu'elle me permettait, grâce à l'horoscope Têtu, de savoir que le malheureux a le sentiment que son partenaire ignore ses besoins affectifs. Mais, que s’il est célibataire, la période est propice au flirt (et non pas fist). Ah, ah, qui se dévouera, de frère Benoit ou de Véronique ? L’intrigue est brulante !

Cependant, le TGV était arrivé et, après un dernier et courtois échange avec Père Bernard à propos de la conscience professionnelle des contrôleurs, nous nous séparions. Je poursuis néanmoins une intéressante correspondance avec Joss à propos des godes et préservatifs qui tombent malencontreusement des valises. La conversation prit fin à mon arrivée à la porte de Rob au 8, square sainte croix de la Bretonnerie.

J'interromps là mon récit de voyage, car tout le monde se moque éperdument d’une suite qui n’atteint pas les sommets spirituels de la première étape. Le fait est que j'arrivais finalement à Beaune.

2 jours d’affection et de stupre se passent.

Comme chacun sait, qui dit aller, dit retour. Je passe sur le trajet Beaune - Paris, sans intérêt. Je m'installe dans le TGV duplex à destination du Mans. Et commence à jouer avec le ipod (j'ai trouvé une application amusante où il faut construire des ponts puis les tester avec des poids de plus en plus importants). Alors que le TGV démarre, je jette un œil en diagonale, sur le courrier qu'est en train de traiter mon voisin. C’était un rapport sur le...

Oh - Mon - Dieu.

Jesus - Marie - Joseph.

"Le Christianisme et l'enseignement classique". Un coup d'oeil supplémentaire: pas de soutane, mais le col caractéristique. Destinataire sur l'enveloppe: Frère François.

Viiiiite, où est mon supplément têtu sur les 10 ans du Pacs?!

lundi, octobre 5 2009

Avant la trêve hivernale

Le fond de l'air commence à fraichir mais le soleil brille encore un petit peu. Il faut donc en profiter pour sortir Kawette. Je suis donc reparti samedi en direction des alpes Mancelles et je dois dire que je m'y suis bien fait plaisir.

20091003.jpg

Déjà, je ne me suis pas perdu et, à une variante près (mais volontaire), je m'en suis tenu à mon road book. La bonne surprise, c'est qu'hormis une vingtaine de kilomètres au début, il a tenu toutes ses promesses. La mauvaise, c'est que pour se réconcilier avec la Sarthe, il faut presque en sortir et passer dans l'orme. C'est moche, mais c'est comme ça!

Le meilleur passage aura été la départementale 16, entre Sillé le Guillaume et Vilaines la Juhel: c'est un enchainement de virages qui ferait même de l'ombre à la D6! Je les ai enchainés en essayant de m'appliquer sur les trajectoires... et en m'amusant à fond avec le petit twin de Kawette. 8 mois et 4000 kilomètres après l'acquisition, j'ai bien compris que le bonheur n'était pas dans le sous régime mais bien entre 5 et 9 milles tours par minute. Le coup d'accélération en sortie de virage, celui qui redresse la moto, fait serrer les cuisses et s'accrocher au guidon est vraiment l'essentiel de mon plaisir de motard. S'y ajoute aussi l’agrément du tourisme. Par exemple, j'ai beaucoup aimé l'église de Saint Ceneri le Gerei. Je l'avais déjà vue d'en bas, j'y suis désormais entré et j'ai bien aimé l'ambiance qui s'en dégage. D’ailleurs, c’est étonnant comme toutes ces petites églises Sarthoises me ravissent. Fresnay sur Sarthe semble également avoir une vieille ville médiévale plutôt bien conservée.

Saint_ceneri_eglise.JPG

Saint_Ceneri.JPG

Finalement, après 140 kilomètres, la sortie dominicale s'est achevée par une petite séance d'entretien, avec un lavage en règle de la moto, un dégraissage et regraissage de la chaine. Dans la mesure où, une dizaine de jours avant, j'avais vérifié et complété les niveaux d'huile et de liquide de refroidissement, on peut dire que Kawette est dans un état impeccable. Dommage que ça soit à l’orée de la trêve hivernale.

- page 1 de 3