La vue : Bien sûr, il y a eu les magnifiques paysages du Tarn, les piles élancées du viaduc de Millau, les forets des Cévennes, les cols des Pyrénées… C’est beau, mais parce qu’on est jeune, parce qu’on est gay et qu’on ne pense qu’à ça, il y a eu aussi les beaux garçons de Toulouse, que nous vîmes avec un regard concupiscent, et ces incroyables et si nombreux couples de copines Lyonnaises… Ah, comme tout cela est beau ! Et, presque plus que leur plastique, c’est voir ces couples ensemble et heureux qui agite mes neurones et fait rebondir mon petit cœur naïf. Visions estivales de corps puissants presque dénudés et souvent soigneusement entretenus… Plaisir des yeux…
L’ouïe : Evidement, si je parle des pétarades de ma Kawette qui décélère, ou de son hurlement à l’approche de la zone rouge, ou du grondement de la superbe Guzzi Breva au démarrage, je vais passer pour un beauf ?... Tant pis, j’assume être de ceux qui apprécient le ronronnement d’une mécanique… Mais quelque part, ce n’est pas spécifique à ce voyage, n’est ce pas ? Alors, je vais plutôt parler de la musique ecclésiastique diffusée sous les arches de la cathédrale d’Autun, qui fut le passage surprise du road book. Je n’ai constaté que je passais à proximité qu’en lisant des panneaux indicateurs… Je ne pouvais décemment pas aller jeter un œil (et donc, trainer l’oreille) dans l’évêché de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, n’est ce pas ? Si je n’ai pas visité le palais épiscopal, j’ai découvert que résonnaient sous les voutes de la cathédrale des chants liturgiques et, encore humide de l’averse rencontrée, je me suis laissé allé à fermer les yeux, assis sur un banc, et à seulement écouter le mélange de voix graves et de timbres cristallins, et à me laisser porter. Je ne suis pas croyant, mais j’aime me laisser envouter par les résonnances des églises, abbatiales et autres chapelles, resentir le caractère divin des odes sacrées, abandonner mon esprit aux flux et reflux mystique des orgues et harmoniums.
L’odorat : Alors là, aucun doute : pour l’odorat, c’est la sensation du jeudi 5 Aout qui l’emporte. Au départ de Mende, nous sommes partis sur les routes humides des Cévennes, traversant des forêts épaisses et des clairières verdoyantes, chargés d’une odeur de nature mouillée, vous savez, cette odeur moite de chlorophylle fraiche, de terre humide chargée des relents de feuilles déjà presque compostées, la fragrance ronde et molle de la mousse spongieuse, et celle plus musquée et lourde de l’écorce mouillée… Une odeur d’automne à la campagne. Et, en moins d’une demi heure, le passage à l’Ardèche, paysages ocres du sud qui exhalent un fier parfum de soleil estival, d’herbes aromatiques, de fruits tièdes, où explosent les effluves entêtants des conifères rabougris et de la terre sèche et poussiéreuse, les arômes de lavande qui font penser aux armoires à linge des grand-mères.
Le toucher : Ah ! le toucher… J’aurais, par moment, dans ces passages odorants des Cévennes, adoré sentir un corps amoureux sur le siège passager. De la main gauche, je lui aurai doucement caressé la cuisse afin de partager en silence les effluves du monde. Dans les viroles du Tarn, ramassé sur la moto, j’aurai senti sa main se tenir à mon torse et suivre mes mouvements d’accompagnement de l’engin. J’aurai frémi. Hélas, rien de cela : d'un passager, je n’aurai senti que les crispations des jambes d’un Tarvalanion épouvanté, crispations que je prenais naïvement pour la simple application des consignes données (en passager, on se retient autant par les jambes que par les bras). Point de cela… Conditionné par ma réputation acquise lors du voyage à Cabourg avec @rod_cook en passager, et aussi peut être par le caractère plus sec et brutal de mon petit roadster comparé au trail BMW plus onctueux de @nicoco_m, c’était juste une peur viscérale. Injustifiée au demeurant à mon sens, puisque justement, j’avais le sentiment d’y aller tranquillement, bien loin de l’enthousiasme manifesté avec Rod… Nicoco_m confirmera, d’ailleurs, que me suivre était tâche aisée. Et j’ai bien rigolé lorsque, Tarvalanion de retour sur la BMW, ce même Nicoco s’est totalement lâché et a roulé comme un sauvage, comme une vengeance par procuration… ^^
Le goût : Lyon ! Lyon ! Et ce savoureux apéritif composé d’un vin blanc d’alsace et d’un sirop de pêche. Nous en avions pris un chacun avec @nicoco_m, aux Ventres Jaunes, et je m’en félicite. Pérouges ! Pérouges ! Où, avec des @rod_cook et @critwi76 de passage, nous avons dégusté une coupe de Cerdon, ce pétillant de ma région généralement apprécié par les voyageurs de passage. Ah, quelle surprise qu’en matière de goût, je parle ici d’alcools, moi l’ancien ayatola du coca et jus de fruit… J’en parle, en fait, parce que, ayant un sens du gout labile (le lien ne marche pas puisque cette diva de @princesse_b supprime ses tweets au fur et à mesure...), au désespoir d’Incipio, j’associe les saveurs agréables non pas à ce quelles sont mais à des instants. Or, ces deux instants là furent agréables : Avec Nico, la fin d’un voyage qui aura tenu ses promesses et une certaine émotion Lyonnaise. Avec Rod et Cri, le plaisir de l’arrêt improvisé en mes terres d’enfance de deux nouveaux amis, comme la rencontre d’un passé et d’un futur. J’aime.




(Si quelqu'un connait un logiciel gratuit et efficace pour fusionner des photos sur mac... J'ai perdu mon photostich et je ne trouve rien d'aussi satisfaisant)
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